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1-
Beau
début d’août québécois !Ça ne fait pas, hélas,
grossir mon album d’illustrations. Je consigne des idées
, des projets et ne vais pas m’installer à ma table à
barbouilles ! Plaisir, une de mon fan-club, m’annonce qu’elle
a mis avec joie mon « guenillou » en « fond d’écran ».
Vif plaisir ! Daniel vient de « sortir du bois »
nordique— sa courte retraite estivale en solitaire
chaque année—
avec son beau canot blanc. « J’ai visité trois
lacs » me dit-il, je songe à Félix chantant : « j’ai
deux rivières…trois montages à traverser ».Toujours mes
craintes de vieux popa, s’il fallait… ce député dépité,
perdu en forêt gatineauienne récemment, sa peur que l’on ne le
retrouve jamais !
Hier, jeudi, journée de relaxation après notre soirée très
arrosée chez les Dubois. Mimi avec Aile, au téléphone : « On
a vidé sept (7) bouteilles ! ». Nous étions six !
C’est trop ! Nous étions si bien
dans « ce beau jardIn » (Trenet), ce
« jardin aimé » (Clémence). Six heures de jasettes,
de farces, de plaisanteries et aussi de souvenirs —des récents
et des très vieux quand l’on déterre (douleurs graves souvent)
nos enfances.
Mon « grand six pieds » (Gauthier), André,
s’interrogeait : Il y a vingt ans, je signe la mini-série
« Laurier » —avec Carrier— depuis, à la SRC, pas
un seul de mes projets ne fut accepté. Je fuis la paranoïa
mais… » Il est satisfait de son « Kmh », à
TVA,
numéro 1 aux sondages mais… Dubos me révèle une
histoire que j’ai trouvé plutôt écœurante : « Un
jour, au temps de nos « Vaut mieux en rire », devant
le chef des dramatique du temps (Richard Martin), Ubaldo Fasano,
mon co-producteur, et moi on développe un projet inédit. Des
jeunes équipes de hockey, rivalités terribles, Québec-Montréal,
aussi —s’y mêlant— histoire d’amour. Martin en joie :
« Hockey et amour, parfait, idée géniale ». Nous écrivons
les textes-synopsis (payés) et puis..tout est
silence !Or, un peu plus tard, la SRC annonce une série…
sur « hockey et amour » !
Auteur : Réjean Tremblay, producteur : Claude Héroux
débauchant le même Martin de la SRC, se l’attachant comme
producteur-exécutif. Peux-tu imaginer notre stupéfaction, Claude
? Tremblay déclarera en entrevue que « cette idée »
traînait dans un fond de tiroir à la SRC ! »
J’en reste baba.
Chaque auteur a-t-il de ces histoires ? Je me retenais de
revendiquer
pour ne pas sembler surenchérir sur André. Moi itou :
abandon par la SRC de 1985 à 1995 (on me questionne si
souvent : « vous écrivez plus pour la télé ?) que de
projets refusés. Un : Lise Chayer, réalisateure, avait
accepté et
voulait réaliser mon projet « La petite bourgeoisie »,
narrer la bourgeoisie en banlieue (Bordeaux) les années 1960
quoi. Échec. Refus. J’offre « Coulisses » le monde
des artisans des coulisses d’un théâtre. Avec Daniel , je développe
quatre textes (payés). Refus encore. Ensuite ce sera « Douze
heures »—un Pinocchio, robot futuriste comique, conçu par
Daniel, puis « Le procès Rimbaud-Verlaine », puis «Gens
de radio », puis.. Je me souviens plus… Récemment mon
« polar » avec un retraité des médias.
Non, je ne fais plus de projet-télé, merci. Mon journal
et mes illustrations. Ça me suffit.
Ce matin, gazette, Marchand de CKAC : « Le
défilé-homos ? « Un show de tapettes », disent mes
camarades homos… qui n’y vont pas. Il ajoute : « Certaines
« gommes » y paradent volontiers ? Des
politichiens, par intérêt électoral ». Les opposants se
multiplient. Clair : les homos devraient abandonner cette
« parade pour voyeurs hétéros » qui ricanent.
Bizarrerie, même journal : Nicole D.-S. : « J’avais
pardonné au tueur (involontaire-alcool et drogue) de ma fille
Patricia (affaire-Steve Rousseau libéré récemment) mais un an
après, je ne pardonne plus. Comment maintenant pardonner —exonération
totale de Rousseau— à cette sorte de honteuse justice ? »
La mère éplorée —« une perte, inconsolable, pour la vie
entière »— rage scandalisée.
Il y a pire ? En Californie vague de rapts par des vicieux.
Deux filles violées, pas longtemps après leur grave mésaventure,
vont, volontiers, raconter « on camera » leur affreux
drame à la NBC. « Scandaleux », dit le
Washington-Post. Le Doublevé en remet, compare ces viols au
terrorisme, écrit Hétu, basé aux USA : « Ce W.B. :
tout pour stresser davantage la population ». Autre étonnant
fait : « Oui, disent les victimes, en effet, cela a
installé un lien, à jamais, avec notre violenteur »
—capturé depuis et mis en geôle. Téléspectateurs du « genre »
complètement rivés alors à l’écran. Quel monde !
Chiffres : sondages, il y aurait 2% d’homos, aux USA
comme en Europe. Pas 10% comme l’affirme sans cesse le milieu.
Mais 1,8 % en seraient vraiment. (Lesbiennes : 1,2 %.)
Bi-sexualité pour le reste. Ah ! 1% de ce 2% veulent le
mariage. Ah ! Combien voudront bientôt le divorce si le mariage
fonctionne comme avec les jeunes hétéros ? Oh ! Quel monde !
Palestine : l’axe des fous ? Comme Sharon, à une
autre échelle certes, P. Eliott-Trudeau —et ses sbires, Lalonde
et cie.— voyaient, en octobre 1970, tous les Québécois en
virtuels terroristes. Lui aussi, l’armée partout, les mesures
de guerre et les rafles imbéciles de dissidents pacifiques. Bégaiements
de l’histoire sans cesse.
Ce matin, d’’une oreille enchantée, j’entendais à
la radio publique le beaux rires en cascades chaleureuses,
communicatifs, de la chanteuse Nathalie Choquette et je lisais
Lebel, député du Bloc, qui, révolté,
fustigeait les accords avec les Innus (ex-Montagnais) de la
Côte-Nord, signés par Landry. « Continuons, excitons tous
les autres « autochtones » et il nous restera, comme
territoire national,
les trottoirs de la rue Saint-Denis et les vieux Remparts
à Québec » Ce Lebel n’avale pas du tout le 377 millions
à verser, le 3% de partage des profits des ressources à
explorer. Enragé noir !
Et nous, les Jasmin, des « arrivés avant »
tant de monde au village Saint-Laurent ? Pourrait-on ravoir nos
terres devenus centres commerciaux et zones industrielles ? Quoi,
moi itou, j’aime bien revendiquer. Avec de bons avocats, bien
retors, payés par les taxes de tous, y aurait pas « une
passe » à faire, sûr ? Un mot « enphytéoté »
m’a frappé comme un roc erratique ! Le monde…que je vous dis.
Denis Gaumond, lui, cogne fort, ce matin, sur les Angeot de
McGill et autres universitaires scandalisés par l’attentat à
l’Université Hébraïque comme si le autres attentats étaient
moins graves. Gaumond me rejoint quand il signale les lâchetés
—épouvantables quand on y songe—
des universitaires, rappelant qu’en Allemagne des années
’30, les universitaires, les profs, les intellectuels,, les
journalistes et toute « l’archigagne » des instruits
ne se levèrent pas en bloc pour stopper le fascisme raciste de
leur leader, Adolf Hitler. J’y songe souvent à cette dure vérité.
Il est bon qu’un Gaumond rappelle que de nobles universitaires
travaillent avec acharnement à des plans morbides —il énumère
une liste de projets épeurants, d’une fatalité inouïe.
Hier soir, une vie du chanteur et acteur Yves Montand, réalisation
de Jean Labib. Une bande-son pourrie. Inaudible. T.Q. achète cela
? Une vie morcelée, fragmentée, avec des redondances et quelques
« silences-oublis » curieux. Captivant tout
de même de revoir Budapest puis Prague écrasés par les Russes
en tanks. Avec ces horreurs débutait la lucidité des intellos en
France, finissait le leurre « Paix-via-l’URSS »,
foutaise adaptée par les Picasso et autres niais, dont Montand.
Mais le son…Pouah ! Du dumping pas cher ? Aile, honnissant les
« steppettes » ridicules du Montand-en-scène, montait
(!)…se coucher avec monsieur Bruckner. J’ai rien dit, pas pipé
un seul mot.
Nos amis, les Dubois, s’en vont trois semaines en Europe.
Côte d’Azur et la Corse. Maudits riches ! « Vendôme »
va si bien, nouveaux projets de télé acceptés récemment.
Ma jalousie ? Pas sûr. La frousse des inconvénients du
tourisme actuel. Dube n’a pas de chalet au bord d’un lac lui.
Ah ! Pour la mi-septembre, projet d’un chalet loué, à six, à
Wells Beach, Maine. Aile le veut aussi. Fort. Ah, revoir la mer.
Hier, zappetant, docu sur la (fameuse jadis) céramique
beauceronne et j’entends des noms familiers d’artisans connus :
Jean Cartier (mort hélas), Garnier (mort aussi ?), Maurice Savoie
(vivant lui). « Compagnons des mauvais jours… »,
chantait, tiens, Montand… La céramique… comme un lancinant
souvenir, un regret mal enterré : être devenu céramiste
comme le destin semblait l’exiger, mais non, être devenu
polygraphe plutôt. Mystère qui m’importune de temps en temps.
C’est bête. La conviction qu’un avocat qui voulait faire médecine…
qu’un architecte qui voulait faire polytechnique… qu’un
plombier viré électricien… Folie, allons, la vie —ses
hasards, les circonstances— décide à notre place. Accepter
cela en paix.
J’ai plongé, hier midi,
dans le « Mistouk » (arbres noyés en amérindien)
de Bouchard. Au début, plein de noms, sorte de vaste mographie de
paroisse, un peu fastidieux mais, peu à peu, on s’attache à ce
Roméo (un Noé !) un « Grand six pieds » (Gauthier !)
débrouillard. Sa saga va de 1890… jusqu’à nos jours (m’a
dit Aile), le « déluge » saguenayien bien connu.
Bouchard signe un de mes vagues projets quand je souhaite raconter
les miens, saga jasminienne, avec « le petit soldat »,
régiment de Repentigny, Aubin, exilé du Poitou, en 1715,
s’installant dans la forêt à l’ouest du minuscule
village-Saint-Laurent. Sys tenu avec un jeune Méo songeant à
s’exiler à Woonsockett, Rhode Island, où de sa patenté
ramasse un peu de fric (en usines) pour revenir acheter de la
terre publique. C’est bon.
Aile estime —« mais c’est terrifiant »—
« Les voleurs de beauté » (Grasset) de Pascal
Bruckner, aussi nouveau philosophe médiatisé. Hâte de la suivre
dans ce roman, me sens comme à sa remorque et cela m’amuse.
Avantage de pouvoir, plus tard, jaser sur les mêmes lectures.
Exemple : « le Bouchard met trop de vains détails, non
? C’est un peu lassant ». Aile : « Continue, tu
vas voir, sa série sur les quêteux, sa série sur les curés du
Lac Saint-Jean, très amusant, continue… » Je continue.
Le ciel se couvre, on dirait…bien, aller enfin à de
nouvelles illustrations… Réussir mon petit tableau : « Italiennes
aux pissenlits ». |