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Après
dix jours, le imac est réparé...
1-
Ciel
mat. Bon vent du
sud-ouest. L’été débute. Les heures s’en iront sans lumière
peu à peu. Aile suractive : dimanche réunion du Groupe des
7, devenu « des 6 », mort d’Ubaldo Fasano, hélas.
Hier,
cinéma du bas de la côte, non, avant-hier ? Suis un peu perdu
depuis l’accident « imacien », tant de jours sans ma
machine à pépier ! Vu « Amen » de Costa. Sorties
comme accablés. Humiliés. Nous tous, Blancs chrétiens si muets
pendant que les fours à gaz s’activaient en Allemagne et en
Pologne. Et l’Odile Tremblay du Devoir qui faisait la moue
devant ce film formidable. Quelle mondaine étripable ! Devant
pareil sujet, oser chipoter, criticailler des détails…Franchement…
Non mais…
Nous avions regardé, la veille, à
T.Q. :« Sursis pour l’orchestre », même sujet.
Autres visions épouvantables sur l’antisémitisme effroyable.
Ces deux films, un après l’autre, font qu’on s’endort mal
le soir venu. La mesure (d’endurance) est comble. Nous ne
pourrions plus en visionner un autre. Pas avant un certain temps.
Ce serait un poison mortel. Je maudis ce racisme écoeurant. Je ne
voudrais pas être Allemand. Tache indélébile pour mille générations
à venir. Le pire ? Bien savoir que si Québec avait été une
grande puissance, un pion qui compte dans le vaste concert des
grandes nations…oui, cela, cette maladie horrible, aurait pu
s’installer. Bien savoir que personne ne peut proclamer : « Nous,
on aurait pas été comme ça ». C’est cela qui fait mal.
Je ne regrette pas d’avoir dit à Denise Bombardier avant de
quitter mon siège (pour « Conversation ») : « Il
faudrait mettre l’homme sur un bloc opératoire et le changer. »
Honte d’être des humains quand on découvre ce fatal
racisme …pourtant au pays qui a donné tant d’écrivains, de
musiciens et de philosophes merveilleux.
2-
Mes
deux enfants sont venus fêter « le vieux papa ». Rien
à faire pour Aile. Une sorte de pique-nique. Heureux moments.
Cadeaux, jolies cartes, le rituel. Deux absents, David et Simon :
les deux aînés. Études, travaux urgents, etc. Je détestais ces
fêtes des « grandes personnes », jeune. Les
comprendre. Gabriel, le cadet de mon gendre Marco, doué,
musicien, créatif, s’installe à la cave-atelier et modelait un
poisson d’argile. Soudain :cris, appels ! C’était le
septième (7) bébé-écureuil qui…gigotait encore , tête
ensanglantée dans une trappe à souris ! Frayeurs des dames :Éliane,
Lynn et Aile. Marco, brave, est allé donné la « chose »
au rat-musqué du rivage du lac. Depuis fin des apparitions écureuillois
! Aile respire d’aise. Elle n’en pouvait plus.
Hier soir, jeudi, à ARTV, la comédienne Sabina Azena (eh
oui !). « Les feux de la rampe », copie conforme des
entretiens liptonniens de New-York nous font voir des gens
brillants. Cette Sabina y fut captivante. Hélas, le questionneur,
Bernard Rapp, pas fort. Il rate d’entrer dans certains aveux
spontanés et riches de promesses. Il écoute mal ou quoi ? Il
suit trop « son » plan ? Danger cela. J’ai bien connu, en
1986, à TQS. La Azema, soudain, fond en larmes : on vient de
lui faire voir des extraits anciens. « C’est toute ma
jeunesse que je vois défiler ». Moments précieux. Avant,
bon petit gueuleton sur la terrasse en face du lac, aux « Délices
de Provence ». Le chef Claude sait préparer la perchaude
(pour Aile) et la bavette (pour bibi). Un voisin de 88 ans, jeune
d’allure :Monsieur Lupien. Arrivé ici en 1948. Je le
questionne. Il m’aide à préparer mon petit discours de lundi
à la Saint-Jean où je voudrai raconter le village quand j’y
vins une première fois en prof de céramique dans l’ex-écurie
du Chantecler.
3-
On
a réparé mon Imac mais impossible de recevoir ou d’envoyer du
courrier. Mystère. Panique. Je téléphone à Carole, la sœur de
ma bru, du Sommet Bleu, qui est experte en ordinateurs. Elle sort
d’ici et en deux gestes m’a reconnecté toute la patente. Du
chinois pour moi.
Jadis aucune femme (pas une !) ne
savait réparer « une machine ». Les temps
changent hein ! J’y pense : amusant d’entendre la Sabina
Azema dire : « Pour moi, tout compte, surtout au départ
d’un rôle, le
linge, oui un costume, un chapeau, des souliers, même un
parfum… C’est l’extérieur qui me commande comment
rentrer dans un personnage ». Si vrai ? On l’ignore
trop… l’oublie, une pièce de linge — forme, couleurs—
peut changer nos attitudes. Aile qui s’amuse à me sortir du
linge quand je pars pour une interview et moi…soudain, « non,
pas ça…Je serais pas bien ». Sans trop savoir pourquoi.
Je change son choix, elle dit rien, elle sait bien, elle a été réalisateur
si longtemps et a connu de ces caprices mystérieux.
4-
Il
y a six jours, samedi, revu à la télé « La haine »,
un film étonnant. Trois désœuvrés dans une « cité »
de Paris. Effets de l’émigration mal intégrée. Une police
nerveuse. Une terrible bavure. De la révolte. Suite d’images
(en noir et blanc) sur un rythme d’enfer. Le bon film. Meilleure
connaissance de ces jeunes paumés, chômeurs, mal instruits,
ouverts à la violence. Exutoire classique.
À « Campus » ce même soir :la régente Régine
des cabarets parisiens. Vantarde et revenue de toit à la fois.
« Jet set » d’un monde gâté-pourri raconté dans
son livre. Durant tentera de lui tirer les vers du nez, elle ne
nommera pas les célébrités croisés dans ses boîtes de nuit.
Allure d’une vieille tenancière de bordel (moderne).À Montréal,
elle fit « patate ». Pas assez de mondains riches ? Un
livre,« Hell » (amércanophilie conne de Paris) est un
livre d’une Lolita. Allure d’une collégienne qui raconte des
dérives juvéniles. Secrets des « beaux quartiers »,
du côté du Parc Monseau, du 16 e arrondissement, de la chic
Avenue Kléber. Mode des souvenirs, elle a 19 ans, parle en
adulte, vieillie précocement. De la graine de collégienne délurée.
Bon pour vendre du papier ! Mode. Ça jase drogues, exstasy et
compagnie ! On raconte les drogués célèbres : le poète
Michaux (mescaline), Cocteau et Malraux (opium), Sartre (médicaments-drogues).
L’un des invités dira : « Kérouac s’inquiétait
beaucoup de son copain toujours bourré, le poète Burrough
mais...il est mort bien plus vieux que lui, à 80 ans ! »
On navigue de Prozac (drogue douce répandue)
en métadone. L’on fait allusion à Styron le célèbre,
alcoolisé à 100 %. Durant remue, frétille, le sujet le titille.
La littérature sous un portique dangereux quoi !
5-
Mercredi
dernier, soleil enfin. Fin des pluies. La laitue respire dans les
champs spongieux. Ici, nos fleurs aussi. Je raccroche les
corbeilles autour de la galerie. Au couchant, le lac en feu.
Chants d’oiseaux vont croissantr. Le calme. La cloche de l’église
à trois rues sonne le six heures. La volupté d’un certain
silence. On rêve,
Aile et moi, allongés dans les transats, livres aux mains. Ombres :je
repense aux déclarations —voir un film brillant : « Jeu
d’enfants », signé Prégent— pénibles des Frigon, des
Crête (nouveau « big boss »). Un vice s’installe
confortablement au pays, un succès énorme. Des enfants rêvent
(ils le proclament en riant dans le film) de gagner gros sans
effort aucun. Ils grattent. Plus tard, ils iront au casino, ils
disent leur grande hâte ! Lieu magique, qui sera agrandi et mieux
installé entre le port et le pont Champlain. L’État-mafieux
ronfle. Installera une clinique pour soigner ses victimes. La
farce ! La honte aussi.
Ma tondeuse ne me revient pas. On chercherait un morceau.
Patience le tondeur-de-verdure. Ce matin-là, j’ai vu une balle.
Une balle perdue ! Par quel enfant peiné ? Salie. Ordinaire. Au
bord du trottoir. Grand effet ! Fou ! Je me suis souvenu de mes
balles, enfant. Aile dit : « Ah oui, « sa »
balle, si précieuse, « son » ballon, les chers trésors ».
À huit ou neuf ans, sa belle balle aux couleurs vives…oui, un
trésor. J’y songe encore : regardant « Jeu
d’enfants », les maudites pubs pleuvent et cela me semble
logique, la suite des illusions que le film condamne. Jumeaux exécrables :pub
et gratteux ! La compagnie exacte, méritée, la fidèle dévote
accrochée (la publicité télévisée) aux annonces de Loto-Québec.
Quand j’ y pense : des enfants déjà « accros »,
c’est l’État-racketteur ! L’État-bandit !
6-
Téléphone
la semaine dernière : c’est TVA, pour le 17 h. et c’est
Anabelle la recherchiste : « Vous êtes sans
doute très contre la Reine du Canada, c’est sûr »
? Je ris et je dis : « Sûr et certain ».
« Bien, on va tenter de trouver un —ou une— « pro-monarchie
et on vous enverra notre camion micro-ondes pour un débat ».
N’y a pas eu de rappel. Personne ne veut venir face aux caméras
proclamer les bienfaits de ce colonialisme chéri des anglos
d’ici. J’étais content, cette fois, de perde le plantureux
cachet !
Pauvre
Anabelle !
Téléphone encore pour un projet de ARTV. On veut
une série sur des artistes divers qui font de la peinture. Je
suis sur la liste. Ils veulent venir faire une pré-entrevue dans
ma cave-atelier où je m’échine justement à pondre des
aquarelles sur « La petite patrie » Ils viendront
mercredi prochain. Je dis q
u’il y a notre Clémence bien-aimée, ils savaient.
Qu’il y a Diane Dufresne…ils savent tout. Bien.
7-
On
fait entrer une cassette vidéo dans la fente du magéto, on veut
voir un film et bang !, ça bave, cris et mourmounages
commerciaux, on nous
sert des publicités pour des films à venir. Non mais…Ça ne
finit plus parfois ! Dégueulasse ! Il faut protester. On a payé
pour un film pas pour
endurer cet arrosage de marchands infâmes. Il y a assez de pub
partout. On veut voir un film, point final. Vraiment dégueulasse
cette pratique !
Ce « Le bal du monstre », fort bon récit. Je
le reverrais un jour volontiers. C’est rare qu’on a envie de
dire cela. Billy Bob
Thornton et Helle Berry (oscarisée cette année). CE B.B.T.
jouait dans « The man who was not there »… où il
brillait. Enfin pas de ce monde mondain, médiatique, non, enfin,
enfin, enfin, du monde ordinaire. Lui, un agressif gardien de
prison. Un bonhomme ordinaire. Elle, une petite serveuse de restau
ultra-modeste. Monoparentale. Ça fait du bien. Ça nous change du
petit monde nombriliste où les héros sont riches architectes,
romanciers populaires, photographe génial (le dernier roman de
Guillaume Vignault ) ingénieurs, experts en infographie ou en théâtre
ou en scénarisation (songer à ce « Crabe dans la tête »,
à « La vie, la vie »,
et Cie).
« Le bal du monstre » :une histoire bien
conduite où ce père raciste va muer quand son fils se suicidera.
C’est ce soir-là qu’apparaissait au salon le sixième bébé-écureuil
et je ne savais pas que le lendemain soir, mon ordinateur rendrait
l’âme mystérieusement. Il faisait si beau soleil, abandon de
l’écran, sieste dans la lumière, souper et ensuite, tu vas
remuer ta souris et… pas de petite lumière sur l’écran ! De
la schnoutte ! Merde !
8-
Avec
la belle et moderne tondeuse du voisin Maurice, jeudi, tonte du
terrain. Elle fait du compost en roulant ! Sueurs du vieillard
attelé à sa machine grondeuse. Ça coule ! Aile, fée divine,
vient m’offrir de …la bière d’épinette. Régalante.
Somptueux goût de gomme de sapin ! Souvenir lointain de ce jus.
J’aime toujours. Le matin, une photo
du Devoir me ravit. « Les colonnes du cosmos ».
Je la découpe. Je la punaise sur mon babillard du bureau. La
beauté ! Photo qui me console de mes efforts
quand je relis « Brève histoire du temps » de
Hawking, attendant l’ouverture des portes de l’École Bouffe.
J’ai déniché chez « Tout outils », le
brocanteur de la rue Valiquette, une cloche—pour dix piastres.
Genre marine à gogo. Je l’ai vissé sur le 4 par 4 de la
galerie, là ou fourmillent les fourmis (!). Aile cherche un
machin tueur pour ces tites bébites. Je proteste. C’est
tellement moins encombrant que les bébés-écureuils ! Désormais,
avec cette vieille cloche à bateau, Aile pourra me sonner quand
le souper sera servi et que je flânerai sur la berge. Bon pour un
demi-sourd ces sons sonnants !
Dong, dong ! Oh un autre
bon film : « Le tunnel ». Loué.
Entreprise captivante de creuseurs de corridors sous le mur de
Berlin avant 1989. Signature : Roland Suso Richler.
Formidable courage. Basé sur des faits véridiques dit le générique
de la fin.
Un
des conjurés en tunnel interdit. Éric, serait devenu prof à Montréal ! Ah ! Ce film nous hantera
longtemps. Comme pour tous les films forts. C’est le foot qui
envahit tous les média. Je n’y connais rien. Ça va passer. Le
30 juin : « e finita la comedia » ! On y voit du
patriotisme échevelé —Italie, Angleterre, etc— proche du
fanatisme. Ma froideur semble me couper du monde. Habitué. Jeune,
pas fou du hockey, j’avais ce sentiment un peu accablant de ne
pas appartenir au monde normal. On s’y fait.
Samedi matin dernier : tomate rongée sur le comptoir
de cuisine. Aile enrage. « Cloclo, va vite chercher la cage
à Maurice. Il y en a encore. Eh merde ! » Pauvre Aile.
9-
Dimanche
matin, à la radio de Radio-Canada, propos étonnants. On est pas
en 1838. On est en 1967. On révèle les nervosités face à de
Gaulle au Québec. La censure. Les inquiétudes ravageuses. S’il
fallait… Jean Drapeau en petit et minable despote chiant dans sa
culotte : « Vite ! Cacher le microphone du balcon. Il
ne faut pas que le Président de la France s’adresse à la
foule… » Etc. On n’en croit pas ses oreilles ! Un
familier du Général raconte ce qu’il sait, il était là, dans
le hall à Drapeau le chieux, le pisseux,
il a vu les méfiances, les entourloupettes,
les cachettes, l’autocensure. On est en 1967 et les
dirigeants municipaux se conduisent comme des valets timides face
aux anglos qu’il faut pas faire fâcher. Une honte !C’est ce
genre d’émissions du réseau français de la SRC, que détestait
tant le PET Trudeau et ses sbires (Lalonde, Goyer et Cie).
Édifiante émission. Déterrons sans cesse de telles précieuses
et instructives archives sonores, c’est salutaire.
Nous
prenons ainsi les vraies mesures des petits potentats fédérastes
du temps récent. Des pleutres. Des mauviettes. Des colonisés
cons, Drapeau et sa ligue.
Et le Jean Dupire, son chef de cabinet, qui me disait un
jour : « Tu verras, Drapeau finira par tout nous
gagner, regarde, mon Claude, il n’y a que deux affiches de
bronze devant l’entrée, rue Notre-Dame et c’est en français
seulement. Tu vois, tu vois ? » Quand ça se voyait pas
trop, oui, l’ex-nationaliste de 1942, du Bloc populaire,
Drapeau, osait…des vétilles !
10-
On
a un peu revu, à la tlé, ce
« 12 singes » où Brad Pitt, jeune, incarnait
un aliéné grave de manière convaincante au possible.
Bruce Willis y tient le rôle d’un héros intrépide de
B.D., envoyé spécial, sorti d’un puits gigantesque, mystérieux,
pour découvrir l’origine d’une fatale guerre bactériologique.
De la SF bien menée.
Parution des « Listes de La Presse » :le
lectorat devait faire une liste ees auteurs importants. Pas là
zut ! Rimbaud non plus ! S’en consolera-t-il le Arthur ?
Bof, jouons les forts. N’empêche…mes lecteurs ne se
sont pas grouillés le diable ! C’est pas juste, bon ! Justice
pour Stanley Pan ? Il vient de démissionner de sa chronique
—bien faite— des parutions fraîches. Il aurait osé critique
le tout récent « Ouf ! » de Denise Bombardier, et sa
« boss », Miss Lepage, serait mécontente.
Le soupçonne même de misogynie ! Oh,
oh ! plus grave, il aurait laissé entendre qu’avec
la chaîne —très subventionnée par nous tous—
Renaud-Bray, on peut acheter les annonces de leur catalogue. Etc.
On a pas pu lire l’article. Ce fut :ou vous changez votre
papier ou vous prenez congé d’espace. Le Péan, pas plus paon
qu’un autre, a tiré. sa révérence. Dommage, il avait du jus
comme chroniqueur. Pas facile à trouver le bon successeur. Moi ?
J’ai pas le temps.
Qui est le populaire Beauchemin ? « Un écrivain de
divertissement », dit un libraire. Aïe ! Comme Pagnol,
comme Félix Leclerc, ajoute le cuistre.
Le
libraire Moffat, lui, vante un de ses poulains, il bosse chez
Flammarion., Coups de pied au derrière perdus !
J’ai finis par prendre du plaisir avec ce roman « Le
tueur aveugle », une grosse brique de la Margaret Atwod. Hâte
de m’y replonger dans ce récit à charnières. Grand plaisir
aussi à farfouiller dans « Les mots sauvages »
(Larousse) Un
dictionnaire étonnant, par Maurice Rheims (pourtant académicien;
mais pas frileux du tout) qui nous fait lire des mots rares, des
inventions langagières, des néologismes d’une saveur
stimulante. Du cru. Ainsi c’est les Quenau, les Céline, les
Audiberti qui font montre d’ imagination. On sait, ici, comment
j’aime inventrer et jouer avec les mots. Un livre tout à fait
pour moi ce « Les mots sauvages ».
11-
Papa
serait si heureux : son très cher Padre Pio est devenu un
saint officiel. Il me parlait de ce modeste curé qui avait des
dons, de bilocation par exemple, des stigmates et qui faisait sans
cesse de miracles. L’église de Rome se méfiait, comme
toujours, de ce thaumaturge admiré et aimé part les populations
pauvres. Du temps passe et le voilà santifié. Je revois mon père
tout content. Il n’Aimait que la religion des phénomènes. Que
le Jésus bravant la mort de Lazare.
Mais pas de miracle salvateur pour ces gamins exilés d’Albanie
qui se vendent.
Marchandise en marché. Comment
survivre en Italie ? Ailleurs aussi. Prostitution. Pire encore : organes neufs, rares, bons,
pas trop chers ! Infamie des infamies. La pédophilie s’active,
venant « en aide » à ces orphelins abandonnés du
sort. On les achète, on les débarbouille un peu, on les installe
sur des trains et… en route pour les marchés intéressés en
Europe. De l’Est
comme de l’Ouest ! Tchou,
tchou, le train de l’Est…Tchou, tchou !
All-aboard, Albanie ! On parle alors de « Train de la
honte » en voyant ces hordes de jeunes gamins qui voyagent
vers des exils prometteurs. Oui ! Promesses d’exploitations
garanties.
12-
« La
Presse », en cette mi-juin, s’allie volontiers au raciste
—francophobe— journal « The Gazette » . Mathieu
Perrault joue le bon canayen innocent chez l’adversaire. Échanges
de sornettes ? Ce matin encore, des tas de balivernes déboulent
en colonnes fournies. Mon épée me démange, Cyrano ! On
publie des sottises éhontées. On avance des mensonges
graves. Maquillage d’une idéologie fédéraste grave. Foire de
niais. Comptoir de nigauds !
Entreprise bizarre pour une réconciliation bidon. « Vive
le multicul trudeauien ! » Foin de l’intégration
harmonieuse, nécessaire, vitale, normale, souhaitable pour tous
ces futurs petits québécois —à part entière— les enfants
des émigrants. Trahison.
Entretenons les folklores tous azimuts. Ce n’est pas à
la « nouvelle venue » d’Afrique d’apprendre
notre folklore, nos rigodons, nos reels et ritournelles populaires
(« À la claire fontaine »,…etc.) nos gigues, non,
non, allons, c’est à nous de bien apprendre les danses et les
musiques Noires.
Moi, m’exilant —m’installant— en Afrique, je
m’appliquerais à
étudier ces danses africaines, leurs folklores si variés, mais
ici…on fait le contraire.
C’est
l’entretien —si nocif, si peu rassembleur— des ghettos
subventionnés —comme Ottawa entretient les francophobes des
« All-Liance Kouébec ». Ghettos néfastes pour
l’avenir des enfants d’émigrants. J’enrage.
La reporter de « La Presse » (à un Centre
culturel Noir de la rue Jean-Talon) ne commente rien de cette
lessive malodorante, ne dit rien, avale les couleuvres, ou veut
nous les faire avaler. Une « tite » niaiseuse quoi !
Ou une surveillée, ou encore une autocensurée ? Les deux
solitudes… cette fadaise. C’est une farce mais tragique. Il
n’y a que ce refus obstiné (Meech et Cie) de reconnaître un état
central qui serait fondamentalement constitué de deux nations. Le
mot les fait trembler.
La tromperie est manifeste. Gloire aux ghettos et échangerons
nos reporters !
Quoi faire ? Le bon lectorat candide —peu politisé—
avalera ces bobards d’un bon-ententisme édulcoré. Je
—d’autres aussi— pourrais rétorquer à ces articles de
propagande…mais à quoi bon et où,
surtout où ? J’évite de prêcher à des convertis, par
exemple, dans « L’Action nationale. La puissante machine
« Power-Gesca-Desmarais » : des hommes
d’affaires bornés. Car 51
%, 55 %, peut-être même 60
% (ref. référendum de 1995) du lectorat de « La Presse »
est indépendantiste. Pas un seul rédacteur, un seul édito (de
toute la grosse équipe en place ), pas un seul chroniqueur ne défend
l’option patriotique de l’indépendance nationale. Être des
nigauds en « Business » c’est exactement cela.
13-
Rêve
bref, en début de cette semaine : Nicole Leblanc,
l‘actrice, me gronde, il y a des élections dans l’air,
(actualités d’ici ! ) on me presse de m’engager, chicane
byzantine autour, ma défunte première femme accompagne un cortège.
Cris et injures volent. Cordon de police. J’ai peur et je ne
sais de qui, de quoi ! Réveil subit.
Je ris aux reprises de « Catherine », réalisation
efficace Philippe-Louis Martin, je rigole comme un gamin. Aile
aime me voir rire,
rit avec moi comme une maman avec son bébé qui rit pour rien.
Esprit enfantin ? Je riais volontiers aux facéties primaires de
« Cré Basile » de Gamache.
On ne change guère ? Je pense encore à Vanessa Redgrave
—on ne rit plus de ce côté— osant jouer la chanteuse défigurée
dans un camp nazi. L’horreur. Dents jaunes, cheveux rasés,
boutons rouges, etc. Courageuse comédienne et excellente actrice.
Ce film : « Sursis pour l’orchestre » (« Playing
for time » de Mann) me hante. Je me serais suicidé de honte
et de désespoir au lendemain des révélations de tous ces
Allemands bien silencieux de 1939 à 1945. Ou je serais exilé à
jamais. Pauvre, pauvre Allemagne…Je repense à « Le liseur »
cet excellent roman ou une ex- gardienne nazi se suicide n’en
pouvant plus de se souvenir.
Oh, Monique Miller, amie de Raymonde (depuis « Montréal
P.Q. ») viendrait séjourner ici. Merde ! Elle si bavarde. Elle me
bat. Je vais perdre ma place, mon rang ? Merde, merde !
Demain :un samedi pas pire, dimanche pluvieux, Aile
bien énervée, la « Bande des 6 » et de la pluie !
« Ouash », dit-elle. Eh qu’elle parle mal des fois,
une fille qui alla chez Sita Riddez !
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