|
Jours de
pluie...
1-
Ciel
lumineux ce matin mais sans lui, L’Oestre (Verlaine à propos de
Rimbe). Notre Jean-Guy en gratteux véhément pour le plancher à
reteindre côté des cèdres ( longs arbres que le déneigeur
promettait d’émonder…mais… ). Gros tracas hein ? Ouen. Oui,
se défaire de tout et partir avec deux malles… D.Marleau
finfinaude avec moi. Courriel sibyllin. Un zigue curieux.
Il
a du jus. Mon Cornellier, lui,
refuse (un peu ! il y réfléchit ? ) de suivre mon conseil :
faire de sa chronique au Dev (des essais), des billets d’humeur,
une sorte de feuilleton personnalisé. Pour cela il faut se sentir
« écrivain ». Se sent-il tel ? Tout est là.
Rêve encore cette nuit. J’avais lu
un curieux billet libre (La Presse) du fils de Jean Lapointe qui
racontait une amie mal prise, dans un « rave » avec
lui (à son âge ?), qui tombe dans les mals… Grave crise. Vite,
ambulance, hôpital, bons soins mais il a éprouvé une peur
terrible. Bon. M’est-il resté dans le cortex ou le
cerveau…reptilien, des traces ?
Ce songe donc. Je suis demandé, coup
de fil, chez Jean Lapointe. J’y vais. Banlieue froide, anonyme.
Vaste logis. Jean est très mal en point. Vieilli davantage. Un sénateur
gaga. Il me dit (insiste) d’enlever mes bottines (noires, cirées
!) et les jette sur un tas de souliers dans une pièce désorganisée.
Un désordre règne dans sa maison. On cause. Jean se plaint, se
dit « fini ». Je tente de le requinquer. Vainement. Il
s’en ira ? Me laisse en plan.
Je veux m’en aller aussi. Je cherche mes bottines. Ne les
trouve pas. Je fouille dans ce tas énorme
de chaussures. Pas là ! Des gens passent. Des jeunes gens.
Une femme (inconnue de moi) épouse, gardienne ?, je ne sais…rôde.
Va et vient dans la cuisine. Frigo qui s’ouvre sans cesse. Des
bières partout. Je vais fouiller dans des placards. Toujours d’énormes
paquets de chaussures ! Sandales, cuissardes, runninge-shoes,
bottes, savates, à lames, sortes de patins, semelles à crampons,
lisses, épaisses, minces, un vrai magasin de souliers divers,
je n’en reviens pas. Je songe à prendre une paire de
n’importe quoi et fuir. Mais…Incapable d’avoir deux souliers
semblables ? Me voilà en sueurs !Bizarre ! Je me réveillerai découragé,
perdu.
Qu’est-ce que c’est que ce rêve rempli d’escarpins ?
Freud, au secours ! Insensé de m’être vu à genoux, énervé.
Pourquoi cet empêchement à pouvor me chausser ? Quelle est la clé
de cela ?
2-
Oh
! le film étonnant, loué avant-hier : « Wit ».
Qui veut dire « dépérir ».
Avec la fameuse Emma Thompson. C’est l’ami Faucher qui
nous le recommandait.
Avec raison.
Une très sévère « vieille
fille », prof de littérature ancienne, —le poète ésotérique
John Dunn est son idole— entre
de toute urgence à l’hôpital. Un grave cancer des ovaires. Un
ex-élève sera son soigneur. Il lui fouille le organes, ganté.
Humiliation. Tout le film « Wit » nous fera assister
à son calvaire. Intelligente, lucide,
elle observe tout, note tout. Monologue fascinant. Imsghes
redoutables. La Thompson y est hallucinante de justesse. C’est
le terrifiant défilé des froids spécialistes, l’horreur
d’une cure expérimentale (chimio), enfin, le délabrement
physique.
« Wit », pas un film
triste. C’est autre chose. Cette érudite, si austère, si
rigoureuse, si intransigeante jadis, fait face à la mort plus que
probable. Des retours en arrière, minimalistes, illustrent (à
peine) son passé. Un courage inouï. « Wit », Une
solitude totale. Quelques scènes inoubliables. « Wit »,
du cinéma important signé Mike Nichols. Un récit renversant tiré
d’une pièce de Margaret Edson.
3-
Samedi
dernier, Foglia , comme en passant, fesse Saint-Sauveur.
Il
attaquait la Sheila en « ministre de la Propagande ».
Alors ce laid lieu ? C’est fréquent en un certain milieu :
comme c’est laid, Saint-Sauveur. Mont-Tremblant. Jadis :
Pointe-Calumet. Ou Old Orchard, Maine. Des lieux fréquentés
souvent par le populo. Est-ce laid, est-ce joli ? Quoi dire?
C’est vivant, plein de monde, plein de touristes, Saint-Sauveur.
Joyeux. Dynamique. On y va parfos Aile et moi et on ne juge pas le
site. Commerces, restaus, une belle vieille église au milieu de
la foire. Rappel du passé villageois modeste en un cirque
populaire ?
Parc d’attraction quoi ?
On voudrait pas un Sainte-Adèle dans ce genre. Oh non !
Mais y aller pour un bain de foule…sentimentale ? Au fond des
choses, cette détestation bien bourgeoise relèverait-t-elle
d’une misanthropie sourde ! Ah ! Redire que, jeune,
Pointe-Calumet, ultra fréquenté, était une sorte de Parc
Belmont et que cela a forgé mon caractère, disons,
ludique. J’aimais marcher la rue « marchande »
Saint-Hubert, ou le Marché Jean-Talon. La vie vive quoi !
J’aimais déjà les gens, la foule. Cela me stimulait. Des
sauvageons restaient loin des cirques. À lire John Dunn ?
4-
Des
tueurs protégés les médecins ? Oui, assez souvent. « Deux
mille assassinats (2,000) chaque année au Québec »,
annonce un article de gazette. Il y a, dans cette profession, un
mot caché, un euphémisme hypocrite, pour le « rapport »
du bon docteur erratique. Erreurs médicales fatales. Léthales.
J’ai oublié ce mot. Mais il s’agit, le mot chien ne mord pas,
d’ « homicides involontaires ». Ce que dirait
le code criminel. Il n’y a ni procès, ni sentence.
Duhaime, ex-politicien,
rétorque : « Pas en deux mois mais en sept mois, mes grosses gages ! » C’est noté maître
! Donc environ 25,000 tomates par mois ! Donc environ 7,000
tomates par cinq jours ouvrables en consultant-lobbyiste. Maudit
pauvre va ! Plein de travailleurs qui gagnent quoi, eux ? Trois
centaines de dollars par semaine. La vie, la vie.
Visite de « l’étalagisye obsédé
de chairs mises à nu » dans nos murs, sous le bon patronage
complaisant du « Musée d’art contemporain » de l’ »abbé
de cour », le révérend père Brisebois. Spencer Tunik,
stoppé à New-York, vante notre…tolérance aux
exhibitionnistes. Ceux-ci s’imaginent immortalisés dans les
photos exposées. Prenez une loupe et cherchez-vous dans la
multitude à poil, de bande de caves ! La nudité est importante
dans l’histoire de l’art (ancienne surtout) mais voir un
auguste nu lumineux d’Auguste
Renoir ou voir un amas de viande humaine effondré sur le
macadam, c’est deux choses.
5-
Brent
TyLer, le féroce francophobe organisé (bonjour : All-liance
Kouaybec) soupire après le bon temps —il parle de « liberté »
pour nous, les francos, il nous aime tant— le merveilleux temps
donc, quand 80% des enfants d’émigrants d’ici étaient mis
aux écoles primaires anglaises. C’était un clair signal de
racisme. D’un racisme particulier certainement. La loi 101 a
changé ce… « contempt », cette intolérance viscérale
à la langue de 84 % des citoyens d’ici. Pourtant, certains
—suivez mon regard— travaillent encore à ramer contre le
courant rétabli, normal partout ailleurs, dans tous les pays du
monde.
Avons-nous un pays
au fait ?
Avant le célèbre 11 septembre 2001,
un mémo part, venant d’une antenne du FBI, au Texas : « Enquêter
tous ces étudiants-en-pilotage araboïdes qui suivent des cours (
intensifs ?) de pilotage ces temps-ci. » À Washington, bof
!, on fourre la note de service dans un dossier flou, à classer
loin des regards. Le
11 ? Bang ! Va y avoir de la démotion dans la hiérarchie
effbiaillienne ! Bientôt, soyez-en sûr !
Tanné d’être ce veuf accoté ?
Mon mariage planifié depuis des années ? Je veux un gros party.
50 invités, au moins. La schmala bouchérienne et jasminienne au
grand complet. Elle veut quoi
? Deux témoins. Négociations
qui traînent. Je descend à 36, puis 25, puis à 15. Niet ! Je lui met sois les yeux le journal du
jour : « Claudia Shiffer, cinq cents invités (500 !) ».
Elle rit et me donne une grosse bise. Ouengne !
Dans la file de l’École des
marmitons, surgissent des parents shmaliens :
Carole (du Sommet bleu)
et son frère Murray La Pan (de Saint-Sauveur). Je range
mon texte d’Arthur Buies. Causerie
puis portes ouvertes : choix immense cette fois.
Bagarre polie comme toujours. Ça revole, les paniers se
remplissent. Poulet, porc, agneau, poisson, pain bio,
amuse-bouches cocasses, chocolats. Je finance Carole, avec intérêt
de « 2% la minute ». On rigole.
Drôle, je songe encore au si bon
film de Ray Lawrence « Lantana ». Dedans, cet
acteur si fameux dans « The shine » (Geoffrey Rush) en
pianiste schizo, balbutiant, bégayant et sauvé par une femme. Il
joue dans « Lantana » un savant prof inguérissable de
la mort tragique de son enfant et marié à une thérapeute pas
moins poquée que lui qui déclenchera
toute l’action de ce film étonnant. Un bon récit
filmique fait cela :il vous hante.
C’est Tim « Robbins »
(et non Collins comme j’avais noté) qui a donné une si
formidable interview avec Lipton de la très brillante série
« Inside Actors’s studio », la dernière fois au
canal Artv. Les allures d’un brave agent immobilier ou
d’assurances, ce bonhomme (aussi réalisateur à l’occasion.
« Les évadés », un film à louer si pas vu encore )
a montré une intelligence —de ses deux métiers— hors du
commun. J’y repense aussi à cet acteur dépareillé. Il dit
soudain : « Prendre le métro—tant de silhouettes étonnantes,
tant de caractères humains à étudier— est une source fameuse
d’inspiration ! » Si vrai. Je m’ennuie parfois de ces
bains de foule. Ce métro pris de1967 à 1971.
6-
Ma
passion de lire. Pourquoi ? Pour ceci, par exemple, dans « Voyez
comme on danse » de Jean D’Ormesson :
« La
mort l’avait rattrapé. La mort rattrape toujours la vie. Elle règne
parce que la vie règne. La seule question sérieuse est de savoir
si cette mort, qui est le dernier mot de la vie, est le dernier
mot de tout. »
Et :
«
Dans un monde où tout change, où tout passe son temps à bouger,
le temps est la seule chose à ne jamais bouger, à ne jamais
changer. Il bouge mais il ne bouge pas. Il change mais il ne
change pas. (…) Le
temps règne, immuable. Immuable et torrentueux, immuable et
tout-puissant. » Il y a le temps d’abord, et tout le reste
après, et dedans. ». Et :
« Il
ne traitait pas Dieu comme ces imprécateurs dont la passion
farouche peut toujours apparaître comme un amour inversé. » Et :
« Il
me disait qu’il n’avait plus besoin de rien ni de personne
(…)que Bach suffisait à remplacer tout ce qu’il avait tant
aimé dans cette vie. Je lui glissai le mot de Cioran :
« Dieu doit beaucoup à Bach ».
Et :
« Nous
savons bien que tout appartenait à un théâtre fragile dont nous
étions les acteurs pour une série limitée de représentations.
(...) Qu’est-ce que c’était que ce monde où rien ne nous est
jamais donné que pour nous être retiré ? »
Et :
« Chacun
est prisonnier de sa famille, de son milieu, de son métier, de
son temps. Nous sommes les prisonniers de l’histoire. (Les vieux
) nous avions été jetés dans une période les plus sombres de
l’histoire. Elle s’ouvre avec une guerre (1914), elle se clôt
avec la chute du mur de Berlin (et de l’Urss)(1990). Elle aura
duré trois quarts de siècle. De violence, de haine, de
mensonges, de crimes. (…) ceux qui auraient dû s’attacher à
la justice et à la vérité se sont laissés aveugler par les idéologies
meurtrières et rivales. Imposture intellectuelle. »
Oui, c’est cela la joie de lire.
7-
En
gazette du jour, un petit malin. Pas le premier. Peintre inconnu,
il donne des tableaux. Pour une œuvre caritative ? NOn, pas tout
à fait. Belle générosité ? Dons du barbouilleur méconnu
—seulement— aux « grands » de ce monde. Malin
rare. Astuce et calculs ? Par exemple, une peinture au pape
polonais à Toronto bientôt. L’artiste dit qu’il va la
montrer à Jean Chréchien avant (fameux critique d’art
comme chacun sait). Ce certain Y.-J. Nolet a donné aussi…à
Bill Clinton. B’in quin ! Sa toile au pape s’intitule
« Kanada 2002 » et montre un chef amérindien.
Quoi ? Pape pas pape, pour les Européens, le pays c’est
« les sauvages à plumes », non ? Et les cabanes à
sucre, non ? Nolet : « C’est au plus grand des chefs
que je vais la remettre ». Plus téteux, tu meurs.
Samedi, l’experte conteuse pour
enfants, la romancière douée Dominique Demers, en « Forum »
de La Presse, écrit longuement pour dire simplement ceci :
il faut des animateurs, prof, bibliothécaires allumés pour
exciter l’enfant à la lecture. Il faut aussi des livres
excitants. Bref …elle est pour « le fort talent »
comme on est tous…pour la vertu et contre le vice.
Maine. L’assaillant, Michel
Doucette (nom prédestiné), curé de St-André, Bidderford, sud
du Maine, —du côté de Old Orchard et d’Ogunquit—
peut parler à ses ouailles.
En chaire. Pour confesser ses péchés de sodomite en
soutane. Silence totale dans la nef, on l’imagine bien. La
victime, lui, David Gagnon, rien. Pas de sermon public ! Une
affaire de C.-F., des expatriés d’il y a longtemps.
Les paroissiens : « Faut
pardonner. Il fait de si bons sermons. On manque de prêtres
(situation alarmante là-bas). Gagnon a déjà « gagné »
63,000 $ pour son silence. À 15 ans, il était assez grand pour
refuser. Qui n’a jamais péché…Etc. »
Heureusement, existe le BTS —Breaking the silence— et,
surtout le SNAP —nom de produit connu jadis pour déboucher les
tuyaux bloqués ! Affaires d’égouts et ça sent mauvais. Il y
a, ici, le MAJ (Mouvement action justice). On veut que tous ces pédés
défroquent et vite. L’abbé Doucette est réfugié à Ottawa.
Pourquoi là ? Un temps, on y trouvait de fameux réseaux de pédophiles
actifs, vous souvenez-vous ? Une bin grosse talle.
À suivre ? Mon petit doigt me dit que Québec —après le
Maine— va faire fleurir de ces tristes fleurs sur un fumier
abondant. Qui ne sait pas quelques sombres histoires d’abus par frères
et curés dans nos « petits séminaires » pensionnats,
dans les écoles et collèges catholiques. Qui ? Vous verrez si
tous nos abusés se décident à briser les silences complices.
Hen quoi ? Encore ? Oui. Lisez bien
cela : un jour, un curé, bonne mine —photo dans la
gazette— tête de l’abbé Pierre, reçoit à sa table un qui
veut le sacerdoce. Repas arrosé. Soudain, raconte à la télé (« Good
morning america » sur ABC) Paul Marcoux, 33 ans, ce curé
Weakland, 55 ans, —il
a 75 ans maintenant et est devenu archevèque de Milwaukee—
ouvre soutane et pantalon, baisse la culotte du jeune Marcoux et
lui …pogne le paquet ! Agression sexuelle. Une autre.
« J’étais pompette »,
dit Marcoux. Ah le vin de messe ?
Le New-York Times en fait sa « une ».
Bon, okay, silence, on va payer. Presque un demi-million, versé
à qui ? À notre francophobe Brent Tyler (de l’Alliance),
avocat de Marcoux que ce dernier a connu à Montréal en 1993,
publiant des vidéos religieux.
Ce « monseigneur »,
pauvre pécheur, était un libéral, voulait le mariage des prêtres,
l’ordination des femmes. Le reporter Richard Hétu nos informe
qu’on a obtenu une lettre du monseigneur : « J’ai
le sentiment d’être le plus grand hypocrite du monde. Je
reviens à l’importance du célibat dans ma vie (hum...) cet
engagement donne la liberté ».
Le jour même du show-télé,
Weakland démissionnait de son poste et le Vatican acceptait vite
sa fuite. Ce qui me chicotte : l’attente.
20 ans à se taire. Il n’ avait pas 15 ans mais 33 !
Et tout cet argent versé. Triste
situation car les cathos de Milwaukee sont atterrés.
8-
Le
ménage continue. Rideaux au lavage, Tentures démontées, examinées.
J’aide de temps à autre. Je la sens heureuse, légère. Elle
chantonne les Michel Rivard qui sortent de mon bureau, satisfaite :
« Méfiez-vous du méchant loup, il rôde tout partout, dans
les sous-sols de nos banlieues… »
C’est dans les chromosomes des femmes ? Macho va ! Aile
parade devant l’homme. Elle est en train de nettoyer le placard
de l’homme. « Ce vieux veston ? Je jette ? Hein ? Ces
trois chandails usés, ce gilet fané… » Je dis « Oui,
okay ». La paix de ménages. Aile adore jeter ce qui traîne.
Les contraires s’attirent. Mais il y a des limites :
« Ouow! Minute ! ce
tas de gaminets ?
Non, bons pour mes petits fils…Elle : « T’es
fou, tu connais pas les jeunes, c’est des cochonneries… »
Je me tais.
Un jour, il y a longtemps, du temps
du vivant de l’épouse, un
veston de velours épais disparut, aussi, une chemise de soie, si
légère… mon premier linge de jeune homme. Je l’aimais. Comme
un costume symbolique. Je cherche partout. Aveu : « ça
faisait quinze ans
que tu traînais ça… » Oh mon chagrin ! Je m’attache à
tout. À trop ? Trop à Aile ? Sans doute. Un bon matin, je jette
Aile ! Je dois faire un homme de moi, non ? |