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1-
Ouf
! Par beau ciel, comme hier, je filais tantôt vers le studio 46
à la SRC.
Le
Houde à sarcasmes et
la belle Bertrand m’accueillent toujours le sourire fendu
jusqu’aux oreilles, l’air de dire : « Qu’est-ce
qu’il va encore nous sortir le papi ? » Hier matin, je
sortais des centaines de « roches chanceuses » pur étaler
un peu mon trésor le plis cher. Tous ces ramassages de petits
cailloux par des « petits poucets » ravis et pour le
grand-père encore plus ravi.
J’avais écouté : » Tu
sais tu peux faire et dire ce que tu veux à notre émission, nous
sortir une bonne polémique si tu veux ». Je m’y préparais.
Je songeais à fustiger tant de nos émigrants refusant de s’intégrer
à nous, le 84 % de la population, ignorant carment notre passé,
nos coutumes, notre histoire, s’installant paresseusement en
ghettos. Or, hier soir, souper chez Lynn
et son « homme » mon
fils.
Au dessert et café, discussions animées
entre Aile et Daniel. Sujet : « les enfants mal élevés ».
Ça bardait. Ma belle célibataire prône la rigueur, la sévérité
même, la cessation totale des gâteries — « skate »
à 200$ pour mon Thomas, auto
à 16 ans pour mon Simon. Mon
fils débattait virilement toute l’affaire. J’étais aux
anges, on sait que j’aime bien la chicane. Soudain, nous
parlions des amis des deux gars : « Tu sais papa,
je veux pas te peiner mais, malgré tes beaux efforts, c’est
« le gang d’amis » qui façonne le plus un ado ».
Je le savais bien.
Daniel, en riant, se moque de mon
« recyclage » de souvenirs avec les petits-fils à
« Tous les matins ». On va me mettre, Lynn et Daniel,
au défi de raconter mes idioties, de « ternir » un
peu la belle image du bon papi généreux. Alors, ce matin, j’ai
raconté au duo de T.L.M. ma bévue quand je m’installai en nono
innocent, dans la cour-arrière d’une voisine de la maman de
Lynn. On a bien ri en studio du grand distrait.
2-
Hier,
Aile au chevet de la « hanchurée » Marie-Josée, je
file à Rosemont chez Marielle, ma quasi-jumelle avec un sac de
livres lus et des magazines. Jasette. Pernod. Une cartouche de
cigarettes à 2$ le paquet que le beauf’ Albert se procure chez
les Agniers anglos de la rive-sud. À ses risques et périls ! Promesse
d’être aux côtés du « président d’honneur »
lundi soir à Saint-Arsène.
Nous avions lunché, à « La
Moulerie », avec l’ex-camarade de la SRC, Lise Chayer,
voisine, l’été, du cher « Vic » de Trois-Pistoles.
Retraitée comme Aile, veuve, Lise s’amuse d’être devenue une
accorte « barmaid » d’un « Pain doré »
du quartier de l’Ex-Centris. Lise, qui étudie l’aquarelle,
aime le monde, y trouve une clientèle charmante, une animation
joyeuse derrières ses comptoirs de fromage, charcuterie et pâtisseries.
Notre étonnement d’abord. Pourquoi pas ? Ainsi sa solitude est
rompue et fort agréablement. Curieuse, Lise a noté mes mots et
la nuance : « scotologiser et somatiser ».
Premier cas : un refus, un déni d’une réalité sans conséquence
grave, l’autre cas amène un dommage physique (maladie, douleur
au corps) à ce déni.
3-
Ce
midi, avant de remonter ici, téléphone du prof Gilbert Forest de
« André Laurendeau » pour que je préside un concours
de littérature à cette école de Ville-LaSalle —que je sais
fort dynamique. Refus poli. Je ne peux pas garantir une telle
activité ces temps-ci. Trop de projets en marche, je l’ai
remercié pour la confiance et il a compris.
À l’instant : pise de
rendez-vous avec le docteur Singer. Le 17. Il aura analyser ma
prise de sang… et me fera… verdict. Brrr…Le méchant cholestérol
gagne-t-y du terrain ?
Je relis « Aimez-moi… de
Denise Bombardier, pas mal d’autofiction dans ce roman d’avant
« Ouf ! », j’y retrouve plusieurs éléments de son
« Une enfance à l’eau bénite » : le quartier
Villeray, elle en ado terne, plate de poitrine, sans attraits
physiques, angoissée, une maman soumise à son « butor de
mari » mais ambitieuse (pour sa fille), ce papa terrible,
anticlérical, sauvage et « sans amour » pour ses
filles Ça me plait.
4-
Courriel
d’une jeune camarade écr..evisse,Francine Allard (venue de l’Outaouais),
très admirative « pour l’ensemble de mon œuvre » :
elle va publier chez Leméac bientôt, et chez « Trois »
des pouèmes. Elle m’annonce que Stanké fut « un affreux »
avec elle —et aussi pour d’autres de ses poulains : Roch
Carrier, Michel Garneau, Pierre Falardeau par exemple— ne
versant pas ses droits d’auteur. Ah ! Faudra que je questionne
carrément mon Alain là-dessus. Chez l’éditeur Pierre Tisseyre
(où elle publia), on réécrit carrément vos textes » ! Eh
bin !
Un jour, profitant du brûlot de
Fabienne Larouche sur ses « producteurs-voleurs », F.
Allard voulut se glisser dans le train en marche et se mit à
rugir contre les éditeurs « pas moins voleurs ». À
la radio et dans la presse je l’avais vertement rabrouée en
affirmant qu’on ne
pouvait ainsi comparer les énormes subventions d’argent public
versées aux producteurs (de télé ou de films) et nos chétifs
éditeurs-artisans. « J’ai pas eu le courage de rétorquer
à l’époque et je le regrette », m’écrit-elle.
Courriel de Michelle Temblay : elle enrage de ces
parents (des voisins à Lévis) qui souhaitent au plus tôt
l’anglais dès la première année. « Si nos enfants
peuvent parler deux langues, ils iront loin » est leur idéal.
S’is parlent « mal » deux langues, iront-ils si loin
? M.T. me parle d’enfants fréquentant des écoles privées
bilingues…et qui parlent anglais désormais entre eux. L’inquiétude
des parents —que je saisis bien pour l’avenir des enfants rend
aveugle souvent. Dans le monde entier, il n’y aucun pays
bilingue qu des personnes. Tôt ou tard un pays qui se voue à
cette chimère verra une des deux langues gagner. Ici,
(300,000,000 d’anglophones sur notre continent ) on peut
imaginer quelle langue triomphera… Et vite !
5-
Excellente
première émission (merci magnéto !) de Christiane Charrette (La
Presse y fait écho ce matin). Louise Marleau étonnante, Dan
Bigras toujours captivant. Y était aussi le « bouffon »
du caricaturiste Chapleau : l’avocat vire-capot, étonnante
girouette, Bertrand. Cet ex-Riniste
déclare qu’il a réfléchi longuement sur son chemin de
Damas, celui du « fédéraliste nouveau ». Il vient de
découvrir la roue ! Imaginez-vous donc : « Je reviens
à ma première conviction : oui, le Québec doit devenir un
pays. Et cela dans une fédération changée. C’est la farce de
Deschamps : « un Québec libre dans un Canada fort et
uni » ! Fait-il mine d’ignorer l’histoire récente, les
« no way » définitif —et grandissant depuis
1995—des anglos. Pas question pour toutes les autres « provinces »
que Québec ne soit plus une « province ». Par quel
tour de magie, notre bouffon croit-il qu’il va faire changer
cette attitude « canadian ».
Non, non, il n’y a qu’une issue :
nous voter majoritairement —51 % malgré Anglos et assimilés—
l’indépendance du Québec. Ce sera le choc salutaire.
Inévitable. Une fois faite, nous pouvons espérer qu’il
y aura —enfin— un Canada confédératif. Et pourquoi pas ?
Mais pas avant, comique Bertrand !
6-
J’ai
mis la main —à mon porte-monnaie— sur le « Foglia chéri » :
« Manuel à l’usage…des jeunes filles » de Melissa
Bank. Hâte d’y
aller voir. Méfiance ? Oui. Difficile de recommander un bouquin
car… tot sensus quot
capita, oui, il y a autant d’opinions qu’il y a de têtes
!
Lundi à T.L.M., je veux parler de
mon enfance à moi, pas celle des petit-fils. La ruelle à jeux !
Les marchands ambulants. Nos jeux rudimentaires et nos pauvres
jouets au temps où i n’y avait pas de « skate » à
200 $ sous le sapin de Noël. Ni Nintendo, ni ordinateur-à-jeux.
Certes, j’en profiterai —on
est bien servi …— pour inviter le public à Saint-Arsène
voir la petite expo de mes « images pieuses ». le soir
même.
Dimanche soir, Aile et moi à la
zapette, tombons, à TV-5, sur une table ronde fort animée par un
meneur de débats qui a le regard de biais du Jack Nicholson.
Plein de grandes gueules françaises. Un tourbillon. J.-F.
Revel, l’auteur de « L’obsession anti-américaine »,
immobile comme un gras bouddha, se fait invectiver par certains
invités. Le dissident Suisse, Ziegler, parlera peu ! Allègre,
ex-ministe de l’éducation qui fréquenta les universités USA,
défend les États-Uni avec intelligence : « Ne
pas confondre le peuple des États-Unis et ses gouvernants,
c’est deux choses bien différentes ».
Il affirmait : « On dit, on répète :le
lobby du pétrole « pro-guerre en Irak » ? Fausseté !
Mensonge. Aucun intérêt pour eux, au contraire. C’est le lobby
des industriels-en-armements qui poussent sur les va-t-en guerre ».
Un autre ex-ministre, Villepin (« Le
cris de la gargouille », chaque invité avait son livre
d’essai tout frais ), lui aussi, veut nuancer le débat.
Emmanuel Todd (« Après l’Empire ») y va de ses
franches opinions : « En France, c’est l’élite
(politique) qui est pro-Bush, pas le peuple et c’est le
contraire aux USA, l’élite est anti-Bush et le peuple lui fait
confiance vis les peurs entretenues ». Émission stimulante.
À la fin, hélas, une sotte Line Renaud viendra bénir les USA :
sans doute qu’elle fut bien traitée —à Las Vegas— en
meneuse de revue sexy, « French touch ». En épilogue,
surprise : un Nicolas Rey s’écriant : « Quoi,
quoi, les médiocres ? Assez ! Les médiocres ont bien le droit de
vivre, non » ? Drôle. Tout cela pour dire qu’on grimpa au
lit, Aile et moi, la
tête bourdonnante d’idées diverses. C’est cela aussi la
France. Pays unique !
7-
Aile
d’en bas : « Clo ? Tu disais pas vouloir faire
une dernière tonte d’herbe ? C’est le temps, y a un voisin
qui s’y adonne, concert en duo ? » Bon. Bien. Ouan.
Euh…Faut… Courage : je descend mettre mes vieux souliers.
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