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Temps frais mais plein de
belle lumière encore aujourd’hui.
Très en forme. Est-ce les vitamines (a-b-c-d et e :
un comprimé chaque matin) recommandées par une diététiste en
juin ? Je crains de trop péter le feu. Envie de stopper ce supplément.
Hier matin, retour aux Shops Angus, à l’est de Frontenac, sur
Rachel, pour jaser sur « les filles » avec Denise
Bombardier. Ça passera quand ? On ne sait jamais. « On vous
préviendra ».
« Pis, comment ça
s’est passé »? Question rituelle d’Aile. n ne sait pas
vraiment. On se jette à l’eau. « Attention, silence, ça
tourne. Moi le grand bavard je placote. Non, je ne sais pas. En
studio ce n’est « très bon, bravo, excellent ». Moi
? Pas si certain. Ma crainte d’avoir été impudique un peu.
Surtout de paraître « faraud », trop content du jeune
homme (moa) qui « pognait » tant avec les files. Peur
un peu. Bof…
Aile me revient en après-midi toute
heureuse d’avoir acheté une doudoune (?) et un manteau
d’hiver. Elle refuse de me dire les prix ! Ça m’amuse,
j’insiste. Elle s’obstine : « Toi et ta manie de
toujours dire à tout le monde combien tu as payé pour ceci et
pour cela, c’est con ». A raison. Manie ? Un gêne… de
ma môman-la-terrible-barguineuse de la rue Saint-Hubert qui
disputait ferme les prix et puis se vantait de ses aubaines ? Aile
me dit : « C’est réjouissant, j’arrive du
centre-ville et partout dans les magasins on m’a parlé
seulement en français ». On revient de loin, comme moi,
elle sait comment l’anglais
(langue d’une minorité raciste ) triomphait partout
jadis quand nous étions des jeunes gens.
De 1955 jusqu’en 1971, ce quartier centre-ville était
notre quartier de jour, Radio-Canada installé entre de Bishop et
MacKay. Un jour, avec des camarades —cela fit la « une »
des journaux— on
bloqua un grand restau populaire en refusant de parler anglais aux
serveuses unilingues « bloke ». Affolment partout des
gérants. On laissa des dictionnaires miniatures (bilingues) en
quittant la place à 15 h de l’après-midi !
Le lendemain, petites annonces dans les journaux.
Murray’s se cherchait des ouaitresses « parlant français ».
Denise B. me dit en salle de
maquillage : « veux-tu rencontrer mon nouvel homme
? » Mais oui. C’est un grand et joyeux gaillard qui
enseigne la littérature québécoise à Dublin ! Un homme
charmant. Il a aimé mon « Maman-Paris.. . » et
m’apprend que là-bas (Angleterre, Pays de Galles, Écosse, nos
fonctionnaires en « commerce et culture » détestaient
à fond ce roman si moqueur envers ces bureaucrates à l’étranger.
J’ai ri.
Courriels fameux dernièrement. J’y
reviendrai. Le souper s’en vient. De l’ironiste Marleau, de
Michelle Temblay « la moman débordée, de G. Tod (oh lui,
il va en manger une !). De cette « Miche » —60
ans— qui n’en revient pas de mes encouragements…c’est
qu’elle a un sacré bon talent de mémorialiste, aussi de mon
cher fils et de David, mon petit-fils l’aîné...
Pità au poulet à la grecque ce
midi…yam ! Et Aile qui me dit : « C’est servi ! »
J’y cours
.
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