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1-
Ce matin, un ciel lacté. Rubans de
jaune, d’orangé. Contraste avec ces derniers beaux jours
ensoleillés. Allons au journal donc.
Hier matin, rôties et café sur la
terrasse —maintenant ensoleillée depuis l’émondage des
grands cèdres—, Aile toute retournée : « Si tu
avais vu cela ! Ce matin, à l’aube, c’était le rare
spectacle de la brume mobile sur le lac et, en face, le haut des
colline illuminées en rose tendre, sortant de l’ombre tout
doucement. La beauté, Clo ! » Oui, j’ai déjà vu ce
spectacle. On dirait d’antiques gravures japonaises, on dirait
de ces vieilles photos d’antan, qui montraient les brumes en
Scandinavie, le long des fjords.
Hier, un jeudi de bonheur. Mon fis
s’amène après le lunch avec sa si jolie Lynn et les deux beaux
ados, Simon et Thomas. Ils ont leur baladeur moderne à portée de
main…ne s’en serviront pas. Je fournis des vers et deux lignes
à pécher « de 1900 », longues cannes de bois à
poignée de liège —trouvées aux rebuts, rue Morin— il n’en
sortira que cinq crapets-soleil et pas de truite, pas d’achigan,
hélas ! Les parents avaient le canot blanc sur le toit de leur
voiture et s’absenteront deux heures. Voguer sur un lac au
nord-ouest. Ils canotent depuis très longtemps. Ma fille et mon
Marcogendre —téléphone— devaient venir aussi. Nouveau coup
de fil. Viendront pas hélas ! Il y a tant de cantonniers
-réparateurs sur la 15 —au lieu de 45 minutes, il faut 95
minutes pour monter ici— qu’Éliane, pas en bien bonne santé,
abandonne l’idée de se joindre à nous.
Souvenirs : quand Aile bossait
encore avec ses chers Jean-Louis Millette —elle avait dîné
avec lui quelques jours avant qu’il s’écrase à tout jamais
sur un trottoir du Vieux, près de chez lui— et Monique Miler
(fin de « Montréal-P.Q. »), Daniel venait me chercher
pour m’initier à sa passion du canot. Ensemble, nous
avironnions sur la Rouge, entre les îles du Saint-Laurent (vers
Sorel), sur la rivière L‘Asomption aussi, un jour. On se
retrouve alors comme hors du trafic des humains. C’est
inoubliable.
Plongeons et concours « du
meilleur souffle » sur le radeau quand ils reviennent de
leur excursion. La joie ! Souper —la maman de ma bru, la veuve
en santé, Denise, nous arrive de Saint-Sauveur— au
« jambon à la Aile » sur la longue galerie, le
crépuscule nous éclabousse tant qu’il faut installer le rideau
de bambou. La joie toujours. Je fais voir un trésor précieux car
j’ai fait un tri des plus jolies « roches
chanceuses » que me rapportaient les petits-fils jadis quand
ils pensaient à moi le collectionneur de ces roches brillantes.
On dirait des agates souvent ! Fabuleux trésor.
J’ai fait voir, inquiet, ma
vingtaine d’aquarelles pour l’album en vue et l’expo d’octobre.
Daniel, généreux ?, me rassure et élit d’emblée une bonne
douzaine de ces essais graphiques. Un regard extérieur, neuf,
ainsi, me rend comme plus indulgent envers ma ponte. Eux en
allés, Aile, plus sévère réduit « les élus » à
neuf !
Des éléments de certaines
illustrations, me dit-elle, sont à conserver. Je me reprendrai
donc. Il y a « Le guenillou », mon plus récent petit
ouvrage, dont je suis très content et qui a rallié tout le
monde. Aller vers cette manière de faire davantage donc.
Avant de m’endormir, j’ai
remercié la Providence et tous mes défunts chers, d’avoir ces
descendants en bonne santé, pleins de vie vive. J’ai prié
encore pour que ma fille retrouve sa santé amochée.
2-
Le film loué visionné mardi soir
—« Sous le sable » de François Ozon— nous hante
encore. Aile surtout…qui m’aime tant ! Cette épouse, si bien
jouée par Charlotte Rampling, absolument inconsolable du mari
(Bruno Cremer) tant aimé et disparu en mer— mystère du film—
sur une plage des Landes était d’une tristesse effrayante. Elle
en est devenue comme folle et le voit sans cesse, partout, dans
ses vains efforts pour lui survivre.
Vu la fin du téléfilm
« Silence, on court » à Artv. Amateur !
Simon Galien (?), Jean Saulnier (?)
offre un récit chétif avec Sabourin, Ronfard et l’amie
Françoise Faucher. Pas moins amateur, le talk-show de Gildor Roy,
aperçu parfois en zappant. De la télé d’élèves du
secondaire…non, ils font mieux souvent ! Et c’est les
nouvelles de ce mardi :c’est Gaza, le massacre du missile
israélien. Un poupon tué. Deux mois ! L’horreur totale. Sharon
dira : « On savait pas qu’il y avait des civils
pas loin. » Ouen !
Horrifié, un chef palestinien
appelle l’ONU comme Arafat. De toute urgence. Des casques bleus
bientôt en Israël, pays démocratique et souverain ? Pas
question n’est-ce pas ? (Ni en Tchétchènie indépendantiste
où l’on souhaite —ses patriotes— sortir de la Fédération
russe, n’est-ce pas ?) Un Palestinien dit : « Ce
qui est inconcevable c’est l’indifférence totale de nos
frères, ceux de tous les pays arabes ». Ignore-t-il que l’Égypte
comme la Syrie, l’Arabie saoudite comme la Jordanie ne sont pas
libres d’agir face à Israël, allié chouchou, petit protégé
de Washington. Encore moins l’Iran (détestée par Bush) et
encore beaucoup moins l’Irak (honnie par Busch jr.). Ne parlons
pas de la Lybie hein ?
Qu’arriverait-il donc si une (une
seule) bombe (d’Égypte ou de Syrie) tombait sur le
quartier-général de Tsahal ? La guerre totale le lendemain et W.
Bush grimpé sur ses grands chevaux militaristes —installations
militaires USA, avec sous-marins nucléaires, paquebots boirrés
de G.I.— partout dans le alentours. Immédiatement, prétexte
noble enfin, W.B. volerait à la rescousse de son cher allié. La
guerre totale, oui.
« Pu capab »… cette
Danièle Levasseur postée à Washington pour Radio-Canada. Cet
accent bizarre, ce langage déformé, non mais…
Mercredi, autre séance à l’atelier
du sous-sol et …Sœur Madeleine Gagnon (« La
maisonnette ») me regarde barbouiller, alors, je me force. L’eau
colorée —et l’encre de Chine— revole partout. Un gamin joue
au drapeau ou au cow-boy, une fillette lèche son cornet à quatre
boules, ou sa « pomme de tire »rouge.
Je me creuse les méninges. Ah !
Quatre bambins passent l’Halloween dans de vieux draps blancs,
deux trous pour les yeux…
3-
Jeudi matin, vélo. Deux crêpes
avec trop de sirop, à Val David ! Lecture du Journal de Montréal
offert aux clients. Tabloïd chétif, bourré de pleines pages de
pub, « page trois » sur 10 pages !
Nuovo— le crétin de Foglia—
voyage d’un sujet ultra-léger, un matin, à un gravissime un
autre matin où il fait voir son « bon sens » habituel
que j’estime, moi.
Au retour, ce jour-là, tondeuse et
puis natation. Je suis content de moi. J’y vais sans la
« nouille de plastique » désormais et j’apprécie
la liberté de mouvement rendue alors. C’est une sorte de rein
cette « nouille » ce « saucisson », Mister
Marleau !
Hier, mon fils ramassait nos restes
de jambon dans les assiettes et en remplit un petit sac. Pour Zoé
restée at home. « Eh oui, je suis sensible au règne
animal, moi. On sait bien pour toi, papa, c’est du très
« inférieur » et il y a nous, les humains, trônant
au dessus de tous les règnes sur terre, c’est bien ça
? » Discussion là-dessus. Il admettra le ridicule des
visionnaires intégristes chez les écolos mais tient à espérer
les hommes comme « plus capables » de savoir que les
bêtes ont des sentiments, des émotions et peuvent souffrir
terriblement de leur sujétion, de leur domestication.
« Nous devons être « responsables ». Quand je
suggère un effet de ses lectures boudhiques, il se
cabre : « Ne crains pas de me voir embrigadé dans
une religion. Le
bouddhisme me sert comme
philosophie avant tout.
Je lui parle du Somerset Maugham
(« Un gentleman en Asie ») que je lis et qui,
justement, avance que le « Bienheureux » ne souhaitait
pas une religion, qu’il faisait de la métaphysique et que ce
sont ses disciples …sbires (?) qui dressèrent une théologie
tatillonne à partir de ses réflexions philosophiques avant tout.
Ainsi de Jésus le Galiléen ? Que de « pépères de l’église »
pour greffer à son évangile des discours à charnières
concoctés pour étiqueter en commandements et préceptes
innombrables (et péchés multiples) le « aime-toi et aime
ton prochain ». Comme mon fils, je sais bien qu’il doit y
avoir un vaste équilibre entre les règnes (animal, végétal,
minéral), qu’il y va de notre survie. Il me
dit : « En traitant mieux poulets, cochons et
vaches, il y aura un prix à payer. La viande se vendra plus cher
car c’est toujours la seule et unique motivation fondamentale de
tous ces marchands : produire plus et vendre moins
cher ». Je sone à Sorman et j’oublie de lui rétorquer
que, déjà, les tiers-mondes ne peuvent pas même se payer ces
denrées pas bien chérantes ! Vaste débat dirait De Gaulle ?
Mon Maugham est Bangkok et il ose
dire que toutes ces villes d’Asie n,Ont pas, comme en Europe, de
références pour le voyageur. Qu’à Venise ou à Prague, il y a
les littérateurs pour nous enrichir en visitant églises,
musées, monuments, places publiques. Sacré londonnien de 1923 va
! Il y a, non ?, que les poètes, les musiciens de ces lointaines
contrées étaient (sont encore) inconnus des Occidentaux, non ?
Je ne sais trop. Maugham semble déplorer que ces pays asiatique n’ont
aucune culture écrite, gravée, sculptée, publiée…
Il apprécie les couleurs (des
costumes des gens), les pagodes, les temples (teck laqué,
pierreries, bouddhas de bronze) cependant. Émerveillé parfois,
il décrit habilement ces chatoiements multicolores dans les
ruelles et les venelles de Bangkok, ces village sur pilotis, ces
marchés sur radeaux, ces cités lacustres du Siam. Je voyage avec
lui sans les files d’attente aux aéroports et les mille
désagréments des touristes en voyages
« organisés ».
4-
À 19h. vu du stock de « Victo
Story » avec de jeunes fringants aux imaginations farfelues.
Piètre pâté, je vous jure. Encore « Avanti » qui
signe cette recherche (hum !) de nouveauté abrutissante (comme
pour le Gildor Roy « botché »), avec son Luc Wiseman
au gouvernail. Aile, tout autant que moi, déçue. Nous aimerions
découvrir de jeunes nouveaux talents. Solides. C’est
« cheap ». Production bâclée, amateurisme,
insignifiance toujours quand on exagère dans l’humour bien
gros, bien gras. Plate quoi !
Aperçue chez Martineau et Cie,
T.Q. Raphaella Anderson qui publie « Hard ». Habile
questionneur, audacieux souvent, le Martineau la tasse sans cesse.
Elle se défend plus ou moins selon les agressions voulues par le
bonhomme. »Oui, je fais forcément partie prenante (avec son
livre « Hard ») de ce système de « cul et
fric ». La belle franchise ! Excuse ? « Quoi, je gagne
ma vie ! »
Elle parle de survivre, de
subsister. Sans cette veine (simili-porno ou porno hard), elle
devrait aller en usine, c’est cela ? Tristesse profonde. Si
jeune ! Un moment l’Anderson paraît une petite conne finie, un
autre, une lucide froide. Le féminisme, c’est fini. Le
lesbianisme, c’est sa tasse de thé. L es gars, tous des
dégueus.
« Baise-moi », de son
sérail, est une réalité incontournable. Soudain :
« Moi, je dois me défendre, hein, je n’ai pas à
défendre les autres » ! Elle dit (c9mme elle le fit à
« Campus ») que « l’industrie de la
porno » (films) est exploiteuse, que ses acteurs sont mal
payés. Un projet futur questionne Martineau ? « Oui, avec
pédophilie et inceste ». Beau programme de vie à venir !
Soudain vertueuse : « Il y a là des victimes et
je veux dénoncer ces salauds qui les exploitent ». On la
sent futée et on la sait capable d’exploiter des filons qui
reviennent à « cul et fric ». Grande tristesse.
« Faut gagner sa vie », répéterait-elle et moi je
répète (après Ferrat) : « Y a d’la place en
usine, pauvre petite conne ».
5-
Un film bien
façonné : « Jonh Q. » signé Cassavetes
junior. Les chialeurs québécois (on a trop de « welfare »
providence par icitte) y trouveraient un bon motif de se la
fermer. Un ouvrier métallurgiste, un Noir (brillant Washington),
découvre que, faute d’assurances et donc d’argent, on va
renvoyer chez lui son fils condamné à mort (cœur de bœuf). Il
décidera de prendre en otage le chirurgien affairiste. Chaos dans
l’hôpital et police partout. Négociateur ratoureux (Duvall,
excellent). Un bon suspense. À obliger de visionner les John
Charest et les Mario Dumont que gênent tant la même médecine
pour tous, pauvres ou riches. Hilary Clinton est montrée à la
fin, elle qui dut vite battre en retraite (à ce sujet ) face au
dur et chic lobby médical toit puissant ici comme aux USA. Ces
jours-ci (raisonnable loi Legault), on en voit pas mal qui ne
comprendront jamais —ces culs-ronds de bourgeois— que la
médecine ne peut pas être un simple « business ». Qu’il
faudrait détruire les odieux quotas, le contingentement
(corporatisme !) scandaleux aux facultés universitaires. Que les
actuels prêteurs de serment (à Hyppocrate) jouent honteusement
les « entrepreneurs autonomes » libres. Deux belles
lettres de lecteurs de La Presse, ce matin, s’insurgent face à
ces « médecins-businessmen ».
Voir « John Q. »,
malgré son « happy end » hollywoodien facile, fera
réfléchir. Aux USA, c’est le docteur qui dit : « T’es
pauvre ? Va chier » ! »Jonh Q. » un film
certainement pas prioduit et réalisé par des Républicains
« buschiens » (sic) mais par des Démocrates
convaincus.
6-
Entendu à LC-Tva :
« Aux funérailles du syndicaliste Louis Laberge, on a
entendu, à la fin de la cérémonie, la chanson de
Sinatra « My way ». Connerie ! Encore l’ignorance
! Cette chanson est de —compositeur en France— Claude
François. « My way » s’intitulait :
« Comme d’habitude », un grand succès. Sinatra,
ébloui par l’habile ritournelle, l’avait achetée. Les
aînés ont « l’habitude » maintenant d’entendre
sans cesse de ces niaiseries en médias, la plate plaine des
courtes mémoires. Un jeune contingent de nouveaux venus
pourraient un peu mieux se documenter, non ? Hier encore :
« L‘épée de Démoclès » ! Da ! Da !
Vu, hier soir, la deuxième
émission (avec le même invité, cela arrive chez le Lipton de
« Actor’s studio) de « Sous les feux de la
rampe » hier soir à ARTV. Patrice Chéreau, metteur en
scène coté au théâtre (Nanterre surtout), fait maintenant du
cinéma (« La Reine Margot », « Ceux qui m’aiment »,
« Intimité 2000 », etc.) et l’acteur d’occasion,
y brillait de tous les … feux de la rampe, réalisé par
Philippe Azoulay. Rationnel, souvent cartésien même, Chéreau
expliquait son métier de « chef de troupe » à un
Bernard Rapp débordé par sa faconde.
Tournant souvent à Londres —il
songe à Pacino pour son projet sur « Napoléon dans l’île
Sainte-Hélène—, il a osé : « Les Anglais sont
meilleurs acteurs que les Français ». Silence lourd dans la
salle pleine d’étudiants…français ! Festival de Cannes ? Il
dira : « Nous, cinéastes français, nous
traversons prudemment dans les clous, les Américains eux foncent
dans le trafic… » Oh ! Ce matin, le gros Depardieu cogne
très dur sur le cinéma américain, disant qu’ils contrôlent
tout le trafic de la distribution des films, partout !
Chez Bernard Rapp (le jeudi soir),
me fait remarquer Aile, on ne s’adresse jamais au public de la
salle contrairement à Lipton(le vendredi soir, même canal Artv)
qui ne cesse de faire ses appels du pied, de même que ses
illustres invités. « C’est comme s’il n’y avait
personne devant l’invité » souligne Aile.
7-
Vu le vieillard étonnant Henri
Salvador au « Point » hier soir. 85 ans ! Plus vieux
que le pape qui retrouve du tonus face aux centaines de milliers
de jeunes à Toronto. Rigolard, en forme splendide, Salvator
dira : « Le trou s’approche » !, en
parlant de des morts de ses alentours. C’est un autre Trenet qui
ressuscite.
Tel l’ Adamo revenu à la
vie active après une pub de lait dans nos enceintes nationales !
Que de revenants ! Il y a deux ans ou presque, le vieil Henri a
pondu un disque sans y croire, « Chambre avec vue ».
Succès inattendu et le voilà dans nos murs !
Avant le vieux vert, encore cette
Danièle Levasseur en direct de Washington… « Pu cabab »
! J’ai parlé plus haut
d’accent, non, j’aime les
accents, même le pointu de Viroli ou l’accent parisien de
Michaele Jean. Non, non, elle a carrément un défaut de langue(
ou de bouche) ! Elle ne dit pas de niaiserie et pourtant c’est
le débit d’une débile ! « J’peux pu » !
8-
Au bulletin de nouvelles,
hier : un suicide. Celui d’un magouilleur horrible. Un de
moins d’un trio de fripouilles. Un autre est en prison, l’autre
servira de « témoin à charge ». Affaire intrigante.
Imaginez : des nonnes —des bonnes et pieuses sœurs— (une
congrégation religieuse de Québec), avaient un sacré
magot : 80 millions de belles piastres ! Viande à chien !
Ça laisse rêveur. Un démarcheur frauduleux —le suicidé—
sut les enjoler. Comment ? L’histoire le dit pas. Les dévotes
richardes (80 millions de $) s’embarquaient aveuglément dans
une supposée juteuse affaire. L’on songeait chez ces
ensoutanées non pas à une cathédrale ni à un orphelinat mais
à transformer les terrains au nord-est de la rue Crémazie en un
juteux marché général bien lucratif.
Dieu, (ou l’Immaculée Conception
?) injuste si souvent, a permis que les braves nonnes virées en
spéculateurs immobiliers —à la vue plus grande que la panse—
se retrouvent le cul sur la paille, comme des petits Jésus de
crêche. Le fric des nonnes, détourné, se faisait
« laver » au paradis de fraudeurs, j’ai
nommé la Suisse!
Rideau : hier, l’homme
expert au tir de pigeons d’argile (et autres pigeonnes bien
noirs!), chasseur-touriste assidu de la Colombie, sainte contrée
s’il en est, tournait sa chic carabine contre sa tête de
tricheur. Miséricordieuses, les religieuses affairistes de
Québec vont-elles prier pour le repos de l’âme de leur bandit,
détrousseur de grand-chemin-Crémazie, devenue
boulevard-autoroute numéro 40 !
9-
Hier, on parlait vieillesse à
table, vin rouge coulant généreusement. Lynn et Daniel parlait d’un
miroir cruel dans un motel de Sherbrooke ce printemps. Ils se
voyaient… plus vraiment des jeunes ! Aile racontait un incident
similaire dans une loge d’artistes, un jour. J’avais
découvert un midi, soudainement, la vieillesse de papa. Il ne me
voyait pas. Il sortait, seul, du marché Bourdon, près de la Casa
Italia. Il poussait son caddy à emplettes lentement. Grimaçait.
Sa vieille casquette sur le front. Son pas laborieux. Je le
percevais enfin comme ce qu’il était : un petit vieux !
Ça me faisait mal. Daniel m’entendant m’avoue : «
Moi, aussi, un jour je découvrais que tu étais… vieux. Rue
Garnier, je t’avais prêté un vélo et tu pédalais, lentement,
vers le Parc Lafontaine… Oui, je te voyais en
« vieux » pour la première fois de ma vie. Eh b’en
!
Daniel, encouragé par le bon
succès de l’un de ses jeux de société « Bagou »
—« je viens d’en vendre un millier et demi de plus en
France »— est en train de créer Bagou-2. « Moins
facile que le premier à installer, car je dois dénicher des
difficultés du français qui sont nouvelles par rapport à
Bagou-1 mais, bon, j’y arrive ». Le père bien fier du
fils !
10-
Quand l’intelligente Lysiane
Gagnon quitte son aire de l’anti-patriotisme, elle vise bien
parfois. Son « papier » sur Dutoit (chef d’orchestre)
et Boilard (juge des motards Hells) qu’on jette vitement est de
solide farine. Elle termine sa colonne (de columnist) en parlant
de notre grande peur des polémiques. Avec raison elle souligne qu’en
médias (électronique) on glisse sans cesse vers le
« mou ». On évite les confrontations; surtout,
dit-elle dans le sérail des universitaires « canadians ».
À la fin, elle fionne : « Canada, gentil Canada,
gentille Alouette… »
Boilard ? Trop de
tempérament : dehors ! Dutoit, idem, ouste, la porte !
Gagnon dit de quitter la cour si l’on supporte pas les
remontrances d’un juge fougueux, bravo ! De quitter un orchestre
si on endure pas la critique du chef. Bravo ! elle reprend
justement l’adage : « Si vous êtes incapable de
supporter la chaleur, sortez de la cuisine ». Bien dit.
Ce n’est pas un nationaliste
étroit qui parle, c’est l’ONU. Rapport tout récent intitulé
« Rapport-2002 » clamant : « le contrôle
des médias par de grande entreprises menace la liberté d’expression
dans le monde ». Il faut mettre le monde des informations,
dit le rapport, et à l’abri des sociétés gigantesque et à l’abri
des États. Vaste programme…encore une fois ! La
« droite » Institut Fraser rétorque (naïvement
?): « N’ayons pas peur des grosses compagnies, les
sources d’infos varient tellement à notre époque… ».
Les cons !
Je suis toujours étonné de
certaines révélations. Exemple : un gars jouait au TNM dans
« Equus ». Après il fit du théâtre de quartier
(dans Villeray, tiens !). Trois décennies passent. En 1986, il
incarnait Ignace Bourget, évèque de Montréal. Robert Gendreau a
maintenant 53 ans. Un jour, « le Sacré-Cœur lui est apparu »
! Six mois plus tard (!), raconte Perreault de « La
presse », Gendreau va à la messe, rue Mont-Royal et se
confesse. En cachette de son « milieu », il va à
messe durant trois mois et c’rest l’appel. La vocation. Il est
curé. Il est à Toronto. Il organise « La voie de la
Croix », un spectacle pour les jeunes festivaliers cathos de
Toronto. À la fin de l’interview, Gendreau
dit : « Les jeunes cherchent un modèle, une
force. Ils ont vécu les divorces des parents, connaissent un
suicidé proche, l’échec…. ».
Ce théâtreux catho parle du 97%
de pratiquants au Québec quand il était tout jeune ! « Du
jamais vu et ça ne se verra jamais plus », dit-il.
11-
Les journalistes Cormier (Le Dev.)
comme Brunet (La P.) acceptent de n’être que courroies dociles
des USA —et affiliés et assimilés— en infos-spectacles,
musique, etc. Tristesse, ces minables valets soumis du
« petit monde riche » anglo-saxon. Et voilà mon cher
« comique » du sport-spectacle, Jean Dion, qui, nous
livre ses sources. Variées ? Non. De moult pays ? Non.
Non. Lisez : « Sports Illustrated, The San
Jose News, Roanoke Times, Virginian-Pilot, Brimingham News,
Charlotte Observer, Greenville News, Chronicle of H.E. »
Édifiant hein ?
Les Québécois aiment le vaste
monde, on dit qu’ils sont accueillants et généreusement ouvert
aux autres civilisations. En témoignent parfois des visiteurs de
tant de pays étrangers. Or, toute cette valetaille de nos médias
n’en a que pour USA et USA et Cie. Pleines pages (souvent payés
par les producteurs) consacrées aux activités du puisant voisin.
Cinéma compris bien entendu. Jamais d’échos, ni, surtout, de
reportages substantiels, sur les héros —vedettes ou nouvelles
étoiles) de l’Espagne ou du Mexique, de la Scandinavie ou de
Holande, de l’Italie, de la Grèce ou de l’Allemagne. Rien.
Une bande de colonisés contents.
12-
Ce matin : rue Laurier, la
petite et grouillante librairie Hermès ferme. La libraire,
Marchildon, était sympathique. Impossible de survivre. Il y a les
chaînes, il y a Cosco-Club Price, là où on vend presque au prix
coûtant les nouveautés… littéraires ou non. Gazette de ce
matin : « Quebecor-livres congédie 16 personnes ! Oh !
Ma belle bru qui y travaille ? Peur ! Le progrès ça madame ! Mon
cher quincaillier (Théoret) finira par baisser les bras ?
Ce matin, rue de Bleury, Rima
Elkouri est allée confesser Thérèse (O’Reilly) :on ferme
la très antique boutique « Bellefontaine » !
Souvenir : papa finit enfin par fermer son petit restaurant.
Maman contente. Il doit avoir 65 ans. Il ira travailler là, chez
Bellefontaine. Jouant l’étalagiste autodidacte. Il ira faire
« l’étalagiste naïf » chez L.N. Messier après,
rue Mont-Royal. Il ira jardiner aux Serres Notre-Dame. À la
cantine de l’Oratoire, il jouera les « cooks » d’occasion
! Il sera gardien au par Laurier, au Parc Maisonneuve, chaque
été, au Square Dominion (devenu Dorchester) où il y avait expo
de plein air et « guingette » à touristes.
À la fin, longtemps, au petit
Musée-galerie sur le Mont-Royal. Il y était heureux se prenant
pour un galériste, un guide indispensable. Un vrai « Jack
of all trades »! Là aussi, un jour, il avait quoi, 72 ans ?
…on lui dira : « On ferme la galerie municipale ».
Alors, lui qui avait toujours aimé dessiner et peindre, il se
métamorphose en « céramiste primitif » dans le
salon-double des enfants… partis depuis longtemps.
Hier, il m’est venu une histoire,
une intrigue pas piquée de vers et l’envie de raconter cela
ici. Se retenir ? C’est que Somerset Maugham (« Un
gentleman.. »), lui, soudain, y va d’un conte, une bonne
histoire, au beau milieu de son récit de voyage. Si —mauvais
exemple ?— je me mettais à livrer des historiettes de mon cru
dans mon journal. Je vais y réfléchir. Danger ?
13-
Prenez le cahier « spectacles
de La Presse d’aujourd’hui : farci de nouvelles à la
sauce USA et alliés. Une honte. Huit « papiers » sur
Uncle Sam et ses produits « Kultu-cucul-rels » —dont
un gros reportage illustré sur Austin Powers (on s’en
crisse-t-y d’Austin Powers, pauvre M.A. Lussier ! Parfois le
« Voir », qui coûte rien, fonce (Olivier
Lalande-en-courroie) dans cette propagande commerciale à sens
unique :USA.
C’est cela jouer les courroies de
transmission dociles. Un tout petit coin pour raconter que
Sorokine —romancier Russe né en 1955 et très connu là-bas,
traduit parfois— a pondu un roman (« Le Lard bleu »)
où Staline et Khroutchev sont… deux pédés. Subtil non ?
Procès. Amende et risque de deux ans de tôle ! L’ex-coco
voulait « tester les limites du Kremlin », dit-il.
Finesse du raisonnement !
À la mi-juillet, le
vétéran-reporter, Gérald LeBlanc (natif de l’Acadie), faisait
ses adieux au métier sur cinq colonnes. Hélas, LeBlanc parlait
de notre indiférence (Québécois) au sort fragile de ses frères
Acadiens. Doit-on sauver aussi la Lousiane ? Quel dadais, quel
grand tarlais, quel innocent ! Il faut militer sans cesse pour
sauver un Québec que tant d’adversaires voudraient diluer en
melting-pot sauce mosaïque multiethniques (et cela avec les
millions d’Ottawa pour cette dilution organisée).
LeBlanc, un jour nationaliste
prudent (comme Cormier jadis à La Presse), un jour, trembleur
devant le « patron Desmarais », le gendre de
Jean Chréchien, André. Je l’observais. Il naviguait à vue. Il
calculait. Une sortie audacieuse un matin, un retraite de pleutre
l’autre matin. Au service des infos (et des Affaires publiques)
il y avait, longtemps, plein de ces patriotes sous surveillance
(un Jean Lebel par exemple), une émission bravait l’Establishmentd’en
hait )elle-même sous haute surveillance et constante du
« Siège » à Ottawa, une autre émission les
rassurait.
J’ai observé. Ce cirque de ma
table à dessin durant 30 ans. Nous nous amusions, à gauche et
indépendantistes, à commenter ce jeu de bascule radio-canadien.
Balançoire lancinante. Le petit boss montréalais, Marc Thibault,
masqué en salomon tout tiraillé entre ses serments à la Reine
(une tradition longtemps quand on entrait à la CBC) et ses
convictions cachées. Lui aussi, le poète-bureaucrate, Paul-Marie
Lapointe, veillait au grain. À coup de méchants
« mémos » sinistres, tous ces pions-fonctionnarisés
souvent à bout de nerfs. La peur des vases chinois, la peur de
Trudeau. Une vraie farce. Alors, tannés de calculer, de veiller
à pas trop écoeurer les fédérats dans la place, quand un
Bourdon ou un Gérald Godin alla trop loin —« pour tester
les limites » ?— ce fut : « La porte,
Bourdon ! Il se fit député péquiste. Dehors, Godin ! Il se
fit député péquiste ».
Hen, c’est plaisant d’être
vieux, on peut en raconter des affaires (publiques).
Il pleut. P’tite pluie fine,
quasi invisible. Aile, débrouillarde, a pris sur elle d’acheter
un machin de plastique et, ainsi, de remplacer un tirette brisée
pour la cuvette des toilettes. Je la félicite chaudement , c’est
bien fini l’homme à tout faire, le seul capable, en matière de
plomberie. Les temps changent. Le progrès je vous disais pauvre
libraire…. |