1-
Ouf
et re-ouf ! De retour à ma machine. La Carole-sommet-bleu, après
"le nettoyage" de mon fils dimanche dernier, sort (épuisée)
de remettre en ordre l'ordi. Mon
calepin déborde de notes. Soleil ce jour d'hier quand le
triomphe "Alouette-foot" défilait dans la rue Ste-.Cat.
Delphis et sa Francine-vendeuse-d'aquarelles sortent d'ici pour
retourner à leur lac proche de Lachute. Mon aquarelle du Jésus
saignant, "pas vendable" dixit F., m'est revenue. Je la
garderai en souvenir de cet été 2002 à barbouiller pour
"La Maisonnette" de Soeur Gagnon.
Téléphone hier, Chemin Bates, l'ex-reporter et puis
relationniste, Marcel Brouillard:
" Claude ? J'ai lu ton "À
coeur de jour". Oh ! Premier écho. Pis Marcel ? " Tu es comme un frère tant j'étais
d'accord avec toutes tes opinions. Un frère !" Content de
constater qu'un tel journal sert à cela aussi: confronter (ou
non) ses humeurs, ses sentiments, ses émotions et les polémiques...
avec un autre, celui qui les publie. " Moi je pourrais pas
faire ça, je saurais pas... Ça m'a fait du bien de trouver toute
cette concordance, Claude".
2-
Mon
Marcogendre au téléphone, je lui parle du maudit charivari de
mon ordi et il persifle: "Ah , c'est ça le i-mac " ! Oh
lui ! Vu hier un docu sur le navigateur-courseur Rouch,
"Perdu en mer". Toujours étonné de voir des hommes, mûrs,
risquer tant pour ces courses de voiliers. Risquer la mort !
Sportifs inimaginables pour le sédentaire bonhomme que je suis.
J'achève le brûlot "Larose n'est pas..." Deux textes
(vers la fin de ce mince bouquin) de Jean-Claude Germain m'épatent.
Un ex-dramaturge qui sait fesser ‹sur la peur de s'affirmer‹
et avec brio, politiquement fort bien armé. Chapeau !
Sheil-drapeau-Cops verse de l'argent public via
Patrimoine-Canada à des éditeurs qui ont imprimé ces livres (très
illustrés) subventionnés en Chine. Ou aux USA. Ça gueule en
Chambre des..communes ! À Ottawa Doris Boivin, tête de fouine
bureaucratisée, rétorque: "Quoi ? Pourvu que ça soit de
succès" ! À Québec (Sodec), Louis Dubé, tête de fouine
aussi, se défend: "Pourvu que ces livres fonctionnent bien
en librairies". Non mais...
Dans notre cour arrière, le chantier évolue, Chemin
Bates. Très puissant portrait des travaux modernes.
Impressionnantes structures, Aile et moi regrettons de n'avoir pas
pris des photos de ce work in progress. On ditrat d'énormes
sculptures éphémères de Christo. L'enveloppement (toiles de
plastique opaques) de ces murets, de ces fondations de béton,
fait un paysage troublant. Le soir, c'est encore impressionnant
quand nous rentrons (de La Moulerie hier) : silhouettes inquiétantes,
écorchements austères dans la nature éventrée, éclairage de sécurité
avec ombres des arêtes de fer, graphisme violent de tiges d'acier
agressives, ce building en élévation constante. "Et plus de
soleil le matin quand ce sera tout dressé", se plaint Aile !
Eh !
Dans Hochelaga on se plaint du déménagement d'une
structure riopellienne oubliée, abandonnée, mise dans un recoin
anonyme derrière le Stade O., que l'on déménage au
centre-ville. J'aurais voulu voir cet ouvrage, je n'ai vu que des
photos. Pas bien certain d'un bon et solide Riopelle. Bof, on va y
paquer des jardinets, du feu permanent, de jolies fontaines, ça
devrait bien paraître. Maquillage ? Suis allé, mardi, chercher
mon oreillette neuve rue Fleury. 2,300 $ Aïe ! Là, je vais vous
entendre 10 sur 10 ! La jeune prothésiste: "Oui, il fallu la
refaire, ils (ce "ils") avaient coulé trop de plastique
dans le moule fait ici de votre creux d'oreille..."
Hum...Ouen, ouen !
3-
Après
ma chère bavette saignante aux oignons de La Moulerie, appel chez
ma fille: " Écoute, pour Noël, au lieu de cette déchiqueteuse
offerte ...Aile et moi n'avons que deux vieilles serviettes de
plage, usées à la trame, alors.. Éliane: " Ouin, à ce temps-ci de l'année... bon, je vais
chercher papa " ! Appel de mon "ex" "Leméac
éditeur" hier
midi: "Un éditeur anglo de manuels scolaires, à Toronto,
veut un extrait de votre roman "Le loup de Brunswick
city", on peut lui dire "oui" ? J'en profite:"
Si vous pouviez me dénicher un éditeur à Toronto, j'ai une
bonne traduction en anglais de ce "Loup". Elle: "Ah
oui ? On a des contacts là-bas.
Je vais voir. Je vous reviens". Le compagnon de
Carole-Sommet-Bleu a fait ce travail, Paul Paltakis. Il va être
content.
Téléphone tantôt de la Marie-Tous-Les-Matins: "
Notez bien cela m'sieu du Jasmin: trois topos à préparer pour
enregistrer d'avance. Les 6 ( mes bonbons en ménagerie), 13 (un
conte de Noël avec enfants en studio et 17, ( un party des fêtes).
C'est bien noté. Elle
ajoute: "Pour mardi prochain, table ronde avec deux actrices
grands-mères: discussion sur ce que "peut" et
"doit" faire une mamie. Ou un papi. D'accord" ? Je
suis d'accord.
4-
Mercredi
visite impromptue au chalet de deux voisins, Jean--Paul et
Maurice. Ils viennent nous sonder: pour ou contre la fermeture, la
vente, du Parc Grignon, en bas sur la 117. Moi...je balance. Avec
l'argent la municipalité va installer un parc tout neuf ‹à
l'emplacement de l'ex-hôtel Montclair, j'en ai parlé‹ en haut
de la côte Morin. Jean-Paul: " En bas, c'est plein de jeunes
poucheurs de drogues ". Aile: " Pis ? Quoi, ils vont
montrer en haut, c'est tout ". Je grimpe à ma salle à
clavier, après tout c'est Aile la proprio du domaine ici, non ?
Aile est '"contre" l'installation du gros marché
Métro dans ce parc vendu: "Déjà cette 117 est bloquée
sans cesse, non " ? Ça grogne chez les deux mâles. Je
rigole. Débat en bas.
Tremblay ne pîpé pas un seul mot. On va faire un film en
anglais de ses fameuses "belle soeurs" mais ce sera dans
un tout autre monde., À Stéphanie Bérubé Michel
a parlé de ma "Germaine" qui est allé pleuré
en France et en Espagne. "Ça a donné de très bons résultats
", dit-il. Il a
raison. Il sait les changements. Il s'en fiche., Il veut voir son
histoire traverser les paramètres du Plateau pauvre des années
50. Il faut bien. En effet, on va bien voir...à la condition
qu'on ne démantibule pas complètement son oeuvre tout de même.
C'est à suive, à voir.
5-
Nat
Pétro, une envie subite ?, refait surgir l'horrible drame
familial d'un fils de juge, d'un petit-fils de pionnier valeureux:
Alain Montpetit, frère de l'animatrice Francine Montpetit, ex-épouse
de Gérard Poirier. Ce Alain se tuait, drogues ! Il est enfin
accusé ‹on vient de refermer le dossier à la police
new-yorkaise, une fille-témoin a fini par avouer qu'elle avait
menti pour protéger ce Alain‹ du meurtre d'une jolie mannequin
québécoise à New-York, il y a très longtemps. C'est une
histoire qui illustre bien d'ex-colonisés, de ce pitoyable petit
monde des "jeunes aspirants candides à la
gloire". D'une grande tristesse. Combien sont-ils, Québécois
rêveurs, en ce moment même, à espérer la célébrité, talents
mal taillés qui attendent dans des appartements minables que
Dieu-Manhattan ouvre ses grands bras dodus ? Plusieurs sans doute
qui se joignent à tous ces "chercheurs de carrière"
venus des quatre horizons des États-Unis. Une armée de floués...peu
d'élus. Si peu.
Dimanche la "une" à Joyce Carol Oates (USA) ,
par Nat Connard, dans La Presse quand viennent de paraître des
dizaines de nouveaux romans ici depuis le Salon du livre et avant.
Mépris. Le racisme inverti se poursuit ! Miss Oates cherche ses
racines (Hon !) dans ce "I'll
take you there", Collard écrit: "les critiques (là-bas)
sont loin d'être dithyrambiques..."
Quoi ? C'est assez bon pour la "une" du
cahier-livres au Québec, c'est ça ?
Dany Laferrière, nouveau chroniqueur en cahier- spectacles
(?) (La Presse) déménage
à Montréal. "La vie dans un camion ", dit-il.
Oui, un "truck" qui n'arrive pas vite, il
attend... sa vie miamienne (Fla) tassée dans une boîte montée
sur quatre roues. Même canard, Céline Tessier (de Trois-Rivières)
: " Nous sommes ce que le regard des autres fait de
nous ". Elle dit aussi que les mots tuent (sartrienne ?).
Vrai et faux à la fois. Personne n'est obligé de rester sous une
lumière défavorable, désavantageuse. Ni sous la pluie des mots
blessants. Il faut rompre parfois. S'éloigner de ce regard
humiliant d'un autre... qui nous rapetisse. Je l'ai fait souvent.
Cette Céline trifluvienne recommande "la tolérance",
moi, je recommande "la fuite" alors et vite hein !Ceux
qui restent là, écrasés, sont des masochistes.
6-
C'est
Louise Beaudoin qui a raison. Elle n'éprouve aucune surprise et
n'est point scandalisée face à ce Canada "english only"
, partout même en stade de foot.
Faire la même chose: cesser les Ô CANADA en anglais au Québec.
Il y a deux nations, c'est tout. Il faut être des cons ‹comme
Trudeau‹ pour s'imaginer bilinguiser tout un continent, allons.
Ceux qui grimpèrent aux rideaux dans le "west country"
sont de pathétiques rêveurs. À propos de PET, bien faite la série
sur lui à la CiBiCi. Bien menée. Fameux talent. Chapeau.
Mémère Simone Cousteau, vraie dirigeante du fameux
"Calypso", l'océanographe célèbre, regretterait à présent
la négligence de sa famille. Trop tard !
"Les intouchables" publie un livre sur cette
"Âme de la Calypso" et Robert Laplante raconte la
grand-mère racontée. "Elle regrette d'avoir sacrifié sa
famille au profit de sa passion " Eh ! Grandie au Japon, ancrée
maintenant à Monaco, la mémée pleure. Bien content de n'avoir
pas vécu une telle passion au détriment des miens. Tant pis, la
passion finit en remords, on le sait trop. On pourrait nommer des
noms fameux installés sur des ruines lamentables qui ravagent
"les fieffés passionnés" devenus vieux.
Une jeune chanteuse, haïtienne adoptée ici, ne voulait
rien savoir de ses origines. Bizarre ? Non. Il y en a. Malaise
curieux. Préférer ne rien savoir. Mélanie Renaud, bien jolie,
talentueuse (vue au Grand blond et au Gala-Sdic), parle volontiers
de religion, a même une médaille de Saint-Joseph (offerte par
une amie). Porte bonheur, fétiche, paganisme ?,
nous serions surpris de savoir chez tant d'artistes de variétés
de ces croyances candides. Longtemps scénographe de télé dans
ce milieu, j'ai pu obtenir des confidences ‹sur le sujet‹ fort
étonnantes. Elle a refusé carrément l'idée d'un prêtre en
ombre persistante dans un clip-vidéo "car il y jouait un rôle
ambigu. Eh b'en voilà ce que c'est que d'avoir du caractère.
Bravo !
Le vieux Faust voulait rajeunir, on le sait, et signait un
pacte avec le diable.
Anna
Prucnal, actrice et chanteuse, dit qu'elle a toujours 12 ans !
Pouvoir stopper le temps, songe-t-elle. Eh !
Le temps ne me fait plus peur. Jeune, j'ai oublié d'y
penser. Devenu vieux, je fais face à l'échéance. Et...en
attendant... je descend pour la bouffe du soir. Oh vie
suspend...tout ce que tu voudras !