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1-
Un
hier si beau et si chaud…ce matin, ciel bleu à nuages éparpillés,
c’est frisquet en yable ! Je reviens du bas de la côte Morin,
de chez le tondeur de cheveux (et barbe dans mon cas), Lessard.
Passionné de golf, il m’en jase. Je lui dis : « Ah
le golf! Ça me tente, on me dit tant que c’est défoulant,
reposant, mais j’avais un camarade (J.-C. Rinfret) golfeur emeritus
qui m’avait prévenu : « Claude, commence pas ça, je
te le dis, ça devient vite une passion. Tu pourras plus t’en
passer…etc. » .J’ai suivi son conseil, trouvant si peu
de temps pour m,es passions. La lecture. Le cinéma. Et mes petits
projets divers.
Monique Miller, avant-hier soir, rue
Frontenac, avait choisi de lire d’abord deux textes de mon
bouquin « Je
vous dis merci », l’un dédié à mon père mort,
l’autre à ma mère morte. Je la sentais ému pour papa-mort.
Pour ma mère-morte, elle éclate en sanglots ! A du mal à
poursuivre sa lecture. Malaise partout. Moi tout bouleversé de la
voir si bouleversée. Un moment fort. Pour terminer sur une note
plus joyeuse Monique a lu (avec son grand talent qui améliore un
texte !) le tout premier chapitre de « Enfant de Villeray »
avec le « tit-gars » qui découvre la lune et
s’imagine qu’elle vogue dans le noir firmament.
2-
Le
cinéaste audacieux Pierre Falardeau, hier, sous le portique de
TVA, nous quittions « Dans la mire » : « Tu
sais, j’ avais quoi, 15 ans, j’achetais mes « comics-books »
américains à une tabagie de mon Saint-Henri et je découvre un
jour qu’on y offre la revue de gauche « Parti-Pris »
et ton roman « Pleure pas Germaine ». Une découverte
qui m’avait marqué ». Il me glisse soudain : « Dis
donc, Jasmin, t’es
encore plus révolutionnaire que moi, ma foi du bon yeu ! »
Pris cela comme un fameux compliment venant de ce dissident enragé.
Envie d’envoyer à ce cinéaste mon
« L’Armoire du Pantagruel ». Il aime Rabelais ! Il
me semble que Falardeau saurait en tirer un fameux récit
filmique. Eh ! Je constate que je n’ai plus de copie.
M’adresser vite à Leméac, son éditeur.
3-
Quand
je décidais d’offrir mon polar de « fantasy »,
« La nuit tous les singes sont gris », à Quebecor,
j’avais cru à une promotion énorme (journaux, magazines, télé),
vu l’immense machine des Péladeau. Mon erreur. L’éditeur
Simard (Publicor) m’expliqua, voyant ma déception :
« On imagine un empire qui se tient, mais non, chaque
branche de l’empire tient à sa liberté. Même qu’il y a méfiance.
Et silence. Impossible d’obtenir de la publicité dans une
section ou l’autre du « gros jeu de blocs ».
Mon « La nuit.. » ne fit donc pas mieux là
qu’ailleurs. Les énervés de la « convergence »
seront surpris de lire cela ?
J’ai acheté le dernier numéro de
la revue « Historia » que mon père estimait fort.
Lectures formidables. Article sur le Mussolini fêté avec
empressement par le roi d’Italie alors que l’armée aurait pu
stopper net la marche sur Rome des fascistes (en chemises noires).
Monarque bien con. Et qui regrettera amèrement sa confiance
niaise au Duce
Benito, dictateur. Article encore plus fascinant sur les
capitalistes des USA collaborant volontiers avec les nazis
parvenus au pouvoir. Ford, G.M, Shell, ITT, IBM, tous, la main
dans la main avec le fou. L’argent à faire. « Business as
usual ». Pire encore : après le conflit, ces
compagnies ont exigés des millions (du trésor de cocons de
payeurs des Étatys-Unis) en réparation. Quoi ? Ils dirent :
« nos usines étatsuniennes installées en Allemagne furent
bombardés par les USA ! Incroyable mais vrai. C’est à vomir
sur ce capitalisme démoniaque. Article étonnant sur cette
Suisse, pas si neutre qu’on pense sous Hitler-le-fou. Captivant
article sur les assassinats de Présidents, en France.
Bref, un magazine instructif.
M’abonner, pensais-je ? Non. Résister. Pas le temps, hélas.
J’arrive à peine à lire…ce que j’ai à lire, ici et
maintenant. Hélas !
4-
Deux
films loués. Un bon et un con. Le con ? Celui de Woody Allen, le
pornocrate suborneur de fille adoptive. « Hollywood ending »
est un navet. Récit —mal mené— d’un cinéaste déchu
qui tourne malgré la cécité subite dont il est victime. Il y a
quelques bons « one-line ». J’avais été prévenu
mais bon… W.A. a donné jadis de si amusants films. Au début,
prologue sur le Canada d’où revient ce triste héros-cinéaste
capricieux : « Que de la neige et de la glace. Un
pays ennuyeux qui n’inspire absolument rien ». Merci. À
la fin, épilogue, son navet (et c’en est un au fictif comme au
réel), se fait acclamer à Paris conte toute attente. Lisez,
entendez : « les cinéphiles de France sont tous des
cons et des abusés ridicules ». Édifiant.
L’autre film : bien fait.
Excellente démonstration signée Barbet-Shroeder. Titre :
« Meurtre en équation ». On songe au formidable
suspense « The rope ». Même thème : des égocentriques
dégourdis, forts en sciences et maths, qui se croient au-dessus
du monde entier. On songe au « crime gratuit » d’un
roman d’André Gide : « poussez un passager hors
d’un train en marche, au hasard, n’importe lequel, on ne saura
jamais qui a tué ».
« Meurtre en équation »
raconte la totale soumission d’un brillant collégien face à un
autre « bollé » encore plus machiavélique que lui.
Un fils de famille riche et puissante, qui va le séduire « philosophiquement »,
qui va en faire son complice dans un assassinat « gratuit ».
C’est un polar hors du commun. Ces deux grands ados, sans aucune
fibre morale, sans humanité aucune, sont joués de façon
hallucinante. Je reverrais volontiers ce suspense diabolique.
5-
Vu
hier soir —vrai blitz en médias—
« le jeune messie » des bourgeois cupides
—les détestateurs de la solidarité national— Mario Dumont
face à Paul Arcand à TVA. Quoi ? Immense déception ? Non, je le
devinais fourbe et calculateur. Si jeune ! Je l’avais vu
« patiner et farfiner » chez Miss Dussault à Télé-Québec.
C’est un disciple resté fidèle à la manière- Boubou, son
ex-mentor. Le gaillard, faux-baveux et, à la fois, empesé, est
un danger effroyable. La gauche la moins gauchiste doit vite le dénoncer
et partout.
Déjà ratoureux, il refusait carrément
de parler vrai, de parler franc avec Arcand, cela sous des dehors
de bonhomie, de franchise… frelatée. Ce matin, la Lysiane
Gagnon de Power-Gesca-La Presse commente, élogieuse —tout pour
nuire aux souverainistes de Landry— cette « fraîcheur
rafraîchissante » —mon cul— pour finir par admettre,
comme à regret, que
ce Dumont est…oui, un simple patineur ! C’est John Charest
l’homme de la Power-Gesca! Hélas, les bourgeois cupides le
refusent et il reste bien bas en sondages ! Ô Lysiane —défroquée
de l’indépendantisme—
on devrait changer de peuple, hein ?
6-
La
nouvelle série-télé d’Homier-Roy —tournée au vieux cinéma
Rialto sans vrai public participant (hélas)— ne lève pas. Après
Picard (Luc), Carole Laure —Laure de « Lord », son
premier mari, m’expliquait Monique Miller— fit voir un fort
tempérament, il faut lui donner ça. Mais… une fois de plus,
pas de dossier d’archives, pas d’enfance, pas d’infos sur
ses études, sur sa jeunesse, son milieu, ses tout débuts, etc.
Fille volontariste, bûcheuse, ambitieuse —comme il se doit en
ces carrières— il y a du Monique Miller et de la Sophie Faucher
chez cette Carole d’abord mignardisant, se dénudant volontiers,
danseuse à gaga, à gogo, chanteuse à voix bien frêle et puis
actrice-amateure aux roulements des « r », manière
arrière-province. Mais
elle captive jouant de sa chevelure rebelle —mieux que Luc
Picard— par son entrain et un certain sens de l’humour.
Ce matin, mon vaillant correspondant
fidèle, Marleau, me pointe une adresse hypothétique afin que mon
album illustré se réalise, un certain Henri Rivard de Contrecœur.
Éditeur inconnu ou méconnu ? On ne sait jamais. Je lui écrirai.
Est-ce vraiment un riche philanthrope paré à perdre de
l’argent ? La grosse millionnaire SOGIDES, via sire Graveline,
ne veut pas risquer une maudite cenne noère !
7-
Au
Centre culturel Frontenac, mardi soir, deux « rencontres après
entretien ». L’une, jeune fille au regard de feu,
me veut comme « parrain littéraire » avec le
programme de l’UNEQ. Je lui au expliqué : « Fuyez
ces niaiseries, genre « atelier d’écriture » de mes
deux fesses, etc. Écrivez
en solitaire (c’est cela le vrai métier d’écrivaine) et
tenez vous loin de tous ces machins-bidons. Cherchez seulement un
éditeur qui appréciera vos écrits. Je crois qu’elle a tout
compris. L’autre, jeune homme visiblement allumé me donne des
poèmes-anarchistes. François Béland rédige des « prières »
d’iconoclaste inspiré. Un « Ave maria », un « Credo », un « Pater Noster »,
provocations bien troussées. Il me semble plein de jus. Il a du
talent. Je lui dis, devant m’en aller, de signaler
claudejasmin.com… Le fera-t-il?
Messire Lionel Lefebvre me
couriellise ses accords : « Oui à l’école séparée,
les filles d’un bord et
les garçons de l’autre et « oui aussi » aux
uniformes…lui qui moque avec raison les « guenilles griffées »,
chers, avec fond de
culotte aux genoux ! Il m’a fait rire. Il juge « Tous les
matins » à la SRC un peu trop fourre-tout cependant ! Ah !
N’y peut rien. C’est un magazine. Aile a lu un « Clin
d’œil », acheté pour la Marie-Josée à la neuve hanche,
et me dira :
« un fourre-tout. Ennuyeux ». Je lis « L’Âge
d’or » d’octobre (qui va me célébrer en novembre)
« fourre-tout » là aussi. Un
variété est un variété, une dramatique est une… Un mag-télé…doit
être forcément un fourre-tout ? Sais pas.
8-
Au
téléphone tantôt : Stéphane
T. « On vous invite deux fois, vous venez et lundi qui vient
et mardi. Salut ! » Bonne nouvelle ? Y serais-je bientôt
« tous les matins » à « Tous les matins »
? Mon Dieu, alors des gages de deux mille tomates par semaine,
moi, un pauvre et simple vieux retraité ? Crise d’apoplexie
pour tous les G.Tod Slone de ce monde— qui, soit dit en passant,
fait des adieux courroucés au « vieux schnock hypocrite »
—ses mots. Le talent ? Pouah ! C’est juste que j’ai su
enfirouaper ces cons finis de la télé, n’est-ce pas ?,
qui sont tous des vendus, des crétins abusés, pas vrai ?
9-
Ici,
en Laurentie, il y a trois hebdos « gratuits ». L’un
d’eux se nomme « Accès », c’est le plus
percutant. On y
trouve des « papiers » du prof Lauzon, c’est vous
dire ! Frédérique David (sa directrice) y signe un billet
hebdomadaiore souvent brillant; et cette fois, c’est une charge
valable. Elle s’affirme « snob » puisqu’on taxe de
ce sobriquet ceux qui aiment la culture. En effet, une longue
vague d’un populisme douteux fait qu’est décriée (décrétée
?) comme « snob » toute personne qui a à coeur de
s’instruire, de s’informer, de s’enrichir en fréquentant
des institutions qui ont du fond. Bravo à elle !
Le
sens des mots : très important. Placarder Harry Kissinger
(prix Nobel de la paix en 1973)
comme « criminel de guerre » relève de
l’inflation verbale niaise.
Voir Hitchen et son livre polémique :« Les
crimes de M,. Kissinger », Editeur Saint-Simon. Le rôle
politique —discutable évidemment— du célèbre conseiller à
la Maison blanche l’a conduit à un tas d’erreurs graves mais
mettre un Kissinger au même niveau qu’un Pinochet c’est
tromper les gens.
L’exagération abusive devient une
insignifiance. Ce même Christopher
Hitchens, journaliste anglais basé à Washington, a fait
bien mieux quand il a loué George Orwell —« 1984 »,
« La ferme des animaux »,
etc.— qui
fustigeait la gauche britannique de 1940 sombrant dans le défaitisme.
Voilà que ce même Hitchens se range du côté « faucon »
et appuie le W. Bush ? Stupeur dans la république gauchiste !
Hitchens —allié de Tony Blair— parle de « fascisme
islamique » dans la revue de gauche « The nation ».
Et vive les esprits libres ?
Regard à ma fenêtre de ma « chambre
à écrite » : fin du passage des trains de nuages,
ciel tout bleu, malgré le frette automnal… aller lire sur la
galerie ? Oui, oui.
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