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1-
Oh
les beaux jours encore…L’été qui refuse de nous quitter ?
N’ayant pu luncher pris par une querelle télévisée avec le
prof Poirier et Falardeau-Tabarnak, ce midi à TVA (chez Dame
Cazin dans « sa mire »), Aile et moi nois
aboiutissons à 15h chez Dino’sor au coin de la rue Morin.
Club-sandwich pour deux, avec frites et bière.
La terrasse aux quatre vents. Ce temps si doux, le petit
vent si bon, le soleil. Oui, l’été en octobre !
Hier, un mardi essoufflant pour le
bonhomme ! Dès le matin, table-ronde à TOUS LES MATINS de la SRC :
parler d’un maître d’école inoubliable. J’en ai ressuscité
deux : Gérard Saindon, ma quatrième année
à Philippe-Aubert de Gaspé et Roland Piquette au collège
Grasset en syntaxe. Plaisir de crier le nm de morts. Ils revivent
un peu alors.
Me rendre, même studio,
au salon du duo Houde-Bertand ensuite
pour narrer « une autre des belles histoires… »
du papi ravi avec ses garnements de jadis. Quand ils furent si
contents de tromper les adultes avec des farces et attrapes à 30
sous ! Stéphane Tremblay me commande : « M. Jasmin,
retour après le lunch, on va faire deux brefs sketches comiques
avec Paul Houde ». C’est mon Marleau qui va rigoler
puisqu’il m’annonçait une carrière de « stand-up »
un jour !
Je ne sais trop quand « T.L.M. »
va diffuser mon Houde en sévère directeur de polyvalente aux
vestiaires et moi… en p’tit voyou paresseux, casquetté, la
planche à roulettes sous le bras ! Un autre morceau « d’anthologie
télévisuelle » dira Louise Cousineau !
Ma journée n’était pas faite :
le soir, coin Ontario et Frontenac, une cinquantaine de « fans »
venaient écouter le confesseur Jean Fugère et moi, le confessé
volontaire. Tirage d’une douzaine de mes bouquins à la fin.
Durant : « la divine Monique » —comme, à
Paris, on disait
« la divine Sarah— se fit merveilleuse lectrice de trois
textes de votre diariste. À
la « période des questions », dans ce joli théâtre
—avec un joli décor— du
Centre culturel Frontenac, quelques villerayiens causent « petite
patrie ». Bonne chaleur. Bonne écoute.
Un Fugère très ému quand je
raconte ma surdité grandissante et mon émoi de cela. Je dis : « Un
jour prochain, fini le théâtre que j’aime, le cinéma que
j’aime tant, la radio et la télé, il n’y aura plus pour moi,
le sourd, que la lecture ». Jean F. n’en revient pas. Un
très long silence. Aile, dans la salle, me dira avoir été
bouleversée par cet aveu. Pas si grave, j’aime tant les livres.
On ira reconduire « la divine » rue Hartland dans
N.D.G. et, vite, vite, dodo
! Aile en fume une dernière et me racontera « Le grand
blond…fou » avec Larouche, Gregory Charles —si drôle
quand il jase anatomie et maladies.
Ce matin, on se prépare à remonter
en Laurentie quand …coup de fil d’une recherchiste
insistante : « Madame Cazin vous veut absolument
à son « Dans la mire ». Je questionne mon
Aile-de-Aile. Y aller, pas y aller ? « Vas-y, t’aimes tant
ça les engueulades, vas-y ! » Aile un peu déçue. Beaucoup
déçu au retour : « Claude, tu as des idées
valables mais pourquoi tant crier, tan t’énerver ? C’est
mauvais cela. » J’ai promis qu’au prochain débat
public, je resterai calme, placide. J’ai promis. C’est facile.
2-
Dimanche
midi, brève visite de l’ex-camarade d’Aile, le réalisateur
Laforce —maintenant prof à Grasset en communications. Brioches.
Cafés. Jean-Yves L. vient de relouer le petit condo chanteclerien
pour l’hiver, pour ses ados. Je les écoute bavarder sur les
orientations « commerciales » de leur « chère »
Maison-mère —la SRC— qui les déçoit tant ! J’ose :
« C’est fini le beau temps sans l’impérieux devoir de
« crottes d’écoute ». Vous avez quittés juste à
temps ». Ils restent inconsolables. Et inquiets.
« Découvertes » dimanche
soir, à la SRC, à l’heure de la soupe.
Encore du dumping fort valable. J’y suis fidèle. Qui,
sans raison valable, ne regarde pas « Découvertes »?
Des imbéciles. Des aliénés. De néfastes nonos ! J’ai dit. Le
matin. Lu la chronique de Laporte sur les « Prix Gémeaux »,
dans La Presse. Tordant encore. L’ami André Dubois gagne
une statuette pour sa série comique « KLM ». Content
pour lui, Aile et moi.
Le chroniqueur du Devoir, Louis
Cornellier, me courriellise : « Oui, je serai le
critique de ton journal. Hâte de liure ça, prêt à dégainer… ».
Oh, a peur ! Cornellier m’annonce qu’il va raidement éreinter,
samedi, celui du Frère
Jérôme, alias Jean-Paul Desbiens, qu’il l’a jugé réactionnaire
rare ! « Publication de mon
premier tome (400 pages)
à la fin d’octobre, me dit Des Roches, chargé d’édition
pour V.-L. B. Prêt pour le Salon du livre de Rimouski, j’espère.
Le tome 2 (400 pages encore ) : après les Fêtes ».
Bon, bon.
Toune à la radio. Aile : « Ah
mon Dieu, cette vieille chanson classique : « La
vie en rose ». J’avais quoi, onze ans ?, à Aylmer, cette
chanson ,me bouleversait complètement. Rêveuse hein ? Précocement
romantique non ? J’écoutais ces « Quand il me prend dans
se brras…qu’il me parle tout bas… » J’avis des
frissons » Elle rit.
Aile fort inquiète dimanche pour
l’amie Marie-Josée qui se fera ouvrir et poser une hanche neuve
lundi matin à Sacré-Coeur. Téléphones de soutien sans cesse !
J’admire son grand cœur, sa capacité en compassion.
3-
Au
téléphone : le Tremblay de T.L.M. : « J’ai
un ami. Laporte de La Presse. Vous lui aviez expédier de bons
mots un jour, il y a longtemps. Il s’en souvient. Cela l’a
marqué, on dirait. Vous avez fait ça aussi pour un jeune
romancier de mes connaissances. Il m’en a parlé. Vous êtes un
gars correct ! » Oui, on reçoit si peu de ces félicitations.
Je le fais. On l’ »a fait parfois à mes commencements
d’auteur. Je sais que c’est stimulant. Précieux. Je le fais.
Pas assez souvent pourtant.
Le Bigot parle de sondages, un
« oui ou non, « baiser,
tout jeune, dans la
maison des parents ». Aile et moi : non ! Une majorité
de québécois sont « pour ». Nation nigaude ! Depuis
l’ouverture des barrages cons, depuis la « Révo
tranquille », les Québécois oint perdu bien du bons sens.
Ils veulent sembler très modernes, avant-gardistes si possible.
Niaiserie ! Déboussolages fréquents. Finies les normes, les
valeurs, les balises, les critères civilisés. On en finit plus
de lire des réponses loufoques de Québécois se croyant
affranchis ! Stupidité. J’en suis fort inquiet, moi. Médusé
aussi.
D’autre part, n’en pas revenir
non plus de ce curé de Saint-Hilaire qui arrose d’eau bénite
les sacs des écoliers ! Un temps de « marabouts »
comme en Afrique primitive, cela
en 2002. D’autre part, les zélés zozos « raéliens »
du businessman « extraterrestre » —un suborneur de
minette— qui envoient ses troupes de cinglés (avec une femme Évêque
fol) aux portes d’une école. Non mais…Quel monde !
Je suis en train de lire « Ça
va aller » (chez Leméac) d’une Gréco-montréalaise, née
à Chigago, devenu prof à Concordia. On lui acorde beaucoup de
promotion ces jours-ci. Le Biron du Devoir a lu et parle —sans
trop commenter— de
la « haine de son pays ». Eh ! D’une auteure qui
apprécie beaucoup la haine de l’Autriche —son pays— par
Thomas Bernhard. L’idole avec le suicidé Hubert Aquin de cette
romancière, au livre fleurant l’autofiction. Bon. Je poursuis
ma lecture de ce « Ça va aller » et, déjà, les
marges de mon exemplaire sont noircies de mes notes :snob,
mondaine, érudite-gaga, névrsée, psychosée même…J’y
reviendrai.
Je sortais de chez mon encadreur
(pour lundi le 14, le pôvre !) de Montréal-Nord dans l’affreux
boulevard Industriel et une jeune fille malingre, pas trop bien
« arrangé », vêtue un peu pauvrement, avec des yeux
vifs, fonce vers moi assis dans ma voiture : « C’est
bien vous qui avez écrit « La nuit tous les singes sont
gris’», oui ? Je dis :oui. « J’ai énormément aimé
ça. Merci pour ce roman. » Coup de chaleur ! C’est bon.
Notre solitude relative, les écrivains.
Un jour, soudainement, une personne vous fait un pâle
sourire et vous dit : « merci ». Oh oui,
chaleur !
Aile de Aile : « Clo
? Ton ami Paul Arcand avec le Mario, et le souper est prêt.
Descendons manger …Mario et quoi d’autre ?
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