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Tableau
comparatif des livres de Jasmin en vente sur Internet
1-
Oups
! Virage à 360 degrés ce matin. Un si beau soleil, nous attelons
les vélos à la Jetta et « en route ! » Or, sur la
piste, le froid et un vent très fort. On stoppe, Aile et moi et
revenons à l’auto. On ira marcher ! Annonce de ce même temps
friquet pour demain aussi. Brr… La canicule a changé vite en un
temps d’octobre ! Devrais-je séparer ma compagne en deux ? Il y
a l’Aileange et l’Ailedémone ?
Hier soir, querelle. La chicane du lièvre et de la tortue.
Les contraires s’attirent mais pas toujours. Hier, au souper, répulsion
des deux bords. Vive altercation niaise au fond. Les engueulades,
on le sait bien, prennent feu pour des futilités. Je me plaignais
d’un retard…elle s’est plainte de ma vitesse, de mon
impatience, de mes grommellements. Oui, une laide chicane d’imbéciles
trop heureux. Je note cela pour que l’on sache qu’il n’y a
pas de bonheur sans nuages. Nuages futiles mais… Après l’énervement,
les vilains gros mots, le calme revenait et on s’installait
pour examiner (!) la dernière prise d’Aile au vidéoclub.
« L’humanité ».
Signé d’un certain Bruno D., ce
film remportait des « palmes dorées » à Cannes. Dans
le chahut, fait-il le souligner ? N’était-ce pas Cronenberg qui
présidait cette année-là ? Nous étions fascinés et excédés
à la fois ! Incroyable récit filmique où rien ne se passe
vraiment. Des personnages d’un4 platitude rare. Un crime, un
viol de mineure, au début. Aucun vrai suspense. Le récit se déroule
sans aucune progression captivante. Un village normand. Un
policier pas plausible, proche de l’avorton humain, du « demeuré »
cérébral. On en revenait pas. Quelques brèves séquences de
copulation mécanique entre un conducteur de bus scolaire et une
ouvrière d’usine. Voyeurisme pour garder assis devant l’écran
? Bande remise dans son boîtier, Aile et moi abasourdis. « L’humanité »,
titre inflationniste et prétentieux s’il en est pour ce conte
sans épine dorsale…pourtant, je l’ai dit, on restait médusés
face à ce petit monde sinistre, ennuyeux, où la vie semble une
gare d’attente vide où aucun train ne passe plus jamais. Oh
oui, on a compris le chahut à Cannes !
2-
Mon
éditeur à la radio publique ce matin :il annonce un peu le
contenu de son ouvrage en gestation. Ce feuilleton nouveau
racontera des gens « de région » (Rivière-du-Loup)
mais sans l’aspect « fermier » de Bouscotte. Un
couple de médecins. « Mes héros sont, au fond, des
urbains. Ils pratiquent des métiers d’urbains mais en région »
dit Victor-Lévy. Juste à l’ouest de son cher Trois-Pistoles
quoi. J’ai osé le distraire de son dur labeur en lui demandant
son concours pour trouver un
titre efficace et attrayant au premier tome du journal.
Oserais-je demander de l’aide aussi à mes lecteurs inernautes ?
Pourquoi pas ? Ils lisent mon journal depuis décembre ou janvier,
ils pourraient bien me courrielliser de bons titres, non ?
3-
Un
a-littéraire très volontaire,
le pondeur talentueux de récits populaires, Yves
Beauchemin, a rédigé un bon « papier » dans Le
Devoir. Un rare écrivain engagé s’exprimait. Notre cohorte
n’est pas nombreuse car il y a des risques à défendre l’indépendance
au pays des parasites subventionnés, des « auteurs d’État ».
Beauchemin m’a fait réfléchir illustrant qu’au pays des
« tutellisés », des colonisés, il n’y avait pas de
goût fervent pour la liberté. Yves dit que si un peuple a connu
la liberté, ne serait que pour deux décennies, il voudra
retrouver cette liberté et se battra.
Ici, et il a raison, il y a eu
tutelle par Paris d’abord, jusqu’en 1760, puis par Londres, si
longtemps, et puis, de nos jours, par Ottawa avec l’aide de nos
traîtres-mercenaires. Donc,
au moment de se voter la liberté —référendums perdus deux
fois—, il reste un Québécois colonisé sur deux pour refuser
sa propre liberté. Le vote de ses pleutres s’ajoute au vote des
anglos et leurs incorporés. Hélas mille fois hélas !
Ce week-end, Josée, sortie enfin du
lock-out radiocanadien, est venue tenir la chandelle du couple
emblématique (à ses yeux). Elle nous donne des nouvelles de l’Institution
où, scénographe, j’ai bossé 30 ans, où Aile, réalisateure,
a bossé 39 ans. La p’tite Boudrias, Josée, est d’un
tempérament fougueux. Elle est stimulante. Quelle agréable
compagnie ! Smedi sor, nois voilà paris sur le thème des
« ancêtres ». Écossaise par sa maman (Hodges), Josée
nous dit une certaine envie d’aller, un jour, visiter l’Écosse.
Nous lui parlons de ce joueur de « bignou » qui, en
Nouvelle Écosse, surgit d’un boisé à chaque rencontre
touristique, en jupe à queue de renard. Aile parle de sa mère,
Yvonne, Espagnole par sa mère à elle, une De Garcia. Cette chère
belle-maman, si longtemps ma compétente copiste pour mes 200
textes (ou plus) de feuilletons télévisés. Nous allumons sur la
table de la galerie un gros lampion et ce sera des jasettes à
n’en plus finir, très tard, sur l’État du monde, des amis,
des « petits vieux » que nous allons tous devenir (même
elle) et des « petits jeunes » qui sont si différents
dans leurs us et coutumes, qui, tantôt, nous réconfortent, tantôt
nous ravagent d’inquiétudes. La vie, la vie.
3-
Étonnement
total, dimanche soir. À RDI, un reportage stupéfiant sur la
troupe ontarienne « Famous People Players ». Une
renversante compagnie de marionnettes dont les manipulateurs sont
des retardés mentaux (terme qu’ils honnissent). Un succès étonnant,
la reconnaisance aux USA, à Las Vegas, à Broadway, vaste tournée
dans le monde anglophone, enfin installation permanent dans une
ex-usine rénovée.
Il s’agit de poupées faites de
tissus fluorescents agitées devant des lumières infra-rouges,
dite « lumière noire ». On joue dans le noir,
gagoules et tout, et c’est une féérie visuelle sur des thèmes
variés qui subjuguèrent des vedettes d’Hollywood qui
subventionnèrent volontiers cette bizarre troupe. Quelle
fantastique victoire chez ceux que l’on méprise, dont on doute
sans cesse. À RDI, ils firent voir des capacités formidables.
Ainsi, la leçon est donnée : même eux, déficients
mentaux, peuvent réaliser un ouvrage impeccable, stupéfiant et
reconnu dans le monde.
Est-ce que j’erre ? Ce « Festival
de jazz » de Montréal, (of Montreal ?) me semble une utile
vitrine, prestigieuse surtout pour les amerloques. Non ? Certes,
on y joint quelques musiciens Latinos, ou Africains mais… notre
argent public ne
sert-il pas à la promotion —gigantesque— d’étrangers ? Un
projet veut installer une salle à jazz permanente ici car l’on
sait bien que cette fièvre courte ne fait pas vivre —pas du
tout— nos jazzmen à nous. Bien entendu, le promoteurs
(subventionnés) de ces fiesta disent qu’ils amènent des
clients dans nos hôtels et restaus montréalais, ceux qui,comme
moi, ont des doutes d’ordre culturel se font dite qu’ils sont
des ignares en matière « tourisme ». Bon. Silence SVP
!
4-
Dimanche
plein de nuages au ciel et j’en profite pour faire « saisir »,
à Trois-Pistoles, la fin du tome premier du journal, tout juin.
Ouf ! J’ai donc tenu bon. Malgré des tentations
d’abandonner. Je suis content, fier de moi. C’est moins facile
qu’on croit. Il faut un calepin suiveur. Il faut rédiger si
souvent. Il faut mettre « cul sur chaise », mauvais
ou, hélas, beau temps. J’éprouvais une sorte de…quoi donc ?
Débarras ? En un sens oui.
J’entends
d’ici mon « fidèle » Daniel Marleau qui rigole. Son
dernier envoi me parle de Serge Lemoyne —le monde québécois
est tissé serré— qu’il a croisé jadis. Un Lemoyne —qui le
stimulait, lui, Daniel— plutôt conspué —avec ses « happenings »
pop art méprisés— à Valois et dans son lieu natal, Acton Vale
où Marleau a vu sa maison peinturlurée —comme celle du barbier
Villeneuve vandalisée avant d’entrer au musée de Chicoutimi.
Il y aura une « Place Lemoyne », avec monument
moderne, là-bas.
Dimanche soir, mon régal, les
« calmars à la Aile ». Autre veillée étirée avant
que la Josée rentre dans son Saint-Laurent natal, site chéri par
moi puisque tous les Jasmin s’y installaient au début du 18 ième
siècle.
Une Manon Arial me courriellise
qu’elle a trouvé chez elle, à Beauport,
pour pas cher ?, mes
vieux romans qu’elle loit l’un après l’autre.
Ce journal m’a donc amené de nouveaux fervents. Que
c’est plaisant ! Me dit aussi qu’elle va s’échapper, avec son compagnon, du doux joug
des enfants, pour visiter le pays du « Crucifié du Sommet
Bleu ». lls vont louer à « l’Excelsior-spa »,
boulevard Sainte-Adèle. J’aurais dû organiser une petite
rencontre-café —ou bière— au « Petit Chaudron ».
Trop tard ?
Plate nouvelle d’ordre
international : Simon Jasmin, mon gardien de la Plage-Doré,
s’absentant un jour, a perdu son job ! Bof, je me dis :
qu’il vive un dernier été sans ce boulet-job, il n’a que
seize ans, merde ! Vraie novelle : il y a 68 millions de gens
atteints du Sida dans le monde ! Novelle moins grave ? Grève des
agents de la « Sécur » et on pourrait trouver un
guichet automatique vide un de ces jours prochains. Mon Dieu !
Quoi, on se débrouillait comment jadis pour un petit supplément
de fric nécessaire ? Je m’en souviens plus !
5-
À
« Campus », dimanche soir, sorte de rétrospective.
Plutôt assommant ces revues, non ? Un qui dit (Orsenna ?) : « En
fin du comte, 11 septembre ou non, il n’y a plus qu’un seul
vrai gros problème : la question Nord-Sud, la richesse, nous
en Occident, et la
pauvreté de tous les autres. De cela, tout dépend ». A
bien raison.
Paysage rare : ciel brumeux,
filtré, voile gris gigantesque, soleil caché, obstrué, atmosphère
de « fin du monde ». La fumée des forêts du grand
Nord balayée au dessus de nos têtes.
Lundi midi, belle visite : mon
marcogendre et ma fille avec le benjamin, Gabriel, trompettiste
amateur, et son ami, violoniste expert, Guillaume. Temps couvert
mais bonne chaleur de l’été. Pique-nique au jambon d’Aile,
maintes baignades. J’achète des vers et les deux ados vont, en
pédalo, s’installer sur notre radeau. Pleine chaudière de
crapettes, de perchaudes et, surprise !, deux achigans de belle
taille ! Un certain petit William, voisin venu de Paris en congé,
se fait embrigadé avec le duo… par bibi qui aime bien les
agrandissements d’amitié. Avant de partir, le si sensible
Gabriel doit assommer —au marteau— la bouffe qu’il veut
faire rue Chambord, au retour ! La belle journée malgré la santé
devenue fragile d’Éliane. Mon grand souci. Elle est arrivée
souffrante mais est repartie, Dieu merci, en bonne forme :
Sainte-Adèle comme thérapie ?
Je viens tout juste —pause méritée—
de luncher : reste d’un « maraconi ailien »
fameux. Nous lisions des critiques de films sur vidéo. La Sarfati
(La Presse) —utile
souvent parfois enrageante par ses erreurs— met une seule étoile
à cet « Humanité ». Injuste car ce film bizarroïde
ne laisse pas indifférent. C’est Dumont le nom du réalisateur,
illisible au générique. Et nous apprenons, surpris, que ses comédiens
étaient des amateurs, des déficients mentaux. Ah ! Aile est allée
louer « La famille Tenenbaum » avec notre cher Gene
Hackman. On a remis à plus tard « La pianiste »
(Isabelle Huppert) très « heavy » dit-on. Le goût de
rire quoi, l’a donc emporté. Tudieu qu’on est sains hein ?
6-
Lundi
dernier, avant-hier quoi, la Dumas à TV-5 s’entoure d’héritiers
de grands noms célèbres et les fait jaser ad
lib. Un descendant de Picasso a installé une firme
d’exploitation. Pastis, bagnole avec le nom de Picasso ! Un vrai
malin ! Un petit-fils du milliardaire Marcel Dassault
(l’avionneur et vendeur d’armes
fameux) raconte ses heurs et malheurs. Compliqués les héritages
en ce monde-là ! Que de procédures judiciaires ! C’est souvent
affligeant…et gênant. La fille d’ « Astérix »,
de René Goschiny, se débat pour bien recevoir les « dividendes »
de papa ! Sauvegarder « le droit moral ». Ouen, ouen !
Combien ? Oui, combien ? On a vu même vu un très, très lointain
parent de Victor Hugo. Il s’est énervé au moment de la
parution d’une « suite » des « Misérables ».
Hugo est du « domaine public depuis belle lurette mais
« L’hugolien » nerveux surveille…le droit moral !
Aile scandalisé du fait de cette « suite », moi,.
Non, je dis : «Allons, Aile ! Si cette
suite est géniale, ben, c’est un hommage au Toto à Juliette, non ? Pas d’accord mon Aile… qui a une
mentalité bien plus « moral » que moi, je l’avoue.
Mais, bon, j’ose m’y mettre : si dans 50 ans, un (une) génie
faisait une suite à un de mes romans, du paradis promis, il me
semble que j’en serais flatté. Je peux me tromper. Je vous
ferai signe désapprobateur (?) dans le temps si cela m’advient,
je vous enverrai une pluie de sauterelles, ou de grenouilles !
Revu « Le rideau déchiré »
du grand Alfred H.Ça vaut pas tripette. C’est niais. Mal mené.
Très décevant. Eh oui, le Hitchcock, parfois,
signait des navets, il faut le dire. Merde aux adorateurs
inconditionnels, aveuglés, aux reliquaires aveugles, du bonhomme.
Fanatisme, jamais !
Nouvelle crise —comme au printemps
dernier— de relecture des miens écrits ? Mon « Maman-Paris…
» est trop chargé. J’ai ri puisque j’y narre des tas
d’anecdotes vécues mais il y a trop de matière. J’aurais dû
couper en masse. Faire un tome 2 s’il le fallait. Souvenir :
le vieux Jean Raffa chez Mivillle : « Ça n’a
pas de bon sens, Claude, ton bonhomme qui va de Provence
jusqu’en Normandie en un seul jour, allons ! » Il avait
raison, j’avais mis en un seul roman
mes notes de deux (1980 etc 1981) voyages en France.
J’ai relu ensuite mon roman
« La nuit tous les singes sont gris ». et j’ai trouvé
ça… excellent, riez, riez,
sauf que… je ne cessais pas de vouloir corriger, améliorer
telles pages, tel et tel chapitre.
Je le referai un de ces jours et on verra bien mieux que ce
suspense fou, insolite, est du fort bon ouvrage dans le domaine de
la fantasy.
Frankenstein, Dracula et Cie guidaient mon effort.
J’ai
pris à notre très modeste biblio villageoise trois volumes :
un Henripin (propos d’un grognon) et
le long entretien de Madame Jacques Chirac (livre qui étonna
et qui fit florès en France) et la vie des Molson. Aile qui a
terminé et beaucoup aimé « Tueur aveugle » d’Atwood,
s’est jeté chez les Molson et je fonce dans les confessions de
Dame Chirac. Le « cèdre » de MacdOnald repris m’a
perdu. Je ne me souvenais plus des personnages. J’y reviendrai
un de ces quatre…
7-
Avec
ces effrayantes histoires de comptables retors et fourbes au
maximum —Enron et Cie— je me suis souvenu du formidable désopilant
comptable télégénique « Mario Duquette » (Michel
Forget) de la série de mon ami Dubois : « Du tac
au tac ». Série qui fut, pour des dramatiques, le premier
« pied à l’étrier » d’Aile, venue du secteur des
variétés. Je riais souvent à gorge déployée des facéties de
ce nigaud renversant. Quand, plus tard,
je devins ami de Dubois, je lui fis part de ma
reconnaissance.
Ce matin dans nos gazettes :
1-venue du pape à Toronto promise, garantie, par le cardinal
Turcotte. Suicide de cet étonnant
pape polonais ? Oui. C’est clair, ce malade
—gravement— veut
mourir en pélerinage, mode de vie qui fut le sien durant son long
rêgne. 2-Le cinéaste Tavernier dans nos murs. Tapis rouge à la
radio publique avec son ton de Parisien-impérial. Une faune répandue
sur les bords de la Seine. Il affirme. Il ne doute de rien. Il a
une réponse presqu’avant la venue de la question. Son « Laisser-passer »
fait un peu écho à l’ « Amen » de
Costa-Gavras. Sous les nazis, à Paris, la « Continentale »,
contrôlée par les boches, va tourner 30 films. Collaboration ?
Le film fait voir des cas, des cas de conscience ? 3- J’aimais
énormément les chansons d’ « Irma la douce »,
jouée au TNM il y a très longtemps. Loué par « Juste pour
rire », le même TNM revoit le récit d’
Irma-la-brave-pute-au-coeur-d’or et son environnement. Goût
d’y aller, pour les tounes car il y a des bémols. Goût aussi
d’aller à Joliette, par là, pour l’adaptation du « musical »
amerloque : « The man of La Mancha ». Là encore
pour les chansons. La chanson fut très importante pour moi, je le
réalise de plus en plus en vieillissant. Elles sont, ces tounes
solides, comme des jalons dansa ma vie. À ce sujet « un fidèle
du journal » me corrige : « C’est de Brel et non de Ferré
ce « Salut à toi, Dame bêtise… ». C’est bien noté.
Ce matin, à CBF-FM, Pierre Nadeau
questionne le Jean Paré, frais retraité qui a fait publier un
premier tome de son journal récemment. L’ex-directeur de
« L’actualité », intelligent, toujours aux aguets
pour nuancer sans cesse en devient presque bégayeur, répétitif.
Il va parler comme pour rien dire. Il finit par noyer tous ses
propos. Sa grande peur d’engagements trop définitifs le rend si
auto-méfiant qu’il en devient pléonastique, logorrhéique. Sa
crainte folle de n’être pas clair le rend obscur !
Lassant d’écouter Paré
tergiverser, calculer, face à un Nadeau impatient et retenant son
questionnaire, se faisant couper ses questions sans relâche. Une
constipation encombrante quand on veut trop briller quand on a pas
la modestie de devoir peut-être se tromper… pour se corriger en
cours d’interview. Le vaniteux. La raison glace l’émotion, détruit
toute spontanéité. Trudeau —que Paré admirait— en était un
fameux exemple.
J’ai apprécié son analyse des
politiciens qu’il a déjà côtoyé de proche (Gérin-Lajoie).
Ils arrivent, dit Paré, les mandarins —hauts fonctionnaires se
prenant pour des élus— les
enterrent avec leurs projets retenus, empêchés. Ensuite, hélas,
ils vont vers l’électoralisme.
8-
Ce
matin, radio encore, Yves Desgagés,
le gars des « hostie toastées des deux bords » de
« L’Héritage ». Il ose : « on monte
à nos frais de vieux Shakespeare pendant que notre dramaturgie se
cherche des scènes. Pleins de bons textes québécois sont
sur des tablettes. » Bravo, bravo, bravo !
Hier aux actualités, « Après
le référendum de 1995, il y avait une guerre désormais… »
Une guerre ? Où ça ? Ici, dit un certain Charles « Chick »
Guité. Quel vendu, quel salaud de traître à sa propre nation !
Un autre mercenaire fédérat, sauce Stéphane Dion. Le témoin
important (enquête sur les argents publics dépensés pour la
propagande unifoliée) utilise donc le mot guerre.
Guerre en effet aux patriotes québécois. Franchise imbécile
? Oui. Qui réveillera bien du monde innocent. Qui, désormais,
nous observant en si farouches guerriers de l’indépendance
osera nous dire : « Calmez-vous, il n’y a pas de
guerre ! » I y en a une,
yes sir, Mister Guité.
Ce
matin encore, écoutant cette pauvre Anne-Marie Dussault, l’ agacement.
Elle baisse le ton sans raison aucune, comme pas sûre d’elle,
de ses propos, s’allonge indûment soudain, elle ne finit pas
ses questions longuettes, elle coupe aux mauvais moments…
Insupportable, et pourtant sympathique à T.Q. Se corrigera-t-elle
un jour ?
Un tueur, pas repenti, « à
contrat » de délateur pour se faire diminuer sa sentence,
Stéphane Gagné, ex-assassin au service des motards-criminels, du
chef Mom Boucher, fait son « show ». Liseurs de
gazettes, on s’en amuse mais c’est pourtant affaires de morts,
de sang versé. De vies prise à des innocents parfois. Un pourri
se raconte sans vergogne. Son odyssée morbide donne froid dans le
dos. « Les monstres attirent la foule ». Oscar Wilde,
non ?
Hier, au soleil couchant, avant la
chicane « du lièvre et de la tortue », j’ai relu,
vitement, la Thora, oui, la Bible, l’Ancien Testament, rédigé
en version brève et infantilisante par des religieux bornés et
se croyant malins, pour l’édification des écoliers. Vieux
manuel conservé. Dégueulasse. Folie. Un tas d’anecdotes, des
listes de noms, comme en vrac, pour initier faussement les petits
enfants catholiques du temps. Saloperie
d’un rare !
Je riais. Jaune. Connerie, nous devions apprendre tout cela
par coeur ! Des guerriers partout, des sacrifices idiots, des
luttes tribales, oh !, tout à fait comme aujourd’hui dans cette
même Palestine ! Quand « le peuple élu » gagne, le
sang versé est louangé, les tués ne sont que peccadilles.
C’est l’ouvrage de Dieu, de Yavhé ! Quand les Juifs
perdent… c’est les lamentations. Récits d’une puérilité
accablante. Non mais…Sale temps d’antan va !
9-
Paré
à Nadeau :il y a, pour la langue bien enseignée, la mère,
la famille, puis, l’école, puis les média. Paré juge que tous
ces paliers n’y arrivent pas du tout et il le déplore. Aile et
moi, pas bien puristes, devons l’admettre : la clarté
n’est pas souvent au rendez-vous. Cela nous désole.
Qu’y faire ? Bien sûr —je l’ai
dit face aux correcteurs-pions, froids, durs, aveugles, à la
Jean-Marc Léger et Cie— qu’il y a de raisons politiques, économiques,
sociales à cet état misérable quand les nôtres
s’expriment…mais bon, il faut y mettre un holà. Comment ? De
quelle manière.
Paré, alors conseiller au Ministère
(tout neuf alors) de l’Éducation, avait suggéré de faire séjourner,
douze mois, tous les jeunes profs en France. Bonne idée : le
bain, l’immersion complète, et là, on parle
clairement le français. À Nadeau il dira: « On m’a
taxé de rêveur ! Cela, à l’époque, aurait coûté le prix
d’une seule école neuve ». Je disais parfois à Aile : « Il
faudrait organiser une invasion totale de profs de France ici, au
moins, un certain temps. L’envers mais le même remède quoi.
« Nous songions à bien séparer l’État et l’Église.
Frayeur. Paré continuait : « Daniel Jonhson, dans le
vent des régions provinciales, se mit alors en campagne et
promettait le retour des crucifix dans nos écoles ». On imagine la joie, le
réconfort des curés, des frère enseignants. Il va battre Lesage
en 1966. Le frein était mis. « Même les défroqués de
cette époque, autoritaires, conservateurs, continuèrent, fidèles
à leurs habitudes paresseuses,
la manière rétrograde », dit Paré.
10-
Aile
revient de « l’autour du
lac ». « Cloclo, on gèle ! » Je
regarde dehors. Vent du nord-ouest, mon drapeau trépigne en
grande. Je vais m’installer sur la galerie avec un blouson pour
lire aux côtés de la Famille Molson et d’ Aile. Mes aquarelles
? J’y songe. J’ai peur de plus en plus. J’en ai raté
d’autres l’autre jour, lendemain de la visite de ARTV. J’en
suis rendu à pré-imaginer mes scènes. Un maraîcher avec un épis
de maïs, tache jaune, d’une main, un bouquet de carottes de
l’autre, tache orangée, le camion sera rouge. Les cordes à
linge rempliront tout l’espace, par taches libres multicolores,
des drapeaux……Je ne faisais jamais cela. J’ai peur.
Un
radioman éprouvé, émérite, quitte son job en France. Il
déClare ce Alex Taylor de la radio France Inter : «
L’Europe intéresse pas les Français ». Ses patrons ne
veulent rien savoir de l’Europe. Taylor parle donc comme Régis Debray —réfugié dans les
religions— et ses amis exilés à New-York ? À France Inter,
radio, fait récent (1999) on lui a refusé toute une série
portant sur Le Pen et les réactions partout en Europe. 20 ans en
France et il part malheureux.
J’ai feuilleté le dernier numéro
du « Couac » qu’Aile à sorti, oiseau noir bien
vivant, du casier postal. Plein d’effronteries iconoclastes,
aussi un fort solide papier de Vadebocoeur sur le W. Ce canard
d’ici ne lâche pas. Bon signe. Il est utile dans tout cette
bonne vielle presse respectueuse. Envie d’y collaborer. Il me
semble que ça manque un… un quoi donc ? Un
vieux (moins vieux que Vadebonceiur après tout !) verrat,
un vieux chien, un vieux tannant, un vieux… Non, ce serait faire
mon prêche à des convertis. Non. Vaudrait mieux approcher le
Journal de Montréal, aller joindre un les Bourgault. Sait-il bien
l’importance de pouvoir se faire lire par des milliers et des
milliers de badauds tripotés, manipulés, conditionnés. Le
sait-il bien le chanceux ?
Mario Roy (moqué cruellement dans ce
Couac) signe ce jourd’hui un papier vrai. Il n’y a le
fondamentalisme d’ailleurs, les fous d’Allah, il y a celui des
USA. 36 personnes sur cent en sont. Juste au sud d’ici. Et ici ?
Hum ! Même score sans doute. Roy nomme 4 causes qui excitent ces
intégristes américains :la trop grande liberté sexuelle,
la pornograophie répandue, l’avortement rendu facile et, quatrièmement,
, l’encouragement à l’homosexualité.
Pour les fanatisés de la « bible
belt » , c’est cela qui rend coupable. Le 11 septembre a
donc été une punition…biblique ! Et la fin du monde, l’ « argamedon »
annoncé, se rapproche ! Bush, proche de ces millieux, joue l’encourageur :
« Pas de sexualité aucune avant le mariage jeunes gens »
! Retour au passé. Sinon ? Un autre 11 septembre bien mérité ?
11-
Le
fameux Gaston Baty, devenu vieux, à Paris, se voua aux
marionnettes. La paix ! Paresseux ?
Il ne suppportait plus les acteurs ! L’auteur de
‘Aveugles », Maeterlinck, lui aussi, devenu vieux,
souhaitait la disparition des comédiens de chair et d’os. Ici
nous avons Denis Marleau, « un artiste de l’État »,
qui offre à Avignon son show montré au Musée d’art
contemporain de Montréal : « Les aveugles ». La
jet set se régale. Des voix enregristrées. Des masques blancs.
Des projections de
caméscope dessus !
Cette haine ? Bizarre. Le théâtre
est le lieu béni —quand c’est bon, c’est prodigieux,
c’est unique dans tous les arts de représntation) pour voir des
humains en os et en chair, je le répète, qui parlent, qui
pensent, qui font éprouver des émotions, des sentiments, des idées
humaines, non ?
Une histoire bien triste que cette
tendance technolgique. Un excès certes. Une mode ? Il faut
l’espérer. Marleau, doué, est encore pas bien vieux — je veux dire pas très jeune
?— il en reviendra ? Des esthètes disent : simplicité. Il
faut dire rejet, carrément. Mauvais rejet. Celui de l’essentiel
du théâtre.
Un Christian Rioux (Le Devoir) n’y
voit rien à redire. Il publie qu’il n’y
aura que des salles de 50 personnes (sic)
mais…que son « Les Aveugles »
pourra faire une belle tournée (de salles à 50) en Europe
(re-sic). Le tendancieux mondain ! Le « éblouis »
d’Avignon sont une secte. Le fondateur ( Jean Vilar et son
merveilleux TNP, venu en tournée ici) de ce Festival souhaitait,
pourtant du théâtre « populaire ». Mot devenu
honteux chez ces illuminés, obscène. Ob-scène.
« I had a dream » ? Moi
itou. Installer des sculptures tout le long de la piste du
« p’tit train du nord ». Vaste chemin parsemé de
totems modernes ! Ce serait une atttraction fascinante il me
semble. Comment m’y prendre ?
Par quelle MRC débuter ? Qui aller consulter ? Mon
Dieu…d’abord, avant tout projet nouveau,
terminer mon lot d’aquarelles ! Tit-Claude, du calme, et
descend à l’atelier… oui, là, où, hier soir, j’ai fermé
vitement les quatre petites fenêtres, Aile me criant : « On
sent un vilain froid courant d’air venant d’en bas ».
À la salle à manger il y a un grand
carreau ouvert, avec grille, qui date d’avant les plinthes
chauffantes, du temps où une vieille fournaise à l’huile
servait de chauffage central. J’y suis allée en courant, je
veux pas que ma blonde pogne un rhume en plein été !
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