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1-
Je
songe à du Canaletto quand je vois tant… « le bleu du
ciel » (titre de Bataille) et des nuages kioutes, rosés. Même
loin de Venise,
mossieu Canalettto, il y a ici aussi de ces firmaments si aveuglément
lumineux. Ce matin, Aile m’ouvre le store : « Regarde-moi
ça, Cloclo ! »
C’était fameux, brume au ciel, sur les collines, sur le lac.
Pointes de jaune, de rouge, d’orangé, dans des feuillus qu
veulent émerger de ces
smufato romantiques. Paysage
étonnant en effet : la froidure de cette nuit se sauvant
devant le chaud du point du jour ! Spectacle fort.
J’avais, dans le pénis, des bébés
! Fou ça ! Des bébés minuscules, en celluloïd (?), mini-poupées
insolites étranges et je les sortais, nerveux,
un à un. Une bonne douzaine ! Mon pénis enfin vidé…
comme un vain tuyau !
Bizarre songe, non ? D’abord je me baladais avec Aile, très
courtement vêtue, sur mes épaules. Un village lacustre. Un
Pointe-Calumet exotique, embelli. (J’avais parlé hier à Aile
d’aller vite racheter le terrain —et son chalet— de mon père
pour les enfants et les petits-enfants. Site vendu en 1983 par mes
deux enfants —à la mort de leur mère). Avant ces mini-bébés…Aile
—dans des voiles transparents—
et moi batifolions dans le vent. Du bien beau temps. Puis
c’était Monique Miller, grimpée sur moi, s’accrochant,
rieuse, fesses nues, suspendue, toute heureuse, sur mon dos, puis
sur mon ventre…Non mais…
Ah, pouvoir défricher ces rêves !
Ces petits bébés de caoutchouc dans ma verge ! Étonnante séquence
!
Aile hier soir, tard : « Merde,
faut p’us que je me fie à mon intuition. J’ai loué un navet ».
Non. Pas si navet que ça. Disons un film bien intentionné mais
« à demi raté ». « Autoroute 84 », écrit
et filmé par Ross Partridge est un polar un peu spécial. On lit : « concepteur
visuel : Christin Paquette » ! Ah ! Un autre descendant
de nos exilés des
temps jadis ?
Un film étonnant. Loin d’être banal. Insatisfaisant
quoi. Un noyé bien gras. Blessé à la tête. Enquête. Un petit
patelin non loin de New-York. Un jeune policier déboussolé,
divorcé, perdu. Un suspect…mais en vain. À la fin, le suicide
du jeune gros patapouf (très bien joué), aliéné mental, qui
cherchait son père l’abandonneur misérable. Des relents très
« bibliques » ça et là. Un film commandité —en
secret— par des fondamentalistes ? Je le suppose.
Dans ce « Autoroute 84 »,
un fauteuil roulant (le père retrouvé, invalide). Je songeai au
fauteuil roulant que je manœuvrais dans des couloirs pour
Marie-Josée « de La Hanche » vendredi après-midi.
J’ai songé aussi à maman, 85 ans, en fauteuil roulant, rue
Saint-Denis. J’avais enlevé les seuils de toutes les portes du
logis. Et fais mettre du tapis aussi. J’avais fait le ménage
partout. C’était en 1984, par là. Il lui restait trois ans à
vivre et je ne le savais pas. Je la voyais mourir à 100 ans !
Papa le sauvage promu cuisinier et femme de ménage (oh !) alors.
Devant pousser la vieille épouse, l’aider sans cesse. En 1985,
il n’en peut plus et maman ira mourir seule, en novembre 1987
—cinq mois après lui— rue Labelle, dans un centre
hospitalier. Proche de « Auger tabagie », pour le
« farces et attappes » des mes petits mousquetaires.
2-
Avant « le choix
ciné d’Aile », hum !, revu hier soir, à ARTV, le
formidable documentaire sur « l’un des deux ou trois plus
grands pianistes au monde », Glenn Gould.
Feu Jean-Louis Millette et Sylvie Drapeau commentaient.
Ensuite, le beau film de Girard sur Gould : « 32 films
brefs ». Ce phénomène humain, hors du commun, maestro à
cinq ans déjà, est fascinant. Né en 1932, (mort en 1982) Gould
va stopper net (en 1964, jeune encore) les concerts publics
—il était fêté, loué, applaudi, acclamé, portée aux
nues de New-York à Moscou— pour s’enfermer dans des studios
d’enregistrement sophistiqués. Choix abasourdissant pour ses
adorateurs navrés.
Ce génie incontesté avait un tas de
manies. Se déchaussant durant un concert, buvant un verre
d’eau… Fringale de médicaments, des gants troués aux mains,
« téléphonophile » insensé. Insomniaque, Gould
aimait conduire sans but des heures durant, aimait épier les
conversations dans des restaus et des bars enfumés, jouant
l’anonyme solitaire. « Il avait l’oreille absolu »,
(terme qui me mystifie toujours) dira un commentateur de son étrange
carrière volontairement interrompue. Un autre spécialiste du
monde musical dira : « On dirait qu’il composait
cette musique à mesure qu’il jouait Bach ou Mozart ou Ravel ».
Je notais ses meilleures pièces (endisquées) et je me disais :je
me les procurerai. Je n’en ferai rien je suppose et je resterai,
hélas, ce béotien
en musique dite sérieuse. Cette ignorance pourtant est un de mes
chagrins. Me secouer là-dessus.
3-
Cette
fois, une excellente émission d’Homier-Roy avec l’actrice
lumineuse Marie Thiffault, venue du Saguenay. « Viens voir
les comédiens » aurait
pris sa bonne allure, sa bonne vitesse de croisière
? Ou bien, c’est elle, Thifault, qui est bonne, meilleure
que Carole Laure (pas ennuyeuse du tout)
et Luc Picard en « confessions » ? Et la bonne
articulation, l’élocution si claire, intelligente de cette comédienne…
Bon pour les sourdingues de ma sorte évidemment.
Ce matin, dimanche., cahier « lectures »
encore un « papier » sur cette Mavrikakis (du roman
« Ça va aller »)
qui, via son héroïne, nous peint en « tribu de
racistes ». J’écrivais qu’il y avait quelques « néos »
qui s’épanouissaient parmi ce 84 % de « French Canadians
racists », selon cette prof à Concordia. D’autres
noms de « néos », ou d’enfants de « néos »,
me sont venus à l’esprit. En effet, comment cette Sappho-Didon
(sic !) péronellisante juge-t-elle les bos succès des M’bara,
Kavannah, Gregory Charles, Septimu Severe, Curzi, Franco Nuovo, Saïa,
Marco Micone, Sergio Kokis, Mankievitz, De Santis, Dino Tavarone…et
j’en oublie sans doute ?
Chantal Guy (La Presse) jette des bémols
sur ce roman d’enragée psychotique.
La « néo » Catherine tente d’esquiver…
sentant les énormité proférées par son porte-parole « Didon »
Apostasias, comme regrettant sa sauce « autofiction »
sur les bords. « Aucun écrit n’est innocent »,
dit-on. Dubois, le dramaturge, a, lui aussi, joué de ce violon
pourri. Un racisme inversé, on le sait bien. Auto-mépris qui relève
de… Oui, y-a-t-il un docteur pas loin de ces déboussolés ?
Mavrikaka-Didon trouve répugnant « ces idolâtres de
l’enfance ». Cela fait un énorme régiment d’écrivains
valables mis au ban de cette prof de littérature. …Dont ce
fantastique Alain Rémond et son « Chaque jour est un adieu ».
On lit Rémond et on
est plongé dans une littérature humaniste autrement plus chaude
que ce vulgaire bain d’acide « raciste » de la
Mavricaca.
Toujours masochistes, peins de
questionneurs en médias aux pieds de la propageuse de « diffamation
des nôtres ». C’est infiniment triste.
4-
Ce
matin, du « Soleil » de Québec, article intéressant
entre les façons de faire des affairistes de France et d’ici. Là0bas,
prudence et attente. Ici, confiance spontanée et, « rapido »,
on signe ce contrat oui ou non ? En France, on veut aussi de la
sympathie, voire de l’amitié, ici, à l’américaine, pas de
sentiments, « business as usual ». François Pouliot
montre bien les différences dans les mentalités. Tembec, un
exemple, a fini par installer quatre usines dans la mère-patrie,
tout de même. Le PDG de Tembec, Yvon Pelletier, dit : « Ce
qui se fait ici en deux semaines, prendra deux mois e Europe. Mais
il y a, en France, un
marché autrement plus important qu’ici ». Ah le nombre !
Le grave bobo qui fait piétiner tant de domaines brillants parut,
théâtre, cinéma, livres, etc. Le malheur des pays peu peuplés
quoi.
Même gazette, ce matin, des mamans
« restées à la maison »,
délaissant un métier, voire une profession, discutent des
bonheurs et des malheurs de ce métier plutôt moqué et même
bafoué. Vaste question. Ma fille, Éliane, quittait son job de
prof… De l’héroïsme à mes yeux. Maintenant, les enfants
grandis, élevés, va-t-elle chercher à revenir au boulot ? Pas
facile ce retour après vingt ans d’absence volontaire. On le
devine. Une du débat en cours, ingénieure « sioupla »
, avec mari « directeur exécutif », recommande de
mener carrière et métier de maman. Ouen ! On devine qu’elle a
eu les moyens, elle, pour tuteurs, « nanny »,
gardiennes et le reste.
5-
Vendredi
matin, article instructif de M. David ( auteur de « Repenser
la sécurité », édité chez Fides) qui illustrait les
graves périls de faire la guerre en Irak selon les vœux du W.B.
Il favorise l’option ONU, l’inspection méticuleuse des
installations militaires chez Sadam Hussein, avec raison. En
janvier ou en février 2003, il se peut fort bien
que les Marines-US débarquent là-bas. Et ce sera « Vietnam »,
deuxième édition ?
Des catholiques militants
s’associaient volontiers avec le dictateur Franco, allié
prudent des Mussolini et des Hitler, en Espagne. Ces « bons
chrétiens », franquistes avoués, étaient du mouvement un
peu clandestin, quai secret,
l’« Opus Dei ». Le curé jésuite fondateur (Escriva
Balaguer) de ces réunions de zélotes « pro-Rome » et
pro-fascites, se fait sanctifier ce week-end à Rome.
C’est le « Travail, famille, patrie » pétainiste
qui gouverne ce genre de « saint ». Une leçon
historique, en 2002, qui donne froid dans le dos.
Sauvé par la Vierge (de Fatima ou de
Lourdes ?) d’une grave maladie, ce MonSeigneur Balaguer aurait,
à son tour, miraculeusement
guéri, en 1992, un radiologiste condamné. La foi catholique
aurait proclamé Balaguer c’est : « Jésus,
Marie et… le pape! » C’est bien noté. Un membre québécois
de cet « Opus Dei », curé de Saint-Ambroise (dans
Villeray) a étudié en Espagne en 1970. Il prétend que « L’Oeuvre »
avait des militants
de toutes les tendances politiques. On lui dit :
« Et des républicains aussi ? »
« Ah non, ça, non ! » Bien.
6-
Hier,
je vois une jolie annonce du jeu de société de mon fils dans Le
Devoir. En bonne place. Ma fierté. Ce jeu « Bagou »,
que Daniel a inventé, a un fort bon succès.
Il vient d’en faire une ré-édition augmentée, si je
peux dire. Je voudrais qu’il soit invité à « Tous les
matins » mais comment m’y prendre, détestant, comme tout
le monde, le népotisme ? C’est délicat.
Un film québécois d’Eric Scott
veut illustrer notre « congénital racisme »…n’est-ce
pas ? « Je me
souviens », un documentaire, questionne, à la manière de
madame Esther Delisle ( sa thèse publiée là-dessus fut très
contestée), les gens des années ’30 encore vifs. Luc Perrault,
critique émérite, déclare : « loin de faire
comprendre les raisons de l’antisémitisme d’alors ». Ah
bon ! Un autre qui cherche —avec amour des nôtre— des poux
honteux chez nos grands-parents ! Disciple de Maudit-kakaille
Richler. Il n’y a pas de mystère. Mon papa était antisémite.
Léger. Comme nos voisins. Comme tout le monde, en Europe comme
aux USA, en 1930. « Les Juifs avaient osé crucifier Jésus ».
C’était un déicide impardonnable. À cette époque, les choses
étaient odieusement « noires ou blanches ». Non, il
n’y a là aucune conspiration raciste organisée. Juste une
connerie dans l’ air du temps, l’air enseigné, pollué,
par un clergé catho borné. À quoi, à qui, profitent
tous ces chercheurs de bébittes, aux adversaires du Québec
libre. Évident ! Pauvre cloche d’Éric Scott ! « Je me
souviens », présenté au festival de Namur, en Belgique
n’a fait aucun remous. Là-bas, on sait mieux de quoi il
retourne.
Le soleil luit. Il est 15h. Aller
m’ installer sous la bonne lumière de l’Astre et lire avec
elle. Demain matin, me rendre à « Tous les matins »,
parler d’une expédition sur le Mont-Royal avec marteaux pour
arracher à une falaise des pierres rares…Je suis prêt Houde et
Bertrand. |