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de David et son grand-père
parus dans la Presse durant l'été 1999
dont Jasmin parle aujourd'hui
1-
Soleil et vent
très fort ce matin. Notre petit quai de travers et l’énorme
quai de la plage publique dérive, voyage vers l’ouest, échoue
chez les Boissonneau et puis, dérive nouvelle —vent changé de
bord— chez Maurice, mon autre voisin ! À l’heure du lunch, pschitt !, nuages
gris se joignent partout et Galarneau se tire ! Bye bye !
Erreur dans mon entrée d’ hier :pas
un milliard au délateur suicidé, non, un juste presque deux
millions. Reste que c’est les gages de trois décennies de
labeur allant à un seul homme(au courage et à la repentance bien
rémunérés !) pour une seule année de loyaux services. C’est
ça qui est écrit « loyaux services » sur ma carte de
retraité de la SRC.
Belle visite tantôt : mon cher
David, devenu un grand jeune homme. C’était
mon vis à vis dans La Presse durant tout un été. Sur
mon écran, paquet de messages. Un nouveau lecteur s’amène,
ravi, enchanté des « journées nettes », il a lu
l’articulet du
chroniqueur web paru hier matin de La Presse. Je lui ai
souhaité la bienvenue. Marco, le genre idéal, me suggère pour
l’été de rédiger : « journées nettes pluvieuses »,
de tenir journal ces jours-là seulement. Bonne idée, je trouve.
Drôle. Me confier au journal par mauvais temps seulement. Un plan
pour maugréer chaque fois, non ?
Mon Marco en profite pour me donner
l’absolution (orbi et urbi !) à propos de mes vagues remords : « ai-je
accaparé de trop, un temps,
ses trois mioches ? ». Fin, il me remercie même pour
ces soins-divertissements.
Hier, chez Charon, historien venu
jaser de son livre sur un Patriote venu de Suisse :Girod.
Qu’on avait déclaré
« suicidé » pour calmer les esprits de 1838 mais qui
aurait été « exécuté » dans sa cachette à
Rivière-des-Prairies. Trop court entretien comme toujours comme
si au « Canal D » nous étions à une grosse
commerciale station
stressé par ses pubs !
Un correspondant qui m’aime mais… « il
y a des répétitions ». Oh oh ! C’est cela aussi tenir un
vrai journal. Pas un « arrangement » comme trop
souvent chez des auteurs vaniteux. Un journal c’est (aussi)
trois choses : a) des répétitions inévitablement, b) du
coq à l’âne évidemment et c) pas de beau style. Ce qui
n’interdit pas, subitement, de envolée poétiques, lyriques. Ça
m’arrive parfois et avec bonheur… pour moi du moins.
2-
Jean Letarte
me lit, « en pitjama », me dit-il, avec son café des
matins. Que je devine bien noir. Je lui ai répondu qu’il
figurait dans ce « Je vous dis merci », chez Stanké,
puisque c’est à cet ex-réalisateur (aussi peintre et
bijoutier) que je dois la dramatique « Chemin de croix dans
le métro », Prix Anik-Wilderness de 1971.
À TV-5, ou Artv (?), le Festival de
Canne hier soir à 21h. , Ses entretiens et ses petites novelles.
Un animateur plat. Bredouilleur.
Embourbé et vaincu par la sagacité quasi-agressive
d’une Breillat — elle a un film à la Quinzaine — à
sa table ronde. Ouen. De la télé amateur. Avant ce « Cannes-spécial »,
fausse chasse à l’ours dans un vieux village du sud-ouest de la
France, Un docu bizarre où des amateurs se déguisent avec du
noir à chaussures (!) plein les mains et pourchassent les
loustics accourus. Après, Bernard Rapp fait jaser Charlotte
Ramplng à son émission copiée sur le Lipton de New0York.
Excellente heure ! Une actrice de cinéma étonnante. Radieuse
avec pourtant des souvenirs lourds, une psychée encombrante, des
attitudes rebelles qu’elle a utilisé sans cesse pour ses
personnages toujours étonnants, mystérieux. De la télé fameuse
à ces « feux de la rampe » d’Artv.
Coup de fil de David McColley. Le médecin
qui achetait notre cottage de la rue Querbes en 1999. Il a lu
« La petite patrie », a terriblement aimé, me
questionnait : « Ma belle-mère qui vit en
Autriche…je voulais lui envoyer ce « La petite patrie »…
si traduit en anglais ? »
Eh non ! Non. Sa surprise : que ce récit ne soit pas
encore édité chez nos anglos. Je ne dis rien à cet urgentologue
expatrié du « far-west canadian ». Je préfère ne
pas embarquer dans ce que je pense là-dessus.
3-
J’ai regretté
l’égocentrisme et la bourgeoisie des jeunes nouveaux
romanciers. Jamais de travailleurs dans leurs récits ! Or, je lis
ce matin : « Prêter des sentiments forts à des
personnages du quotidien est un geste politique ». Voilà.
C’est le cinéaste marseillais, Robert Guédiguian qui dit cela.
Il est à Cannes avec son « Marie-Jo et ses deux amants. ».
Il ajoute : « mon romantisme (chez ces petites gens)
est, dans un sens, révolutionnaire. » Bravo, bien dit. Qui
sera le prochain romancier d’une ouvrière, d’un ouvrier, continuant le Gilles Bédard,
chômeur, de « Pleure pas Germaine » ? Suffit des héros
égotistes, instruits, inquiets de devoir égarer le cellulaire,
l’ordinateur de poche, ou ses belles planches de surf !
Avoir lu Esther Gidar (« Jasmin
sur barbelés »), fuyant au Québec sa patrie retrouvée en
vain, devenue un agressif camp militaire, continuel envahisseur de
Palestine, Israël,
je lis sur un courageux, étonnant, cinéaste de là-bas. Son
film( au Festival) : « Kedna » (vers l’orient,
en hébreu) oserait un
dialogue franc et décapant entre un Israélien et un Palestinien.
« Nous aurons des enfants révoltés, génération après génération »
dit l’Arabe. Ce Janusz lucide déclare : « Israël
n’est plus un pays juif ! » Il craint un peu son retour
chez lui après Cannes. On lit aussi, même matin, que de plus en
plus de « réservistes » de l’armée d’Israël
refusent de combattre les si « proches voisins », les
Palestiniens . Objecteurs de conscience, comme du temps du
Vietnam pourri, tant de jeunes recrues se réfugiant en Canada.
Espoir ? Un tit peu.
4-
Yves Duteil,
le chanteur, lointain neveu de juif accablé célèbre Dreyfus,
tourne dans nos parages. Il a fait de chansons nouvelles sur ses
années récentes et terribles : mort du papa, maladie de
l’épouse, etc. On lui raconte l’Ardisson fessant notre accent :
« pas sexy Miss Arcand et à mettre aux rebuts. » Il
s’en étonne. Dit que « c’est charmant de nous entendre »
…Téteux un peu ? L’accent des « habitants », oui,
l’accent désarticulé de nos citadins ? Ouen, pas joli du tout.
Ce n’est souvent que charabia, hélas. Pour des raisons
historiques, politiques. Économiques aussi. C’est certain.
Mon cher David —qu’Aile est allé
chercher au Terminus des bus—va y goûter encore côté accent.
Il y aura nos « quoi ? », nos « comment dis-tu ? »,
il le sait bien. Ça le fait rigoler et il se corrige volontiers
—en notre présence— du « parler-ado » bien connu.
Aile l’aime, il est bavard, cocasse, très franc. Nous
allons encore le cuisiner. Nous sommes si curieux des us et
coutumes des nouvelles générations. L’on va s’instruire
encore davantage sur les visions d’avenir et les rêves de… «
ceux qui viennent ». Bon séjour brave David !
5-
Duteil :
« Je tente de ne pas livrer les miens en pâture, tout de même. » Oh ! Les miens ?… avec « La petite patrie » ou
« Enfant de Villeray » ? En pâture ? Je ne crois pas.
L’impression plutôt de les avoir valoriser. Facile ayant eu une
enfance heureuse. Je
devrais questionner ma quasi-jumelle Marielle là-dessus… elle
qui vient de m’envoyer une belle nouvelle lettre. Elle accepte
maintenant, m’annonce-t-elle, de remettre (crédits d’impôts
?) la liasse énorme de mes lettres mensuelles —depuis 10 ou 15
ans— aux archives nationales de la B.N.
Bush savait : on allait détourner
des avions, il y avait des complots. Messages du réseau Al-Qaeda.
Oui mais… Enfin quoi ? Le fou-à-complots avec son livre fou, en
France, aurait-il un peu raison ? Silence organisé des FBI et CIA ? Non. Nul ne prévoyait ces
avions détournés changés en bombes volantes sur des tours de
Manhattan ! Mais des gens —de tous les bords— réclament
maintenant une vaste enquête publique sur… ce que savait
exactement les « agences » et La Maison blanche. Au
juste quoi ? On va bien voir.
Oh ! Le gros quai-radeau de la plage
n’est plus là chez Maurice. Vent de l’ouest plus fort encore.
Qui le recevra? Ce qui es trouvé d’un échouage (vieille loi
maritime) serait la
propriété du trouveur ? Un vrai beau radeau ! En bois « traité ».
Ce matin : danger le « cuivre chromaté » de bois
traité est un vif poison à mesure que ce genre de bois vieillit.
Brrr !
Ce « Kedma », le film
courageux sur Israël et Palestine, est signé, je le découvre à
l’instant : Amos (!) Gitaï. Le verra-t-on ici. À l’Ex-Centris
seulement et peut-être
?
Allons accueillir le David valeureux,
tiens, il fait deux « bacs » en même temps, il aura
donc un sac rempli de manuels savants !