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1-
Ce
matin, comme hier, beau firmament, beau bleu poudre ! Les froids
automnales sont là. En allant à me gazettes et à nos « cibiches »
maudites, je remarque la brume sur le lac, l’humidité sur notre
petit trottoir de
bois, les vitres de la Jetta noire toutes embuées de vapeur et
cet air froid dans le narines. Au retour, faisant le café, je
jette un regard sur mes maillots de bain dans la cuisine : ça
achève les saucées hélas ! Avec cet été si chaud, si beau, ce
fut mille baignades et c’est, mais oui,
la fin bientôt !
Déjà nostalgique des chaleurs.
J’aime tant l’été. Seul
prix de consolation avec octobre bientôt : les si belles
couleurs ! Sang et
or. Après… ce sera l’hiver. Bizarre, on dirait que j’ai
fini par accepter cette saison blanche. Mais oui, moi, l’héliotrope
! Depuis 1975, fini le ski alpin, fini d’aimer l’hiver.
Maintenant, je veux bien revoir —admirer même— les
blancs manteaux à venir. L’enfance revenue ? Les petits
aiment bien l’hiver, pas vrai ? J’ai donc
changé. Je ne souhaite plus autant m’exiler —pour au
moins deux mois— au soleil…de la Floride ou de la Côte
d’Azur. Je ne fais
plus de calculs ou de recherches, j’en étais à Carcassonne ou
Perpignan…Fini. Non,
content de me ré-enquébécoiser à fond, au fond.
Réveil tôt ce matin. Vainement.
Devoir aller chez le denturologue (?) pour en finir avec ce qui me
reste de vrais dents ! Coup de fil pour confirmation et, erreur,
c’est demain le rendez-vous pris. Céréales, cafés, journaux
et puis monter au clavier-à-mots.
2-
Où
étais-je donc cette nuit-là ? Immense mégaplexe ? Vaste restau.
« La Sirène », où l’on a mangé encore de la
pieuvre grillée récemment ? Multiplié par dix, luminaires
flamboyants, aussi une vaste salle de spectacles. Je suis à la fébrile
recherche d’Aile un peu partout. Invisible ma sœur d’amour.
Invisible. Je croise des camarades, des connaissances comme
lorsqu’on va à « L’Express » ou au « Continental »,
sites connus pour artistes entre deux spectacles. Non, personne ne
l’a vue ! Puis, tout se vide. Plus personne quand je retourne à
la grande salle. Que quelques nettoyeurs affairés entre les rangées
de fauteuils. Dans une salle des coulisses, un maître de danse,
de ballet ?, me voit et me choisit. Oui, oui, je dois embarquer
dans son… aventure. Danser ? Il est fou ? Il se fiche de mes
protestations et m’indique des positions à prendre sur la scène
fantôme où des marques au ruban gommé font des zigzags. Je me
laisse un peu faire. C’est un tyran. Aveuglé. Qui crie sans
cesse. Buissonneau jeune ? Voici des amis, tous en collants ! Gaétan
Labrèche, à qui j’avais dédié un texte à vingt ans, Claude
Desorcy, avec qui je faisais du théâtre amateur dans Villeray.
Qui est ridicule avec son collant tricoté, en grosse
laine verte. Le dictateir gueule, vite, on doit débuter la
répétition. Je ne sais trop quoi faire, où aller. On va vers le
théâtre vide. La
troupe est en effervescence. Je vois, tout autour de moi,
des danseuses dénudées, d’un
érotisme vulgaire, avec des gestes obscènes, ça
reptilise au sol, ça se garroche les uns sur les autres. (« La
la La, human step » vu à Artv récemment ?) Des duos d’un
burlesque total. Ballet
de vulves à l’air, de pénis exposés ! Dois-je vraiment
participer à cette danse cochonne ? Réveil.
Comment bien décoder
ce drôle de rêves ?
3-
Très
bon film (quatre étoiles) loué hier soir. Très, mais vraiment
très librement inspiré par « l’affaire-Jean-Pierre
Romand », le fameux menteur escroc assassin —dont
j’avais lu le bon livre tiré de cette affaire :
« L’adversaire »—
le cinéaste Laurent Contet a signé : « L’emploi
du temps ». Aile et moi envoûtés totalement par l’athmosphère
de ce récit filmique prenant. Une auguste lenteur, un climat
fascinant, on est renversé par cet homme, bon père de famille,
chômeur qui se déguise, qui se camoufle,
renfermé dans son mensonge, inquiet, ravagé. L’épouse
terrassée d’inquiétude sourde, elle devine l’imposture, les
trois enfants comme devinant ce bon papa menteur, avec un « emploi
du temps » fabriqué. La cinéaste Nicole Garcia présentera
aussi « sa » version de l’histoire sordide de Romand
—qui est aujourd’hui un bizarre « Jésus freak »
en prison à perpétuité.
« L’emploi du temps »
bifurque tout autrement, à la fin —heureux et soulageant
« happy end— le malheureux imposteur s’en sort très
bien. Aile et moi, ahuris –excellent, l’illustration de sa
folle dérive— par le cheminement pitoyable du héros (!), avons
poussé un « ouf » tout content du « salut »
enfin trouvé. Il faut un sacré talent de cinéaste pour avoir su
rendre aussi parfaitement la solitude du trompeur, il triche
partout, dort dans s voiture, extorque ses ex-camarades de
travail, rôde dans
l’entreprise suisse (relevant de l’ONU) où il dit qu’il est
un décideur important en coopération franco-africaine (!).
Ah oui, voilà du cinéma loin
du Hollywood commun, riche
de fond. Ce Laurent Contet n’a certes pas fini de nous
surprendre.
J’ai dit franchement à Aile que ce
gaillard perdu, angoissé, culpabilisé, m’a fait me souvenir
d’un temps (1967-1977) où elle était ma secrète maîtresse,
que je devais calculer sans cesse des mensonges plausibles tout
autour de moi. Aile m’a regardé longuement en silence. La défunte
épouse convaincue —ce qui m’arrangeait au fond— que j’étais
une sorte de play-boy, de don juan, alors que je n’avais
qu’elle, Aile, en tête et au cœur. Dans « L’emploi du
temps » le trompeur, qui est fidèle à sa femme, s’enlise
horriblement par vanité folle. Viré de son emploi, taisant ce
fait aux siens, il va se forger toute une existence mensongère.
Dans la vraie vie, ce Romand ira jusqu’au vol de son entourage
et puis aux meurtres de tous ces complices involontaires. Il faut
lire « L’adversaire » car on dit que le film de
Garcia n’est pas bien bon.
4-
Vendredi
matin, à « Tous les matins », on pourra voir
Tit-Claude en acteur (un rêve de jeunesse!). Avec Paul Houde
j’ai osé accepter de faire un bref sketch comique. Que j’ai
aimé ça ! Houde,
marchant au démaquillage (on porte même des perruques !) rigole :
« Nous voilà revenus aux « Tannants » du Canal
10 ». En effet ! Et je me suis souvenu aimer beaucoup
regarder les folleries des « Tannants », ils me
reposaient de mes travaux sérieux. Le burlesque est une fameuse détente
pour les esprits occupés.
Hier matin, en studio, je complimente
Tremblay, mon illustre camarade : « Tu deviens
beau, tu vieillis bien, Michel ! » Lui : « Je
sors d’une maudite maladie, Claude,
et je dis maintenant : rien comme ça pour vous
redonner la santé »! Il a sans doute raison. Il semble péter le
feu. Mais je n’ai pas grande confiance à ce projet du « feuilleton-radio »
avec sa Nana de mère,
à coup de dix minutes tous les matins.
Souvenir : Raynald Brière, le
« boss » à CJMS,
dit « oui » à un projet de « radioroman ».
À New-York, ce « retour du genre » connaissait
du succès solide. Je suis engagé pour un texte-pilote. Trente
minutes de polar. On le fera au micro. Et on le fera entendre à
un « groupe-test ». Fiasco : tous disent : « Non,
on veut pas juste les entendre, on veut les voir ». Abandon
aussitôt du projet.
Hier soir, encore une autre entrevue
ratée par « Le grand blond…» de TVA.
La drôle Sylvie Moreau —je l’aime tant à son « Catherine »—
se montre au naturel. Fiasco là aussi. Candidement elle déclame :
« Je suis une vedette », « je suis une experte
dans mon domaine », « nous avons un très grand
pouvoir sur le public », etc. Ça sombre dans le marasme
interviewellique ! Quand on installe Labrèche (acteur avant tout)
dans un contexte dramatisée, il est bon. Hier soir, avec le
« vrai « grand blond », Pierre Richard, dans sa
cave fictive, avec une fausse épouse momifiée, du « blé
dingue » à éplucher, un faux cousin en « siffleur »
étonnant, nous avons
beaucoup rigolé, Aile et moi. Il arrive que cet étonnant Labrèche
me fasse peur. Il y a du névrosé chez lui et je m’inquiète,
à l’occasion, pour sa bonne santé. On le sent alors tout fébrile,
au bord de péter lres plombs parfois. Sa recherche compulsive
d’originalité à tout prix fait plaisir à voir souvent,
plonge, à l’occasion, dans un surréalisme douteux. Son culot
(un front de beu !) à Paris avec Thierry Ardisson, lundi soir,
fut fameux. Une prouesse rare. On constate que ce jeune Labrèche
n’a peur de rien, est prêt à tout. Qu’il n’a aucune peur
du ridicule… qui guette ses performances « flaillées ».
Chapeau pour cela !
5-
Vu
trente secondes, hier, Serge Bélair. Une réclame (assommante) de
« Brault et Martineau. Mécanique. Ce vieil animateur est
bafoué par « le beau milieu ». Moi aussi je le
croyais vide. Or, CJMS fermé, on m’invite à CKVL, rue Gordon,
à Verdun comme
critique de spectacles et de télé. Je découvre un bonhomme fort
sympa, plus cultivé qu’il ne le laisse paraître, généreux et
d’une amabilité totale envers ses co-équipiers. Certains
« portraits emblématiques » noirs ont la vie dure.
Bien sûr, il y va de trop de concessions au « monde des
marchands » et, un jour, un animateur populaire doit payer
pour ces abus-là.
Mardi matin, brève « table de
débat » à « Tous les matins ». Ma
chère Clémence en belle forme. L’humour et les femmes.
Thème dangereux. J’ai parlé de la vanité féminine (un pléonasme
?) qui empêcherait la « feumme » de s’essayer trop
souvent en humour corrosif. Lundi matin: « Notre camion
micro-ondes, M. Jasmin, ne peut aller à Sein-Ad’Aile.
Pourriez-vous descendre, à 17 h., le retrouver au Palais de
Justice de Sein-Gérôme ? C’est pas bien loin ? »
J’accepte. C’est payant. Mais oui. Mini-débat : doit-on
punir sévèrement ou non cet ado tordu et niais qui se déguisait
en tueur à son école (à la Lépine aux HEC) ?
À la caméra du « 17 h. »
de Bruneau et Charon, je réclame le retour de la sévérité
ambiante de mon jeune temps, une punition exemplaire et dissuasive
pour d’autres petits cons déboussolés. Mon vis à visa, à Québec,
est un prof de cégep et joue la carte du laxisme, de la compréhension.
À 18 h.30, TVA annonce que la plupart de leurs correspondants (ô
internet !) me donnent raison :c’est oui, à une punition sévère
! Ouf !
6-
Mardi
soir à RDI, un bon documentaire (fait ailleurs encore !) sur…la
Palestine encore. Des mouvements clandestins et bien organisés
comme le Hamas ou Ezbola ont salopé, torpillé —attentas
terroristes— les accords d’Oslo, entre Shimon Pérez
—travailliste débarqué par le Licoud droitier et Nethanayou—
et Arafat— pour une paix négociée là-bas. Ces purs et durs
clandestins à Gaza comme au Liban, proclament : « Les
Israéliens ? Tous à la mer »! Point final. Les populations
civiles en bavent. Des deux côtés. Du sang sur la rue, dans un
café, dans un bus, dans une disco ou…répliques funestes de
Tsahal, dans des taudis palestiniens. L’horreur sans fin.
Au début de ma lecture de « Mon
Afrique », découvrant une belle jeune fille de soldat d’Ottawa,
d’une mère prof chez les Innuits, recherchiste à l’ex-série
« Nord-sud » de Télé-Québec, devenue
reporter-pigiste (radio de la SRC) en Afrique du Sud, mère séparée
d’un garçon, qui s’amourache vitement de son bel interviewé,
Indo-africain, bin…je résistais à ses complaintes larmoyantes.
Elle verse de torrents, frise la dépression. Or, ce « Mon
Afrique » de Lucie Pagé contient aussi une formidable
source d’informations sur l’histoire de cet Afrique pas comme
le reste du vaste continent si pauvre.
Je ne regrette nullement d’avoir continué ma lecture. On
y trouve, d’une part, une Blanche qui va épouser son bel
« interviewé », un chef de syndicat devenu ministre
du Président (libéré de prison)
Nelson Mendela, avec jolie maison, piscine, tennis et cours
d’équitation pour les enfants. Mais on y trouve aussi une brève histoire de ces surprenants
sudistes, venus de Hollande d’abord, et puis d’Angleterre avec
demi-domestiques importés de l’Inde (tel Ghandi), tampons
utiles, pas trop Noirs quoi.
On songe à nos Irlandais d’ici
longtemps tampons utiles pour jouer auprès de « nos bons maîtres »
les demi-boss. Vraiment une lecture captivante.
7-
Oh,
fierté québécoise nouvelle ! Acclamations partout lundi matin !
Un certain Charles Dionne —à San Francisco, USA—
a battu toit le monde et, incroyable,
le grand champion Armstrong dans une importante course de vélos.
Ces succès (Cirque du Soleil ou Céline Dionne) sont
d’excellents remèdes à nos colonisés, aux victimes du racisme
inverti, qui répandent que nous ne valons rien.
Vu « Bunker », deuxième
émission. Même sentiment d’une caricature forcée. Manichéisme
puéril. Symbolisme —les cabinets de toilette où l’on est
tout nu, à la in des moutons sur estrade de congrès… d’une
candeur molle, vaine. Les fourbes sont très noirs. Aucune nuance.
Donc aucune investigation intelligente de l’être humain. Tout
en surface. L’excellent acteur, Savoie, en financier retors,
—il va tomber carrément au sol en apprenant une sentence de son
candidat-poulain— devient ridicule à force d’une peinture
grossière par Dionne et Houle.
Pas du tout envie de suivre « Bunker ».
Suis pas un mouton (!) pour manipulateur démago. J’ai compris
le propos : « Mes dames, messieurs, le monde de la
politique n’est que marionnettes et manipulateurs sans
conscience. Fin.
Dénoncés, les créateurs disaient :
« allons, un peu d’humour ». Or il n’y a aucun
humour là-dedans. Il y a mépris total. Seule scène solide en
une heure, la rencontre de Rémy Girard avec Micheline Lanctôt
(mauvaise actrice cependant). On cessait enfin les coupures sans
raison et les mouvements futiles.
Il y a aussi Louise Marleau, fascinante,
mais avec un rôle pas moins carré que les autres.
8-
À
RDI, au début de la semaine, à « Grand reportage »
—par la France : que de dumping !— : « Où
est Ben Laden » ? Comme les albums (qu’aimaient tant mes
petits-fils) « Où
est Charlie » ? Stupéfaits, nous
découvrons, là aussi, une fois de plis, la vénalité des
« colonisés », les marchandages abjects :
crachez du fric les amerloques et on va collaborer à dénicher
notre merveilleux chef spirituel, le richard saoudien, Ben !
L’émission illustrait clairement que les USA ne
pouvaient se fier à ces…mercenaines-girouettes. On dirait le
Vietnam encore. Bref, après tant de bombardements de cavernes, de
bavures (un mariage saute : 40 morts ! On tue des Canadiens
!) : bin, pas de Ben ! Un échec quoi ! Instructif en diable.
Même riches, armés jusqu’aux dents, ne débarquez
jamais sur un sol inconnu, étranger. Ce sera la noyade. Le
gaspillage effrayant. Oui, comme au Vietnam.
Je disais, au départ, le 11
septembre : folie de déclarer « la guerre » au
terrorisme. On peut les pourchasser, tenter les déjouer, certes.
Et il le faut. Mais
la guerre suppose un ennemi visible. Le terrorisme est affaire de
cachettes, de maques, de clandestinité. Al Quaïda est partout et
nulle part. G.W. Bush jouait sur un mot pour obtenir des adhésions.
Il n’y a pas de croisade possible quand il n’y a pas de
terrain délimité. Ils sont à Chigago ou à Syracuse. À
Plattsburgh ou à Boston. À Beyrouth ou à Paris. À Londres ou
à …Montréal. Cette folie —la guerre—
saigne le budget USA. Et ce n’est pas fini. Le W
—ses sbires-faucons galonnés —songe à envahir le pays
de Hussein ! Et puis où encore ? La Corée du Nord, la Lybie,
ça ne finira jamais. Et les brillants espions de la CIA qui ne
parlent qu’amerloque, pas un mot
d’arabe…. pas un mot de Coréen, gageons-le. Un espion
encombré de traducteurs, bin,
ça se voit et vite, non ?
Un sergent des « marine »
déclare aux envoyés de cette télé de France :
« D’abord, de chez nous, on avait cru à des misérables
et là on découvre qu’ils sont brillants, très intelligents et
bien mieux organisés et équipés qu’on pensait ». Il
avait tout dit.
9-
Vélo
lundi matin. Du rouge aux crêtes de toutes les collines (il n’y
a pas de montagnes dans les Laurentides). De l’or ici et là,
aux bouleaux timides. Déjà ? Des fleurs de fin d’été dans
les ravins. Moins d’eau furieuse aux si belles cascades de Val
Morin. Terrasse ensoleillée encore (pour les œufs et les rôties
avec confiture aux framboises ) tout de même à Val David. Chaque
fois, Le Journal de Montréal offert. Bourgault y a un bon papier.
Il cognait sur les Israélites d’ici devenus paranos face
à l’émeute à Concordia. Oh ! Il va encore se faire désigner
(j’ai connu ce manège pitoyable en 1988 à Outremont ) comme
antisémite néfaste car on sait qu’il est interdit de parler
librement sur les Juifs depuis l’horrible carnage des nazis. Ils
sont tous beaux, bons, fins, parfaits !
Un article bien troussé. Sa belle
« moyenne au bâton » et, je l’ai déjà dit, la
chance de parler avec un très vaste public. Chanceux le Pierre !
Mais trop plein d’annonces, à pleines grandes pages ! Le succès
commercial complet attire les marchands rue Papineau !
Très bon film —« Mon ennemi
intime »— revu à la télé sur le cinéaste allemand
Herzog (bien maso) et l’acteur fou Kinski (qui fut dirigé par
David Lean et Berthold Bretch), Kinski (il s’est pris pour
« Jésus revenu » un temps !) bien sado: un couple
d’artistes vraiment étonnant. Aimerais visionner « Aguire,
la colère de Dieu », dont on montrait des extraits et le
« making off » tortueux, ou bien ce récit d’un
bateau transporté au delà d’une montagne en vue d’un opéra
à fonder dans les Andes, j’ai oublié le titre. Des films
curieux, pas banals du tout !
10-
J’oubliais : les
techniciens de TVA me parlaient de mon retraité de frère,
Raynald, chef —aimé je crois— longtemps à TVA. « Tu
l’as vu récemment, notre ancien petit boss » ? Ma gêne ! La réalité :
on ne se voit plus guère. Il a son monde (sport, voyages, découverte
des plaisirs de la pêche, etc.) et
j’ai le mien : Aile et Aile… avec Aile, mon
journal et mes projets ? Je regrette, il était mon cadet de cinq
ans et je fus, si longtemps, son moniteur de jeux. La vie ! Je
veux, je vais, lui passer un coup de fil.
Colère populaire.
À Asbestos, referendum : « On veut la fermeture de la
ville » ! Je comprenais mal. Comme partout, on veut du fric.
Notre fric. Aile
scandalisée. Je tente : « Écoute, une société
solidaire, humaine, c’est
cela. Il est arrivé un funeste coup du sort à Asbestos
—fermeture de l’unique grosse usine—
bon, on doit les aider, payer pour les déménagements de
nos concitoyens malchanceux là-bas, pas vrai ? ». Aile se
tait, médite ça.
L’étrange mépris du français au
Festival de Toronto par une célèbre actrice de Paris :
Catherine DeNeuve toute surprise que notre reporter Chilio-québécoise,
Alexandra Diaz (au parler fort nasal)—envoyée dans ce pays étranger,
oui, oui— la
questionne en français et veut ses réponses en français !
Mystère ? Pas vraiment. Elle est en « amérique »,
comme aux USA. Parfaitement. Toronto, elle l’a bien vu,
est une ville américanisée jusqu’à l’os —excepté
à son université d’intellectuels qui se font accroire qu’il
y a une « culture canadian ». Elle cause
american quoi ! Pour elle, Québec, c’est un autre pays. Et
elle a bien raison. Elle sera pas moins surprise si, au Brésil
par exemple, un reporter la questionnait disons en allemand ! Eh !
11-
Hier matin— à « Tous
les matins »— entre la table à débat, l’entretien du
« papi » où je raconte que mes petits fessaient le
Gros Giguère (un érable commun et méchant qui étouffait un
petit sapin), avant de jouer le sketch —pour vendredi matin—
je vole —à pied—vers un de mes éditeurs, Pierre Graveline à
Sogides, rue de la Gauchetière. Notre projet d’album illustré
ira bien. Il voit mes 40 illustrations. J’en avais maintenant
60. Il dit : « c’est beaucoup ». Je lui dit de
ramener cela à 25 aquarelles. Il a besoin d’un semaine pour les
photogravures (par ordinateur). Bon. Tout baigne.
Dans une semaine, j ‘irai
porter ces 25 élus chez l’encadreur de Francine Ladouceur. Le
14 octobre :expo —et concert avec Luc de la Rochelière—
au sous-sol de Saint-Arsène, rue Bélanger. Dimanche, ici, à
Sein- Tad’Aile, Francine —avec son Delphis fidèle— a vu mon
stock de graphignages en couleurs ! A paru satisfaite mais un peu
étonnée. Je crois qu’elle a une autre conception de l’art
pictural. Elle m’a
donné un paquet de billets de courtoisie pour son événement du
14 octobre.
La fougueuse Francine (d’habitude)
n’est pas en bien bonne santé, se démène tout de même, me
vante encore Sœur Madeleine Gagnon, avec raison. En partant : « J’espère
que vous, « Président d’honneur » de cette soirée,
vous allez m’aider pour la promotion du concert-expo ! »
Oh oh ! Quoi faire ? Je déteste mousser mes propres
affaires. Je lui dit : « Vous devez faire les démarches
aux médias, recommandez-vous de moi tant que vous voudrez ». Me
demande si mon nom est vraiment un « sézame », doutes
graves !
J’ai envoyé à l’Union des
extraits de mes trois livres récents pour ma lectrice
prestigieuse du Mardi-Fugère, Monique Miller. Chez Duceppe (où « La
preuve » m’endormait) Monique : « Eille,
Claude, pas trop longs hein tes textes pour le Centre culturel
Frontenac ! » Je dirai à Aile : « Ouengne,
pas trop enthousiaste à me lire, ta Monique ! » Aile :
« Tu
la connais pas, c’est qu’elle va travailler à fond sa
lecture, c’est pas une liseuse banale, Monique ». Ah bon !
Je dois aussi trouver de photos pour ce Mardi-Fugère.
Diapositives en vue. Trouver
aussi des photos pour le mag « Bel Âge », dont je
ferai la couverture de novembre. « Urgent », dit une
recherchiste !
12-
Il
y a pire : demain matin, devoir souffrir chez le dentiste de
Sein Tad Aile. Peur. Amenez-moi de la grosse douleur morale…nous
autres les hommes… mais la douleur physique, on déteste !
Ce beau ciel bleu qui me nargue par
la fenêtre. Bon. Assez. Descendre faire le lunch et ouis ouvrir
une chaise et lire sur Octobre 1970, livre tout nouveau offert
donné par Graveline chez « L’actuelle, VLB, Typo,
Ville-Marie », etc.
Souvenir : le grand patron de
ces cabanes à livres, Pierre Lespérance
avait une bien jolie sœur, Suzanne. Elle allait au collège
de M. Hudon, voisin de la gargote de papa —où je fabriquais mes
marionnettes. Flirt. Coup de foudre réciproque. Elle a dix-huit
ans, j’ai vingt et un ans. On s’embrassait au dessus des
caisses vides d’eaux gazeuses (Ô gaz déléthère des amours
juvéniles !) dans la
cave derrière le caboulot. Amour,
amour ! Puis, ma blonde de ce temps, m’annonce : « je
suis enceinte. De toi ! »
Aussitôt rupture
avec cette belle Lespérance et prise de mes responsabilités, on
« levait pas les feutres »
lâchement à cette époque !
Me voit-on en beauf’
du PDG de Sogides aujourd’hui ? Serais-je « adjoint
du PDG » avec droit de vie et de mort sur les manuscrits de
la Maison ? J’en ris.
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