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Tableau
comparatif des livres de Jasmin en vente sur Internet
1-
La
chaleur ne lâchait pas. Canicule terrible ! Adieu journal !
Aujourd’hui, comme hier, temps plus frais. Je grimpe à ma
chambre à écrire vers 17h. Un lecteur du journal me questionne :
il est étonné par ces auteurs américains (qui ont encore bon
succès) trop célèbres à son goût (ceux de l’avant-guerre et
de l’après-guerre). Réal
Perrault aimerait savoir aussi où cesse la frontière entre l’écrivain
et l’homme. Caldwell semble l’avoir déçu. Je l’avais tant
aimé, plus jeune. Il me changeait des proses intellectuelles des
Français bien aimés (Camus, Sartre et Malraux). Je l’aimais.
Son monde sudiste (pauvre) me ramenait aux gens du peuple. Le
relire est-ce que…Vaines questions ?
Ma fille et mon marcogendre (quoi? on
dit bien narcotrafiquant !) sont revenus hier soir en catastrophe
du New Jersey (avec le benjamin, le trompettiste Gabriel et un ami
à lui, Raphaël —que d’anges. Vacances stoppées brutalement.
Mon Éliane ne va
bien du tout. Canicule terrible là-bas, camping abandonné. Motel
climatisé loué. Me voilà anxieux. Éliane si solide enfant ! Le
vieux papa en angoisse.
Une équipe de quatre jeunes ont
quitté la place après quelques heures. Lunch à 14h. Ils font un
documentaire sur le peintre Serge Lemoyne, mort il y a peu d’années.
Bombardé de questions, je me suis vu revenu dans les années
soixante quand Lemoyne, ici, installait des manières « pop
art ». Happenings et Cie. J’aime la jeunesse. J’ai
accepté gratuitement de participer à ce film. Ils avaient des
copies de mes critiques du temps de La Presse. Amusant de me
relire quand j’avais 35 ans, Lemoyne, 25.
Ils
sont enthousiastes, font plaisir à voir. Ont confiance en leur
projet.
Hier, vendredi, plus longuement, ce
fut toute une journée (payé cette fois !) de tournage avec une
équipe préparant de segments culturels pour ARTV. Une série
titré : « Tableaux ».
J’ai
sorti pinceaux, papiers, encre de chine et plumes dehors sur la
pelouse. Du vent dans les branches des arbres divers !
Silence Éole, on
tourne ! Moteur ! Parlez ! J’ai jasé sur mes merveilleux démons
de fabriquer des images colorées , de jouer au surréaliste, à
l’exploiteur de taches. J’avais mis ma salopette.
Nathalie
tenait des micros, André-Paul une caméra moderne, Sophie
assistait et Bernard (LaFrenière) réalisait. Après une longue séance
de barbouillages bien trempés, lunch, avec Aile chez notre Denise
du coin de la rue Chantecler (Dino). Aile adore jacasser avec ces
jeunes du « milieu ». Elle est intriguée (comme moi)
par les nouvelles façons de faire. Tous sont des « À
contrat ».
Retour et décrochage de tableaux des
murs du chalet. Fouille de deux cartables. Vieux dessins du
bonhomme :images de poissons, oiseaux, acrobates et….
bedaines de Miami. ! Voilà
mes vieilles et récentes pontes gravées à jamais. Dont mes
premiers essais (encore maladroits) pour de projet d’expo et
d’album sur « La petite patrie ». Dure journée.
Partis, nous nous garrochons vers le lac…et baignades !
2-
Lundi
dernier, à Radio-Canada, un documentaire où l’on parle de
Modecaï Richler, le baveux baveur d’idioties infâmes sur les nôtres.
La complaisance dans ce document ne disait pas un mot de travers
sur ce néanmoins brillant romancier qui avait pour « side
line » (bien rémunéré) de nous diffamer. À Londres comme
à New-York, Sir Richler se répandait en proses dégueulasses :nos
n’étions qu’une tribu de racistes anglophobes ! Quelle
tristesse ce mensonge. Ce silence aux téléspectateurs à propos
de ce volet humain sinistre du fameux auteur, exilé longtemps à
Londres. L’imposture était signé : Marc Coiteux. Qui est
ce mercenaire qui cache les faits ? Au nom de bonententisme
douteux, on a pu entendre une série de témoins (anglos
baragouinant le français) qui ne cessaient pas de vanter le Québec
moderne, le Montréal d’aujourd’hui, pas en hommage à notre
culture bien vivante, mais non, en bonheur de vivre en un site
« si cosmopolite ». La noyade de notre culture. La
dilution organisée.
L’un dit que nous irons chez les théâtreux
anglos si c’est bon, il ne dit pas que les anglos iront à nos
théâtres…. Qui sont souvent fameux ! J’enrageais. Un défilé
grotesque, masqué, hypocrite. Avec nos zélés « collabos »
de service. On souhaitait une culture anglo-montréalaise plus
vigoureuse…la farce, quand on sait que nos voisins (275 millions
d’anglos, non ?) offrent la même poutine (même langue et même
culture au fond). Si Paris, la France, étaient à nos portes,
vous pouvez parier que nous n’aurions pas du tout cette vigueur
actuelle. Fatalité pour ces descendants de loyalistes
monarchistes se sauvant des patriotes décolonisés (les
libertaires des jeunes USA) en 1775.
Quelle fumisterie cette affaire du
terrible « péril anglo » au Québec ! C’est à se
tordre de rire d’entendre l’angoisse de nos blokes :
« Goddam Loi 101, l’anglais en danger ! » Nous
sommes un tout petit 2% de francos en Amérique du nord et ces
« résistants » à l’intégration
gueulent que nous sommes des ogres, des fanatiques, des misérables
racistes ! Non mais…
Ah oui, tous les soirs, compatissant,
je prie la Providence de sauver l’anglais, langue
tellement, tellement fragile n’est-ce pas ? Foutaise.
Ces lamentations ne font que camoufler une réalité : la
nation ici, 84 % du peuple, ils n’en veulent rien savoir.
Quelques exceptions merveilleuses n’empêchent pas de constater
leur racisme.
Le Foglia de The Gazette (Fresh,
Freech, ?) est d’un borné,
déclarant que « c’est les Péquistes qui ont inventé
cela : « les anglos ! » Un fou ? Avec l’ONF,
la SRC a concocté ce tissu de faussetés
qui relève de l’imposture.
Salut Télé-propaganda ! « Salut à toi, Dame bêtise,
dont le rêgne est infini », chantait Léo Ferré.
Conseillé par un voisin ami, Paul
Pastakis, Aile et moi avons visionné « La mandoline… ».
signé John Madden, film tiré d’un roman de Louis de Bernière.
Un acteur bien aimé mais pas
bien fort ici :
Cage. Une belle île, Cephallonia (d’où vient le grand-père de
Paul). La guerre de 39-45. Les soldats de Mussolini dans cette île
aux us et coutumes anciens. Les nazis très insatisfaits des
ritals trop mous. L’amour entre un soldat envahisseur (et sa
mandoline) et une indigène. La Résistance. Des morts. Et…une
fin heureuse. Tout le monde jase en français (post-synchro) comme
tout le monde parlait américain en copie originale :Grecs,
Italiens, Allemands ! En 2002, c’est insupportable. Hélas, défense
de sous-titrer n’est-ce pas ? Alors cela sonne faux, très faux.
3-
La
canicule sévissait mardi. Comme jamais. J’ai sorti le
ventilateur très silencieux pour le dodo. Le jour :ne pas
trop remuer. Lire à l’ombre. Au téléphone, ARTV s’annonce
pour vendredi. J’apprends que Nicole Leblanc (« Le temps
d’une paix ») peint, elle aussi, encouragé par Pierre
Gauvreau. J’ai vu Michel Tremblay (Artv) à un de ses tableaux !
Ducharme fait dans le recyclage-sculpture. Il y a Diane Dufresne,
initiée par le frère Jérôme. Il y avait, aquarelliste, Henry
Muller. Combien d’autres ?
Mardi soir, nous avons vu, télé, le
premier épisode du « Twin Peak » de Lars Van Trier : « Le
Royaume ». Il y aura 11 épisodes. Un hôpital-asile inquiétant.
Des malades curieux, inquiétants aussi mais moins que les
médecins ! On y joue des cartes rares : parapsychologie, télépathie.
C’est prometteur.
Mercredi
dernier, chaleur insupportable encore. Comme à la in de
l’hiver, crise bizarre, envie de me relire encore ! Pourtant pas
mon genre. Je reis
d’abord « La sablière » et, riez de moi, je verse
des larmes —sous le saule non-pleureur—
face au petit Mario, dix ans,
mal pris, très mal pris dans son orphelinat pour enfants déficients.
Il dit qu’il veut se tuer.
Je me fais brailler ? J’en suis
surpris. Aile ? Encore plus étonnée que moi. Je m’attendris en
vieillissant ? C’est clair. Quel bon talent j’avais en 1980 !
Riez, vous dis-je ! Le matin, pas kla moindre brise et, au diable
le permis, je fais u feu tant il traîne des branches (cèdres émondés
). Je m’allonge. Soudain bruits curieux de bzz, bzz, bzz ! Les
pompiers ! Bottés, casqués, imperméabilisés. Par cette
chaleur. Je vois l’Aile ricaneuse sur la galerie…ce qu’elle
doit rigoler la démone ! Ma
honte ! . « Vous avez pas le droit, vite, éteignez ! »
Penaud, je cours chercher le tuyau d’arrosage. Pas assez long !
Je trouve des chaudières de plastique. Nous voilà à trois dans
le lac, moi pas botté ni casqué, à étouffer vite ce feu de cèdre
! Avec fumées davantage. L’un rédige son rapport et me dit :
« Pour cette fois, il n’y aura pas de frais mais, SVP, ne
faites plus cela. On est en période de sécheresse ! » Ils
s’en vont, gentils, affables, polis ! Ouf !
Le soir venu,. Je re-téléphone aux
« orphelins », Laurent et David. « Soyez des
hommes les gars, les parents partis, il faut que la maison se
change en soue à cochons. Promis ? Papi pourrait descendre en
ville et aller inspecter les lieux ». Laurent rigole et
promet !
4-
Visions
du Cachemire actuel à la télé de RDI. Documentaire bien fait.
Fin totale du tourisme, ressource essentielle jadis, avec cette
guerre civile et religieuse. Malheur partout. Pauvreté
grandissante. Tueries fréquentes. Le fanatisme bien connu.
Images des marinas florissantes de jadis… devenues désertes
! Trois guerres en 55
ans. Cette division diplomatique de ce pays n’a fait
qu’agrandir les disputes. Un partage entre Inde et Pakistan, un
partage flou. Des musulmans répandus un peu partout. Cachettes. Guérilla.
Frontières sur-armées. Le Président pakistanais fera naître,
par son double-jeu, des milices clandestines. Le terrorisme
s’installera rapidement. Le « yable » est aux vaches
et c’est… « à suivre ». Hélas ! Vieille
histoire. Jérusalem
brûle-t-il ? Le Cachemire brûle-t-il ?
À TVA, mercredi soir, zapping et
c’est l’Algérie de 1960 ! Le temps de la guerre avec la
torture. L’horreur à la française. Documentaire rare. On voit
Malraux enjoignant les militaires de « faire cesser cela ».
De Gaulle, à son tour, gueule : « fini les
tortures ! » Désobéissance à Alger. « Paris ne
comprendra jamais rien » ! Des témoins parlent. Boirrés de
remords. Accablés. Trop tard ! Un savant dit : «
La torture par des officiers français ? Il y a que le « surmoi »
n’était pas assez solide, pas assez fort » ! Quoi ? Ah
!ah ! Ce surmoi (sauver les apparences, bien paraître) a donc son
utilité ? Oui. Un autre logue patenté : « On a
découvert que ni la religion (tous de bons chrétiens), ni la
culture ne peuvent servir de feins à ce sadisme militaire ! »
Eh ben ! Un baptisé bien cultivé sortait donc les fils électriques
(électrodes) et faisaient crier l’Algérien indépendantiste !
Horreur ! Des adolescents innocents souvent, pour qu’ils dénoncent
les pères clandestins. Douce France, cher pays… !
Le 3 juillet 1962 : fin. L’indépendance.
Les collabos, les Harkis, abandonnés. L’exil en vitesse. Régime
militaire qui s’installe. Pour longtemps. Il y est toujours.
Adieu démocratie promise. Un castrisme algérien
quoi ! Hier, aux nouvelles : tueries nouvelles en Algérie
! Allah ou akbar ! Le sadique est toujours (encore) religieux ?
Fanatique intégrisme !
Le soir, magnéto béni, un film…de
guerre encore, à Historia. Visions funestes de prisonniers
Anglais et Américains à Changi, proche de Singapour :
« Le caïd » signé B. Forbs.
Tiré d’un roman de James Clavell. Aile se dit fadciné
de découvrir les astuces des démunis, les débrouillardises de
l’être humain. Sa force d’imagination afin de conserver la
vie. En effet, un récit illustrant des gens perdus qui vont
s’en sortir. Vol, rapines, trahisons. N’ est plus question de
la moralité ordinaire. Édifiant ? Non. Réaliste ? Oui.
5-
Jeudi :chaleur
toujours ! Sueurs sans cesse. Un M. Charron m’accroche aux
journaux (et cigarettes hélas). Il me raconte la Saint-Jean sur
le parvis de l’église Saint-Vincent Ferrier. « Vous nous
aviez distribué du gâteau aux raisins après les célébrations
que vous animiez ! » Il semble un peu surpris que je ne le
reconnaisse pas , lui et sa dame ». Je
n’en reviens jamais de ce fait. Certaine personnes nous
imaginent avec une mémoire électronique miraculeuse !
Jeudi soir, 4 juillet, avec Carole et
Paul-le-Grec bouffe en terrasse chez « Pep » réouvert
dans la côte Morin. Nostalgie des « rib steaks »
d’antan. C’était très bon. Le bœuf est boudé dorénavant.
Y revenir m’a plongé dans des souvenirs de jeunesse quand le
steak était si fréquent aux tables du midi. Avec sauce « worcestershire »
(?). Causerie croisée jusqu’à tard dans la nuit. Ciel qui se
remplit de noirs nuages. Orage enfin ? Peur. On rentre. Quatre
gouttes d’eau et puis plus rien. Que la chaleur !
On a écouté « la confession
à James Lipton » par Sharon Stone. « Actors’studio »,
à ARTV. Aile déçue. Moi itou. Elle nous a paru menteuse,
hypocrite même, calculatrice (dans Ses réparties), fausse,
faux-nez (qu’elle se frottait sans cesse). Tricheuse enfin. Déception
pour une rare fois ! Lipton, lui, poli, à genoux devant la fatale
star hollywoodienne. Le cucul !Sarandon la semaine prochaine :
ça ira mieux, c’est certain ! |