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1-
Formidable
veillée dans Simcoe Crescent hier soir. L’ami André Dubois
frappait le chiffre 60. Le jeune ! Avant le bon souper bien arrosé
de sa Mimi — prof retraitée heureuse de Marie-Victorin—
visite à cette Marie-Josée à la hanche renouvelée ! Elle va
s’en relever. Deux mois de …marchette ou béquilles ! Grosse
cabane de réhabilitation rue Van Horne à l’est de Côte-de-Neiges.
Plein de gens sur des lits qui attendent de pouvoir se remettre
dans le courant de la vie.
Chez Dub, France, une
notairesse—mariée à un sosie de « Ben Hur », Roger— fort amusante et, comme moi, sans langue-dans-la-poche. On a
rigolé fort. Elle me déclare être la nièce de cette Irène Sénécal,
contestée pionnière, ici, du « dessin libre » pour
les enfants. J’imitais
son « école » audacieuse aux centre récréatifs de
la Ville (1953-1956). « Vous ne leur apprenez pas à bien
dessiner », me disait-on souvent. On ne comprenait pas trop
ces séances de liberté graphique totale en ce temps-là.
La compagne de Dubois, Michèle Lépine,
vient de s’inscrire chez un prof —un peintre Chinois
!— souhaitant peindre plus que jamais désormais. Sa fille
Emmanuelle y était —une déjà experte en
transcription-traduction — se perfectionne à Ottawa et c’est
là —amours, amours, où ne vous nicheriez-pas ?—
qu’elle a trouvé un jeune compagnon, Hughes, qui est le
relationniste du chef du Bloc, Gilles Duceppe, comme on sait,
le fils du fameux « Jean », comédien émérite
dont on annonce une biographie dramatisée à la télé.
Le matin de ce hier, prise de sang (grr…) dans une
clinique laurentienne. Ma vieille peur… Alors je fais le
bouffon, avec des patients, des infirmières… Inutilement car :une
experte cette guêpe piqueuse, n’ai rien senti. Privé de toit
depuis 21 h la veille, au diable céréale et fruit, précipitation
—comme pour me venger— sur œuf et…bacon (un tit peu) au
retour « at home ».
2-
J’ai sorti tantôt une
de mes chaudières de plastique transparent remplie de « roches
chanceuses ». Cadeaux inestimables de mes petits-fils. Et
que je veux exhiber —en preuve— lundi matin à « T.L.M. »
de la SRC.
Je m’étais dis dans le temps :
pas bon pour eux, mes cinq mioches gentils, d’être
toujours les « receveurs », les débiteurs du si généreux
papi. Ils doivent
avoir envie de donner. Alors,
je leur quémandais sans cesse des dessins, des griboullis. Un
jour, je dis : « Jeune, je cherchais partout des
yeux des « roches chanceuses », vous savez ces petits
cailloux polis qui brillent ?,
on me disait qu’ils portaient chance à ceux qui les
ramassaient. Ma foi, j’y crois encore et si vous en voyez… »
Ce sera, durant des années, une récolte merveilleuse. À
chacune de leurs excursions, ballades, avec les parents, ils en
eurent plein leurs poches à m’offrir. Bien fiers : « Tiens
papi, c’est pour toi ». Mes exclamations. Leur contentement.
Enfin, ils donnaient eux aussi ! Je prenais. Je garde jalousement
dans ma cave, ici, ces centaines et centaines de petits rochers
luisants. Je me répète : « Chaque petit caillou
brillant, c’était une pensée pour moi, leur grand-père ».
Mon trésor le plus précieux ? Oh oui !
3-
À
la cour pénale internationale (La Haye), étonnement : une
monstrueuse raciste s’accuse. Regrette. Avoue. Biljana Plavsic
admet publiquement le mini-génocide (Kosovo, Bosnie) commis.
Surprise étonnante là-bas. Et dans le monde. Cette eugéniste
vicieuse, avouant, admettant sa bêtise grave, doit vachement embêter
le fou de Milosevic.
Je lis un article de fond, signé
d’un expert en éducation, qui dénonce le mal fait aux petites
garçons dans nos écoles. Temps qu’il l’ouvre ce retraité !
C’était mon sujet lors de ma première visite en studio
chez Houde et Bertrand, à « Tous les matins ».
Effrayantes révélations : on interdisait la « tag »,
le ballon-chasseur et même les récréations dans certaine écoles!
Tout cela pour tenter d’endiguer, de nier, de détruire,
idiotie, l’agressivité naturelle chez les gars. Jamais
d’hommes en enseignement primaire ! Tentatives loufoques et
nuisibles de remodeler les petits garçons en petites filles !
L’horreur ! Maintenant, enfin, on songe à repenser ces façons
de faire. Il est bien tard.
4-
Aile me disait depuis
jeudi midi : « Vite, lis cela, c’est un petit bouquin
formidable ». Ça me tentait pas trop. Tant de bouquins
m’entourent. Oh le
récit merveilleux ! Le précieux trop bref livre. « Chaque
jour est un adieu » est signé Alain Rémond (Seuil, éditeur).
Je l’ai dévoré d’une seule traite sur le coin de la table à
manger, avant de partir pour la ville, vendredi midi. Au chapitre
de « la mère », j’éclate en sanglots. « Chaque
jour est un adieu » —pris chez Chateaubriand— est
« la petite patrie » de ce jeune breton,
fils de modeste cantonnier. Il n’est pas un urbain comme
je le fus enfant, lui, il ne court pas dans les ruelles mais dans
les champs —la forêt et ses féeries— loin de la ville (loin
de Paris), dans une famille pauvre, 10 enfants, chambres entassées,
pas d’eau courante, la « békosse » derrière le dépotoir
! Des artisans pauvres, des paysans tout autour. Un logis vraiment
misérable. Miracle de l’âge enfantin : une « petite
enfance » toute rayonnante pourtant. Le bonheur des
innocents.
Soudain, le malheur. L’enfer s’installe dans cette
cambuse misérable et il écrit : « On ne guérit
jamais de son enfance » : son merveilleux papa sombre
dans l’alcoolisme. Ce sera la guerre désormais entre maman et
cet homme ivrogne, papa. Une épouse bafouée, insultée, battue,
cette mère débordée, tant aimée. Et ce sera l’effrayant
silence des enfants qui ne comprennent pas que leur « paradis »
s’écroule subitement.
Marie-Josée qui empruntait ce récit bouleversant de son
amie la critique Francine Laurendeau, me dira à son hôpital,
qu’il y a une suite. Un autre troublant épisode. Hâte de le
trouver. Je veux écrire à ce Alain Rémond. Son « enfant
de Villeray » à lui, le
petit bourg de Trans », où l’on devine au loin,
par temps clair, le contour du monastère-château, le
Mont-Saint-Michel, m’a tant remué. Ah la joie de lire du bon
« stock ». Belle drogue !
5-
Mystère…
Moi qui aime tant les formes et les couleurs, pourquoi ne vais-je
pas plus souvent aux expos, aux galeries, aux musées ? Sais pas !
Velléitaire, je lis un article stimulant, je me promets... et
non, j’y vais pas. Paresse ? Pourquoi me priver de ce stimuli
visuel ? Oui, un mystère. Serai-je puni lundi soir le 14 à
Saint-Arsène ? Pas un chat à mon
expo d’aquarelles ! C’est tout ce que je mériterais !
Après des années à « couvrir » tant d’expos (de
1960 à 1967), on aurait dit que j’étais saturé…d’images
plastiques. J’avais retraité. Depuis, fini le pèlerinage chez
les chercheurs des arts plastiques. Maudit mystère. Je lis sur la
« Biennale de Montréal ». Lamarche (du Devoir) y met
de gros bémols. Un expert en la matière, de Berlin, regrette que
ces expos avant-gardistes ne s’adressent qu’aux « connoisseurs »,
qu’aux experts. Il dira qu’à
Venise les vénitiens n’y s’y sentent pas concernés.,
Que ces foires audacieuses finissent par captiver que les « autres »
créateurs. Des ghettos subventionnés ? Eh oui, je le crains.
6-
La
folichonne secte du Raël à pédales —que Québec-con classe,
avec détaxation, comme religion hélas !— se voit interdire son
feu-de-camp-aux-crucifix —comme chez les racistes du K.K.K.—
au Parc Jeanne-Mance. On invoque au Service de incendies :
« Pas une fête mais une manif ». « Le pari de
la Sagesse », une autre sorte de fêlés, préparait un face
à face. Lâcheté des autorités. On ose pas dire : « Respect
pour l’héritage historique montréalais, pour la mémoire, pour
le patrimoine passé, pour les origines nationales » ! Ce
serait trop simple ? Quoi ? Si ces cocos de raélistes, malins,
annonçaient : « Approuvez, ce sera joyeux, il y aura
fanfare rock, clowns et ballons », est-ce que la Ville
dirait : « Oui, allumez vos torches, flambez-moi toutes
ces vilaines croix » ! Les imbéciles ! La tolérance tous
azimuts a souvent des visages d’hypocrisie.
7-
Un
rocker lui dédie une chanson au taliban endoctriné, made in USA ,
le titre : « John Walker’s song ». Édifiant !
Procès —aux USA— au jeune kamikaze virtuel.
Prison : « vingt ans, vingt ans », clamait
une toune populaire de Ferland. La défense : « C’est la faute à MTV ».
Bin quin ! Le jeune fanatique exporté de l’Afghanistan
cherchait du vrai, du bon, du méritoire, du pur. Il devait
absolument quitter la crasse des conforts modernes en Occident.
Certains trouvent Mahomet, le Coran, d’autres le Bouddha. Ils ne
sont pas dangereux. John Walker, lui, avait trouvé des
mitrailleuses, des camps d’entraînement, du fanatisme, de la
haine. Le jeune étatsunien va devoir « méditer »
encore, désarmé cette fois, à l’ombre, très à l’abri, des
méchants occidentaux décadents que nous sommes tous ! Miserere !
Questionné, embarassé, Chrétien se
tait toujours. Pour nous vendre, au Québec,
le « fédé-râlisme », sa scélérate et
mercantile compagnie de pub « Group’Action »
empochait allègrement l’argent public.
Avec plans et rapports ruineux et…en double…Pas pour le
même prix. L’enquête traîne, évidemment. Les « examinateurs »
d’abus et de favoritisme, stipendiés grassement, sont pas pressés
face aux gaspillages du « trésor commun », face aux
conflits d’intérêts, face aux magouilles. Face à la
propagande grossière. Et inefficace ! Le nationalisme libérateur
des québécois se décolonisant, c’est
juste des « Flags sur le hood » mais les
milliers et milliers d’unifoliés des Sheila et cie, c’est le
« bon » nationalisme ! Ensuite, on lit un excité
chroniqueur du « Ici » qui chie et bave sur notre
patriotisme.
Ou bien on lira une sinistre névrosée,
Catherine Mavrikakis —très kaka comme dans caca—
qui pisse aussi sur le patriotisme, j’ai terminé son
sinistre récit « Ça va aller » (chez Leméac). Je
voulais en faire la démolition avec maints exemples —mes marges
noircies— puis, je me ravise : je perdrais du temps tant
son faux-brûlot anti-Québec est ennuyeux et plat. À la fin, son
« chat noir », sa fixation,
sort du sac : ce qui l’enrage ?, qu’on la nomme
encore, après tant de décennies vécues ici,
une néo-québécoise ! Vite, nous devenons alors
collectivement un peuple de terrifiants racistes. Faudra en parler
aux Norman Bratwaithe, Luck Merville, Péan, Dany Laferrière,
l’on pourrait en rajouter en masse, des « néos »
totalement acceptés ici. Est folle la Mavri-kaka, elle est
aussi prof en lettres à « Concordia ». Fameuse messagère
de notre culture, hein ?
8-
Vu
« Les incontournables », à TVA, jeudi soir. Une masse
assommante de pubs criardes entre des « messages promotionnels»
pour consommer de la culture vivante. Ça gigote. La mode « fast
koltur ! » Aussi futile qu’à « CE SOIR »,
avec ce jeune crieur toujours bousculé, pressé dans sa « nomenklatur »
à plogues »!
Pas de commentaires un peu étoffés, aucune critique.
Interviewettes niaises. Aucune opinion un peu étayée. Rien. Le
vide sidéral. Un vain défilé. On méprise le public, on ne le
croit pas assez intelligent pour instituer, organiser, une échelle
de valeurs, un choix. Une graduation dans l’estime de tous ces
produits offerts. On vous nomme et en vitesse, soyez heureux les
créateurs ! Honte !
C’est « Coup de pouce »
et non « Clin d’œil » qu’Aile jugeait pas mal
fourre-tout ! Je le feuillette : plein de très jolies pages
de publicité, comme un peu partout. Beau design typographique,
bonnes photos. Et, en effet, ça jase de tout et de… rien ! Une
obligation en ce domaine ? C’est pareil chez « Châtelaine »
ou « Elle-Québec ». Etc. Le public (féminin) ciblé
est content ? Satisfait. Ça se vend bien ? Oui ?
Je lis : « Qu’y avait-il avant, qu’il n’y
a plus, sinon l’enfance ? » Du poète Saint-Jonh Perse.
Je lis et je relis cette phrase.
Et je jongle.
Mes contempteurs parfois :
« Jasmin, il sort jamais de l’enfance ».
Répéter encore Colette : « L’enfance comme
une cicatrice qui se referme jamais. »
Je jongle.
Ce « Chaque jour est un adieu »
de Rémond me hante. J’ai mal encore. Il m’a fait très mal.
Tant de malheur. La misère sur les innocents :
insupportable.
Je regarde par ma fenêtre ce beau
ciel bleu de samedi, ces jolis nuages… je pense à eux, morts en
1987…je remercie ma mère et mon père. Avoir eu cette chance :
une enfance heureuse. |