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1-
Ciel
bouché ce midi. « One passe pas » dit le firmament à
l’astre. L’héliotrope enragé en profite pour aller au
journal. Randonnée infernale en métropole hier. Aile-de-Aile
encore en chauffeur privé. « Tu aimes tant
conduire » ? Sa réponse : « C’est
que j’aime pas tes façons de conduire. Tes risques ».
J’ai fini par m’habituer à ses façons à elle.
Prudence extrême. Grands espaces entre elle et le véhicule précédent.
Abandon de sa voie aux voitures qui sortent des bretelles. Vitesse
commandée très respectée. Bon. C’est bien. Je vais mourir
dans mon lit pas sur l’autoroute laurentienne.
Départ d’abord pour le Musée des
beaux-arts où il y aura, à 11 h., lancement de la série d’Artv,
« Tablo » —où j’ai une participation. Arrêt
Chemin Bates. Aile grimpe
au condo avec des sacs. Elle prendra sa vieille minoune —une
Jetta 1990— dans la cave pour ses courses. Je file aussitôt
vers le centre-ville. Remettre au « garage » du Musée
mon tableau : « Vert regard », aquarelle et
encre de Chine. Il y aura mini-expo tantôt pour « la presse »
des participants invités de « Tablo ».
Trouver du parking. Tournage en rond
dans le chic quartier.
Je finis par dénicher une place
Avenue du Musée et crache neuf
« tente sous » dans la fente ! J’allai si souvent à
ce bon vieux Musée,
du temps du « monsieur le critiqueur d’art de La Presse »
(expression de madame-barbier-Villeneuve). J’en profite pour
monter visiter l’expo-Riopelle. Le grand canot barbouillé dans
l’entrée : pas fort. Salles de ses vastes tableaux
barbouillés à Paris dans les années 50 et 60. Ses mosaïques
spatulées fameuses. Plusieurs
ouvrages d’un dynamisme gesticulatoire unique au monde. Trois ou
quatre ouvrages géants (dont « Avalanche ») mériteraient
d’être bien cachés dans une cave sombre. Ratages évidents. Sa
sculpture, bien lourde, inexpressive, hélas. Quand je dis cela à
une jeune femme (de l’équipe Tablo), elle me regardera comme si
je disais que Ben Laden est un saint ! Je dis : « Évidemment,
il y a son nom, sa grande réputation, on ne doit rien critiquer désormais,
tout ce que Riopelle a peint (ou gravé, ou sculpté) est
extraordinaire, oui, n’est-ce pas ? » Elle allume et me
sourit.
J’en profite pour parcourir les
salles d’art « canadien » —les prudents « néo-classiques »,
Plamondon, Hamel etc.—, sale sur le fameux Laliberté où il y a
de misérables objets du culte de « la ruralité »
tant vantée à son époque, et puis salle d’esquimauderies
—certaines pièces en os de baleine sont extraordinaires— une
salle de « quincaillerie sacrée » —calices,
ostensoirs, ciboires, etc.— et, enfin, un « magasin »
pour le « commerce-Riopelle » : posters,
gravures, cartes, médaillons, bébelles diverses quoi.
Redescendu, j’assiste au lancement.
Comme pour l’inauguration de « La Maisonnette… »
lundi, nombreux laïus, d’ordre inflationniste,
par les promoteurs, vidéos, inévitablement, et le reste
pour s’attirer de la pub. Et ce matin :rien dans les
quotidiens ! Dur, très dur, de capter l’attention des médias
tant il y a de produits culturels à vendre, de lancements variés.
Je me sauve (avant le goûter gratuit) pour filer chez
« Graveline-Typo-Ville-Marie inc. » , rue La Gauchetière.
Pas un chat. Tout le monde est au lunch. Je reprend don, triste et
penaud, mon cartable de mes quarante illustrations de « La
petite patrie ». J’ai quarante minutes, au mini-condo du
Phénix, pour luncher avec Aile.
Je roule sur la 40 vers l’encadreur
de Montréal-Nord. Ce monsieur Bambino, supporter-mécène est
charmant. Rigolo. La Francine vigoureuse
s’amène. On signe une entente-contrat pour mon don des
40 ouvrages. Au crayon de plomb, je signe mes ouvrages et trouve
vite, les titres. « Pas certain d’avoir le temps, pour
lundi le 14, d’encadrer tout le lot »,
nous prévient le proprio de la boutique. Francine
s’assombrit un brin.
De retour, je fais un arrêt, rue
Chambord, pour donner des « sous » —rituelle remise
d’argent de poche— à mes petits-fils. Il n’y a que le beau
géant Laurent. Brève causette et je me rends chez Publicor pour
une enveloppe à ma belle bru, Lynn, —avec des billets pour le
14— destinée à ses deux ados. Ouf ! Il est 15.40
Un fardier à 25 roues colle au train
d’Aile sur la 15 en réparations perpétuelles. Elle jure.
S’énerve. Un autre fonce, la doublera, manège
dangereux. Hier soir, aux nouvelles, on raconte à propos du carambolage du
matin à Richelieu, sur la 10, la trop grande vitesse des
camionneurs « colleurs ». Aile : «
Ah, tu me moques mais tu vois, j’ai raison. Ils sont dangereux
ces animaux-là ».
Retour donc et beau soleil bien
chaud. Aller au rivage. S’allonger. J’en avais besoin.
Coussins. Lecture du « Point » et du « Nouvel Ob »
par Aile qui décrètera avec raison : « Le Point
», c’est plutôt plate, non » ? Oui.
« L’express », c’est mieux.
J’hésite à aller nager un 26 septembre.
Bang ! Arrivée des nuées et lumière tamisée, chaleur
diminuée. Je prend un grattoir et, à quatre pattes sur la
pelouse, je cherche cette oreillette électronique —à
deux-mille piastres— perdue dimanche. Rien, maudit !
2-
Au
fait, Aile —myope et œil de lynx à la fois ! —m’a trouvé
ce chapitre 25 de Mathieu dans ma mini-Bible. Ce Dole ne sait pas
lire ? Il n’y a qu’une édifiante parabole. Une belle, le
« j’étais nu, j’avais soif, j’avais faim… et
vous m’avez donné à manger, vous m’avez vêtu… Ce que
ferez au plus petit d’entre vous…etc. ».
L’américano-québécois Dole, publiant « Mon
Allemagne », se trompait-il de « numéro mathieusant »
en fabricant son « Jésus parano et schizoïde » ?
Aux nouvelles : anniversaire de
l’imposante « Place Ville-Marie » hier. Du Pei —un
talentueux chino-amerloque qui fit aussi la pyramide du Louvres—
fort audacieux. Souvenir : les dirigeants de Radio-Canada, à
cette époque, se… réfugièrent
vite là. Envie de prestige ? Se sauver des « horribles
travailleurs » (Rimbaud)
de la base ? Péter plus haut que le trou ? Le directeur
Dugas me fait « parader » pour
me reprocher un virulent article dans « Le travail »,
un journal syndical. Il me dit tout cerné par les grandes vitres
du lieu chic : « Nous habitons une maison de verre (!).
Ton maudit article-critique contre ton propre employeur…écoute
un peu, faut pas garrocher de roche ici, va-tu comprendre ça un
jour ? » Menacé de « virage », je lui avais
promis d’être « sage comme une image ».
3-
Bouffe
au Chrysanthème « ching-ching » de
Saint-Sauveur hier soir. Aile, qui n’aime guère ces
chinoiseries alimentaires me faisait une fleur ! Aïe : sauce
fameuse pour le bœuf à l’orange et… « Pepto
bismol », deux
fois, cette nuit ! Gargouillis ventraux ultra-sonores à l’aube,
peur de réveiller la compagne. Une fois encore, on voit bien que
Saint-Sauveur est plus…comment dire?,
plus vivant (?) que
Sainte-Adèle. Un jour je
dis à l’ex-maire Grignon, le filleul de l’auteur célèbre : « Quoi
donc au juste qui fait qu’on est moins populaire que
Saint-Sauveur, hein ? » Lui : « Tais-toi,
faut absolument pas devenir comme ce Saint-Sauveur commercial ! »
Coup de fil de l’apothicaire-éditeur-artisan, le
beauceron René Jacob ce matin. Je le remercie de son envoi de ses
petits modestes et jolis livres. Je critique raidement les piètres
dessins de son Roch Carrier cependant. Il ne dit mot. Il aime
« tous » ses enfants ? Puis, par courriel, je lui répète
vouloir trouver une bonne idée de petit livre inédit avec sa
maison modeste « Les éditions du Lilas ».
Ma file, Éliane, au téléphone : « Papa
? Tout va bien, examens médicaux positifs ».
Ouf, je respire. Pleurnichard,
je lui raconte mon échec pour l’album chez « Ville-Marie,Typo ».
Consolateur, son Marco, mon gendre, s’offrira : « On
pourrait, peu à peu, publier vos images sur votre site ? »
Je lui parle de ce pharmacien-éditeur René Jacob de
Saint-Georges de Beauce……Peut-être…
Hier, Foglia jase cruellement, ave raison, sur un curé qui
« bénit des sacs d’école ».
Une môman : « Quoi ? Ça pourrait lui
apporter des bonnes notes en classe ! » Paganisme toujours
vivant ! C’est l’Afrique primitive à Saint-Hilaire ? Bientôt
vaudou en sacristie ? Hors de la métropole, pas morts
regrettables « dévotionnettes et piéticailleries »
infantilisantes de mon enfance ?
4-
Vieux stock redondant que
cette « très louangée » (Cousineau et al)
« Boîte noire » à RDI hier. La fillette brûlée du
Vietnam —napalm « made by CIL-Canada »— vue et
revue. J.O. Simpson que les flics n’osent pas intercepter —un
footballeur coté se sauvant de Dame Justice en Bronco blanche—
sur une autoroute de L.A. Quoi ? « L’innocent »
fuyait la police ? Séquences vues et revues dans le temps. Enfin,
cet arrogant Trudeau s’entourant de militaires à Ottawa —PET
qui disait n’obéir qu’a Boubou et à Drapeau pour protéger
le Québec au bord d‘un
putch n’est-ce pas ? Vu et revu son « Just watch me ».
Oui, une émission-bidon. Et,
si souvent, du stock traduit de l’anglais. Dumping fatal !
L’enragé obligatoire, mon
correspondant USA, G.Tod Slone, m’attaque raidement avant
de m’inviter à « tout effacer »et à m’enfoirer
dans « mon confort ». Il n’y a qu’une chose :depuis
longtemps j’ai tenté de fuir les échanges « notoriété
(méritée ou non ) versus méconnu (mérité ou non). Car je sais
qu’il y aura injustice
au départ. À moins de soumission conne, exemple connu: ce jeune
Yann, inconnu, devenu le fana adorateur de la Duras. Aveuglement
et tristesse énorme.
S’il y a des divergences en cours
de route, le notoire (méritant
ou non) a beau jeu. C’est exactement cela qui me rend réticent
quand un (ou une) jeune tente de bâtir un pont avec moi. Il y a
forcément injustice du sort. Vaut mieux s’attaquer « entre
pairs ».
4-
Mon
« boudeur sociologique », G.-T. Slone, n’y va de
main morte, ni par quatre chemins pour me répiquer; ce qui
n’est pas pour m’effaroucher. J’ai vu neiger. Je suis devenu à ses yeux « un mercantile » en
sortant de la marginalité. Seigneur ! On écrit plus « vrai
et dur quand on vit à l’aise ». Mon Dieu ! En lisant mes
J.N. (journal), il voit bien que je vis sans plus aucun conflit
(!). S’il savait… « Je m’enrage, dit-il,
si on me critique ». Mais non ! Sa conclusion :
« Un vieux schnock », moi.
Et lui un « ado ». Oui,
attardé. « Ah
oui ça c’est vrai », chantait une pub de bière.
Bref, je serais « un salonard »
et « un vendu ». En 2002, des salons littéraires ? Où
ça ? Vendu ? Membre de l’U des A.,
—aussi de la Sardec, de la Sacem, de l’Uneq— oui,
j’exige que l’on me verse un cachet si on m’invite quelque
part en médias. Un mal ? On m’invite pas pour mes beaux yeux,
je le suppose.
« Les pouvoirs te laissent gueuler : tu es un
divertissement ».
Pardieu, tudieu, bonyeu,
par-le-sang-bleu : encore en 2001, les pouvoirs me
censureraient tant que j’ai adopté le journal justement pour
pouvoir m’exprimer librement. Et, tenez-vous : « C’est
tout ça qui tue l’indépendance du Québec ».
« Bin là », comme on dit.
Il ajoute : « Ça (qui ce
ça ? les salauds de
notoires ?) tient trop à leurs sous, leurs contrats, leur
invitations payées ».
Il termine par : « les journaux (Le Soleil,
La Presse, Le Nouvelliste) ne publieraient pas ma charge, censure
oblige au Québec ». Ah bon, aux States y a pas de censure ?
Là, il se goure complètement, ce rédacteur-en-chef du
« The American dissident » (?), on se ferait
une joie féroce de publier une vicieuse attaque-à-Jasmin-le-damné-gauchisse-séparatisse
dans tous ces canards bien fédéralistes. Et comment ?
À vrai dire, à parler franc,
« le vieux schnock » est débarrassé d’un vieil ado
romantique. Que ce « sans le sous, sans contrat, sans
invitation payée » aille au diable et qu’il sache que je
refuse son mot : « hypocrite ». Con, idéaliste,
bouché, idiot, rêveur, oui. Mais moi en « hypocrite »
? Va chier G.Tod Slone !
5-
Hier,
Michel Tremblay (La Presse) dit que, comme pour Jasmin dont on a
adapté son « Pleure pas Germaine » et qui « ne
causa aucune controverse », il espère qu’on va accepter
que Téléfilm-Canada subventionne
sa fascinante comédie dramatique, « Les belles-sœurs ».
Tournage dès janvier au Nouveau-Brunswick et en langue anglais (aïe
!). Ce sera «très
librement adapté » (oh, oh, oh !)
par Tim Burns et John Smith, spécifie d’avance Tremblay.
C’est « Loft Story »— du « real-tivi »—
qui animera sa Germaine (Lauzon) à lui. Fini les timbres
Gold-Star.
Ah non ! Pas du tout la même
aventure Tremblay et moi. Pas du tout.
D’abord pas de subvention d’Ottawa pour le film
du jeune Bruxellois, Alain De Halleux avec « Pleure pas
Germaine », le film.. Le producteur Eric Van Beuren avait
assez aimé « P.P.G. » pour respecter mon histoire
totalement. « Alligator Film » a suivi scrupuleusement
l’intrigue et les héros de mon roman. Pas question « d’adapter
très librement ». Et pas de « six millions »
—de notre argent du trésor public— là-bas, à peine un petit
million.
6-
Pour
une fois —serais-je redevenu « persona grata »
depuis que j’ai cotisé à l’uneq ?— je reçois une
invitation pour un séjour payé
en Flandre. Trente jours ! « Aïe Marik, aïe Marik »
! J’entendais souvent parlé de ces mystérieux « cadeaux »
pour initiés. J’ai tout compris.
Ce système de séminaires,
colloques, « résidences » à l’étranger, séjours
à gogo, c’est pour des auteurs célibataires, sans job, sans
contrat, sans enfants et sans avenir, des bohémiens bien libres
qui peuvent se taper ces « voyages-de-la- princesse »
fricotés, concoctés par les Uneq et affiliés. Québec (toé pis
moé) paye le transport (de l’écrivain méconnu) en Flandre.
Logé dans « La maison des traducteurs » —en
banlieue de Louvain ! Reste à faire le marché du samedi matin :50 piastres.
Pour ce « six-mois », ca va dans le mille deux cent
tomates (Euros). Oh boy ! Y aura trois jurés anonymes (?) pour élire
le tit-joyeux-copain-bohème-bien-libre… qui a publié au moins
deux ouvrages. Envoyer demande à l’Uneq avant le 2 octobre,
vite !
Regard à ma fenêtre, il pleut et le
noir s’avance. Va tomber quoi ? Drapeau
du Québec flasque qui attend quoi ? Nos arbres immobiles, qui
guettent quoi ? Marie-Sissi (oh !)
Labrèche publie de l’autofiction ? C’est jamais clair.
Comme pour la pute d’Arcand. Mère folle…elle, folle aussi ?
Ça se pourrait. Un
journal c’est clair et net. Fou peut-être mais « clair de
nœud », pas vrai ? Le titre : « La brèche ».
Ah bon ! Tel quel ! Une « tite niaiseuse », étudiante
en « lettres » ma chère (c’est plein de niaises en
ce milieu ?) s’amourache
de son prof marié, 56 ans, père de famille. Attentes vaines et
humiliations. « Père absent », il lui en faut un. Et
qui vous subjugue. Vieille histoire depuis Sagan et Cie ? Oui.
Pour « Voir », Julie Sergent (mon caporal !) l’a
rencontrée et il y a moquerie et respect. Sissi pleure quand son
texte part pour l’imprimerie. 1 Eh bin ! Comme c’est touchant,
non ? Partout, à New-York comme à Paris, à Montréal comme à
Londres, la sauce autofiction , « c’tu vrai, c’tu
pas vrai », envahit
les librairie. Non
mais…Mon journal (c’est tout vrai) et
la paix. Heureux d’avoir quitté ce cirque. Adieu, adieu
litté-rat-turr !
7-
Je
veux lire le dernier roman de Serge Kokis, auteur québécois venu
du Brésil, psy et peintre expressionniste aussi. Il a lu « L’automne
du patriarche » de Marquès, dit-il à Bazzo, et a pondu le
récit de vie d’un réel dictateur sud-américain, véritable
fou, soutenu par Washington comme il se doit. Il y a de bons
« dégeus » et de mauvais, tel Saddam Hussein !
Moi, ayant lu aussi « L’automne… »
j’avais publié, en 2000, chez Lanctôt, un Duplessis
comico-dramatique : « Le patriarche bleu ». Oui,
les livres naissent des livres. Vérité.
Comme jaloux des auteurs, on voit, de
plus en plus, des directeurs de scène bousculer le texte. Ainsi
René-Daniel Dubois, exemple tout frais. Son « Kean »
au TNM, ne fait pas l’unanimité, loin de là. Dumas-Sartre se
font bardasser à sa
moulinette. Lorent Wanson (chez Denise-Pelletier), venu de
Belgique, lui aussi, tripote dans Beckett et arrange « Godot »
à
sa
sauce ! Il nomme cela : « ne pas craindre de désacraliser
les textes ». Qu’ils écrivent leurs propres textes ces déviargeurs
! Dubois le peux. Et
la paix !
Libération de Paris. De Gaulle
arrive enfin au pouvoir. Son énervement. Les communistes furent
farouches et très efficaces dans les maquis. Faut calmer le jeu.
Il va donc demander des absolutions. Que l’on passe l’éponge.
Assez de « l’épuration » revancharde. Ainsi
l’affreux Maurice Papon, nazi notoire, va s’en tirer. Et
« se tirer ». À 92 ans, le « très »
vieux emprisonné sur le tard, bien tard,
vient d’être remis en liberté. Il est un grand et grave
malade. Scandale en France ! Faut-il libérer les vieillards
grabataires des cellules ? « That is the question »
ces temps-ci, là-bas !
8-
Énorme,
très énorme succès, à la télé USA des « Sopranos ».
Jamais vu encore. Un feuilleton de bandits ! Une clan de mafioso,
en famille très très
élargie. Ça se questionne au sud. Un sociologue étatsunien
(David Simon) : « Les Américains sont pourris
jusqu’à la moelle ». Eh bin ! Il poursuit : « Cette
série bien-aimée est le symbole de notre violence meurtrière,
de nos pathologies nationales, de la corruption économique, de la
criminalité transnationale. Le pays tout entier est déliquescent ».
Bon. Compris ? Exagération ? Un psy coté (Glen Gabbard) raconte
qu’il y a davantage de clients dans les cabinets d’analyse
depuis la venue de ce Tony Soprano.
Martineau, dans Voir, condamne les
uniformes aux écoples et pisse sur les « anciens ».
Son tour viendra vite pourtant. Déjà….……Cassivi (La
Presse) fesse aussi sur les vieux à son tour. Tant de hargne ! Il
n’y a des vireux cons, des vieux corrects, non ? Comme il y a
des jeunes sympas et des jeunes cons, non ? Son billet du 21
dernier fait les éloges du « Bunker » de Dionne, et
puis cogne sur les Parizeau ou Paul Martin. Aux yeux de ce jeune,
souvent « brillant »,
c’est le « place aux générations nouvelles »!
Seulement ? Ce « tasse-toi mon oncle » est une
idiotie.
9-
Depardieu,
lui aussi, avance en âge. Il va s’incarner dans Augustin, mon
cher saint algérien qui disait : « Aime et fais
ce que tu veux ». L’acteur va réciter du
Augustin-le-saint dans des églises (e des mosquées !) du monde
entier. Il y a deux ans, le gras Gérard rencontrait le pape
polonais et ils ont jasé… d’Augustin ! Le chemin de Damas de
riche acteur ? Le 23 novembre, en Algérie, début de son pieux périple
! Il dit qu’il n’aura que de bougies pour éclairage. Belle
lubie ou conversion d’occasion ? On verra bien.
Sylvie St-Jacques rédige (La Presse) :
« Aux lendemains du tourbillon médiatique qui accompagne généralement
la parution d’un livre… » Est folle ou quoi ? Le livre
ne cause aucun tourbillon en médias. Elle rêve debout ! Réveille
Sylvie ! Il y a de tentatives (le dimanche après-midi ?) pour
publiciser les bouquins mais c’est peine perdue. La littérature
n’a rien de visuel et donc n’est pas bonne matière à faire
de l’audience. Vérité incontournable, hélas !
10-
Il
fallait écrire Morissette l’autre jour…quand j’ai parlé de
cette rédactrice qui vantait le bilinguisme dès la première année
à l’école. Qu’ Yves
Michaud qui, lui, possède bien sa langue, aille au diable
quoi !Je répète qu’il faudrait savoir manier d’abord un peu
plus correctement notre langue. Or, c’est un cauchemar.
En 1960, moi, ou Gérald Godin, même
Yvon Deschamps, tous, nous avons voulu illustrer la parlure
fautive chez nous. Tous, en artistes, on croyait que nous faisions
un portrait cruel et en
voie d’être dépassé bientôt.
Mais non, hélas, en 2002, ça ne va
pas mieux. Nous espérions candidement que ce joual —pouvant
donner de beaux effets phonétiques certes— allait disparaître
avec les progrès de l’éducation
moderne et gratuite, répandue. Qu’est-ce ce qui nous
avons de vrillé dans nos chromosomes ? Depuis la Défaite de
1760…depuis la domination anglaise… malgré nos succès
collectifs rassurants, nous parlons mal collectivement. Ça ne va
pas mieux vraiment.
C’est grave. Dramatique. Lâchez-moi
l’anglais en première année ! Écoutez parler un enfant
francophone du Maroc ou de Tunisie, un jeune Noir de la Côte d’Ivoire,
ou du Sénégal….ça coule de source, c’est beau à entendre,
c’est comme un enchantement.
Une musique. Ici, c’est graveleux, c’est des
borborygmes, inarticulation innée, infâmes grommelages, élocutions
d’arriérés mentaux, c’est des « euh..euh… »
C’est
la syntaxe à l’envers. La grammaire ravagée. Le vocabulaire
minimal. Une plaie, n’est-ce pas. Lâchez-moi l’anglais en
première année !Un chauffeur de taxi s’exprime mieux en France
que nos docteurs en économie ! Un éboueur, mieux qu’un
directeur de banque d’ici ! C’est anormal, non ? Il n’y a
qu’à écouter la radio ou la télé avec les entrevues dans la
rue. Non mais…Allons-nous un jour nous en sortir de ce handicap
extrêmement grave ? Enseigner comment, de quelle manière, en
première année, le français ? Comment casser, pulvériser, ce
moule honteux ? Ça ne peut plus continuer.
Bien connaître une langue (une seule
d’abord) c’est posséder tout, le monde, son avenir, c’est
contrôler sa pensée, pouvoir concevoir, articuler son esprit,
structurer son jugement. Il m’arrive d’être découragé.
Le premier pas pour nous corriger ? Bien le savoir cela :
on s’exprime tout croche trop souvent. Cette lucidité est le
pas essentiel. Ceux qui disent : « quoi? On se comprend
bin comme faut entr’e nous autres »,
sont des assassins de la nation !
L’anglais (lire le basic american)
fait se parler —bien sommairement— un Hongrois qui rencontre
un Finlandais en Pologne ! Cet instrument « universel certes
» —à cause de l’hyper-puissance USA— n’a rien à
voir avec le bilinguisme réel. C’est juste un outil
—superficiel— et bien entendu fort commode. Ce sabir
pratico-pratique n’a pas besoin d’un long enseignement . On
l’attrapera et vite si on en a besoin un jour. Pas besoin d’être
un « bolé » pour cela.
11-
Éliane
au téléphone. Frais de cours pour Gabriel en collège privé
de la rue Sauriol. Je veux, de mon vivant, les faire hériter
—tous les cinq petits-fils— de cela :l’instruction.
C’est ma part et j’en suis fier ! Ma fille, alerte, de belle
humeur, semble bien se remettre de ses maux de cet été quand il
a fallu interrompre leurs vacances à la mer du New-Jersey. Tant
mieux. Elle me parle du clan LaPan (à Daniel) s’en allant
de nouveau à mon cher Ogunquit pour ce week-end-à-congé-national.
Brr… L’eau frette ? Il y a l’été de la Saint-Martin.
Qu’ils touchent tous du bois…du « drift wood »?
Marco tente d’arranger la prise de photos de mes « graphitis »
exposés lundi soir le 14 —Éliane et lui y seront— dans le
portique de Saint-Arsène. Il y a les lumières « flash »
et les vitres des encadrements. Ouengne ! Rien à faire, je le
crains. En parler à mon Daniel? Un
bon photographe lui aussi ? Inutile, je pense.
Aile rentre de courses, j’ai vu une boite du vidéo-club
du bas de la côte. J’aime ça. C’est comme un paquet-surprise
chaque fois. Si je la questionne elle dira justement : « Ah,
surprise ! » Ainsi , rôdeur en cuisine, elle me chasse : « Va-t-en.
Surprise ! » Je suis un homme… surpris…et heureux de
l’être.
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