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Tableau
comparatif des livres de Jasmin en vente sur Internet
1-
Ouf ! C’est fini. Voici
juillet. Demain. Congé de journal ? On verra. Certains jours
d’orage, je reviendrai à ma petite machine mettre de l’ordre
dans mes notes de calepin. Je vais expédier ce « tout juin »
chez Victor-le-matamore du bien-bas-du-fleuve et sa tartineuse,
Martine (Au but) saisira mon texte. Saisir ? Hum !
Ils sont venus. Mon Daniel toujours
fier de sa neuve fausse-jeep, le beau Thomas, et Lynn la noiraude
espiègle, Du Sommet (pas si bleu), Paul et Carole, sœur de ma
bru, —ma dépanneuse émérite en ordi— descendaient aussi
vers notre rivage. Deux petites cabotes, Lili et Zoé, se
tiraillaient un bout de bois, ououf, ououf ! Baignades à répétition.
Jasettes et puis trempette (aux légumes crus) offerte par
l’experte Aile. Bières et limonades.
Le papi bienheureux en
oubliait volontiers le beau bloc à papier-aquarelle qui
l’attendait pas loin. Plus tard ! La sainte paix dominicale.
L’été bien installé enfin.
En soirée revoyons, à TQ, un film
cocasse :« ce roi fou un temps, Georges le numéro 3 ».
J’ai rapproché le curieux roman de MacDonald, je veux terminer
son « coffre de cèdre ».
2-
Il y a un zigue étonnant, un
certain G.Tod, qui me tient parfois au courant de ses activités
poétiques. Un anarchiste ? Un jeune ermite grouillant en quête
de combats gauchistes ?
Je ne sais trop encore. Il est de Concord, USA. Il aime le Québec.
Il vient parfois ici, rue Saint-Hubert,
pour réciter des strophes chez « L’inspecteur Épingle »
devant « un parterre d’ivrognes », spécifie-t-il.
Il semble bien connaître nos ébats (littéraires) et débats
(politiques). L’ordinateur nous amène ainsi de ces
correspondants hors du commun. Ainsi, le cher Marleau, lui,
m’encourageait hier — et vivement, spirituellement— à ne
pas passer la batte « aquarellisante » à un
autre…que moi. Chaud au coeur.
Ce « poche » signé
Hawking refermé, il me
taraude avec ses calculs si renversants. Son histoire des jumeaux
dont celui installé sur une haute montagne vieillissant moins
vite que son frère !!! J’en reste baba ! Il m’a fait voyager
entre Bing bang, bing, bing et bang bang et, à la fin (il n’en
est pas certain) le grand Crush !
Des Jésuites savants l’invitèrent (lui et d’autres
astrophysiciens) à jaser cosmos avec le pape à Rome.
Le Vatican si content depuis que les
physiciens acceptèrent l’idée d’ un « début »,
d’un commencement de l’univers.« Ah, la Bible le disait
bien ! Il y a eu un commencement…une création du monde ».
Il n’y aura plus « l’obscurantisme catholique »
enfin, ni un Galilée numéro 2 ? Non, plus jamais. Stephen
Hawking, la langue dans la joue, laisse entendre qu’il n’a pas
voulu provoquer une polémique mais … oui, il a certains doutes.
Ainsi, cette expansion dure peut-être depuis toujours sans
qu’il y ait eu un départ.
« Go, partez galaxies ! »
Là-haut, faut filer à 500 km-heure pour éviter de tomber
! Le Newton-à-la-pomme-qui-tombe l’avait prédit. Tout est
sujet de gravité. C’est 720 km-h. Ou 12 km-h à la seconde !
C’est bien rapide en ce monde-là !Je relisais, je relisais, moi
le zéro en maths au collège. Ces explosions d’étoiles, ces
trous noirs —« des trous rouges », devrait-on dire
selon Hawking. Ce « tout n’est que gaz » d’abord,
ces nutrinos, ces photons, ces particules très invisibles à nos
yeux … je me débattais avec mes synapses de neurones.
Nous ne serions que carbone et oxygène
? L’enthropie y est vicieuse : cette nécessité de se
multiplier dans le chaos total. La surfusion et l’eau qui ne gèle
pas même sous le zéro ! Bon sens ! Pas facile à saisir. Bon
sang !
Je naviguais du mieux que je pouvais entre Euclide et
Hubbles l’essentiel chercheur. Hawking songe à « pas de début
et pas de fin ». Et il continue de chercher. Le « principe
d’incertitude » de la nouvelle physique (la quantique)
change tout désormais. Il y aurait non plus une mais trois flèches
du temps : la thermo, la psycho et la cosmologique. Aïe ! La
mémoire humaine, on ne sait trop comment elle fonctionne (ah ?),
la mémoire des puissants ordinateurs, elle, on peut la
comprendre, la démonter, l’examiner dit-il.
Ouen !
Un Québécois travaille avec Hawking
(le Einstein d’aujourd’hui), Raymond Laflamme, son nom. Fierté
soudain, car ce Laflamme fait se corriger le maître à propos de
l’effondrement de l’univers, le « big crunch »
envisagé. « Il n’y aurait pas inversion des flèche du
temps lors de la contraction (des trous noirs). S.Hawking, modeste
génie, admet son erreur
puis raconte
l’erreur du grand Einstein, reconnu par lui, quand il voulut, un
temps, « installer un modèle statique d’univers ».
« La plus grande erreur de ma vie », aurait déclaré
Einstein.
Ouf ! Tout ne serait qu’ondes en
fin de compte ! Donc lumière ? Ce besoin de comprendre
(l’univers) est formidable. Nous autres (écrivains,
philosophes, psychologues), on tente de comprendre « son frère,
ses amis, les humains modernes, la nature environnante »,
ces chercheurs embrasent l’espace tout entier. Quelle immodestie
?
Même lui, Einstein, qui ne croyait
pas au terrible Yaveh de ses compatriotes, à la fin, luttait pour
le sionisme, la patrie à reconquérir. Ardent militant pacifiste
à Berlin, il est conspué et interdit, un long temps, de voyager.
Pire : les USA refusent d’abord son visa de simple
visiteur. « Jerusalem, l’an prochain ? » Nous voilà plongé dans
l’actualité chaude du jour hein ? On tenta de l’assassiner.
Arrestation d’un tueur, amende : 6 dollars ! Pétition
contre lui. En 1933, Hitler est au pouvoir et Einstein, alors en
Amérique, déclare qu’il ne rentrera pas son pays. À Berlin on
publie : « Bonne nouvelle : il ne reviendra
pas ! »
On sait la suite, sa lettre du génie à Truman. La bombe
atomique. Ses remords. En 1952, on lui offre rien de moins que
« la présidence d’Israël »! Il refusera, se disant
un « naïf » en politique. Il dira : « la
politique c’est le présent, une équation (à trouver) est
quelque chose d’éternel ».
3-
Je lisais avant-hier (dans un
quotidien) sur un bonhomme qui a quitté librement les actualités,
—les nouvelles du
jour. Il disait qu’il voulait être hors de ce présent qui
rapetisse. Oh ! J’ai réfléchi longtemps
là-dessus, le journal sur les genoux, le nez en l’air,
regardant un goéland voltiger sur le petit lac Rond en cherchant
un poisson à engloutir. Quoi? Vrai :une perte de temps tout
ce fatras des nouvelles, des batailles politiques, ici ou à l’étranger
? Je ne savais plus. Il me reste dix ou vingt ans de vie, si on
pouvait savoir ? Moi qui aime tant la vie, j’en suis devenu tout
fébrile. Ne plus perdre mon temps. Comment ? J’ai eu la
tentation d’imiter ce personnage. Que cela serait libérant, que
cela me donnerait du temps pour…pour
la création. Créer pour qui ? Pourquoi ?
Mais non, le lendemain, je me colle
le nez de nouveau aux manchettes. Une sale vox me murmurait :
« trop con, trop petit, pas assez fort hein » ? Je fis
taire cette voix embarrassante. Tous, nous devons vivre « ici
et maintenant » et nous ne sommes pas des Hawking. Au diable
ces trous noirs (ou rouges), il y a des images à faire naître à
propos de mes chers souvenirs d’antan : le guenillou, le
vendeur de glace, les cordes à linge de ma ruelle. Je le ferai
juste pour donner raison à cette voix d’Henry Miller —dans
« Paris est une fête »— qui répétait sans
cesse : « La mission de l’homme sur terre est de se
souvenir. »
4-
Il est tard. Je veille. J’écris
tout ceci. Je suis très énervé (excité aussi, amusé ?) de
devoir fermer ma baraque aux mots pour un temps. Vaniteux :
vouloir terminer ce six mois d’entrées diverses de façon
captivante. Mon vieux souci :ne pas ennuyer les gens. À sept
ans —avec Devault, Malbeuf, et Moéneau— j’avais déjà si
peur d’ennuyer, dans la cour, avec nos séances dramatiques
improvisées.
M’amuser d’un édito (de
Saskatoon) où un compère, anglo pure-laine ?,
recommande de nous « voler » de nouveau. Oui,
dit-il, comme nous les Canadians nous ont volé le mot Canada,
l’hymne nationale— oui, nous voler la fête du 24 juin,
qu’il trouve « la seule réussie à travers le Canada ».
Il n’y aurait qu’à allonger cette fête du Canada (demain),
publie-t-il, mais oui la prolonger en incluant ce maudit 24 juin.
Dont il est jaloux, il l’admet volontiers.
La vie ordinaire c’est aussi, ce
midi, vite, vite,
aller acheter un bidon de gaz (profane) pour qu’Aile
puisse faire rôtir ses douze bons hamburgers. Ils furent
succulents. Bon vin rouge, fraises et glace à la vanille…oui,
la vie ordinaire, bonne.
« Tout ne fut, au commencement,
que gaz accumulés », m’expliquait Hawking dans cette
« Brève histoire du temps » (« J’ai lu »).
Je veux lire, de Julien Fortin, « Chien
levé en beau fusil »(Triptyque), je veux tout lire. Écrire
et lire, mes deux passions. Ma tristesse de nous savoir si peu
nombreux les fous de lecture. Je questionnais mon beau jeune
Thomas là-dessus au bord du lac. « Toi qui lisait tant jeune…pourquoi ? » Réponses vagues. Ai cru
comprendre : « Papi, trop de lectures obligatoires
au collège ! » Je crains tant qu’il passe à côté de
plaisirs si féconds. Je l’aime tant.
Ma paresse ? J’avais voulu
organiser à Val David ( à l’expo de poteries annuelle) un
grand moment : montrer les céramiques naïves de papa. L’été
prochain. Promesse de paresseux ?
Mon ex-camarade, illustrateur et graphiste
à la SRC, René Derouin, sur son domaine de Val David, en
août, fera voir des « installations » comme l’exige
la mode branchée.
Derouin prône la venue de liens
entre les trois Amériques comme si des liens valables pouvaient
se tisser avec l’éléphant du groupe, les USA. Il s’est
souvent vanté d’avoir coupé avec l’Europe, la France. Le
vieux rêve des muralistes célèbres (Rivera, Orozco, Siqueiros )
quand ils jouèrent des cartes truquées en tenant d’assimiler
l’art « candide» des indiens, les seuls vrais indigènes
des Amériques du sud. Un échec forcément.
Ah, ces Blancs torturés, gênés
de descendre des Blancs d’Europe ! Je n’y crois pas. Le vieux
complexe des « colonisateurs » (nous), refusant de
continuer les liens normaux avec d’où nous venons quand nous
avons émigré sur les terres des « sauvages ». Aucune
confiance dans ces tentatives folichonnes, artificielles, de jouer
les « nouveaux » sauvages. Un leurre.
Il y a un axe tout-puissant chez les
anglos. On refuse de tenter de fortifier un axe francophone.
Danger : la langue est le sang de la pensée créatrice. La
culture véritable en découle. Les musiciens ou les peintres,
eux aussi, ne peuvent s’en dissocier de ce fait têtu, la
langue. L’axe espagnol (et portugais ?) des lointains voisins du
sud est valable pour les usagers de ces langues. Comme les Noirs
du nord ont des liens à se forger avec l’Afrique, leur patrie
ancestrale lointaine. Derouin rêve de connivences artificielles.
Hors-langue. Laissons-le rêver, tiens, il ne fait de mal à
personne. Gaspillages d’énergie tout de même. Il y aura, sur
« ses terres »
boisées de Val David, entre les poissons d’argile
multinationaux, les poèmes de Lapointe et les « installations »
intellos-symboliques, quelques marcheurs pour rêver avec lui.
5-
Mon correspondant « imac-ien »,
le sarcastique humoriste Daniel Marleau, me conjure de ne pas
confier mes illustrations à un peintre de profession. Merci ! Il
a bien raison. Dès demain, j’affronte mon affaire, on va bien
voir qui c’est qui mène chez moi. Marleau ne cesse pas de me
souhaiter « une belle Fête du Caaaaanada », je l’étriperai
un jour. Il me taquine franchement ? Il a braillé —en un
courriel souffrant— que l’on ait osé lui changer le nom de sa
petite patrie au Saguenay. Il a raison : ma foi, je fesserais
rare s’il fallait que l’on nous change le nom de Villeray, par
exemple.
On a donc, avant-hier, regardé
« I am Sam », j’y reviens ?, et cette « fin
heureuse, inattendue certes —qui
a chagriné tant de critiques— me fait songer que la gent
intellectuelle déteste le bonheur. On veut du tragique, c’est
plus sérieux ! Jeune, j’étais de ce lot… dramatiseur à
souhait. Mon Daniel : « Ah, je vais louer « I
am Sam » alors, moi, j’aime bien le bonheur ! »
Bravo fils ! Pas un garçon bien élevé ça ?
Tenir à dire que j’aime les
intellectuels, que j’en suis un (autodidactement !) et fier de
l’être, que j’ai le droit de dénoncer les illusions, les
marottes, les lubies funestes de mon monde.
Je songe à mon marcogendre et ma
fille, Éliane, roulant vers l’océan atlantique du New-Jersey
et je suis jaloux. Ça persiste. J’espère que l’ami Dubois dénichera
une piaule pour une quinzaine au Maine en août. Folie ?
L’idée de convaincre le Marco d’organiser une soirée-jasette
libre avec mes fidèles du journal. On serait dix ou cinquante,
peu importe. Parler ad lib avec ceux qui m’aiment et aussi avec
ceux qui —fidèles—voudraient aussi me critiquer. Une folie ?
Une idée de mégalo ? Je verrai.
6-
Il vient de mourir
l’acteur fabuleux des « Nuits de Cabiria » de
Fellini où il fut un
extraordinaire souteneur,
veule, lâche, salaud. François Perrier est mort vendredi à 81
ans. J’aimais sa bouille de chien « battu ». Sa tête
de « serviteur dévoué » dans le « Orphée »
de Cocteau quand il jouait cet ange Hurtebise sorti des enfers, échappant
à Cerbère, nageant à contre-courant pour L’Eurydice émergeante
du Styx.
A ce sujet : soudain, il y a dix
jours, bloqué en illustrations villerayiennes, je reprend un
petit manuel —expurgé, à l’usage des écoles— de
mythologie. Lecture attentive. Je prend des notes et puis je
descend à l’atelier pour peindre Jupiter, sa jalouse d’épouse,
Junon, Diane, Neptune, Bacchus et compagnie. Pouah ! Pas fort !
Mais j’y reviendrai. Je me
laisserai aller davantage en accidents visuels et je parviendrai
à produire une bonne série d’aquarelles sur les mythes
fondateurs de tant d’écrits (littéraires ou psychanalytiques).
Dimanche matin, chez le camarade Folch-Ribbas (La Presse), je
lisais : « Aquarelles de l’auteur », pour
une édition de « Le petit prince ». St-Exupérit
en illustrateur, bien !
Le Meyssan, parano des complots, se
ferait déboulonner déjà. Pour l’auteur Meyssan, le 11
septembre, les quatre avions-à kamikazes c’était le fait de méchants
conspirateurs du puissant complexe militaro-industriel. Ils
avaient tout organisé pour qu’enfin un grave conflit armé éclate
que le pognon puisse rouler dans leurs poches.
Deux Français, en 125 pages,
lui fermeraient le bec. Il reste à attendre un film de
Stone grand amateur du genre : « FBI-CIA :
des pourris alliés
à des pourris » ! Le manichéisme est payant pour les
foules crédules, on ne le sait que trop. Internet serait rempli
de ces paranos déboussolés.
7-
Coup de fil, appareil
cellulaire béni !, de ma fille qui roulait vers la frontière
Canada-USA. Il y a, c’est bien connu, des coupures de son. On
s’y fait ? Mal. Aile ne supporte pas ce gadget. Je la
sens légèrement inquiète :ses deux « grands»
(18 et 20 ans) seront seuls au foyer. J’ai du respect pour ces
mamans pourtant vieillies, qui, jamais, ne seront tranquilles
d’esprit quand elles s’éloignent du phare, de l’abri, du
port d’attache. Je trouve ça touchant. J’ai mal quand je
songe à tous ces jeunes pris par le job d’été, à mon David,
gardien de piscine à Sophie-Barat, à Laurent surveillant aux
parcs de la Ronde, à Simon gardien à la Plage-Doré. Un été
chez le diable non ? Je viens de raconter ces boulots ingrats dans
« Pour la gloire et l’agent » en quelques lamentos
bien braillards… lyriques et fondés.
Souvenir : j’ai quoi, 16, 17 ans ? Maman lisant sa
chère Colette sur le balcon d’en avant. Je sors avec mon vélo.
« Où vas-tu encore trotter là, mon
garçon ? » Moi, exaspéré : « Oh,
m’man, je t’en prie, j’ai pus dix ans ! » Elle : « Si
tu veux te faire une blonde, j’suis pas folle, va donc pédaler
vers Ahuntsic, par là. C’est du monde de notre genre. De notre
classe ». La mère snob ! Bin snob la tite fille de
Pointe-St-Charles, non ? Elle savait et n’aimait pas trop que je
fréquente une mignonne noiraude de la rue Villeneuve sur le
Plateau.
Un jour, j’apprend que Michel
Tremblay —je veux
lire son dernier : «Bonbons assortis », même si on
doit écrire « Bonbons variés », signale Chartand du
Devoir— avait une mère qui disait : « Restez sur le
Plateau, ne descendez jamais en bas de Sherbrooke, c’est pas de
notre monde » ! La grosse femme snobinarde ? Mon ex-éditeur,
Yves Dubé (frère de Marcel) me disait —il était du Faubourg
à mélase, rue Logan— que sa mère disait aussi : « Ne
traversez jamais Dorchester, évitez le Faubourg Saint-Laurent (où
est Radio-Canada), c’est du monde « cheap ».
Snobisme inouï allant du nord vers
le sud, vers le bas ! Le romancier André Langevin (que
devient-il, lui, si doué ?) y habitait dans ce faubourg mal aimé
— lire « Une chaîne dans le parc ». Mère snob
aussi ? Non. Impossible. Rien
à faire : il n’y avait pas
plus bas, c’était le fleuve,
que le port, la Molson.
8-
Les cailloux de Mars ? Hum !
Il faudrait à la NASA deux milliards de fonds publics pour aller
en cueillir. Y a-t-il traces d’eau, traces de vie… la grande
question ! Ce sera pour 2014, semble-t-il, la réponse. Et c’est
pas sûr. Patientia !
Dans quatre jours, se rappeler, du
fondateur républicain des naissantes provinces unies d’Amérique,
Jefferson, le « Tous, nous sommes nés égaux, doués par le
Créateur de droits inaliénables :la vie, la liberté, la
recherche du bonheur… » Oh, cela, la quête du bonheur
depuis Platon et même avant. En 1776, ce terrible virage définitif,
anti-monarchisme, une quinzaine d’années avant la Révolution
française qui utilisera les mêmes termes. Son successeur,
Double-V, utilisant la peur, tente de mettre la police partout,
partout. Avec primes aux délateurs maniaques qui verront un
saboteur dans chaque dissident, parmi les contestataires les plus
pacifiques. Jefferson, au secours !
En ce temps-là, ici, même aux
portes de nos églises
de village, placardage « bostonnais » :Canadiens-français,
joignez-vous à nous, à bas la monarchie ! »
Du bon peuple et nos petits curés favorables. Mais… la
hiérarchie cléricale, déjà collaboratrice, excommuniait les
libertaires qui osaient souhaiter que nous joignons les voisins
décolonisés. Les occupants satisfaits, contents de ces
valets en soutane rouges ! Par frousse, par intérêt, on nous
accordera bientôt un faux gouvernement « représentatif ».
Une Assemblée truquée. Surveillée.
Ensuite, Louis-Joseph Papineau
tentera de réformer ce leurre. Ça va coûter cher aux Patriotes
de 1837-1838. Le feu partout, des pendus et des exilés en
Australie. Vive le 4 juillet !
9-
Laporte parlait avant-hier (La
presse) avec son
ironie décapante des tricheurs « initiés » dans les
bureaux capitonnés des énormes firmes américaines. Scandales
sur scandales. On gonfle les profits. On attire des investisseurs
candides. Le ballon prêt de péter, on vend vite nos parts (de
PDG) et ensuite seulement on déclare faillite.
Un observateur dit : « Quand
il n’y a plus de police, les voleurs s’épivardent ».
Les vérificateurs sont bafoués partout, moqués, trompés, éloignés…pas
assez nombreux, mal équipés. Et vlan ! les spéculateurs
modestes ont le bec à l’eau. Les employés de ces bandits —en
« grey flanel suit »— deviennent des chômeurs.
Aile: « Quoi? Il n’y a plus de rigueur, il
n’y a plus de conscience, plus d’honneur, qu’égoïsme et
jouisseurs pressés, voilà où nous conduit l’immoralisme
ambiant actuel, constitué de prédateurs pressés, d’égocentriques.
» Elle a bien raison. Bush, venu de ce monde des « rapaces »,
joue le râleur indigné : « Suffit ! On va y voir »
!Quand mister B. ?
Yves Boisvert, chroniqueur à
« La Presse » a une plume vigoureuse, brillante, son
allégorie récente (avant-hier) entre ces terribles « poissons
rampants » qui voyagent à travers les étangs pour les vider de
toute vie aquatique et le jeune chef de la droite, Mario Dumont,
était une chronique géniale.
Quoi, quoi, on fesse et puis on vante
La Presse ? Bien comprendre : je cogne sur les éditos soumis
au boss mais des reporters y sont souvent fameux. Ainsi à
« The Gazette », le quotidien raciste, francophobe
malade, que je fustige, les reporters y sont souvent très compétents.
Il faut faire la différence entre les journalistes (syndiqués
souvent) qui honorent le métier et les chefs soumis, les
petits-chefs dociles et les sous-chefs accroupis sous les patrons.
Le « boss » —derrière le proprio— stipendié, déshonoré,
qui a vendu, et cher, sa liberté, tels tous les Pratte, Mario Roy
et Cie.
9-
Un calmar d’une tonne (!)
est exposé à New-York. L’article fait rêver aux lectures de
jeunesse des gens de ma génération, à Hugo et sa poulpe
(pieuvre ?) effrayante, Jules Verne et son calmar
inimaginable…au fond des mers ! Autre article et autre sujet de
rêverie pour les pauvres, les démunis : on oublie de
l’argent dans des banques. Cela forme 180 millions ($ Us) en
argent ! Personne ne réclame ces magots ! Mystère ! Rêvons
encore :le Mexique produit des tas de feuilletons de télé.
Une vaste industrie. Des gros mélos pour la plupart. Il doit bien
y avoir au moins un ou deux téléroman valables dans le lot.
Pourquoi ne pas en voir un peu. Pourquoi seulement le « dumping
USA » ? Même le Japon (Chine, Corée)
achète de ces « telenovellas »… pas chers
forcément. Colonialisme aplatventriste étatsunien accepté.
Quelle station briseera le moule. Les Québécois apprécieraient
le meilleur de cette industrie Mexicaine… Ou Indienne. Nous ne
sommes pas imperméables comme le public chauvin des USA aux
cultures étrangères.
10-
À Saint-Jérôme, pas loin
d’ici, annonce d’une expo de tableaux. Pas 5 ou 10
peinturlureurs, non, 30 peintres ! Je lis la liste. 90%
d’inconnus ! Terrible : toute cette activité
peinturluresque et si peu de connaissance de ces manieurs de
pinceaux. Aucune information valable. Il y a là un mystère
opaque, non ?
Le diable devenu vieux se fit ermite
? Un compagnon d’armes du révolté célèbre, Che Gueverra,
l’intello Régis Debray, révèle à Robitaille
(Le Devoir) que la politique (il fut, une fois libéré de
prison) conseiller de Mitterand) c’est terminé. Il est plongé,
dit-il, dans l’étude des religions. Ah ! C’est à lui que je
faisais allusion plus haut en parlant de décrocher des actualités.
Le bonhomme semble épaté par une connaissance (De Chayssac) qui
a abandonné la France et le français, vit à New-York, ne parle
plus que l’anglais-américain et recommence sa vie aux USA. Il
dit qu’il est logique. Que Washington c’est Rome. Que tous les
de Chayssac sont logiques. Exactement ses mots ! Qu’à Rome,
tout de même, on parlait deux langues, le latin et le grec.
Debray ne croit donc plus à l‘avenir de son pays. Il s’est
donc englouti dans les vieux manuels d’histoires des religions.
Qu’en penser ? Effrayant non ? Plus
aucun espoir ? Il plaint nos luttes (ADMIRABLES)au Québec,
rappeLle que les Français à l’ ONU (New-York) rédigent
les rapports en …américain (comme font tant d’hommes de
science en France) ! Debray
lance le gant. Il fuit. Il s’exile de tout. Écoutez cela : « Oh,
horreur, nous allons devenir un grand Québec ! » Un auteur
a dit cela, le français Jean-Claude Barreau. Ça donne un sacré choc, non ?
Debray avance que lorsqu’il y a un
vide, un empire s’y installe. Une loi incontournable. Or,
dit-il, les gens d’Europe refusent de combler cet espace
dsisponible. Il dit que très peu de monde chez lui
croit vraiment à une Europe forte. Alors ? Le trou, le
vide. L’empire s’avance. Résultat : l’américanisation
volontaire partout là-bas. Debray m’a captivé en disant que la
quête de puissance a donné, deux fois, deux massacres horribles
(1914-1918 et 1939-1945) et que cela pourrait faire la méfiance
et du désintérêt des Européens en face du pouvoir, de la
puissance.
11-
Une fin pour ce premier tome ?
Je vois bien que les actualités m’intéresseront toujours.
Je ne me cacherez pas dans l’étude des religions ou des arts de
jadis. Je suis paré à raconter Marc-Aurèle Fortin aussitôt que
« Vendôme » aura un coin de studio libre !
Demain, je lirai encore mes gazettes, encore et encore,
j’aurai envie de chicaner, de rédiger des pamphlets…
Rien à faire. Je reste donc curieux
comme une belette, accroché. À tout. Distrait et,
de cette façon, comment me « cultiver à fond »
à propos d’ un seul art, d’une seule discipline. Car la
culture véritable c’est cela, foin de l’érudition puisque je
ne veux pas briller dans les salons… littéraires ou autres. On
ne change pas ? J’étais
le grand distrait à l’école, au collège. Je le reste. Je
m’intéresse à tout. Un
peu. Comme tout le monde.
Aile,
je la vois de la fenêtre de ma « chambre à écrire »,
s’est plongé dans « Le tueur aveugle ». Ensuite, on
va pouvoir en jaser longuement. Le ciel, très lumineux est tout
de même recouvert d’une sorte de brume. Humidité lourde. Au
bord du lac, il y a une bon vent., mon
drapeau tremble énormément,
« fasaille » même. À partir de demain, je me
le jure, Soeur Gagnon sera fière de moi, je me jette dans les
aquarelles que je lui ai promises. Je veux que « La
maisonnette » progresse.
Demain, je me trouve un autre bon
livre à lire, pour les soirs quand la télé est trop
insignifiante ou qu’il n’y a pas de bons films au vidéo-club
du bas de la côte Morin. On
ira voir « Chaos » au Pine, on se fera des grillades
sur le barb’à queue. Et puis quoi ? Oui, Léo Ferré :
« On s’aimera, on s’aimera ».
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