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Histoire
d'une aquarelle
1-
Désormais
j’aime tant tenir ce journal que je me suis réjoui quand le
temps est mauvais. Comme ce matin. Faibles lueurs dans un
firmament de gris bleuté. Fou, non ? Un écrivain écrit pour être
lu. Lapalissade ? Mais non. En m’installant au clavier je sais
qu’il y aura, tout de suite, dans les cinq cent fouineurs
sympathiques, selon mon webmaestro,
Marco. Au départ, ce fut une centaine d’internauphiles puis,
vite, deux centaines. Progrès non ?
Mes romans les moins populaires
m’amenaient combien ? Cinq mille liseurs (en comptant les
bibliothècophiles) ? Mon « adieu » à la littérature
de fiction, publié l’automne dernier — in
« Pour l’argent et la gloire »— m’a plongé dans
un monde différent. Ici plus besoin de plan, de composition, de
recherche de style, d’action à élaborer, de personnages à
structurer, non. Noter seulement —avec des fions, on reste un
littérateur— le temps qui passe. Vive le journal jusqu’à la
fin ? Ma fin. Je sais plus trop... car je me vois mal en diariste ad vitam aeternam. La peur d’être comme rivé à un boulot, une tâche,
un… devoir.
J’appréhende les
démons de la rédaction « imaginaire »…Ils rôdent
tant sur mes épaules chaque jour. Des tas d’idées
m’assaillent. Y résister ? Oui et non. Aile hier soir raconte
un fait et puis me dit : « Je te vois encore
noter. C’est pas pour ton journal. Tout ce que je te dis n’est
pas pour ton journal ». Puis, la langue dans la joue, elle
ajoute (joue) : « Va falloir que tu en révises tout un
coup, hen ? » La démone !
Excellente fable folichonne du Stéphane
Laporte ce matin. À partir des pommes cirées, toxiques peut-être.
J’aime le talent. Il en a. Il me stimule. Je suis allé trop
loin, récemment, en disant que je manquais de stimuli… Je découvre
sans cesse du talent québécois stimulant. Un peu partout. Je
trempais dans un moment de noirceur. Spleen ?
2-
Le
Vennat (de La Presse), ce matin et pour une troisième fois
d’affilée, se soulage face à son jeune papa « perdu »
sur les plages de Dieppe le 19 août 1942. Fiasco, débarquement
prématuré ? Sang gaspillé en vain
? Erreur prévisible et
masochiste pour contenter L’Armée Rouge de Staline aux
abois ? Certainement une boucherie. 50 ans plus tard, on trente
d’organiser des cérémonies consolatrices pour panser « la »
plaie ? J’avais onze ans, je me souviens de la rage des
nationalistes grondeurs : « On se sert de nous, misérable
« chair à canon », pour tester les forces alliées.
Une saloperie des Britanniques ». L’encre coulera encore
longtemps là-dessus ?
Lu : le stress
—une annonce de produit bio-actif (!)— grand et unique coupable de tous nos maux physiques (du Lafontaine !). Hans Sélié
a écrit sur —pourtant— le « bon » et le « mauvais » stress ! Qu’en est-il? Le stress,
nommé
jadis « nerfs à vif, énervement »— réduit
nos défenses immunitaires, oxyde (rouille) nos « radicaux
libres ». « Faites de l’exercice et avalez nos
vitamines X » ! Allez aux comptoirs des pharmacies, les
stressés ! Simple comme bonjour.
Cahier « été » de La Presse d’à matin.
Avec des livres d’ailleurs et pas un seul article sur un livre
d’ici ! Un 18 août, alors que certains de nos éditeurs
publient des nouveautés. Toujours ce « racisme inverti ».
Comme au cahier-livres du Devoir d’ hier : prestigieux
papiers sur un Espagnol (Montalban) et sur un Grec (Kasantzakis).
Loin, en page 4 : Cornellier écrit sur un essai d’ici. Sur
un militant anti-rationalisme, en faveur du « spirituel, de
l’absolu, du mystère (à la sauce Berdiaeff). « Tensions
de l’errance » (édité par PAL) du philosophe André Désilets
qui avance que le social, le politique, détruisent le sacré, le
transcendantal. Ouf ! Il est fustigé : « réactionnaire,
imposteur, aristocrate ». Il cogne dur, fesse fort, le L.C.
Avec raison. En effet, pourquoi séparer drastiquement les
composantes inhérentes à toute vie humaine ? Le « Qui fait
l’ange… », toujours vrai !
3-
Ma
liseuse Manon A., de Saint-Etienne-de-Lauzon. a déjà quitté ma
petite ville qu’elle a trouvée « magnifique ».
« Veni, vidi, vinci »? Discrète, elle n’a pas donné
son coup de fil. Me courriellise qu’elle a pédalé sur le lac
Rond avec son Ti-Mine (!), vu mon drapeau sur la berge, la maison,
les persiennes…noires, a « tourbilonné » à
« L’Excelsior », bouffé au « Petit chaudron »
y jasant avec la jolie veuve, madame Aveline, la proprio « qui
connaît bien M. Jasmin ». Moi en agent de tourisme
laurentien ?
Hier soir, Aile a mis la main
—enfin— sur l’unique copie de « Je rentre à la maison »
— film de Manuelo Oliviera— avec l’admirable Michel Piccoli
(devenu sosie de feu Gérard Pelletier). Hélas il est bon mais
pogné dans un récit bien maigre, dans un rôle bien chétif. La
minceur du propos —un acteur en fin de carrière, épuisé,
abandonne un téléfim— nous laissait sur notre faim en
face du comédien pourtant chevronné. Sarfati, complaisante, y
collait quatre étoiles. C’était trop ! À qui se fier, répète-je.
Ensuite ? Fallait nous voir, excités,
dans la nuit sur la
galerie. Aile à ses jumelles, moi à mon téléscope bien
bon-marché. Patate ! Pas de ce météorite en chute libre ! Cri
d’Aile soudain : « Je le vois » ! Non, c’était
un avion (vers Mirabel ?) et ses clignotants.
Déception.
Je lis « les lèvres des
Laurentides ». On parle de Saint-Jérôme ! Je m’étouffe
dans mon café. Où sont le cou, le poitrail, la bedaine
et le… trou du cul des Laurentides. Mont-Tremblant ou
Mont-Laurier ? Je retiens mon… cheval.
4-
L’auteure des tomes sur
« Julie Papineau », un franc succès de
librairie, Micheline Lachance (ma petite camarade du temps de Québec-Presse)
baptisait son chien « Papineau ». Eh bin ? Aucun
respect du mari de son héroïne ? Avec Godin (ex-reporter devenu
biographe bien coté), hippisme tardif, il y eut tentative de
jouer « les citadins exiléss en campagnards-cultivateurs.
Des tomates. Un fiasco, dit-elle. J’ai songé au peintre
Mousseau (Saint-Hilaire) et ses déboires « en patates »,
au dramaturge Rémillard et ses fromages ratés (Saint-Eustache),
aux citrouilles bin maganées de V.-L. Beaulieu (Rawdon ?). Et
puis la mode passa. On ne s’improvise pas cultivateur, on
l’avait oublié. Ces « retours à la terre »
modernes —bien après le prêche des romanciers du début du siècle
tel Ringuet— relevaient d’un utopisme sympathique.
Tantôt, céréales avec
fraises « ailiennes », café sur café…
soudain, violent vroum au-dessus d’une oreille. Je sursaute :
un joli colibri m’a frôlé. Hélicoptère myope ? Maintenant
plantureuses, la dizaine de corbeilles à fleurs d’Aile est
leurs jardins. Plus curieux encore ? Aile et moi cette nuit :
rêves de… tromperie ? Ensemble et chacun pour soi. Moi avec un
Louise Turcot, rajeunie, qui me harcèle langoureusement. Aile, de
son bord du lit, flattée mais prudente, éloigne poliment un
Pierre Nadeau la draguant allégrement. « Dans mon rêve, tu
étais décédé et j’en étais inconsolable », me
dit-elle. Moment de silence. Je me (pré)vois pas mort et à
veille d’être cocu posthumément. Orgueil.
La fille de Monique Leyrac, Gyronnay,
publie sur des rééditions des longs reportages d’ Albert
Londres, un chroniqueur très apprécié du public jadis. Et très
méprisé par les collègues-journalistes de son temps. « La
littérature » est, hélas, un ingrédient honni en matière
de reportages journalistiques chez les puristes du métier.
Gyronnay applaudit à fond la nouvelle édition de ses
enquêtes lointaines (Chine, etc.). Souvenir : un jour
de 1969, Jacques Guay —alors directeur de l’hebdo Québec-Presse—m’expédie
en écrivain-journaliste pour un gros congrès politique. J’étais
content car il voulait du reportage « impressionniste ».
L’espace manquant, hélas, il ne publia que de courtes lignes
sur mon séjour en aréna surchauffé. Gyronay sur Albert Londres
dira : « d’accord, pas « très documenté »
parfois mais jamais, jamais,
ennuyeux ». « Et c’est ce qui compte »,
conclut-elle. Bravo, bravo ! On ne fait jamais appel dans nos
joirnaux —on le fait en Europe (Gunther Grass par exemple)
et aux USA (Norman Miller par exemple) aux écrivais québécois
pour de tels « papiers », et c’est une grave erreur.
« Look who’s talking »? Bin oui.
5-
Je
vis avec un ange (ailé) ? Vendredi soir, rue du Chantecler,
moi à ma bavette aux échalottes,, Aile a ses pâtes aux
crevettes et pétoncles —chez « Délices de Provence »,
du chef Claude— les titres pour mon journal revolent. Ce « À
cœur ouvert », m’ont averti des amis, ça ferait un peu
tremblayesque avec son « Cœur découvert »à lui. À
la télé bientôt. Bon. On change ça. Aile, généreuse,
studieuse comme toujours, en devient un torrent de mots (de
titres). Je veux aussi consulter les suggestions de mes liseurs.
Notre méfiance des titres pouvant être ridiculisés par la
critique. Exemple : « Incorrigible ». Je réfléchis
qu’Aile, ne lisant jamais mes pontes, manifeste au fond une
confiance énorme. Elle a bien raison, non ? Le loustic, dans la
rue, l’autre jour, présentation et lui, tout rieur qui y
va d’un : « Ah, c’est donc vous
ça, Aile ? » Brr…
Saumon revenu ? Anguille retourné
aux lieux de ses origines ? Le pape à Cracovie. Il se racontait
hier, volontiers, humain à fond, en jeune travailleur d’usine,
sabots de bois aux pieds. Lu que des gens tentent actuellement de
trouver un boulot dans la contrée de leur enfance. Besoin impérieux
? Tant de monde le font. Force terrible. D’autres, que je
connais, ont mis une croix, à jamais, sur
ce que Saint-Exupérit
nommait : « le vrai et seul pays ». Il a
dit : « On est de son enfance comme d’un pays. »
J’avais mis ça en exergue à « La petite patrie ».
Vérité. Certains, familles démunies,
déménageaient sans cesse et n’ont pas de ce lieu précis.
D’autres vécurent une enfance si noire qu’ils ont biffé la
racine-de-vie « maudite ». Comprendre alors.
Hier au nouvelles, découverte
d’une Michaële Jean… défrisée hélas, devenant banale, un
air « guidoune » vaguement et l’accent plus « parigot »
que jamais ! Dresde en Saxe noyé d’eau : « Florence
du Nord devenu Venise »,
dit l’actualité. Prague ramasse ses boues. En Asie aussi :
pluies torrentielles. Ici ? Sécheresse totale dans l’Ouest,
ballots de foin —des maritimes et du Québec— à pleins trains
de marchandise. La météo en sujet capital partout. Menaces
d’ouragan dans le Sud. Aile remonte de ses courses au
centre-village : « Clo, c’est d’une humidité
insupportable en bas » ! Le lac, petite plaine, amène du bon
vent d’ouest « en haut ».
6-
J’ai retrouvé une
Bible reliée en cuir noir souple, toute petite et l’ai mis
entre Rimbaud et Verlaine à mon chevet. Désir de lire parfois de
très vieux écrits, les premiers, à propos des hommes et du
destin. Avant les penseurs grecs, avant ceux de Rome, avant
Augustin et autres « pères » antiques, il y a eu ce
livre. « Le » livre. Aux nouvelles, hier, une Aile
bouleversée : « Mais c’est affreux, une maîtresse
d’école, jeune, et un concierge d’école, jeune, en
Angleterre. Ces deux jeunes enfants assassinés par eux ! À qui
se fier ? Incroyable affaire, non ? » Mon trouble à moi
aussi. Lire la Bible ? Les premiers sangs innocents versés,
racontés.
Quoi ? Aux actualités : Napoléon-le-tueur
absent de son tombeau ? Souvenir : visite en 1980 des
Invalides. Le chic tombeau de porphyre du « caïd des
banquiers » (selon Guillemin) recouvrant d’autres
cercueils. Maréchaux en niches de marbre ! Drapeaux pendants aux
murs de la noble crypte. Des « vitrines » aux éclairages
de « window display », flamboyants. Étonnement d’Aile
et moi. Un panthéon pour l’homme de l’impérialisme français.
Et il serait à Westminster ? Son valet de pie dormirait dans le
porphyre ? J’imaginais, Chemin Bates, son idolâtre montréalais,
Ben Weider, bondissant à cette nouvelle !
Ce parisien toqué, Messyan, qui se
fit rabrouer partout avec son « complot du 11 septembre »
(« Aucun avion de kamikaze tombé sur le Pentagone »,
etc.) veut aller en cour contre « Paris-Match » qui le
diffamerait ! Non mais…
Fabienne Larouche, scripteure et
producteure de télé, moque « les corbeaux » —son
qualificatif des jurés et ees organisateurs du Gala des Prix Gémeaux.
Son ex-compagnon, Tremblay (Réjean), lui aussi, boude le Gala et
grogne. Il souhaite que seuls les indices d’auditoire
soient le gage « des vertus »pour les lauréats-télé.
Oh la la ! Primes aux démagogues ? Aux exploiteurs des goûts
les plus vulgaires dans le public ?
La vérité ? Il n’y a pas vraiment
jugement des vrais pairs. Les gens doués sont trop pris,
suractifs et n’ont pas le temps d’aller s’enfermer et
visionner les innombrables produits des camarades. Qui acceptent
ce joug pesant ? Le plus souvent
des ratés, des semi-ignares, des gens de métier sous-doués
—amers, jaloux, ulcérés et mesquins forcément — qui sont en
perpétuel chômage par manque de talents transcendants justement.
Résultat : déceptions de tous, des oublis graves, des
rejets mystérieux, des récompenses imméritées. Abolissons ces
niaises « distributions de prix » subventionnées. Le
talent vrai n’a pas à être comparé. Jamais. Chaque bonne
production est un prototype, unique donc, et ne doit jamais être
évalué par rapport à d’autres créations. Il en va de même
pour les jurys de Prix littéraires, pour ceux des les bourses et
subventions aux écrivains. Une vieille farce.
7-
Esturgeons
menacés par cette vaste rivière Rupert —au sud de la Baie
James— dont on veut (Hydro-État) harnacher les vifs courants.
Souvenir : j’aperçois des poissons longs comme des requins
qui sautent hors de l’eau au
large de Pointe-Calumet ! Renversé, ébloui, je suis. La mer en
eau douce. J’en parle à Paul Arcand aux micros de CJMS. Je
m’attire quolibets et moqueries. Je me tais. Ais-je eu la berlue
! Trop de soleil dans les yeux, sur la tête ? Plus tard, je lirai :
« Il y a d’énormes esturgeons —« deux mètres et
parfois plus »— en eau douce autour de Montréal. Ah !
Mais oui, il y a des esturgeons géants en eau douce. Je n’avais
pas rêvé dans ma chaloupe à moteur et ne fus point pas la proie
d’un mirage.
Une non-nouvelle : sondage, les
Étatsuniens (ils écrivent Américains!) voyagent très
majoritairement en pays… anglophones ! Eh ! Leur nombrilisme
bien connu. La langue « de césar » en ces contrées.
Un chauvinisme culturel ? Xénophobie ?
Trio fatal autour du « bush »,
le W : Donald Rumsfeld, Condolezza Rice, Dick Cheney. Des
va-t-en-guerre (en Irak) dociles, militants ! Colin Powell se méfie
de cette… croisade, lui. Des opposants du dictateur Hussein
—capable de gazer des Kurdes— hantent Washington, grouillent,
calculent, ces temps-ci. 69% des étatsuniens sont pour u-la
« force »selon un sondage. Europe et pays arabes sont
« contre ». À suivre…suivez « le trio des
faucons », ils se préparent, dit-on, pour janvier 2003. CNN
salive ! « La guerre comme un divertissement », dit
Linus Torvalds.
Mon Dieu, ais-je exposé mes deux
enfants aux dangers de l’électromagnétisme ( via les tours de
fer d’Hydro-État) en ne déménageant pas vite du Vieux
Bordeaux dans les années ‘60 ? De nouveaux chercheurs disent :
« Oui, cancer » ! Seigneur, « si j’ara su
j’ara pas venu » dans cette impasse Zotique-Racicot… et
cela durant plus de 15 ans !
8-
C’était
d’un bleu saturé étonnant, samedi : un ciel pur avec d’énormes
sculptures mobiles d’une blancheur immaculée. Beauté. Et du
fort vent !
Carpe diem, oui, chaque
jour suffit sa peine (son bonheur aussi). Lu : « idiot
de ramer quand le courant t‘emporte ». Sagesse d’orient
! Je viens de parcourir (on passe de larges pans tant c’est
gnan-gnan) un petit livre —son pus récent— de Marc Fisher,
alias Marc-André Poissant. Ce jeune cinquantenaire a tenu à nous
narrer par le détail, et c’est long, un cheminement
spiritualiste à sauce orientale durant la fin de son adolescence.
Sept ans d’expériences quasi mystiques. Visions, concentrations
la tëte au pored, le jambes au plafonsd et , à la fin, rencontre
d’une voyante qui lui baragouine en français approximatif un
passé prestigieux dans des vies antérieures. J’ai pouffé de
rire souvent. L’auteur de « Le millionaire » un
ouvrage qui a connu un succès fort (traduit souvent), passant de
Poissant à Fisher, affirme que c’est son testament, son livre
important C’est édité chez « Un monde différent, éditeur ».
Tu parles ! On
se demande s’il veut blaguer en certains passages. Ou s’il
veut joindre une (maintenant) vieille vague nommée « nouvel
âge » ? Titre : « L’Ascension de l’âme »
(grand A hein ?) À quand L’Assomption de Fisher ? Pour
faire un monde, faut de tout…Le gaillard est sympathique, je
l’ai croisé en Salon du
livre, il me semble sain d’esprit et tout… avec cette « ascenseur
égotiste » je doute maintenant.
Téléphone : « Venez, École
de théâtre, lundi à 17h. On va fêter Buissonneau et sa
Roulotte » Encore une fois ? Mystère ? J’irai. Pour Paul.
Téléphone : « C’est pour madame Bombardier,
pour le studio du trois septembre, je veux vous pré-confesser sur
vos amours de jeunesse…Vous voulez bien ? » Je voulais. On
a ri. Téléphone : C’est le cousin de maman, Paul
Lefebvre. Son opinion est faite en tout. Il va voter Martin à
Ottawa et Dumont à Québec. Suffit du P.Q., me grogne-t-il. Il
est très inquiet. Il regrette que « Bourgault n’aie
jamais pu réunir, réussir jadis… » Sur un ton
grave, mon Tit-Paul —du Bout de l’Île— m’annonce en vrai
Nostradamus : « Mon Claude, une crise économique
effrayante, comme en 1929, va fondre sur nous tous, regarde bien
ce que je te dis là. C’est pour très bientôt. » Bon,
bon. Je ouatche !
Lu : « tout homme regrette
le passé et craint l’avenir ». Hen ? Pas moi. Ni l’un,
ni l’autre. Suis-je anormal ?
Corrections : Fantine et non
Fanzine chez le Hugo télévisé. Jabert et non Jalbert. Vu de la
suite. Mélo total. Et toujours des pubs incessantes. Oui, mépris
et des auteurs et du public à Radio-Canada (comme ailleurs).
C’est absolument intolérable. « Advil »
gueule…oui : « Advil contre la douleur… »,la
douleur d’être arrosé de crieurs infâmes. Le ministre de la
police (Intérieur) à Jabert : « C’est plus
grave de penser que de voler. Oublier ce Valjean, faut plutôt
surveiller les étudiants républicanistes, monsieur. » Du
bon Hugo là !
Colonisation : Ginette Reno déclare
qu’elle est plus à l’aise en anglais que…dans sa langue !
La peur de faire de erreurs. Terrifiant aveu non ? Claire et
candide illustration de l’aliénation ici. Tristesse
d’entendre cela, grande tristesse.
Hâte de jaser avec ma fille dès
mardi midi. Aile : « Vrai, avec les enfants autour,
c’est pas facile. Oui, on va pouvoir converser tranquilles ».
Sur les enfants, sur l’éducation moderne ? Je nous connais.
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