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Le mercredi 3 mars 2004 |
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Journées nettes (décembre 2001-décembre 2002)
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LA TÉLÉ DES " BOUGONS " ET DE " GRANDE OURSE ". Deux exemples de télé dramatique bâclée. Je suis un vieux singe en la matière, on ne m’enseigne plus la grimace, j’ai donné. Je reste jeune d’esprit, assez pour admettre les nouveaux rituels (infographie comprise) télévisés. Or les critiques actuels de la télé versent dans une complaisance crasse. Face aux foules accourues, ils sont intimidés, la vieille peur de ne pas faire chorus avec le populo les taraude. Il y avait jadis, à la publication des sondages, un indice dit de satisfaction. Ainsi on pouvait voir un grand auditoire —alléché par la pub— manifester pourtant son insatisfaction. 1-Les Bougons, c’est un ouvrage raté. Pas de structure dramatique valable, aucune. L’auteur (sont-ils deux ?) n’est qu’un " one liner maker ". Ce n’est pas rien, j’en conviens, mais il n’en reste pas moins que le public n’y trouve jamais " une histoire " " un sketch " aux articulations suivies. Les Bougons, ce n’est qu’une suite de répliques —drôles en soi— jamais un récit dramatique structuré (de 30 minutes). C’est une faille énorme qui prouve que l’auteur des Bougons n’en est pas un. Qu’il se recycle auprès des acheteurs de " lignes ", nos nombreux humoristes. Aux Bougons, les textes dramatiques sont une simpliste courte-pointe de traits sarcastiques, une sorte de puzzle sans début, sans nœud et sans dénouement, un facile patchage primaire de farces ironiques toujours isolés d’un contexte structuré. Jos Bleau, pas exigeant du tout, rit des jokes et souitche ailleurs, satisfait des rires gras convoqués. Le Richer des " Moi et l’autre ", encore vivant, écrirait différemment aujourd’hui, c’est certain. La technologie (et les moyens financiers) ont changé. Richer saurait composer un vrai récit comique cependant car il était un vrai auteur. Téléfilm Canada, Sodec Québec, créditeurs d’impôts, analystes-juges des projets chez les télédiffuseurs— une bande d’ ignares quand ils acceptent, avec notre argent public, ces écrits éclopés, ces avortons scripturaires Tous aussi complaisants que nos critiques actuels (sauf Paul Cauchon au Devoir). La rigueur est une notion disparue, hélas, et le grand public, privé d’analyse sévère, n’est pas guidé normalement en médias. 2- Grande Ourse — la deuxième série sera tournée— fut un salmigondis visuel idiot, un charabia stérile, un galimatias sans queue ni tête, des textes aux antipodes du gongorisme béat, d’un euphuisme patent, à l’opposé du moindre marinisme. Là encore que de prudents papiers partout, grande négligence critique. Et que de " oui " chez les subventionneurs (avec notre argent public toujours).Tous sont ou bien des abusés ignares en télé, ou bien des évaluateurs incompétents. Grande Ourse ? bon départ avec annonces d’un monde onirique, cela allait nous changer du lot habituel mélodramatique. Hélas, très vite, constatation d’un scripteur brouillon, de scripts embrouillés et embrouillants, d’une géante vacuité ultraconfuse avec incapacité de colmater l’écheveau d’élucubrations grotesques de l’auteur (sont-ils deux là aussi ?). Grande Ourse illustra une grotesque prétention visuelle. L’on a tenté de faire passer pour " mystérieux " une cavalcade de niaiseries futuristes pour de la bonne écriture d’anticipation. Ce ténébreux tissu au burlesque assommant de stéréotypes, de clichés éculés, plagiés chez les vrais écrivains de science-fiction. Le texte ne contenait aucune économie intelligible. À la dernière émission, on a garroché n’importe comment le lot de fausses clés d’un longuet drame villageois. Complètement insupportable et pourtant silence de convenance chez nos observateurs patentés. Les téléspectateurs sont victimes que de l’incompétence aveugle du télédiffuseur et mal informés par la néfaste complaisance des critiques. Bougons comme Grande Ourse viennent de signer ostensiblement la grande pauvreté dramatique actuelle, celle de la poudre aux yeux avec des effets farcesques (Bougons) ou des effets spéciaux (Grande Ourse). C’est le règne des irresponsables partout. Et à nos frais.
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(c) 2003, Claude Jasmin |