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1-
Ça
continue : ciel gris qui illustre « le mois des morts »
de notre enfance.
Je
repense au chanteur Lalonde quitant le studio. Les gazettes
publient ce matin l’unanimité, les accords du public suite à
son départ soudain. Aurait-il pu rester assis et entamer une vive
critique sur « les pénis à rallonge » du Martineau ?
Non ? Pas équipé intellectuellement pour débatte, s’opposer
à cette télé publique dévergondée
? Gentleman, préférer fuir ? Ah si j’avis été là.
Pas de censure, d’accord, pas de tabou, bien, mais mon Martineau
à voix de fausset m’aurait vu le fustiger et raidement.
Avec cette idée de roman d’un
jeune missionnaire exilé dans un monde primotif, besoin de rédiger
sur la spiritualirté. Il me taraude depuis longtemps ce besoin.
Donner un grand coup de pied dans le matérialisme ambiant quoi.
J’ai pris des notes sur ce « Esnesto, l’exilé ».
Si je m’y plonge, il sera composé très rapidement, je le sens.
125 pages ? J’ai « mélisé » à Jacob : « mettre
notre album illustré sous le boisseau et publier d’abord ce
roman… à venir. En février ? » Sa surprise à mon
Beauceron !
J’ai « pitché » aussi
un mél chez Victor-éditeur d’ « À cœur de jour » :
pas une seule ligne d’annonce ce matin dans le Dev. Rien ?
J’en ai marre…de ce silence. « Mélisé » (mél
pour message é-lectronique) aussi au Devoir : « silence
toujours, a) offre de chroniquer, b) offre d’un texte
sur Cailloux mort, c) mon article sur les Temples de Cochin.
Oui, en ai marre des silences. Combien de candides croient
qu’avec de la notoriété, partout, on va vous répondre
rapidement. Oh non ! Illusion.
2-
Titre
du bon roman de Jacques
Poulin que j’ai continué à lire avec plaisir au lit,
hier soir : « Les yeux bleus de Misstassini ».
Prénom de sa soeur adorée. Influence de Réjean Ducharme ?
Plein de jeunes créateurs avec de
bons textes qui attendent… quand on décide de re-re-remonter
« Séraphin ». J’y songeais tantôt. Pourquoi du
vieux ? Succès facile, utiliser un gros mythe déjà bien installé
dans la mémoire collective. Plamondon après le courageux neuf
« Starmania », grugeant Victor Hugo et puis un conte
de Perrault ( Le fôlatreur Infoman hier soir : « Cindy »
vu à Paris, c’est nul » !). Ramener l’avare ultr-connu doc ?
Paresse ? Crainte d’essayer du nouveau ? Sécurité obligée ?
Une « culture » vivante ne fait pas cette démarche.
Mais une « industrie », ah !
Oui.
Plus grave :on ramasse du
solide, de l’éprouvé, mais
c’est pour le transformer. Grignon doit se retourner dans sa
tombe, pas loin d’ici. Binamé et son scribe change cavalièrement la donne du bref
roman. Mensonges, trahison de l’auteur. Bof ! Claire, fille
adoptive de G., laissait faire ce tripotage de l’histoire
originale ? « Permette
que l’on parle encore de mon père ou bien refuser cette métamorphose
de son ouvrage » ! Hum…
En 2055, pourrait-on bousculer un de
mes romans ainsi ? Le droit moral ? Mes enfants veilleraient au
grain ? Héritage béni, gros sous, alléchage ? Je me pose des
questions.
Ne pas confondre transexuel (avec
chirurgie) et transgenre ! Gazette du jour : un type du type
« transgenre » reste un hétéro (!), il ne veut que
s’habiller en femme de temps en temps ! Le monde, mon cher ! Et
le travesti, ce serait quoi ? Le showman, la « folle »
dans un club du Village Homo ? On s’y perd non ?
3-
Un
gourou visionnaire jase : sur la planète, il n’y aura que
trois (ou quatre) grands vastes « centres commerciaux »
vraiment prospères dans l’avenir. Selon la masse des
populations consommatrices ? Oui.
1) En tête : la Chine, c’est parti (l’Inde
suivra, sa voisine du sud), 2- Au second rang : la vaste
Russie (et ses alliés-provinces), 3- Ah ! Les USA (et ses
provinces alliées du Sud). Au
troisième rang. Faut-il ajouter l’Europe unifiée ? Pas sûr.
Trop de querelles, de résistances. Peut-être, dit ce nostradamus
surdécoré de diplômes en économie. Tant pis pour les petits
pays ? Adieu les recoins de la scandinavie, la fière Finlande. Le
Québec : il sera amalgamé avec USA, c’est bien parti avec
le pacte de l’Aléna. Le nivellement, l’identité particulière
des nations pas trop populeuses ? Il dit : « Une notion
agonisante en 2030 » ! On verra ça hein ? Pas moi. Je serai
couché, avec Aile, dans la terre à Sain-Laurent ou avec « les
artistes » à Côte-des-Neiges.
Seulement, au Mexique,
aujourd’hui, 60 millions (oui, oui, millions) de jeunes
instruits —quotidiens de samedi— veulent une pleine
participation au monde moderne qui s’installe. Ici, où la
natalité décline davantage que n'importe où au monde, nos jeunes
instruits feront quoi? Défense d’émigrer au Mexique, ça
c’est sûr.
4-
Page-une-cahier-culture
du Devoir : alors que des tas ( paquet immense ) de neufs
bouquins québécois surgissaient au Salon de la Place
Bonaventure, on donne l’espace, en « une », à un
Parisien et à des esquimauderies exotiques. Le racisme inverti ?
Oui, toujours !
Hier, chez mon quincaillier,
rencontre d’une ex-élève de l’Institut des arts appliqués.
Elle se présente : « J’étais à vos cours en
1964-1965 ». Je dis : « J’étais comment
comme prof ? » Réponse de la céramiste (son four sera
vendu) : « Ben, j’sais pas, moyen ».
L’ingrate, moi qui m’imaginais volontiers avoir été
un prof unique. Je sors le caquet bas. C’est bon pour la santé
mentale.
Hier soir, la sœur de ma bru, Carole
du Sommet Bleu, au téléphone : « On vous invite
pour souper à Noël, votre fils y sera ». Peux pas, nous
serons à Duvernay, chez le Pierrot, frère de Aile. « Mais,
Carole, j’ai perdu
mon dico sur mon I-Mac, si…». Aussitôt : « J’irai
demain » ! Bizarres ondes,
deux minutes plus tard, Daniel sonne : « Dimanche,
sois là, je monte
pour te « nettoyer » à fond ton ordi, p’pa »
!
5-
Les
actualités télévisées : en prison le fou de la java
diabolique à Bali, 35 ans, Iman Sandra, de Java, (!), coffré !
Émeutes ailleurs, une pancarte, zoom, on lit : « NO
CHARIA, WE WANT JESUS ».
Nigéria en chamailles. Les belles pour « Miss Monde »
partent chercher de rubans à Londres. Des tués dans les rues.
Mahomnet n’aime pas les belles filles aux courbes avantageuses.
Israël : explosion encore, tuerie d’écoliers innocents
dans un bus, un activiste du Hamas. Aile s’écroule, découragée,
se lamente, trop sensible. Je vais lui interdire ces horreurs !
« C’est si révoltant » ! Oui, mon amour ! Quoi
dire, qui faire. Bonnes nouvelles, pas de nouvelles. Plein de
lieux dans le monde où, hier, il ne passait rien de dramatique.
Silence sur la paix. Silence sur le bonheur. Le téléjournal :poison
vif !
M. Rousseau (PDG nouveau de la Caisse
de dépots) s’installera bientôt dans un beau château
(chantez) ma tant-ti, relo, relo… ma tan-ti, reli, relire ! Au
lieu de cent mille, ce sera 300 mille piastres : notre argent
public ! Cher le verre ? Scandalisés, des gens protestent. Folie
furieuse ! Un édifice tout vitré en face du bien (remis à) neuf
beau Palais des Congrès, verrières partout là aussi. Aile éclate
de rire entendant Yves Michaud disant : « Écoeurant !
Il faut plus de… transparence ». Ses rires. Et moi itou.
6-
Zapping
frénétique hier entre une Monique Mercure (un peu ennuyeuse chez
Homier-Roy), à l’accent très bizarre, mélange de tout, et,
chez la Dussault, des médecins « pour » et « contre »
le bonheur d’État, revenus garantis, du public en studio,
tiraillé, les vains débats habituels…Zap ! Un bien long et
niais reportage sur la « Cindy » de Plamondon, de Caen
à Paris. Zap ! À Zone Libre (ennuyeux), les méfaits et les
farces des « amateurs de célébrités » de Hollywood
à…ici.
Ce zappetage m’ennuie. Il est
justifié quand c’est pas fort à la télé. J’aurais dû éteindre
et lire mon Poulin. On devrait toujours éteindre… plus souvent.
Soudain : à Thalassa, TV-5,
belles images de camaïeux rares dans une contrée sauvage —mer
plate, ciel plat— à lumière basse, où vivent des pêcheurs
primitifs pauvres, où il y a des lots d’inspecteurs honnis, même
en ces lieux déserts, entre
toundra et…bout… ou fin du monde. La désolation a des beautés
inouïes. On admire la misère sous un tel décor envoûtant,
c’est con. On savait pas rien sur ce pays perdu. Danger du
zapping, de négliger de consulter le cahier-horaire. Paresse !
7-
Atom
Egoyan, cinéaste d’origine arménienne : jeune, il veut
oublier l’histoire de ses parents, il rejette sa langue
maternelle, dit-il. Bien.
Bravo, vivant à Vancouver, il veut s’intégrer et au plus vite.
Saine attitude. Plus tard, oh plus tard !,
plus vieux, ça revient. Il veut mieux savoir. Ce génocide
conte « les siens », crime effarant des Turcs. La
fuite de ses parents. Il a fait un film —« Ararat »,
très vanté— abordant le sujet pourri, fui, caché si
longtemps. Histoire classique. Le saumon revenu, l’anguille
remonte de la mer lointaine. La source, les commencements de
quelqu’un.
Egoyan et Arsinée Khanjian, son épouse
montréalaise, parlent de la Turquie qui ne s’excuse pas,
parlent d’une Turquie qui voudrait enterrer cette tuerie,
oublier l’horreur de 1914. Ils font un parallèle avec Québec,
non reconnu par ce Canada actuel. On songe aussi aux Acadiens déportés
qui attendent de excuses de Londres.Courageux, avec Luc Perrault
de La Presse, de causer volontiers sur Québec-nation--pas-
reconnue-par-Ottawa, comme Arménie-pas-reconnue-par-Istambul.
C’est rare ce courage chez les nouveaux-venus-sur-clôtures.
Bravo !
J’écoute Brel… « fils de
roi ou fis de gueux, tous les enfants font des rêves… »
Brel qui sera fêté en grande en 2003 à Liège avec le romancier
(180 bouquins !) Simenon. Autre gloire locale.
Aile doit avoir un choix dans mes victuailles
rapportées hier de l’École de la rue Lesage. Envie d’aller
fureter autour du four. La faim.. .sans cesse, la faim. Malgré
tant de cigarettes !
Et puis je veux aller relire ces notes sur ce jeune Ernesto
qui rêve d’être… un saint, entouré par la beauté sauvage
ensoleillée, proche, collé sur une jeune beauté indigène
offerte, qui vit avec lui, qu’il n’a pas le droit de caresser,
d’embrasser… Cette folle fringale « de faire vite un
nouveau roman », comme quand j’étais plus jeune —et
c’était toujours en novembre ou en décembre— je ne croyais
pas qu’elle me reprendrait fin 2002.
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