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1-
Quatre
jolis canards nagent ce midi sur le lac…ils glissent vers mon
faux canard au bout du quai. Leurre fatal ? Du bleu poudré au
firmament. Je regarde un plein pot rempli de bille multicolores
sur une commode devant moi. Fou d’avoir tant aimé les « smokes »,
enfant ? « All
that glitters is not gold » tout ce qui brille…,
chantonnait-on jadis !
Hier soir, en ville, théâtre
classique, rue Sainte-Catherine à l’est de Pie IX. Marquise
lumineuse venue du temps que « Denise-Pelletier » était
un cinoche de quartier. Petite foule dehors. On fume Aile et moi
avant d’entrer. Je songeais aux marquises illuminées du Château,
du Rivoli, mon coin de rue aux ampoules clignotantes,
virevoltantes, de ma jeunesse. Mon ex-camarade radiocanadien (réalisateur
de mon « Procès devant juge seul »), Richard Martin,
pris du cœur, s’amènera tout lentement avec Élysabeth
Chouvalydsé, sa compagne , vue au « Go », dans un bon
Tardieu l’an dernier. Causerie avec réminiscences obligatoires.
Nostalgia maudite ! Aile a mis notre bouquet de fleurs (à Dame
Faucher) dans les mains du gérant pour qu’il l’apporte en
coulisses.
Chagnon —et non Gagnon comme j’ai mis hier— s’est démené
sur la scène : un Alceste noir. Courbé. À la diction pas
assez claire pour moi, le demi-sourd. Malgré mes prothèses, ai
perdu 75 % du dialogue moliéresque. Je regadais la mise en scène
de Françoise, le beau décor. Maudit handicap du diable ! Bientôt,
ne plus pouvoir qu’aller aux théâtres des petites salles
intimes ! « Ayez pitié de l’homme qui a peur «
chantait Rivard. Ayez pitié de l’homme qui n’entendra plus
rien un jour !
Au retour, traversée de Maisonneuve
et Hochelaga. La rue Ontario toute décorée de lumignons
noellesques. Effort hardi pour dynamiser ce coin de Montréal qui
se débat pour ne plus crever. Émouvant débat commercial.
2-
Appel
hier : un gars de radio à Chicoutimi (SRC) prépare des émissions
sur les anciens « enfants de choeur ». Bonne idée, je
trouve. Il me questionne, je lui raconte mon plaisir de « servir »
en des décors imposants avec soyutanes et accessoites divers (ô
l’encensoir doré !). Il m’écoute amusé et il puis me dit : « Formidable
votre témoignage. Cachet minimum de l’Union, on est pas des
richards à Chicoutimi (il dit pas « Saguenay » ?)
Rendez-vous à Radio-Canada, à Montréal, en studio de radio, après
votre « Tous les matins » mardi prochain. J’y serai
en soutane pourpre et surplis de dentelles fines, calruron violet,
gréements des grandes fêtes !
Autre appel : la directrice
dynamique (rencontrée à Rim-Ouski ) d’un mini-salon du livre
aux Trois-Pistoles ! Elle me veut dans son village qui est celui
de mon nouvel éditeur. J’ai dit « oui »’trop
vite. L’agenda revu me montre que je ne peux y être
fin-novembre. Je guette son mel pour la… désappointer ! Merdre
! J’aime pas ça. « Je dis « oui » à tous
ceux que j’aime… », une chanson.
Élysabeth, la compagne de Martin,
rue Sainte-Cahreine où l’on re-fume à l’entracte : « Faut
absolument voir, en reprise à ARTV, « L’École des femmes »
à Avignon, place des Papes,
avec l’acteur Pierre Arditti, un truc génial, génial ».
Le vilain tuteur Arnolphe « montré non plus en vieux dégueu
dominateur, dit-elle, mais en homme fragile, perdue, désespéré,
c’est étonnant ! ». Guetter cela donc.
3-
Vu hier soir, après l’Alceste si
enragé face à sa société d’hypocrites complaisants, notre
Geneviève Bujold face à Homier-Roy. Ças ne cliquait pas
vraiment entre eux. Homier-Roy ramait fort. Bujold avec des
« oui, oui », des
« non, non », des réponses expédiées vitement. On
aurait dit la Dufresne manquant de vocabulaire. Aile : « Peut-être
a-t-elle perdue de son français, elle qui vit en Californie
depuis si longtemps »?
Ça se peut. Entrevue assez plate donc !
Aile bien contente, hier soir, de
revoir en cette salle vieillotte réaménagée deux actrices du
temps de ses réalisations véellebiennes : « La
forgeronne » vélllebesque et Sylvie Tremblay. Me dira : « Deux
vraies bonnes « troupers ». Il y avait deux pleins bus
de jeunesse étudiante rue Sainte-Catherine pour « Le
mysantrope ». Dans la salle, attention sérieuse et, à la
fin, cris forts, applaudissements frénétiques de ces écoliers.
Bon signe d’avenir !
4-
Ma
fête, ce matin : aucune pub (pas une seule ligne agate) pour
mon « À cœur de jour » dans les cahiers-livres
épais du week-end (le Salon qui vient !). Pas choisi par le lectorat de La
Presse dans la liste des 50 écrivains favoris. Pas choisi par Le
Devoir dans le tas des consultés avec interview-éclair. Pas même
nommé dans l’horaire des séances de « signatures »,
ni chez « 3-Pistolets », ni chez Lanctôt. Aucun
placard pour mon livre frais-imprimé, frais mis en librairies.
D’autres « modestes » éditeurs achetaient un peu
d’espace. Non, vraiment pas ma fête ce samedi matin. Bof !
Habitué. « Dégage la voie, vieux mononcle » ! Ça ne
fait presque plus mal à force…
Retraiter au plus vite de ce monde
littéraire !
5-
Loto-Québec, vache au
lait douteuse du Trésor national, ré-enligne son tir, ses
cibles. On abandonne les « pauvres » : donc moins
de machines-bandits un peu partout. On vise les poires riches.
Plusse de casinos ! Eh ! Maîte Frigon, PDG,
perdra des millions, c’est certain. La morale sortait des
gros bâtons. Un recul politique. Les gens « en moyens »
n’ont pas le même droit et on va les asticoter avec art. Avec
astuces. Bon budget en publicité pour les harponner, vous verrez.
Et ces cons de touristes, faut les vider non ?
Quelle surprise, ce matin ! Un écrivain
et poète et chanteur populaire, célèbre se retrouve épinglé,
malmené, en éditorial. C’est plus que rare. D’habitude on
laisse les artistes, ces rêveurs insignifiants, en paix. Or,
Gilles Vigneault, vendredi matin, sur deux pages du « Journal
de Montréal » (j’ai lu) y allait très raide face au
Dumont-Adq virant à droite. Bedang ! On sort son canon de fédérat
droitiste et l’André Pratte, stipendié par
Power-Gesca-Desmarais-La Presse, tire à boulets rouges sur l’écrivain.
Avec citations de Vigneault bien fournies. Oui, c’est rare ! Le
titre prattien ? « Mon pays… ce n’est pas le P.Q. »
On vient de voir nos « big shots » s’enfourner
dans un club sélect, rue Sherbrooke, pour aller sonder (petit-déjeuner
intéressé) les reins du jeune favori de l’heure, Mario.
Comique de voir leur refus de jaser avec le reporter alerté
—comme de vilains pécheurs entrant au bordel. Le pouvoir
nouveau les excite. Le bon peuple (vous et moi) a pu voir ainsi que s’amènent toujours (au pas de course même)
les « gens de finances » quand la victoire électorale
montre du doigt un nouveau venu. Instructif en diable et vive la démocratie
! L’ADQ voit « sa petite caisse » d’hier grossir
comme à vue d’œil !
6-
Le
saumon cherche sa source. Plein d’anti-patriotes —déracinés
volontaires par racisme inverti—
qui recommandent d’enterrer les racines. Parlent de
« rétro » nauséabonde en voyant des fiertés
normales. Recommandent de regarder en avant seulement. Invité à
jaser sur le besoin de généalogie mardi à T.L.M. je causerai
sur ce inquiétude inévitable. « D’où viens-tu ? »
On voit des immigrants, bien installés ici,
qui retournent dans leur pays d’origine, affamés de
savoir mieux d’où ils viennent. L’anguille revient de la
lointaine mer des Sargasses. Toujours. « Rien de pire que
d’être apatride », a dit Dostoievsky. Le brillant
Libano-québécois, Mouawad Wouadji en a jasé avec sa pièce
« Littoral » dont il va faire un film.
Le nouveau roman —éditeur « Les
intouchables »— « La lente découverte de l’étrangeté
» du souverainiste (eh oui pauvre Pratte !) Victor Teboul, Québécois
depuis 1963, remonte à ses sources, à son tour. Lui aussi !
« Je suis un apatride qui découvre les facettes de mon étrangeté »,
dit Teboul racontant l’exil d’Egypte, de Tunisie. De Marseille
où l’on se battait pour
des visas.
7-
Scandale
chez les blokes du ROC. L’éditeur québécois Turgeon (« Trait-d’union »)
ose publier le témoignage de la complice diabolique du monstre
ontarien Bernardo qui a torturé à mort deux adolescentes. Ce
« Pacte avec le diable », de Stephen Williams, fut
refusé partout en anglais. Après avoir buté sur 12 éditeurs,
Williams fit vendre 370,00 copies d’un premier livre —sur
Bernardo— titré : « Invisible Darkness ».
La compagne satanique de Bernardo,
Karla Homolka, sort de prison (Saint-Anne des Plaines) le 6
juillet 2005 et Williams s’en inquiète fort. Un psychiatre qui
l’a soignée (!) lui a dit : « C’est un mystère
diagnostique ».
Le Ministre de la justice à Ottawa, malgré les pressions
des familles des victimes, vient de déclarer qu’il « n’y
aura pas les coordonnées de ces criminels sur registre »…pas
avant la nouvelle législation. Projet de loi en décembre ! Karla
Homolka est « contre », on peut comprendre celle qui
acceptait un « pacte » mortel avec « son diable »
de compagnon.
8-
Qui
a tué le baseball (et son stade) à Montréal ? Hen, hen ? Répondez
bande de morons ! On lit le Jonathan Ké du « National Post »
et on a la réponse. C’est nous autres, le 84 % de méchants
racistes. Ce J. Ké clairvoyant affirme : « Les séparatistes
(du Kouaybec) refusaient de soutenir un sport pratiqué par des
Graeme, Masato, Jose, Vladimir… Ils ne veulent que des Guy,
Maurice et Yves ». Fin
de la citation. On a le droit de rire !
Antoine Robitaille (Le Dev) nous
offre une autre occasion de rire : le « Herald »
de Halifax est son nid, il se nomme Jim « Meek »
(docile in french). Ce
Meek cite l’auteur de « Global Soul », Pico Iyer (du
Harper’s) : « Le Canada refuse les racines
communes, choisit plutôt les croyances communes ». Notre
Meek d’y aller : Le Canada est le phare des déracinés, du
cosmopolitisme et c’est merveilleux.
Cessons de nous chercher une identité « canadian ».
Il sort sa liste des célèbres immigrants, y plaque Yann Martel (« Life
of Pi ») , « né en Espagne » (vérité
accidentelle), Shields (né aux USA), Mistry (né à Bombay),
Ondaatje (né au Sri Lanka) Et
Bissoondath (né à Trinidad) même si ce dernier dénonçait
le multiculturalisme nuisance à l’intégration normale ! Les éloges
effrénées du métissage font bien voir l’inconfort de la
non-identité des Canadians, c’est bien différent au Québec et
cela fait enrager les inconditionnels du multicul trudeauiste.
9-
Un
hebdo régional (« Accès ») d’ici héberge
volontiers les proses du prof Lauzon. Bravo ! Par exemple, fin octobre, tout un public candide
apprenait les horreurs (ave chiffres clairs et dommages anticipés)
de la privation calculée de la santé, projet du Mario Dumont
—lui attirant les mouches à marde de « Commerce et
Industrie Inc. » Un très étonnant hebdo non ? D’habitude
simples supports d’annonceurs locaux, ces hebdos sont bien
sages, tranquilles.
Un fait rare ce « Accès Laurentides » en tous cas.
On peut lire dans « Parutions »
que « Boréal » publie « La voie canadienne »,
ouvrage d’un prof émérite de l’Université Queen. Will
Kymlicka argumente : « Il y a au Canada
(A) les minorités ethnoculturelles (émigrants),
il y a aussi (B) les minoprités nationales et (C) les
Premières nations (ceux d’avant la fondation du Canada) ».
Clair comme ça ?
Nous voilà donc réduits, une fois
de plus, chez ce diplômé de l’Université de Budapest, à une
simple minorité parmi tant d’autres, nous, 82 % au moins de la
population québécoise. C’est exactement à cela que voulait
nous conduire le trudeauisme et tous ses zélotes
anti-nationalistes. Nous faire oublier le fait et le mot « nation ».
Ça n’a pas fonctionné parfaitement comme on sait. Dès la mort
des nationalistes-fascistes (Allemagne, Italie, Japon, France
nazifiée, et Cie) , plein de nations se décolonisant revendfiquèrent
le beau mot de « nation ». Cela continue encore depuis
la chute du fédéralisme atroce nommé URSS. Plein de nouveaux
pays s’installèrent à l’ONU. Et nous ? C’est pour quand ?
Vigneault disait : »Imitons nos anglos du Québec qui
votent « non » à notre patrie,
à 98 %, faisons comme eux et nous aurons une patrie. On ne
peut mieux dire. Aux
endormis, aux inconscients… inutile de vouloir convaincre les
intéressés : mercenaires à conforts variés, stipendiés,
valets rémunérés.
Reçues de jolies cartes de voeux,
mon frère Raynald, mes soeurs… Aussi une lettre stimulante de
ce René Jacob qui attend mes illustrations nouvelles pour un
livre aux « Lilas », sa maison d’éditions en
Beauce. Je vais m’y mettre dès le 9 décembre venu. Le journal
quitté.
Demain réunion avec mes enfants, la belle bru Lyn, le dévoué
gendre Marco (sans lui, au fond, pas de ce « À coeur de
jour ») et de mes chers jeunes cinq mousquetaires (grandis
si vite !), rue Chambord. Il y aura 72 chandelles sur le gâteau ?
Je les compterai ! Lundi, caucus avec un reporter. Mardi, topo
avec Houde-Betrand. Mercredi…annonce de mauvais temps et retour
ici où la neige ne fond plus !
Aile : « Mautadit,
cette neige persistante, les feuilles mortes impossibles à
ramasser et les feuillus pas encore vraiment dépouillés, merde,
merde » !
Ma foi, le plaisir du râteau la démange
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