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Jours de
pluie...
1-
Adieu
mai ! Odeurs d’eau dehors. Nuit pluvieuse. Un matin annonciateur
de pluies nouvelles. Je reviens de mon barbier, Lessard et frère,
d’une coupe « rase-crâne ». Tondeuse utie
anti-sueurs. Puis suis allé voir ma vieille tondeuse chez le
brocanteur pas loin, rue Valiquette. À son chevet, le nouveau
« Michel », des lieux, y travaille et me conseille de
la garder ma vieille picouille.
Bon.
Aile en beauté. Si heureuse. Neuf
corbeilles sont suspendues autour des galeries, en avant et en
arrière. Ses choix merveilleux. En
plus :pots de géraniums et, à ma demande, un plant de
tomates. Elle y allait avec truelle, pelle, terre noire, dans
le parking, joie et bonheur pour elle ce rituel de fin mai. Ah 1
la voir remontant l’escalier d’en arrière avec ses chères
fleurs ! Oui, le bonheur du printemps enfin, enfin, revenu.
De mon bord : plantation d’un
joli sapin entre le bouleau et le haut chèvrefeuille pour nous
cacher du voisin. Plantation de deux bosquets de chèvrefeuile
pour camoufler la souche immense de cet érable pourri (à Giguère
!) qu’on a fait abattre le printemps dernier. Maintenant on voit
mieux le lac à gauche. Nouveau paysage. Hier soir, je sors ma
lunette sur la galerie, téléscope pas cher ( l’aubaine de mon
beauf, Albert), hélas, rien qu’une étoile au nord et pas bien
luisante. J’espérais tant. Une vision…moi en mini Reeves épaté
! J’arrive à rien. Attendre un ciel vraiment étoilé !
Querelle : sculpture-fontaine de
Riopelle que certains veulent sortir d’ Hochelaga pour la réinstaller
au centre-ville. J’ai
signé la pétition de Keable mais…cette patente bronzée
( déjà un peu sénile le Jean-Paul usé ?) un peu lourde,
confuse, noironne ne m’ecite pas. Ne l’ai vu qu’en photo. Je
voudrais la voir « en personne ». Si elle est si
laide… je fesserai dessus. Les grands noms ne m’impressionnent
pas. Avec une réputation bien établie, des artistes arrivent à
faire passer tout. Du moins bon. Ce snobisme intimidant n'a aucune
prise sur moi.
2-
Un
navet. Ennuyant comme tout ce film (de Ruiz)
loué : « Comédie de l’innocence ».
Aile attirée par une Isabelle Huppert. Un
conte à dormir …assis dans le salon. Erreur. Aile
embarrassé. Je lui dis : « c’est ça ma peur
quand tu veux me laisser choisir. » Comme lorsque tu m’expédies
à l’École Bouffe. Crainte justement de me tromper. Navet,
navet !
Ce film (d’après un roman
italien) : que de « beauty shots », ouash ! Esthétisme
décadent. Pas de travailleurs encore une fois dans ce conte
endormant se déroulant en un milieu de professionnels riches.
Tout tourne autour d’un enfant-roi capricieux, désolé, en
manque d’amour (?), vivant dans un appartement luxueux avec un
papa absent et une maman pas trop maternelle et un oncle, étrange
psy.
Il va se sauver. À sa manière. Il
va suivre une dame dans un jardin public, l’adopter comme…
nouvelle maman. C’est une folle. Elle a perdu un garçon du même
âge par noyade accidentelle. Camille devient donc ce Paul,
l’enfant mort. La démente s’empare du gamin…
Bon, une histoire bonne en soi mais
ce Ruiz en a fait une longue machine sans structure, sans
ossature, sans épine dorsale. Suites de photos plates ! Tout le
monde ne peut être un Bunuel ! Le récit tourne en un néo-boulevard
insipide. À qui se fier ? Ainsi, des noms « de béton »
disent « oui » à des histoires sinistres ? Ou
bien…manque de talent (des réalisateurs)
malgré le bon synopsis. Comme avec ce « Comédie… »
J’ai songé à l’asile des fous visionnant cette
ineptie. À ce mystérieux cousin de papa, l’oncle inconnu
surnommé « Bombarde » car il jouait de la guimbarde.
J’en ai parlé dans « Enfant de Villeray ». La folie
me fascinait. Devenir fou ? Le pus grand des malheurs, me
disais-je à douze ans. Pus, il y eut une cousine (même famille)
« qu’on a faite renfermée » comme disaient le
peuple de ce temps. Cette expression m’était effarement :
se faire renfermé ! Elle fut utilisée dans ce film de Ruiz. Tout
s’éveillait alors, souvenirs de l’asile des fous :ma
peur de voir surgir Bombarde chez moi. Ou l’autre, sa sœur, la
fille de tante Evilna. Ce poète fameux, Nelligan, pourissant dans
sa cellule. J’imaginais une conspiration. Autour de moi on
moquait tant les poètes.
3-
Pourquoi
donc ? D’où viennent certaines pensées, souvenirs, etc.
J’ai pensé à Guy Dufresne, auteur mort depuis
longtemps. Il avait signé une dramatique-télé formidable :
« Les traitants ». Jean Dumas, le réalisateur de ces
« Traitants » en fit un spectacle inoubliable. Ah !
Dumas, retraité, a signé, comme moi, un texte en hommage à Léo Jacques,
ex-maire de L’Assomption.
Ensuite, j’ai songé au réalisateur
Gilles Senécal, mort il y a peu, qui avait réalisé
superbement « Les filles du Roy » (du même Dufresne
?). Je questionnerai l’ami Pierre-Jean là-dessus,
il a été le compagnon d’une fille de ce Dufresne.
C’est fini ces grands moments de la S.R.C. Comme c’est fini
« La soirée du hockey », disent les gazettes
d’aujourd’hui. « Tout s’en va… » Léo Ferré ?
Soudain,
Aile sort en trombe. Des cris d’oiseau piquent sa
curiosité. Elle ira jusqu’au rivage pour tenter de trouver la
source de cette complainte bizarre. Revenue : « J’ai
vu deux rats musqués, un gros et son petit, ils nageaient
rapidement pas loin du rivage. Ces cris d’un oiseau ? J’ai pas
pu le voir. Sur la grève, j’entendais clairement ce piaillage.
Mais rien à voir. Mystère ! C’était là, dans la haie, je
cherchais des yeux… et pas d’oiseau ! Curieux non ? L’oiseau
invisible existe, c’est ce criard ! »
L’amie Françoise Faucher au téléphone. Elle accepte
volontiers de parler avec moi dans un studio-Scully à Ville La
Salle (jeudi ou vendredi prochain). Sujet : « Lectures
de son enfance ». « J’ai encore ces « premiers »
livres, Claude ! » La
recherchiste Gagnon en sera heureuse pour son « Biblotheca
Jeunesse ».
Je loge un appel sur le répondeur de
J.-C. Germain qui veut un bref « polar » (une page de
revue). Je lui dis que ça va venir, que je tiens une piste.
Date-limite : le 15 de ce mois. Je dois trouver un bon sujet.
Son magazine est de gauche. Comment relier « limier, bandit
police et gauche » ?
Aile : « Menteur, tu
n’as rien et tu lui dis que tu as … » Je m’explique : »
Folie ? Vanité conne ? Un auteur ne va pas avouer à un camarade
qu’il n’a pas une idée. » Elle rigole. Répète :
« Menteur, saudit menteur
! » Elle…des fois. Aile… parfois …
4-
Le
président du conseil (sous le maire Tremblay) est mon ex-camarade
des parcs de la Ville, Marcel Parent. Je viens de demander à
Faucher (de L’Actualté) de me donner des nouvelles de lui, via
une entrevue. On sait jamais. Ce bonhomme était un moniteur de récréation
dans Maisonneuve où j’allais faire peinturlurer ses petits.
Il devint cadre plus tard. Il aimait les enfants, les
enfants l’aimaient. Il aimait le théâtre. Il fut enrôlé par
Buisonneau pour « La tour Eiffel qui tue » Marcel
jouait, poudré de blanc, un vendeur itinérant, il répétait,
son kiosque-cabaret en bandoulière : « Limonade,
orangeade » en fixant la salle comme un dément perdu. Je
l’ai perdu de vie… Il se fit élire député. Il devint
‘coach’, chef du caucus sous Bourassa. Le voilà donc en
Président du Conseil, « boudeur exaspéré »,
dans toutes les gazettes du jour.
Manifestation
hier dans nos rues. Le monde de la couture industrielle
proteste. Mes sœurs furent exploitées en midinettes mal payées.
Maintenant, l’on craint et l’exploitation, au sud, des
travailleurs… et….qui nuisent aux emplois du « monde de
la guenille » à Montréal. Situation complexe. On trouve
donc toujours « pire que soi ». Les industriels désormais
(merci mondialisation !) voyagent et dénichent (« cheap
labor ») plus misérables que nos misérables relatifs !
Comme on dit : je pensais pas voir ça de mon vivant !
5-
Un
magazine (L’Express) consacre un tas de pages à : « Le
Québec veut des Français ! »
Suis curieux de lire cela. Ceux qui ont lu « Je vous
dis merci » savent tout ce que je dois à nos Français de
France. Ils émigrent peu. On peut comprendre cela. La France est
un pays étonnant, si varié, si fécond dans maints domaines. Vouloir devenir apatride, quand on vit dans ce fantastique
pays, nécessite de graves raisons. Une certaine xénophobie (chez
les fragiles comme toujours), mélangée à un certain complexe
d’infériorité (pour des raisons connues) font que l’émigré
de France devra faire face à certains problèmes. Il n’en reste
pas moins que (la France) c’est une source parfaite, idéale,
pour la lutte contre la dénatalité et contre les
tentatives séculaires des francophobes pour nous diluer.
Quelle francophobie ? Bon. Lisez
« The Gazette » of Montrial. L’affaire du « kirpan
à l’école » fait de nous des fascistes dangereux, des
intolérants enragés, des brutes nazies. Lisez « The
Gazette » et vous verrez si la francophobie existe encore
dans nos murs. Des éditos (La Presse et Le Devoir) se
scandalisent avec raison de ces condamnations folles !
À L’École Bouffe hier :
« pain de viande ! » Ma surprise ! Le bon vieux temps
du « meat loaf » de nos enfances pauvres de retour ?
J’ai pris aussi du chocolat —« cher »— cadeau
pour cette Aile qui fait de si beaux bouquets de fleurs ! Moi le
« malade » me contente du chocolat à 80 % chez l’épicier.
Pas bien sucré mais…
Nuits chaudes enfin, donc dormir fenêtres
ouvertes et le store
aussi. Brise parfaite. Je regarde la nuit et je vois les lumières
des maisons (condos) sur l’autre rive. Conte de Noël. Cartes de
souhaits de l’enfance. Sous-Krieghoff. Paysages bien-aimés de
jadis. Ces maisonnettes illuminés sur la colline d’en face
comme celles posées au pied de l’arbre de Noël. Elles sont là,
lucioles vives, veilleuses charmantes dans les collines, si vraies
dans ma nuit. Et je m’endors comme un enfant la veille d’un Noël.
6-
J’ai
vite abandonné un roman nouveau de Marie Auger, un pseudo pour
Mario « ché-pas-qui ». Page vingt, je décrétais »
Non mais… Quelle détestable fable aux péripéties
inexistantes. Page 40 : Piétinement, redondances, bégayeur,
haïssables jeu de mots.
« Le ventre en tête » est une lourde et pénible
logorrhée. Une salade de calembours pesants. Page :60,
indigeste intrigue. Nulle. C’est répétitif. Aucune progression
dramatique.
N’est pas Soucy qui veut
(fantastique « La petite fille aux allumettes »). Aile
débute dans ce « Ventre… » et me dit qu’elle aime
bien. Quoi ? Ma peur ? Que nous soyons trop différents. Fou non ?
Elle a droit à ses goûts, à ses auteurs favoris, à ses
opinions. Oui fou : je voudrais l’unanimité toujours, que
nous formions un couple parfait —niaiserie— avec les mêmes
valeurs, critères, et les mêmes plaisirs et déplaisirs. Je rêve
moi !
Journal : « On va
geler, à Ottawa, 50 millions d’argent (public, le nôtre). Enquête
sur pub et propagande avec retour (backshish ?) aux caisses du
parti libéral. Cryogénie passagère !
Voici enfin un nouveau lien avec mon
éditeur basdufleuvien . Je dois ré-expédier —par « envoyer
vers…— les mois du journal à un nouveau (nouvelle) adjoint
(e). Gros tas de mots à réviser. Ai prévenu : laissez-moi
mes néologismes, aussi mes erreurs (dates, noms etc.) car, à
d’autres entrées, je corrige moi-même ! Eh ! Labeur dur !
Encore une bombe hier,
À Tel-Aviv. Oh Dieu, Yaveh, Allah ! Bousillage
de vies innocentes versus mission sacrée chez des enfants
palestiniens fanatisés. Rien à faire. Mille chars de la Tsahal
n’y pourront jamais rien. Hélas ! Le pacifistes des deux camps
mis à mal ! L’horreur sans nom
!
J’ai lu des novelles de
Marquez hier,. Grand plaisir pour moi qui n’avait guère apprécié
son célèbre « Cent ans de solitude ».
Gabriel-Garcia
Marquez, avec ces nouvelles (« L’incroyable…) brosse des
personnages, des lieux, des fables qui sortent d’un pays pauvre
de la mer Caraïbe où la misère court les rues de villages désertiques
perdus.
Un monde « ancien » ? Ses
souvenirs « arrangés » de son jeune âge ? Je sais
pas. Je ne sais trop. Un panorama insolite. Fillettes prostituées,
généraux bouffons —j’avais beaucoup aimé son « Patriarche… »—
sorciers, guérisseurs infâmes, homme-oiseau, ou ange tombé,
maquerelle redoutable, milices effrayantes.
Et puis, sur toute cette plèbe,
autour de ces gueuses et gueux, des descriptions étonnantes avec
des phrases audacieuses, percutantes, d’une imagerie troublante.
Fort écrivain. Et qui m’a donné l’envie —c’est cela
aussi lire pour un auteur— de me garrocher illico
dans cette sorte de récits fous où je pourrais sublimer,
moi aussi, mes
souvenirs en fable folles, délirantes.
Est-ce que je pourrais. Hum ! Silence
là-dessus. Je dis « oui » mais…
7-
Je
palpe un Trevor Ferguson qu’Aile m’a rapporté —bon chien,
oh, si elle lisait cela !— de la biblio du coin.
Je veux le connaître. Un anglo de Montréal, ex-chauffeur
de taxi, j’aime les autodidactes. Doué dit-on partout, et qui a
connu, enfin, un succès tardif. J’ai lu dix pages. Histoire au
fin fond du grand nord. Je crois que ça me conviendra. Un jeune
orphelin candide s’amène dans un camp de grossiers travailleurs
du rail. Un job de « time keeper ».
Un couque (cook) bizarre. Un chef de chantier curieux. Un
chien-loup mauvais. Oui, je vais m’y plonger. On verra bien.
J’ai donc achevé le Hervé G. Son
misérable « Mausolée.. » Une fin affreuse. Voyez
comme on …dansait ! Difficile à supporter toute cette chasse à
fellations…ces « traces de merde sur le drap »…(sic),
la coprophagie implicite, la pédophilie tacite, la porno
infantile admise (page 341), cette petite Louise qu’il doit
garder (!), l’amant, T. qui le trompe, qui est l’époux de C.,
la mère de Louise, et ce mari bi-sexuel volage.
« Il me lèche l’anus », précise et insiste
le Guibert et on voit les voyeurs compulsifs qui vont accourir.
Misère humaine ! On
a mal au cœur ? Oui. On continue dans cette merde (à la lettre),
car, soudain, de brefs portraits —d’inconnus qui passent—
brossés avec art. Soudain, en quatre lignes une vision bien définie :
un talent évident. Ses parents —contentieux amer et flou sur
eux— lui avouent « tout ramasser sur lui, pour revendre
tout cela un de ces jour ! » Oh ! Soudain, l’Hervé —qui
vomit, qui chie partout, à bout de souffle, qui supporte mal la médicamentation
anti-sida— assiste à une messe en plein air ! Et il en est
troublé. Soudain, il a un chapelet aux doigts … C’est
Verlaine, sorti de prison, avec son chapelet, s’agenouillant
devant son Rimbaud en route pour l’exil.
Du journal sans aucune entrée claire. Quinze années
d’une vie de patachon obsédé de sexualité inverti, jeune
bourgeois (venu de La Rochelle) parisianisé, englué dans son
vice. Deux tantes riches qu’il visite, de vraies tantes, une à
l’agonie. Séjour à Villa Médicis —pour ses dessins, ses
photos ?— chicane
chez Lindon-Minuit (trois ans), querelle chez Gallimard, (cinq
ans). Guibert passant chez Pivot, Guibert heureux d’être
reconnu dans la rue. À la fin, Guibert crevant, chauve, titubant
vers sa mort. Lecture bien triste. Content d’en être sorti.
Dans « Voir », à des émissions
culturelles (Fugère et Cie) « La presse » et où
encore ?, pas u mot sur sa folie obsessionnelle, mais non. Voyons
restons « littéraires » n’est-ce pas. Hypocrisie
niaise. Guilaine Massoutre, par seul exemple, publiait (le 16
mars) : « Si les « Essais » de
Montaigne étaient récrits aujourd’hui, ils diraient la sagesse
antique et retrouvée d’un Guibert »
Incroyable mais vrai. Dans « Le Devoir » , plus
tordue que Ma Sourde », tu meurs.
!
8-
Je
tiendrai journal en juin. Moins souvent, forcément, à moins que
le temps… Météo, je te guette. Grand mystère : à deux
reprises, —articles différents— je veux alerter le public sur
ce projet fou d’églises vandalisées en Inde, par un M.
Langevin, venu de Larouche et devenu un riche marchand d’art,
galériste dans Manhattan. Un reportage du jeudi
9 mai signé Richard Hétu. Ce bizarre projet d’un site
touristique à Larouche, village du Saguenay pourrait être dénoncé
par l’Unesco. André
Pratte (La Presse) que je secoue : « Pas de
place. Plus tard !» Et je lis des lettres futiles
depuis. Chaque jour.
Oui, mystère épais ! Qui cache quoi
au juste ? Alors j’avertis le ministère du Tourisme à Québec,
avant hier, et pas d’écho encore ! Non mais…que cache cette
affaire ? Je fouillerai encore. On verra bien.
Bête intelligente le racoon ? Ah, ce
chat sauvage du yable ! Il a
fait tomber l’œillet de mon
crochet à notre boite à vidanges. J’en ai reposé un
plus gros. Aile n’en revient pas. Comme elle n’en revient pas
de ce pape si mal en point qui continue de voyager. Elle dit :
« Il est comme certains acteurs, il souhaite mourir en scène,
au travail, c’est beau ! »
L’Hervé du « Mausolée… » : «
Un écrivain dot mourir en train d’écrire ». Ouengne !
Romantisme qui m’énerve.
9-
Il
y a 13,000 postes de loto dans nos murs !
Ce serait unique en Amérique du nord ! Une société
distincte hein ! Je dis :on est les meilleurs ! Sérieusement
? Nous sommes le pire trou au monde!
J’écoute
le bonhomme Royer aux nouvelles, un des grands manitous (venu du
bureau de l’ex-chef Pariseau) de la patente à sucer le fric des
fragiles. Il semble content : 13 mille tentations sur le
territoire ! Eille chose ! Et,
hypocrite comme sept yables, il parlera aussi du bureau de
surveillance pour les compulsifs ! Non mais…
À PBS, avant-hier, une version d’ « Anna
Karénine ». La « Madame Bovary » russe ! Aile qui
aima tant leur moderne « Othello » avec un vrai Noir,
pas un maquillé d’opéra, écoute avec attention. À la fin, elle
va louer encore le bon travail de réalisation. Je regardais
d’un seul œil. Soudain, je zieute un sosie d’André « grand-père »
Cailloux et, soudain, me voilà encore rêvant.
Faire un film. De la vidéo, c’est
moins cher. Engager Cailloux. Me souvenir de sa bouille rare, de
son timbre de voix si spécial. Je rêvasse :enrôler un tas
de ces « vieux » comédiens (hommes et femmes).
Composer des histoires où il faudrait des gens âgés. Je dis à
Aile : « Tu reprendrais le métier, oui ? »
« Non », fait-elle. J’ai donné. C’est bien fini
». Bon, je ferai son job. On voit tant d’amateurs complets dans
ce métier.
Je voudrais tant revoir des
figures fameuses d’il n’y a pas si longtemps, merde ! Comme on
a jeté vite les vieux artistes par ici.
J’entendais les noms des premiers invités d’une série
d’ ici, pour ARTV, qui va imiter (bravo !) et Lipton et Rap :
encore que des jeunes gens. J’admire,
moi aussi, Luc Picard ou Marina Orsini mais il y a les aînés,
non ? Gilles Pelletier, par exemple, n’est pas nommé. Je
n’aime pas du tout cette ingratitude des producteurs d’ici.
Chez Lipton aussi, on voit des artistes pas bien vieux mais on
invite parfois des figures fameuses qui ont donné de grands
moments —d’impérieuses lettres de noblesse, d’honneur— à
l’art dramatique des USA.
10-
Avec
Denise Bombardier, mercredi qui vient, pour une « Conversation ».
Où ça ? Aux ex-shops Angus au bout de la rue Rachel, dans
l’est. Des studios naissent donc partout ? La recherchiste au téléphone :
« Apportez donc des photos de vous, enfant ! »
Non mais…Se moque-t-elle de moi ? Je dis : « Ne
m’embarquez pas là-dedans, vous me connaissez là-dessus, la
nostalgia ! » Elle est sérieuse et y tient.
Jeudi et vendredi, studio de nouveau,
pour ces « Bibliotheca Jeunesse ». Faire jaser
Bilodeau et F. Faucher sur leurs lectures premières. Je jongle :
est-ce qu’un jour, cela ne pourra plus se faire ? Dans 50 ans,
ce sera : « Parlez-nous de vos premières images
de ciné ? De télé ? » J’imagine un (e) gaillard (e)
s’amenant en studio, non plus s avec un vieux roman de Jules
Verne mais avec des bobines. Des cassettes de chefs d’œuvre
divers, signés de grands « imagiers » aux noms
connus, prestigieux. Pourquoi pas ?
Et cela ne me fait pas mal. Je me dis : mais oui, le
monde change, Ils auront, à la maison, une filmothèque, une
vaste vidéothèque et plus de bibliothèque. Eh ! Le mot sera
biffé des dictionnaires. Quoi ? Chaque année grossit des stocks
effarants d’excellents ouvrages visuels, pas vrai ? Alors….
Grande hâte de revoir mes pivoines
au pied de la galerie, sous les lilas. Belles grasses fleurs.
Roses et blanches. Parfum fort, consistant. Fleurs volées !
J’avoue. La maison voisine, celle de la vieille demoiselle Françoise
Saint-Jean, resta longtemps en vente. Les pivoines poussaient…
pour personne chaque année. Un jour,
nuitamment, la pelle… et hop, déménagement chez nous
d’une bonne part de ces pivoines-pour-personne. Un peu de honte,
rien de plus. Peur d’être vu surtout. Aile bien humiliée
d’abord. Bof !
Les acheteurs, nouveaux venus,
refirent complètement l’aménagement paysagiste du terrain et
ainsi ne furent privés de rien. J’ai raconté ailleurs (in
« Pour tout vous dire » ou « Pour ne rien vous
cacher ») mes déboires avec ma chère vieille fille
Saint-Jean. Je me retiens d’y revenir. Ce fut « le chat
(moi en matou) et la souris (Françoise énervée du raminagrobis
effronté).
Qu’entends-je à la radio ? Le
Bouchard « ethnologiste »
à Brazzo qui raconte : Dans les vieux pays, tous
ces Européens fuyaient pour plus de liberté, venaient en ce
continent nouveau dans l’eldorado du tout est permis ? »
Vrai et faux ? Je vos plutôt deux types : l’un,
minoritaire, est une sorte de saint, de mystique et il fait partie d’une
élite, d’une caste de nantis à la moralité noble, il est
accompagné d’un autre minoritaire, le marchand audacieux qui rêve
de marchés nouveaux.
L’autre type, c’est le monde
ordinaire, majoritaire. Tel mon ancêtre en 1700, vos ancêtres.
Comme Aubin Jasmin (du Poitou), ce sont des très jeunes gens
pauvres. Ils s’engagent comme soldats. Régiment de Repentigny
(Aubin) , de Callière, etc.
Ils n’ont plus rien à perdre. Tout à gagner. De la
terre. À perte de vue une fois l’engagement terminé. À
Poitiers Aubin n’ a rien. N’est rien. Ici, il aura, au village
Saint- Laurent, des milliers d’arpents !
Cela va de la rivière des Prairies jusqu’au Dorval
actuel. Une hache, un cheval, un vache… plus tard, cabane
dresse, une « file du Roy », pis vas-y, défriche
jeune homme !
Foin de ces « rêveurs de
liberté » bonhomme Bouchard !
11-
L‘animateur
Daniel Pinard, volontairement abandonneur d’émissions-cuisine
et qui rêvait publiquement de son « Sel de la semaine »
télévisé bien à
lui, doit être très triste. Bien déçu. C’est René
Homier-Roy qui a été élu pour animer ces entretiens d’une
heure à ARTV. Pinard a fait des remous gigantesques « en
sortant du placard » comme on dit. Des producteurs sec
sont-ils dit :non,
pas un homosexuel strident, évident ! J’espère que non.
Quelle connerie de percevoir un
homosexuel comme, uniquement, un être d’une certaine sexualité.
Aberrante attitude.
Pinard
—que j’ai un peu fréquenté— est « aussi » un
homme cultivé, érudit sur bien des sujets, passionné par tous
les aspects humains de la vie et des êtres, il est bien articulé quand il questionne, il est capable de
structurer solidement une interview, capable de jacasser avec
beaucoup d’esprit (radio, télé, aussi journaux). Il a de
l’humour à revendre. Bef, j’espère qu’il aura une autre
occasion de faire valoir ses talents multiples.
12-
Le
grand homme des anglos, PET, disait de nous : « un
peuple de maîtres-chanteurs ». Bang ! Mais qui offre sans
cesse ce chantage ? Ottawa. Preuve en est faite ces temps-ci. On
demandait pas tous ces millions en publicité, en propagande, via
les compagnies comme Group’Action et alliés. Non ! Énervé par
le 60 % de francos souhaitant l’indépendance, les fédérats
gaspillent tout cet argent public (celui de tous les Canadiens)
pour nous faire la cour. Avec ristourne aux caisses du
parti.
Un prof des HEC vient de fournir les
preuves que c’est au Québec que l’on crache le plus du trésor
commun public. C’est grotesque. Injuste pour les payeurs de
taxes et d’impôts du Canada… qui devrait s’en révolter. Le
maïtre-chateur nb’est pa celui qu’on pense ! Une réalité.
Mais, ce matin, un éditorialiste de
La Presse compare volontiers les fanatiques francophobes (type
Brent Tyler) aux gens de la SSJB ! Diffamation dégueulasse au
moment où cette vieille société nationale change, évolue, mue
et, depuis des décennies, fait tout (avec beaucoup trop de zèle
parfois !) pour inclure, pour attirer, pour intégrer tous les émigrants
québécois.
13-
sa
only ! USA always ! Ce matin, « La presse », un
certain F. Perron couvre l’activité d’un certain H. Knowles,
fleuron amerloque ! Encore un. Un autre. Un de plus. Ça ne cesse
pas. Partout. Maudite marde si, ensemble —chroniqueurs,
reporters, etc. — on
décidait de cesser de jouer la courroie de tansmission docile des
Américains, pour arts, culture, spectacles, etc. Quoi ? On veut
fermer nos frointi;res ? Mais non. Les ouvrir justement et
vraiment. Pouvoir lire davantage sur Espagne, France, Belgique,
Italie, Suisse, Scandinavie, etc. Faire l’essai. Juste un an
pour voir. Des novelles sur le monde. Sur les pays de l’univers.
Assez de « USA only », non ? Paresse maudite ! La
culture pop américaine
n’a pas besoin de nous. Serait-ce injuste de ne pas mousser
leurs bébelles Kulturelles ? Pas du tout. Ils sont assez nombreux
(275 millions) pour s’épanouir sans l’aide du con zélé,
stipendié, du petit « plus grand journal français d’Amérique ».
14-
Comme
c’est fréquent ici, vers 18 h ou 19 h, le soleil se montre en
force. Luisant, brillant. Surprenant. Chaque fois, c’est la
galerie inondée. « Va-y-t-on manger dehors ? » Aile :
« Euh
…Pourquoi pas ? » Et
manger quoi ? C’est Aile qui est allé à l’École Bouffe tantôt.
Réponse : « Aile de requin ! » Hen quoi ? Incroyable.
Elle s’est apprêtée à quelle sauce mon Aile ? J’exagère,
Aile oui, mais requin, non. Ça, jamais ! Plutôt un médusante méduse.
Je m’approche donc de ce « jaw » cuisiné, en
confiance.
Demain, dernier jour de mai. Je
chante : « Le temps, le temps et rien d’autre… »
Je ne le vois pas passer. Hier, dans la file de l’École bouffe,
j’ai repris (une
troisième tentative) la
lecture de « Brève histoire du temps », de Hawkins.
Je veux comprendre notre univers. Début avec Aristote, Ptolémée,
plus tard, Galilée, puis Copernic et Newton . Ça va jusque là…
mais j’ai peur de la suite. |