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1-
Pluies
abondantes cette nuit, c’est certain, j’ai vu la bouche d’égout,
ce matin, recouverte de détritus (descendus du Sommet Bleu ! Ciel
fait de miscellanées ce dimanche : nuages, du bleu, du gris
translucide et des blancheurs opaques !
Jeudi matin, on file vers cet examen
des intestins du bonhomme. J’avais avalé la veille une fiole de
laxatif spécial. Trois visites, mercredi soir, chez Oncle Charlie
! Le matin, à l’aube, réveil et autre fiole à avaler. Trois
autres visites jeudi tôt chez Charlie ! Rendu là à
Sainte-Agathe…ma peur. Mon trop faible seuil de tolérance pour
la douleur physique. La douleur morale, nous autres, les mâles,
amenez-en…mais la physique, oh brr !
Une infirmière à qui je dis cela rétorque : « Oh
oui, ça, les braillards en pantalon, nous le savons bien »
!
Alors, comme toujours, je multiplie
les blagues dès le bureau d’accueil de l’hôpital. Trois préposés
rient bien fort de mes facéties. À la fin du protocole à paperasses : «
Et je veux être incinéré, notez cela ! »
Aile rigole derrière moi. Me dira : « Tu
as été d’un drôle rare ! » Oui, la frayeur m’inspire.
Pour compenser je fais le clown. On me rassure : « Vous
aurez du valium et aussi de la morphine ».
Quoi ? Mais c’est une piquerie Sainte-Agathe ? Tout se
passa bien malgré l’heure de retard, mon toubib appelé à
l’urgence. Aile qui veille sur son grand homme (!),
ira lire son journal —fumer dehors— avaler un café à
la cantine. Retour et
elle lit un rapport médical : « Chanceux, pas un seul polype
! »
Mais c’est écrit aussi : « Coeur anormal »
! Ah ! C’était —ces palpitations— la peur de souffrir,
j’en suis certain. Mon doc-Singer, quand il lira ce rapport, va
vouloir m’envoyer à un vaste examen du cœur, je le suppose. On
en sort jamais quand
on accepte de mettre
un doigt dans l’engrenage à médecine.
Je déteste ces examens.
2-
Hier soir, « cinéma
du samedi », comme jadis plus jeune,
en bas de la côte. « 8 femmes » de François
Rozon. Sorte de
parodie des mélos et des polars. Avec des morceaux chants.
Entendre la « vieille » Danielle Darieux, entonner le
Brassens de « Il n’y a pas d’amour heureux » est
une chose à voir absolument.
Ozon a organisé avec ses « vedettes » —Fanny
Ardant, Isabelle Huppert (fort amusante, on venait de la quitter,
à Artv, jouant « Médée » à Avignon), la jeune
Ledoyen (vue en Cosette dans « Les Misérables »,
d’autres « stars »— une sorte de music-hall avec
des moments d’un humour total. Bon divertissement.
Ce matin, sortie encore (des
cartables) de mes pontes pour la Francine de Villeray qui doit
venir faire son tour en fin d’après-midi. « Avec une
surprise pour vous », me dit-elle au téléphone ce matin.
Eh ! J’ai mis des cordes à linge ici et là, comme une sorte de
lien visuel. J’ai arrangé ma « tête de Christ saignante »
en une bannière géante et ai ajouté, en bas, deux porteurs,
fiers ligueurs t du Sacré-Cœur ». Content, content.
Qu’elle vienne !
Étonnant « Forest Gump »
(Hanks) chez Lipton à Actors Studio. visionné (retour des
« 8 femmes »), hier soir. Un comédien tonnant qui fit
florès dans « Sauvons le soldat Ryan ». Fascinant
entretien. La
Cousineau (La Presse) juge René-Homier Roy à son zénith avec
notre série du même genre…qui s’en vient (avec Luc Picard le
surdoué). Hâte !
Avons
vu aussi Lindon-le-tiqueur chez Rapp, Artv, à « Feux de la
rampe. » Fascinant aussi. Découverte que nous estimons
grandement, Aile et moi, ces
conversations libres avec des comédiens fameux. G. Tod dirait :
« Tous des vendus ! » Qu’il aille au diable cet
amer-loque ! Le plus souvent, c’est très bon, très instructif
aussi.
3-
Vendredi
soir immense déception à la première de « La preuve »
chez Duceppe. Pénible. Un gros succès à Broadway. Les
chercheurs y vont (à New-York ou à Londres n’est-ce pas ?) ,
constatent le succès là-bas et s’imaginent, les paresseux,
qu’il n’y a qu’à reprendre cela à Montréal. Oui,
paresse insigne ! Ça ne marche pas toujours. Quatre bons acteurs
mais… cette histoire plate m’a assommé. Le public debout à
la fin, l’ovation comme pour se faire valoir, un rituel niais,
automatique chez nous. Une générosité mécanique insignifiante.
Dire qu’au CEAD (pour auteurs non montés), grand lot de textes
québécois qui attendent. Du tas, il doit bien y avoir plusieurs
bons textes, non ? Colonialisme courant. Avec la paresse, la
prudence conne. Racisme inverti toujours.
Chez Duceppe, le brillant caméraman
de télé, Claude Bérard, tout content d’avoir appris, sur une
plage de Pointe-Calumet, que je l’avais
cité (avec un Robert Low) chez le Derome des fêtes de la
SRC. Honneur au mérite. Tous ces gens —des coulisses—
inventaient sans jamais obtenir la lumière méritée, hélas !
Samedi matin, redécouverte du trou
derrière notre condo. Vaste « ground zéro », ça
fait peur. Machines à l’ouvrage. Monstres avides ! Le roc que
l’on case sans cesse. Le vacarme. Vite fuir au chalet !
J’ai envoyé deux « donquichotte »
—farfelus, avec la plume au poing— à Trois-Pistoles pour la
couverture du journal. Victor choisira. Suis un peu inquiet de ne
plus recevoir les épreuves du texte… J’avais courriellisé à
Beaulieu : « Votre réviseure : pas couper
sans me prévenir, gardez les météos —mon trade mark quand
j’ouvre une entrée. Et puis laissez les mots anglais « au
son ». À part ça, pas besoin de
me faire relire ma copie. Pris au mot ou quoi ?
Sortira-t-il à la mi-octobre tel que promis ? Doutes !
4-
Francine Ladouceur
—concert et expo à Saint-Arsène pour son projet de « La
petite patrie »— sort d’ici avec son cher Delphis. Elle
a vu mes ouvrages graphiques.
En silence. Pas son genre de « belle peinture »
peut-être ? Tout baigne cependant mais elle est pas en bonne santé.
A semblé apprécier assez mes « barbeaux »… Je
choisirai une quarantaine d’élus, il y en 75 dans mon grand
cartable noir. Ça devrait aller. Confiance obligée bien que…
Francine semble se buter sur de tas de pépins.
Eh ! J’en organise-t-y moi de tombolas, des soirées
artistiques, tic, tic ?
Non. Je sais trop ce que cela représente d’ennuis divers. Je la
trouve bien vaillante. Ma crainte de voir, au bout de tous ce bénévolats,
une sorte de fiasco. Tant pis. J’aurai ramasser des images pour
l’album accepté chez Sogides.
Vu « Justice » de
Durivage à la SRC. Sa première. Très bon travail. Horribles découvertes
sur… Dame justice ! C’est noir.
J’ai commencé à lire un bouquin
un peu bizarre. Un récit vécu par une reporter, Lucie Pagé.
« Mon Afrique » raconte sa vie
en Afrique-du-Sud, séparée de son jeune fils, Léandre
qu’elle adore, car
l’amour l’a frappé. Un
subit coup de foudre à Johannesburg. Avec un beau chef syndical
d’origine indienne. Un tribun connu là-bas. Un militant
farouche, pas très disponible, ami de Nelson Mendela, le grand
chef libérateur respecté. Tiraillement. Elle se juge « mauvaise
mère », sombre dans la dépression, Ne sais plus si elle
doit abandonner cette aventure romantique si loin de son petit Léandre.
Je crois bien que je vais y découvrir des tas de faits sur
« la vie quotidienne à l’étranger » quand on veut
et garder un amour et travailler en reporter pour une télé ou
une radio d’ici. Intéressant.
5-
Aile débute le « Music
Hall ! » de Soucy. Je ne dis rien. On va jaser après
lecture, ça…
Le cheuf de « Tous les matins »
à la SRC, Stéphane Tremblay : « Soyez en studio
Claude, mardi à 9 h. Vous continuez votre récit sur les garçons
démasculinisés… Comme un feuilleton ». J’ai pris des
notes. Vendredi soir, pizza au four chez « Grand Pa » à Val David avec des voisins, les
J. Rires nombreux
autour de la table et Pauline J. en avait bien
besoin elle qui a la santé bin maganée ces temps-ci.
J’ai encore remis à Jean –Paul J. ma copie du « Couac ».
Il aime la satire.
J’oubliais : Vincent Lindon
avec Rapp : « Des gens me rencontrent et me disent :
« Quoi, vous vous souvenez pas de moi ? Je fus figurant à
vos côtés dans tel film, il y a dix ans ! » Il dira : «
On ne semble pas comprendre que, depuis, j’ai croisé plus de
mille personnes ! » À
mon échelle (réduite, je ne suis pas un acteur connu), cela
m’arrive. Comme disait Lindon : « On dit , ah
oui, je vous reconnais maintenant », par politesse ! »
6-
Fameux
deux heures chez «Zone libre » encore. Un documentaire sur
les « fous d’Allah » signé Hynes, par la BBC. Genre
d’émission rare, hélas. Qu’on ne voit pas ailleurs sur les
autres chaînes francophones. Pourquoi donc ? L’achat de forts
documents, faits en des pays étrangers riches (de monde ), ne coûte
pourtant pas si cher !
L’émission montrait clairement que
l’on achète la paix. ET la guerre aussi ! Des alliés douteux.
Promesses dangereuses. Calculs mesquins aussi. Offres d’armes
bien souvent ! (Oman, Pakistan, etc. ) Le monde de l’orient en
pauvres gueux qui quémandent des subventions sans cesse si on
veut les voir se ranger de votre bord (USA).
Morale tragique ? Le populo qui trépigne…
dans les rues mulsulmanes, qui est scandalisé par ce alignements
subits ! Des chefs qui font des marchés assez sordides.
Tractations immenses, louches, d’une vénalité horrible.
Montage politique branlant alors. La Maison Blanche tient les
guides. L’hyper-puissance (Washington)
force la main… Manèges honteux mais c’est de la
« realpolitik » je suppose. Le contrôle des fougueux
Chefs de guerre de l’Alliance du Nord, en Afghanistan, est un
casse-tête délicat. Kaboul avec la majorité (Patchoum) était
l’enjeu.
Je voyais clairement la fragilité de
toutes ces tribus en rivalités perpétuelles et qu’il faut
absolument tenir à l’œil. Une farce ? Ou bien une comédie ?
Non, une tragédie terrible.
7-
Je
repense souvent à « La sagesse de l’amour »,
l’essai de Finkielkraut. Je le relirai. Il fait mal. Il me fait
repenser à des notions trop vitement ignorées. Sur l’amour.
Que c’est « fatiquant »…repenser ce que l’on
croyait classé, acquis, hein ?
Dans un grand ciel blanc, soudain le
soleil se trouve un passage. Tout s’illumine. Envie d’aller
calculer ce manège dehors. À plus tard donc, ces commentaires
sur d’étonnants courriels reçus. |