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Ouf ! Nous
rentrons de « vélo-Val David ». Ouf, pas mal essoufflé
l’ex- gaillard pédaleur d’antan. Je vieillis vite ? Aile, ma
cadette, semble en pleine forme quand je raccroche nos bécanes au
support. C’est jour de congé, nous l’avions oublié. Du
monde, beaucoup de monde sur les pédaliers. De bons airs joyeux
et je chante, entre « Lac Raymond » et cascades… au
ralenti (il pleut p’us !) dans
un vent tout doux sous un soleil qui fesse pas trop encore le
matin. Étangs verdis ici et là dans la moindre baie. Au
restau-terrasse du coin où nous (petit-)déjeunons toujours
un bonhomme : « Suis un ami de Roussil le
sculpteur exilé. Vous
aussi, pas vrai ? « Je lui dis quand il m’enjoint à
prendre ses coordonnées : « Ami ? B’en, peut-être,
il me contactait toujours lorsu’en séjour ici mais il est venu
dernièrement et n’étant plus actif en journal, il a pas signalé
sa venue. Il aimait que je parle de lui dan mon canard, c’est
tout ». Le monsieur Pimparé en est resté muet. Remontant
en selle (de vélo), je dis à Aile : « Trop raide
hen » ? Elle : « Non,
tu as bien fait. La vérité c’est la vérité ».
Hier midi, je sors sur la galerie
pinceaux et papier et aussi mon lot de vieilles photos. Je tente
d’aquarelliser ces documents en noir et blanc. Couleurs vives.
Ça change tout. Mes sœurs et moi et un « carosse » de poupée. Marielle et moi sur
nos tricycles. Etc. Pas bien fort. Je fonce sur un don-quichotte
pour la couverure du joirnal. Pas trop fort. Je ferme tout et file
—avec le père Eco et son « Baudelino »— rejoindre
Aile qui se prélasse au rivage en transat à coussin lisant le Péan
au polar… « fou, fou, fou » dira-t-elle. C’est
bien fini le genre « illustration réaliste », au
prochain coup de pinceau, je me le promet, ce sera le style débridé.
Adieu dessin précis. À jamais de vouloir juste montrer…On
verra bien.
Grave erreur. « Tanguy »,
film loué, est un navet. Super navet. Un conte endormant. Le
grand dadais en universitaire éternel qui refuse de quitter moman
et popa…cela aurait pu être drôle et léger. Ça ne tient pas
debout. Vite le récit glisse dans un cynisme puant. Des parents
insignifiants et d’une cruauté niaise. « Perte de temps »,
oh oui, Aile ! Ces maudites « trois étoiles » :mensonges
trop souvent !
Cher
magnéto : on a vu, hier soir, le dernier « deux heures »
des « Misérables ». Pas fort en fin de compte malgré
les grands moyens. Le gras Gérard Depardieu ( Jean Valjean) éclipsé
par le Javert de Malcovitch, lui, vraiment fameux. Et ce mélodrame
cucul…Pauvre Victor Hugo ! Même tout raccourci, « écharogné »,
ça ne va pas. Impossible, inimaginable, guère plausible toutes
ces rencontres fortuites entre les cinq ou six personnages
importants, que de deus ex
machina abrutissants
en fin de compte. Découverte
d’un Hugo pas si « républicain » que ça avec
ses braves « bleus », royalistes au grand cœur
! Et ce mariage royaliste de la fin (une Cosette nonoune et un
Marius qui a oublié la révolution) nous ramenait la gluante
« sauce-Mia Riddez » des feuilletons soporifiques
d’ici.
L’Isabelle Massé (La Presse)
raconte —sans aucun commentaire bien à elle—
un « beau » de Ville Mont-Royal : Alex
Frigon, 21 ans qui vient de « réussir », selon lui.
Il avait un bac des HEC. Affairiste, on va le voir ! Il va jouer
dans un « sit-com » aux USA. Fou comme un balais et il
attend sa « carte verte », permis de travail. Sa méthode
relève pourtant de l’imposture. Le jeune fumiste envoyait plein
de courriels pour exciter des auteurs (belle mentalité !) en se
faisant passer pour un producteur. Un de ses « attrapés »
lui refile le nom de son agente. Le « kioute » Frigon
lui expédie une cassette-CV et clic !… la manager
l’invite en « casting ». Il dit : « Mon
prof de jeu (!) m’a formé, douze mois ». Le jeune fumiste ne
dit plus rien sur ces écrivains qui ont cru échanger avec un
producteur ! Cuicui cui, l’ « american dream »
cogne et frappe ! Édifiante jeunesse, non ? La Massé a mis un
grande photo et titrait : « un débrouillard » !
Selon Louise Cousineau, le réalisateur
m’a trouvé si captivant —moi et des dizaines d’autres témoins
en télé débutante— qu’il va prolonger ses trois émissions-anniversaire
(de Rad.-Can) intitulées « La grande aventure » —qui débute ce soir— en une série
moins coupaillée, les dimanches d’octobre
à 15h30. Je me souviens qu’au printemps dernier, Bernard
Derome m’écoutait si bien que je déballais, enthousiaste,
un tas de souvenirs-anecdotes de ce « bon vieux temps ».
En Inde , à Madras, on enterre une
centaine d’enfants et on les déterre aussitôt. Le temps
qu’ils n’étouffent pas vraiment ! C’est une cérémonie
d’ordre religieux, le « Kuzhi Maartru ». Les Hautes
autorités (!) On tente de faire cesser ce bizarre cérémonial en
vain. On fait d’abord jeûner ces enfants puis on les lave
soigneusement et hop, aux fosses ! Ô Inde ! Ainsi un évêque de
Cochin, lui, fera cracher un jeune Québécois riche, Simard, galériste
à New-York, et lui dira : « Emportez ma vieille
église —du 16 e siècle— chez vous, au Saguenay, à Larouche.
Je vais m’en construire un toute neuve ». Les Hautes autorités
(!) le savent-ils ? Au Québec, des amerloques achetaient à vil
prix des trésors religieux « patrimoniaux » et c’était
le silence duplessiste. Oh ancien Québec !
Cher fait-divers. En voici un coriace :
Un petit boss de Vancouver-nord, David Hudak, 41 ans, se fait arrêter
aux USA. Il possédait plus de 2,000 missiles (!) dans son ranch
du Nouveau-Mexique ! Ces « dispositifs de destruction »
viennent d’où, comment ont-ils pu passer les frontières ? Un
mystère « canadian ».
L’ex-camarade, graphiste à la SRC,
peintre reconnu, veut du fric. Il veut 2 millions de belles
piastres, viande à chien. Moi, un tout-nu, je ne fonde rien,
Deroujn, un autre tout-nu ?, a fondé « La maison des Amériques »
à Val David sur sa propriété boisée. Maire, député,
ministre, approuvent ce projet d’un « mini-Banf »
dans le coin. Derouin déclare à Delgado (La Presse) —qui ne
commente pas, rien : « Si je trouve pas le fric,
je lâche tout, pas question d’une longue bataille ».
On guette aussi du fric « privé ». L’artiste
Derouin dit n’être « pas contre » de donner un nom
commercial (McDo ou Esso, Player’s ou Shell ) à son poulain
Kulturel. B’en quin ! ’Coutez donc vous autres, pas tannés,
de ces grandioses « machines culturelles » qui
naissent à la condition que le peuple crache des taxes et impôt
? Festivals, éditeurs, théâtres, concerts, petits et grands musées,
centres Kulturels…etc.
La rue Notre-Dame dans l’est :un
boulevard (à huit voix) ou une autoroute (à six voies). Ça
balance encore. Ou quoi encore ? On cache tout ? Un long tunnel ?
On y songe aussi. On se gratte. Brisset, architecte, consulté, déclare : « Choisir
entre mourir pendu ou électrifié ou encore gazé ». On rit
p’us ! Elkouri (La Presse)
rencontre Harel, ministre du secteur. Jeune, Harel était
conte l’autoroute. Elle a viré capot. Pourquoi ? « C’est
plus le même projet. Si on examine ce boulevard (à huit voies),
c’est une autoroute déguisée ». Ah bon ! Et le gens du
coin ? Ils veulent plus rien, ni boulevard (à huit voies) ni
autoroute ! Ça va donc mal la démocratie, pas vrai ? Non ?
Ce sera, « Candiac », le
Hollywoodien-Nord ! Un type a dit :Non, Hollywod sera le
« Candiac du Sud » La folie des grandeurs ! Sans
aucune subvention, l’on va bâtir le plus immense studio
de ciné « au monde » ! Bon, bon. Le « cheap
labor » d’ici attire les amerloques.
Tellement… qu’à cette « Cité du cinéma »
(ex-parking d’Expo’67 ?), Diane Lemieux (ministre de la
Kulture), prêtera du fric : 2 millions de notre argent, et
autant viendra d’Ottawa. C’est une manne de 337 millions (pour
l’an 2000), c’est des « retombées »
(ce mot !) de presque 2 milliards de fric. Si notre dollar
remonte, tout s’écroule. Mais…pas de danger, paraît-il. Il
ne remontera pas de sitôt. Silence, ça va tourner des amériquétaineries
sur un temps rare. Qui n’a pas dans sa parenté u (ou une) bonhomme qui y
trouve de bonnes gages.
J’ai ça. Et je suis content pour lui.
G. Tod, mon lecteur fidèle de
Concord, va bondir. En Caroline du nord (où il enseigne) gros
scandale ! 3,500 étudiants se feront interdire un livre. C’était
une lecture obligatoire l’an dernier. Auteur : Michael
Sells, titre : « Une approche du Coran… ». Mike McFarland, relationniste de l’Université, Fidèle à
son recteur, James Moeser, dit : « Sujet on ne
peut plus à propos depuisv;e 11 septembre, non ? » Une
association chrétienne, l’American Family Center for Law and
Policy (ouf !), s’insurge : « On bafoue la
Constitution sur « le libre exercice de la religion »,
l’enseignement du Coran devient promotion de l’Islam ».
La pol.mique fait rage. « C’est comme enseigner Mein Kampf »
de Hitler dit un chroniqueur de la télé (Bill O’Reilly de Fox)
, le Coran est la religion de nos ennemis ». Un Baptiste, F.
Graham, a même appelé les musulmans à s’excuser
collectivement pour la responsabilité de l’Islam dans la tragédie
du 11 septembre. Mais notre Tod est peut-être un vilain mécréant
? Cette querelle carolinienne le laissera-t-il de glace ?
Mary Tyler Moore a viré la rencontre
chez Lipton —« Inside Actors Studio » à Artv— en
un entretien émouvant sur sa vie privée. Aile toute attentive.
Et moi itou. Suicide, alcoolisme etc. était au menu. La populaire
actrice était en veine de confidences. Lipton écoutait de toute
ses oreilles. C’était mieux que du Claire Lamarche. C’était
« toute » la vérité. C’était sa vie, son passé
lointain(ses misères d’enfant mal aimé)
et récent (ses déboires).
Si j’y allais de cette franchise radicale, j’imagine
mon Aile se transformant en « Hell » et me criant après : « Avais-tu
besoin de tout déballer en public ? » Non, Aile est de
« Sein Tad Aile » P.Q. et avale goulûment les révélations
intimistes des « lointains » confessés. Elle est de
Saint-Ad-Aile et, comme nous tous dans cette petite société
tricote serré, accepte l’impudeur des autres, refuse
l’impudeur d’icitte ! Un temps, elle me fit découvrir cette
actrice douée, M.-T. More, plus tôt, elle m’avait connaître
cette Carol Burnett —aux folichonneries quasi surréalistes—
et j’ai beaucoup ri à leurs facéties télévisées, longtemps.
Seuls, les idiots ne changent pas
d’idée. Je vais communiquer avec le président de la SSJB. Le
camarade Jacques Godbout comme Yvan Lamonde, a raison. Pas de nom
à la future Grande biblio. Son titre devrait rester ce qu’elle
est : « la Bibliothèque nationale ». Point.
Vrai que ce n’est pas un site. On pourra nommer le site, tout
autour, Camille Laurin, pas la bibliothèque.
Mon étonnement. Publiant tout ce que
je pense (de mal) sur le beau monde culturel « du livre »
dans « Pour l’argent et la gloire » (Trois-Pistoles,
éditeur) au printemps dernier, je m’attendais à des « lettres
ouvertes » furibondes de tant de camarades en livres. Férocement
égratignés. Rien.
Aucune polémique. Très surpris. Est-ce la preuve que mes
accusations sont fondées ? Sans doute. Ce silence de mort
m’intrigue pas mal. Mes écorchés se cachent ? Peureux ?
La chanson : ais-je frappé si juste, si juste, si
fort, si fort, si drette, si drette ? Bof : ces planqués
ricanent et continent de téter l’établissement littéraire…
et « va chier le râleur ».
Avant-hier, un sbire de
Gesca-Desmarais-Power, donne cinq colonnes et une large photo au député
Lebel. Semer la discorde au Bloc? B’in quin ! À la fin du
prestigieux « papier » : « Il n’a
pas fini de semer la controverse dans le Bloc…ce monsieur Lebel. »
Tel quel ! Sacré valet servile, aux ordres,
à La Presse.
J’ai acheté Paris-Match pour un
titre : « Matisse et Picasso, la longue querelle ».
Celle du coloriste de génie (Matisse) et du dessinateur de génie,
(Picasso). Hélas, une fois de plus, peu de substance. Lite des
livres, lire des livres.
Vu le début de ce « Jonathan
Livingston, le goéland ». Un film waltdysneyien.
L’animisme cucul. L’oiseau parle, pense, s’émeut, s’énerve,
bataille. Il a une âme. Du Saint-Ex délavé. Un succès mondial.
Ça disait : quitte les tiens, élève-toi au dessus des
autres, va voir ailleurs. La sauce étatsunienne de
l’individualisme à tout crin. Puant ! Aile bin d’accord, je
zappe.
Le bon poisson qui goûte pas trop le
poisson (!) que ce « mahi-mahi » chez Claude des
« Délices… », hier soir.
Régal à deux. Soirée si douce pour un premier jour de
septembre. Quoi, il y aura une canicule peut-être encore, et il y
aura l’été de la Saint-martin…alors !
Petits nuages au ciel si beau bleu.
Aller me replonger et dans le lac et dans Éco (« Beaudelino »)
Il enseigne, il est amusant, je saute des bouts, son héros
est un menteur prodigieux et il dit aussi des vérités. Ainsi, je
lis sur le prépuce et le nombril de Jésus mis en reliques… et
j’ai lu (bouquin sur les lieux de pèlerinage) que cela fut fait
au temps des collectionneurs macabres de reliques variés. Éco
joue de tout : son érudition (qui est grande) et ses
inventions qui sont parfois tirés par les cheveux. Mais bon, je
tourne les pages et… quand on dit cela on a tout dit. Oui, je
tourne les âges…et je vais aussi nager sur le dos et je
constaterai une fois de plus que le Grec avait raison, un corps
plongé dans l’eau… Être léger ! C’est si bon.
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