Du samedi 6 au mercredi 10 juillet  2002


Jours de pluie...

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Tableau comparatif des livres de Jasmin en vente sur Internet

1-

Oups ! Virage à 360 degrés ce matin. Un si beau soleil, nous attelons les vélos à la Jetta et « en route ! » Or, sur la piste, le froid et un vent très fort. On stoppe, Aile et moi et revenons à l’auto. On ira marcher ! Annonce de ce même temps friquet pour demain aussi. Brr… La canicule a changé vite en un temps d’octobre ! Devrais-je séparer ma compagne en deux ? Il y a l’Aileange et l’Ailedémone ?  Hier soir, querelle. La chicane du lièvre et de la tortue. Les contraires s’attirent mais pas toujours. Hier, au souper, répulsion des deux bords. Vive altercation niaise au fond. Les engueulades, on le sait bien, prennent feu pour des futilités. Je me plaignais d’un retard…elle s’est plainte de ma vitesse, de mon impatience, de mes grommellements. Oui, une laide chicane d’imbéciles trop heureux. Je note cela pour que l’on sache qu’il n’y a pas de bonheur sans nuages. Nuages futiles mais… Après l’énervement, les vilains gros mots, le calme revenait et on s’installait  pour examiner (!) la dernière prise d’Aile au vidéoclub. « L’humanité ».

       Signé d’un certain Bruno D., ce film remportait des « palmes dorées » à Cannes. Dans le chahut, fait-il le souligner ? N’était-ce pas Cronenberg qui présidait cette année-là ? Nous étions fascinés et excédés à la fois ! Incroyable récit filmique où rien ne se passe vraiment. Des personnages d’un4 platitude rare. Un crime, un viol de mineure, au début. Aucun vrai suspense. Le récit se déroule sans aucune progression captivante. Un village normand. Un policier pas plausible, proche de l’avorton humain, du « demeuré » cérébral. On en revenait pas. Quelques brèves séquences de copulation mécanique entre un conducteur de bus scolaire et une ouvrière d’usine. Voyeurisme pour garder assis devant l’écran ? Bande remise dans son boîtier, Aile et moi abasourdis. « L’humanité », titre inflationniste et prétentieux s’il en est pour ce conte sans épine dorsale…pourtant, je l’ai dit, on restait médusés face à ce petit monde sinistre, ennuyeux, où la vie semble une gare d’attente vide où aucun train ne passe plus jamais. Oh oui, on a compris le chahut à Cannes !

2-

Mon éditeur à la radio publique ce matin :il annonce un peu le contenu de son ouvrage en gestation. Ce feuilleton nouveau racontera des gens « de région » (Rivière-du-Loup) mais sans l’aspect « fermier » de Bouscotte. Un couple de médecins. « Mes héros sont, au fond, des urbains. Ils pratiquent des métiers d’urbains mais en région » dit Victor-Lévy. Juste à l’ouest de son cher Trois-Pistoles quoi. J’ai osé le distraire de son dur labeur en lui demandant son concours pour trouver un  titre efficace et attrayant au premier tome du journal. Oserais-je demander de l’aide aussi à mes lecteurs inernautes ? Pourquoi pas ? Ils lisent mon journal depuis décembre ou janvier, ils pourraient bien me courrielliser de bons titres, non ?

3-

Un a-littéraire très volontaire,  le pondeur talentueux de récits populaires, Yves Beauchemin, a rédigé un bon « papier » dans Le Devoir. Un rare écrivain engagé s’exprimait. Notre cohorte n’est pas nombreuse car il y a des risques à défendre l’indépendance au pays des parasites subventionnés, des « auteurs d’État ». Beauchemin m’a fait réfléchir illustrant qu’au pays des « tutellisés », des colonisés, il n’y avait pas de goût fervent pour la liberté. Yves dit que si un peuple a connu la liberté, ne serait que pour deux décennies, il voudra retrouver cette liberté et se battra.

       Ici, et il a raison, il y a eu tutelle par Paris d’abord, jusqu’en 1760, puis par Londres, si longtemps, et puis, de nos jours, par Ottawa avec l’aide de nos traîtres-mercenaires.  Donc, au moment de se voter la liberté —référendums perdus deux fois—, il reste un Québécois colonisé sur deux pour refuser sa propre liberté. Le vote de ses pleutres s’ajoute au vote des anglos et leurs incorporés. Hélas mille fois hélas !

       Ce week-end, Josée, sortie enfin du lock-out radiocanadien, est venue tenir la chandelle du couple emblématique (à ses yeux). Elle nous donne des nouvelles de l’Institution où, scénographe, j’ai bossé 30 ans, où Aile, réalisateure,  a bossé 39 ans. La p’tite Boudrias, Josée, est d’un tempérament fougueux. Elle est stimulante. Quelle agréable compagnie ! Smedi sor, nois voilà paris sur le thème des « ancêtres ». Écossaise par sa maman (Hodges), Josée nous dit une certaine envie d’aller, un jour, visiter l’Écosse. Nous lui parlons de ce joueur de « bignou » qui, en Nouvelle Écosse, surgit d’un boisé à chaque rencontre touristique, en jupe à queue de renard. Aile parle de sa mère, Yvonne, Espagnole par sa mère à elle, une De Garcia. Cette chère belle-maman, si longtemps ma compétente copiste pour mes 200 textes (ou plus) de feuilletons télévisés. Nous allumons sur la table de la galerie un gros lampion et ce sera des jasettes à n’en plus finir, très tard, sur l’État du monde, des amis, des « petits vieux » que nous allons tous devenir (même elle) et des « petits jeunes » qui sont si différents dans leurs us et coutumes, qui, tantôt, nous réconfortent, tantôt nous ravagent d’inquiétudes. La vie, la vie.

3-

Étonnement total, dimanche soir. À RDI, un reportage stupéfiant sur la troupe ontarienne « Famous People Players ». Une renversante compagnie de marionnettes dont les manipulateurs sont des retardés mentaux (terme qu’ils honnissent). Un succès étonnant, la reconnaisance aux USA, à Las Vegas, à Broadway, vaste tournée dans le monde anglophone, enfin installation permanent dans une ex-usine rénovée.

       Il s’agit de poupées faites de tissus fluorescents agitées devant des lumières infra-rouges, dite « lumière noire ». On joue dans le noir, gagoules et tout, et c’est une féérie visuelle sur des thèmes variés qui subjuguèrent des vedettes d’Hollywood qui subventionnèrent volontiers cette bizarre troupe. Quelle fantastique victoire chez ceux que l’on méprise, dont on doute sans cesse. À RDI, ils firent voir des capacités formidables. Ainsi, la leçon est donnée : même eux, déficients mentaux, peuvent réaliser un ouvrage impeccable, stupéfiant et reconnu dans le monde.

        Est-ce que j’erre ? Ce « Festival de jazz » de Montréal, (of Montreal ?) me semble une utile vitrine, prestigieuse surtout pour les amerloques. Non ? Certes, on y joint quelques musiciens Latinos, ou Africains mais… notre argent public  ne sert-il pas à la promotion —gigantesque— d’étrangers ? Un projet veut installer une salle à jazz permanente ici car l’on sait bien que cette fièvre courte ne fait pas vivre —pas du tout— nos jazzmen à nous. Bien entendu, le promoteurs (subventionnés) de ces fiesta disent qu’ils amènent des clients dans nos hôtels et restaus montréalais, ceux qui,comme moi, ont des doutes d’ordre culturel se font dite qu’ils sont des ignares en matière « tourisme ». Bon. Silence SVP !

4-

Dimanche plein de nuages au ciel et j’en profite pour faire « saisir », à Trois-Pistoles, la fin du tome premier du journal, tout juin.  Ouf ! J’ai donc tenu bon. Malgré des tentations d’abandonner. Je suis content, fier de moi. C’est moins facile qu’on croit. Il faut un calepin suiveur. Il faut rédiger si souvent. Il faut mettre « cul sur chaise », mauvais ou, hélas, beau temps. J’éprouvais une sorte de…quoi donc ?  Débarras ? En un sens oui.

J’entends d’ici mon « fidèle » Daniel Marleau qui rigole. Son dernier envoi me parle de Serge Lemoyne —le monde québécois est tissé serré— qu’il a croisé jadis. Un Lemoyne —qui le stimulait, lui, Daniel— plutôt conspué —avec ses « happenings » pop art méprisés— à Valois et dans son lieu natal, Acton Vale où Marleau a vu sa maison peinturlurée —comme celle du barbier Villeneuve vandalisée avant d’entrer au musée de Chicoutimi. Il y aura une « Place Lemoyne », avec monument moderne, là-bas.

     Dimanche soir, mon régal, les « calmars à la Aile ». Autre veillée étirée avant que la Josée rentre dans son Saint-Laurent natal, site chéri par moi puisque tous les Jasmin s’y installaient au début du 18 ième siècle.

        Une Manon Arial me courriellise qu’elle a trouvé chez elle, à Beauport,  pour pas cher ?,  mes vieux romans qu’elle loit l’un après l’autre.  Ce journal m’a donc amené de nouveaux fervents. Que c’est plaisant ! Me dit aussi  qu’elle va s’échapper, avec son compagnon, du doux joug des enfants, pour visiter le pays du « Crucifié du Sommet Bleu ». lls vont louer à « l’Excelsior-spa », boulevard Sainte-Adèle. J’aurais dû organiser une petite rencontre-café —ou bière— au « Petit Chaudron ». Trop tard ?

       Plate nouvelle d’ordre international : Simon Jasmin, mon gardien de la Plage-Doré, s’absentant un jour, a perdu son job ! Bof, je me dis : qu’il vive un dernier été sans ce boulet-job, il n’a que seize ans, merde ! Vraie novelle : il y a 68 millions de gens atteints du Sida dans le monde ! Novelle moins grave ? Grève des agents de la « Sécur » et on pourrait trouver un guichet automatique vide un de ces jours prochains. Mon Dieu ! Quoi, on se débrouillait comment jadis pour un petit supplément de fric nécessaire ? Je m’en souviens plus !

5-

À « Campus », dimanche soir, sorte de rétrospective. Plutôt assommant ces revues, non ? Un qui dit (Orsenna ?) : « En fin du comte, 11 septembre ou non, il n’y a plus qu’un seul vrai gros problème : la question Nord-Sud, la richesse, nous en Occident,  et la pauvreté de tous les autres. De cela, tout dépend ». A bien raison.

       Paysage rare : ciel brumeux, filtré, voile gris gigantesque, soleil caché, obstrué, atmosphère de « fin du monde ». La fumée des forêts du grand Nord balayée au dessus de nos têtes.

       Lundi midi, belle visite : mon marcogendre et ma fille avec le benjamin, Gabriel, trompettiste amateur, et son ami, violoniste expert, Guillaume. Temps couvert mais bonne chaleur de l’été. Pique-nique au jambon d’Aile, maintes baignades. J’achète des vers et les deux ados vont, en pédalo, s’installer sur notre radeau. Pleine chaudière de crapettes, de perchaudes et, surprise !, deux achigans de belle taille ! Un certain petit William, voisin venu de Paris en congé, se fait embrigadé avec le duo… par bibi qui aime bien les agrandissements d’amitié. Avant de partir, le si sensible Gabriel doit assommer —au marteau— la bouffe qu’il veut faire rue Chambord, au retour ! La belle journée malgré la santé devenue fragile d’Éliane. Mon grand souci. Elle est arrivée souffrante mais est repartie, Dieu merci, en bonne forme : Sainte-Adèle comme thérapie ?

        Je viens tout juste —pause méritée— de luncher : reste d’un « maraconi ailien » fameux. Nous lisions des critiques de films sur vidéo. La Sarfati (La Presse)  —utile souvent parfois enrageante par ses erreurs— met une seule étoile à cet « Humanité ». Injuste car ce film bizarroïde ne laisse pas indifférent. C’est Dumont le nom du réalisateur, illisible au générique. Et nous apprenons, surpris, que ses comédiens étaient des amateurs, des déficients mentaux. Ah ! Aile est allée louer « La famille Tenenbaum » avec notre cher Gene Hackman. On a remis à plus tard « La pianiste » (Isabelle Huppert) très « heavy » dit-on. Le goût de rire quoi, l’a donc emporté. Tudieu qu’on est sains hein ?

6-

Lundi dernier, avant-hier quoi, la Dumas à TV-5 s’entoure d’héritiers de grands noms célèbres et les fait jaser ad lib. Un descendant de Picasso a installé une firme d’exploitation. Pastis, bagnole avec le nom de Picasso ! Un vrai malin ! Un petit-fils du milliardaire Marcel Dassault (l’avionneur et vendeur d’armes  fameux) raconte ses heurs et malheurs. Compliqués les héritages en ce monde-là ! Que de procédures judiciaires ! C’est souvent affligeant…et gênant. La fille d’ « Astérix », de René Goschiny, se débat pour bien recevoir les « dividendes » de papa ! Sauvegarder « le droit moral ». Ouen, ouen ! Combien ? Oui, combien ? On a vu même vu un très, très lointain parent de Victor Hugo. Il s’est énervé au moment de la parution d’une «  suite » des « Misérables ». Hugo est du « domaine public depuis belle lurette mais « L’hugolien » nerveux surveille…le droit moral ! Aile scandalisé du fait de cette « suite », moi,. Non, je dis : «Allons,   Aile ! Si cette suite est géniale, ben, c’est un hommage au  Toto à Juliette, non ? Pas d’accord mon Aile… qui a une mentalité bien plus « moral » que moi, je l’avoue. Mais, bon, j’ose m’y mettre : si dans 50 ans, un (une) génie faisait une suite à un de mes romans, du paradis promis, il me semble que j’en serais flatté. Je peux me tromper. Je vous ferai signe désapprobateur (?) dans le temps si cela m’advient, je vous enverrai une pluie de sauterelles, ou de grenouilles !

         Revu « Le rideau déchiré » du grand Alfred H.Ça vaut pas tripette. C’est niais. Mal mené.  Très décevant. Eh oui, le Hitchcock, parfois,  signait des navets, il faut le dire. Merde aux adorateurs inconditionnels, aveuglés, aux reliquaires aveugles, du bonhomme. Fanatisme, jamais !

        Nouvelle crise —comme au printemps dernier—  de relecture des miens écrits ? Mon « Maman-Paris… » est trop chargé. J’ai ri puisque j’y narre des tas d’anecdotes vécues mais il y a trop de matière. J’aurais dû couper en masse. Faire un tome 2 s’il le fallait. Souvenir : le vieux Jean Raffa chez Mivillle : « Ça n’a pas de bon sens, Claude, ton bonhomme qui va de Provence jusqu’en Normandie en un seul jour, allons ! » Il avait raison, j’avais mis en un seul roman  mes notes de deux (1980 etc 1981) voyages en France.

        J’ai relu ensuite mon roman « La nuit tous les singes sont gris ». et j’ai trouvé ça… excellent, riez, riez,  sauf que… je ne cessais pas de vouloir corriger, améliorer telles pages, tel et tel  chapitre. Je le referai un de ces jours et on verra bien mieux que ce suspense fou, insolite, est du fort bon ouvrage dans le domaine de la fantasy. Frankenstein, Dracula et Cie guidaient mon effort.

          J’ai pris à notre très modeste biblio villageoise trois volumes : un Henripin (propos d’un grognon) et  le long entretien de Madame Jacques Chirac (livre qui étonna et qui fit florès en France) et la vie des Molson. Aile qui a terminé et beaucoup aimé « Tueur aveugle » d’Atwood, s’est jeté chez les Molson et je fonce dans les confessions de Dame Chirac. Le « cèdre » de MacdOnald repris m’a perdu. Je ne me souvenais plus des personnages. J’y reviendrai un de ces quatre…

7-

Avec ces effrayantes histoires de comptables retors et fourbes au maximum —Enron et Cie— je me suis souvenu du formidable désopilant comptable télégénique « Mario Duquette » (Michel Forget) de la série de mon ami Dubois : « Du tac au tac ». Série qui fut, pour des dramatiques, le premier « pied à l’étrier » d’Aile, venue du secteur des variétés. Je riais souvent à gorge déployée des facéties de ce nigaud renversant. Quand, plus tard,  je devins ami de Dubois, je lui fis part de ma reconnaissance.

       Ce matin dans nos gazettes : 1-venue du pape à Toronto promise, garantie, par le cardinal Turcotte. Suicide de cet étonnant  pape polonais ? Oui. C’est clair, ce malade —gravement—  veut mourir en pélerinage, mode de vie qui fut le sien durant son long rêgne. 2-Le cinéaste Tavernier dans nos murs. Tapis rouge à la radio publique avec son ton de Parisien-impérial. Une faune répandue sur les bords de la Seine. Il affirme. Il ne doute de rien. Il a une réponse presqu’avant la venue de la question. Son « Laisser-passer » fait un peu écho à l’ « Amen » de Costa-Gavras. Sous les nazis, à Paris, la « Continentale », contrôlée par les boches, va tourner 30 films. Collaboration ? Le film fait voir des cas, des cas de conscience ? 3- J’aimais énormément les chansons d’ « Irma la douce », jouée au TNM il y a très longtemps. Loué par « Juste pour rire », le même TNM revoit le récit d’ Irma-la-brave-pute-au-coeur-d’or et son environnement. Goût d’y aller, pour les tounes car il y a des bémols. Goût aussi d’aller à Joliette, par là, pour l’adaptation du « musical » amerloque : « The man of La Mancha ». Là encore pour les chansons. La chanson fut très importante pour moi, je le réalise de plus en plus en vieillissant. Elles sont, ces tounes solides, comme des jalons dansa ma vie. À ce sujet « un fidèle du journal »  me corrige : « C’est de Brel et non de Ferré ce « Salut à toi, Dame bêtise… ». C’est bien noté.

        Ce matin, à CBF-FM, Pierre Nadeau questionne le Jean Paré, frais retraité qui a fait publier un premier tome de son journal récemment. L’ex-directeur de « L’actualité », intelligent, toujours aux aguets pour nuancer sans cesse en devient presque bégayeur, répétitif. Il va parler comme pour rien dire. Il finit par noyer tous ses propos. Sa grande peur d’engagements trop définitifs le rend si auto-méfiant qu’il en devient pléonastique, logorrhéique. Sa crainte folle de n’être pas clair le rend obscur !

          Lassant d’écouter Paré tergiverser, calculer, face à un Nadeau impatient et retenant son questionnaire, se faisant couper ses questions sans relâche. Une constipation encombrante quand on veut trop briller quand on a pas la modestie de devoir peut-être se tromper… pour se corriger en cours d’interview. Le vaniteux. La raison glace l’émotion, détruit toute spontanéité. Trudeau —que Paré admirait— en était un fameux exemple.

         J’ai apprécié son analyse des politiciens qu’il a déjà côtoyé de proche (Gérin-Lajoie). Ils arrivent, dit Paré, les mandarins —hauts fonctionnaires se prenant pour des élus—  les enterrent avec leurs projets retenus, empêchés. Ensuite, hélas, ils vont vers l’électoralisme.

8-

Ce matin, radio encore, Yves  Desgagés, le gars des « hostie toastées des deux bords » de « L’Héritage ». Il ose : « on monte à nos frais de vieux Shakespeare pendant que notre dramaturgie se cherche des scènes. Pleins de bons textes québécois sont sur des tablettes. » Bravo, bravo, bravo !

       Hier aux actualités, « Après le référendum de 1995, il y avait une guerre désormais… » Une guerre ? Où ça ? Ici, dit un certain Charles « Chick » Guité. Quel vendu, quel salaud de traître à sa propre nation ! Un autre mercenaire fédérat, sauce Stéphane Dion. Le témoin important (enquête sur les argents publics dépensés pour la propagande unifoliée) utilise donc le mot guerre.  Guerre en effet aux patriotes québécois. Franchise imbécile ? Oui. Qui réveillera bien du monde innocent. Qui, désormais, nous observant en si farouches guerriers de l’indépendance osera nous dire : «  Calmez-vous, il n’y a pas de guerre ! » I y en a une, yes sir, Mister Guité.

        Ce matin encore, écoutant cette pauvre Anne-Marie Dussault, l’ agacement. Elle baisse le ton sans raison aucune, comme pas sûre d’elle, de ses propos, s’allonge indûment soudain, elle ne finit pas ses questions longuettes, elle coupe aux mauvais moments… Insupportable, et pourtant sympathique à T.Q. Se corrigera-t-elle un jour ?

       Un tueur, pas repenti, « à contrat » de délateur pour se faire diminuer sa sentence, Stéphane Gagné, ex-assassin au service des motards-criminels, du chef Mom Boucher, fait son « show ». Liseurs de gazettes, on s’en amuse mais c’est pourtant affaires de morts, de sang versé. De vies prise à des innocents parfois. Un pourri se raconte sans vergogne. Son odyssée morbide donne froid dans le dos. « Les monstres attirent la foule ». Oscar Wilde, non ?

       Hier, au soleil couchant, avant la chicane « du lièvre et de la tortue », j’ai relu, vitement, la Thora, oui, la Bible, l’Ancien Testament, rédigé en version brève et infantilisante par des religieux bornés et se croyant malins, pour l’édification des écoliers. Vieux manuel conservé. Dégueulasse. Folie. Un tas d’anecdotes, des listes de noms, comme en vrac, pour initier faussement les petits enfants catholiques du temps. Saloperie   d’un rare !   

         Je riais. Jaune. Connerie, nous devions apprendre tout cela par coeur ! Des guerriers partout, des sacrifices idiots, des luttes tribales, oh !, tout à fait comme aujourd’hui dans cette même Palestine ! Quand « le peuple élu » gagne, le sang versé est louangé, les tués ne sont que peccadilles. C’est l’ouvrage de Dieu, de Yavhé ! Quand les Juifs perdent… c’est les lamentations. Récits d’une puérilité accablante. Non  mais…Sale temps d’antan va !

9-

Paré à Nadeau :il y a, pour la langue bien enseignée, la mère, la famille, puis, l’école, puis les média. Paré juge que tous ces paliers n’y arrivent pas du tout et il le déplore. Aile et moi, pas bien puristes, devons l’admettre : la clarté n’est pas souvent au rendez-vous. Cela nous désole.

       Qu’y faire ? Bien sûr —je l’ai dit face aux correcteurs-pions, froids, durs, aveugles, à la Jean-Marc Léger et Cie— qu’il y a de raisons politiques, économiques, sociales à cet état misérable quand les nôtres s’expriment…mais bon, il faut y mettre un holà. Comment ? De quelle manière.

       Paré, alors conseiller au Ministère (tout neuf alors) de l’Éducation, avait suggéré de faire séjourner, douze mois, tous les jeunes profs en France. Bonne idée : le bain, l’immersion complète,  et  là, on parle clairement le français. À Nadeau il dira: « On m’a taxé de rêveur ! Cela, à l’époque, aurait coûté le prix d’une seule école neuve ». Je disais parfois à Aile : « Il faudrait organiser une invasion totale de profs de France ici, au moins, un certain temps. L’envers mais le même remède quoi.    

       « Nous songions à bien séparer l’État et l’Église. Frayeur. Paré continuait : « Daniel Jonhson, dans le vent des régions provinciales, se mit alors en campagne et promettait le retour  des crucifix dans nos écoles ». On imagine la joie, le réconfort des curés, des frère enseignants. Il va battre Lesage en 1966. Le frein était mis. « Même les défroqués de cette époque, autoritaires, conservateurs, continuèrent, fidèles à leurs habitudes paresseuses,  la manière rétrograde », dit Paré.

10-

Aile revient de « l’autour du  lac ». « Cloclo, on gèle ! » Je regarde dehors. Vent du nord-ouest, mon drapeau trépigne en grande. Je vais m’installer sur la galerie avec un blouson pour lire aux côtés de la Famille Molson et d’ Aile. Mes aquarelles ? J’y songe. J’ai peur de plus en plus. J’en ai raté d’autres l’autre jour, lendemain de la visite de ARTV. J’en suis rendu à pré-imaginer mes scènes. Un maraîcher avec un épis de maïs, tache jaune, d’une main, un bouquet de carottes de l’autre, tache orangée, le camion sera rouge. Les cordes à linge rempliront tout l’espace, par taches libres multicolores, des drapeaux……Je ne faisais jamais cela. J’ai peur.

       Un  radioman éprouvé, émérite, quitte son job en France. Il déClare ce Alex Taylor de la radio France Inter : «  L’Europe intéresse pas les Français ». Ses patrons ne veulent rien savoir de l’Europe. Taylor  parle donc comme Régis Debray —réfugié dans les religions— et ses amis exilés à New-York ? À France Inter, radio, fait récent (1999) on lui a refusé toute une série portant sur Le Pen et les réactions partout en Europe. 20 ans en France et il part malheureux.

       J’ai feuilleté le dernier numéro du « Couac » qu’Aile à sorti, oiseau noir bien vivant, du casier postal. Plein d’effronteries iconoclastes, aussi un fort solide papier de Vadebocoeur sur le W. Ce canard d’ici ne lâche pas. Bon signe. Il est utile dans tout cette bonne vielle presse respectueuse. Envie d’y collaborer. Il me semble que ça manque un… un quoi donc ? Un  vieux (moins vieux que Vadebonceiur après tout !) verrat, un vieux chien, un vieux tannant, un vieux… Non, ce serait faire mon prêche à des convertis. Non. Vaudrait mieux approcher le Journal de Montréal, aller joindre un les Bourgault. Sait-il bien l’importance de pouvoir se faire lire par des milliers et des milliers de badauds tripotés, manipulés, conditionnés. Le sait-il bien le chanceux  ?

         Mario Roy (moqué cruellement dans ce Couac) signe ce jourd’hui un papier vrai. Il n’y a le fondamentalisme d’ailleurs, les fous d’Allah, il y a celui des USA. 36 personnes sur cent en sont. Juste au sud d’ici. Et ici ? Hum ! Même score sans doute. Roy nomme 4 causes qui excitent ces intégristes américains :la trop grande liberté sexuelle, la pornograophie répandue, l’avortement rendu facile et, quatrièmement, , l’encouragement à l’homosexualité.

        Pour les fanatisés de la « bible belt » , c’est cela qui rend coupable. Le 11 septembre a donc été une punition…biblique ! Et la fin du monde, l’ « argamedon » annoncé, se rapproche ! Bush, proche de ces millieux, joue l’encourageur : « Pas de sexualité aucune avant le mariage jeunes gens » ! Retour au passé. Sinon ? Un autre 11 septembre bien mérité ?

11-

Le fameux Gaston Baty, devenu vieux, à Paris, se voua aux marionnettes. La paix ! Paresseux ?  Il ne suppportait plus les acteurs ! L’auteur de ‘Aveugles », Maeterlinck, lui aussi, devenu vieux, souhaitait la disparition des comédiens de chair et d’os. Ici nous avons Denis Marleau, « un artiste de l’État », qui offre à Avignon son show montré au Musée d’art contemporain de Montréal : « Les aveugles ». La jet set se régale. Des voix enregristrées. Des masques blancs. Des  projections de caméscope dessus !

       Cette haine ? Bizarre. Le théâtre est le lieu béni —quand c’est bon, c’est prodigieux, c’est unique dans tous les arts de représntation) pour voir des humains en os et en chair, je le répète, qui parlent, qui pensent, qui font éprouver des émotions, des sentiments, des idées humaines, non ?

      Une histoire bien triste que cette tendance technolgique. Un excès certes. Une mode ? Il faut l’espérer. Marleau, doué,  est encore pas bien vieux — je veux dire pas très jeune ?— il en reviendra ? Des esthètes disent : simplicité. Il faut dire rejet, carrément. Mauvais rejet. Celui de l’essentiel du théâtre.

     Un Christian Rioux (Le Devoir) n’y voit rien à redire. Il publie qu’il n’y  aura que des salles de 50 personnes (sic)  mais…que son « Les Aveugles »  pourra faire une belle tournée (de salles à 50) en Europe (re-sic). Le tendancieux mondain ! Le « éblouis » d’Avignon sont une secte. Le fondateur ( Jean Vilar et son merveilleux TNP, venu en tournée ici) de ce Festival souhaitait, pourtant du théâtre « populaire ». Mot devenu honteux chez ces illuminés, obscène. Ob-scène.

        « I had a dream » ? Moi itou. Installer des sculptures tout le long de la piste du « p’tit train du nord ». Vaste chemin parsemé de totems modernes ! Ce serait une atttraction fascinante il me semble. Comment m’y prendre ?  Par quelle MRC débuter ? Qui aller consulter ? Mon  Dieu…d’abord, avant tout projet nouveau,  terminer mon lot d’aquarelles ! Tit-Claude, du calme, et descend à l’atelier… oui, là, où, hier soir, j’ai fermé vitement les quatre petites fenêtres, Aile me criant : « On sent un vilain froid courant d’air venant d’en bas ».

        À la salle à manger il y a un grand carreau ouvert, avec grille, qui date d’avant les plinthes chauffantes, du temps où une vieille fournaise à l’huile servait de chauffage central. J’y suis allée en courant, je veux pas que ma blonde pogne un rhume en plein été !

  

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