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Le vendredi 14 mai 2004 |
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Journées nettes (décembre 2001-décembre 2002)
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Le
mépris de soi-même. Les
peuples dominés —colonisés— versent dans ce travers : l’auto-mépris,
attrapent cette tare si nocive : le racisme envers soi-même. J’ai
baptisé ce misérable phénomène : « Le racisme inverti ».
Voilà que m’arrive un allié inattendu, le prof de l’UQAM à Chicoutimi, Gérard
Bouchard. Voulez-vous un exemple flagrant d’auto-dépréciation affirme Bouchard
(in le Devoir )? Notre système de
santé est pourri ! Un Denys Arcand colonisé a joué cette carte vendeuse dans
son récent film. Or, sur 215 grandes villes analysées, le MHRC (un institut de
recherche ben coté), classe Montréal —pas au 200 e rang— au 9 e rang. Ah !
D’autres « racistes invertis » classent Montréal comme une cité
sinistrée (l’INRS). Le KPMG, mondialement reconnu, classe Montréal au
premier rang ! Ah ! Cela parmi 85 métropoles d’Occident et du Japon.
Jeune, j’entendais sans cesse : « on est des bons à rien », « on est tous des nuls ». La déprime collective était bien entretenue. Quelle sorte « d’identité collective » c’était pour des jeunes en mal de nécessaire affirmation ? De la même façon on a répété à satiété que « La grande Noirceur » duplessiste était notre lot. Tous les francophobes, Mordecaï Richler et ses suiveurs. entérinaient ce : « Les Québécois ? Un peuple fasciste, au moralisme étouffant, intolérant, anti-modernisme avec élites corrompues ». Bouchard corrige utilement : Tous les peuples de cette époque furent plus ou moins intolérants. Scandinave, Irlande, Autriche, Espagne, Portugal, États-Unis compris. « Mésestime de soi ». Et qui dure. Les jeunes historiens commencent à se défaire de cette « mémoire honteuse », cette auto-désolation. Bouchard condamne aussi cette inflation de la Révolution tranquille —qu’il juge méritoire certes— affichant qu’avant 1960, tout ne fut qu’opaques ténèbres. « La mémoire, dit Bouchard, est la mère de l’identité ». Celle d’un passé salie à outrance fait des Québécois un peuple de « bâtards »,le mot est de lui. La distorsion infâme du passé entraîne le durable sentiment d’une nation-de-vauriens. Maurice Duplessis, despote, fut-il d’une pingrerie vicieuse ? Sans l’héritage de ses saines finances publiques, il n’aurait jamais pu y avoir les progrès sociaux de 1960. C’est à cause de ce racisme inverti que l’on voit tant de promotion culturelle —partout en médias— des « autres d’abord », publicité volontaire gratuite de la littérature, de la chanson, du cinéma « d’ailleurs », de Los Angeles (USA) à Paris (France), de New York à Londres. Pour l’exceptionnel Cirque du soleil, mille milliers d’articles sur… « only », la culture anglo-saxonne et ses satellites. Nos scribes-valets —courroies de transmission serviles— sont des racistes invertis. Nos talents ? Des médiocres ! Dans le film « Bye Bye Lenine ! », on peut voir la putain entretenue par les USA —l’Allemagne de l’Ouest— une fois le mur tombé, non pas faire jaillir la jadis puissante culture germanique (celle d’avant les deux totalitarismes, fasciste et soviétique). Non, non, on voit l’envahissement de l’Est avec porno, Burger King, Rock-à-bruitages, le ciné-bang-bang. Et Coca-Cola. Il y a « les petites nations colonisées », il y a aussi les nations militairement écrasées. À Kaboul, à Bagdad, dans combien de temps partout, la porno, le rock bruyant, McDo et Pepsi ? Lafontaine : « Selon que vous serez puissants ou misérables… votre culture sera louangée ou bafouée ».
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(c) 2003, Claude Jasmin |