MORT DE SITA
RIDDEZ:
LA LIONNE VENUE DE LYON
lettre ouverte
1-
Cochonnerie de
cochonnerie : de la neige encore ! Un 3 mai ! Déprime chez
Aile et chez moi itou. Consolation ? Montez tenir journal.
Ce matin, tôt, coup de fil de TVA
pour que j’aille vociférer un peu à « Dans la mire »
de Jocelyne Cazin. « Ou bien on vous expédie le micro-ondes
de TVA », dit
la recherchiste. Quoi ? Quel sujet ? Sa réponse : « Vous
allez sauter :un conseiller municipal juif de Motréal-agrandie,
veut que l’on sorte le crucifix catho des murs de l’hôtel de
ville ! »
Silence. Elle attend. Elle guette son vociférateur de
service. Je sais ce qu’elle veut entendre. Envie de rire. Je la
fais languir un peu. Je dis pour l’écouter roucopuler : «
Oh, oh ! C’est terrible cela. Non
mais, on est chez nous. C’est une tradition à nous, un
vieux symbole, nous somme majoritaire encore, oui ?
Quoi, le kirpan, oui et le crucifix, non ? »
Etc.
Elle roucopule en effet :
« Alors, dit-ele , vous venez ou on y va ? » Mais, pas
fou encore, je dis : « Non. Impossible. Pas le
temps. Merci de l’invite mais
on prépare un banquet ici, ma compagne voudra pas voir de
camion Tva dans la place. Une autre fois ! » Elle
s’incline déçue.
Oh,
Aile est pesante ! Je retourne au lit. Chicane aussitôt,
Aile très mécontente : « Je t’ai entendu mon
sacripan, encore ma faute, encore moi en empêcheuse de tourner en
rond. Lâche ! T’as pas honte ? Tu joue ce jeu-là trop souvent,
avec tes sœurs, avec
tes enfants, tes
petits-fils. C’est injuste, dégueulasse ! »
Ma foi, elle a raison. Je me lamente : « Oh,
amour, c’est vrai mais toi aussi, si tu veux, tu peux te servir
de moi pour te défiler, te déprendre d’une situation
embarrassante, un couple peut servir à cela, non ? Je serais
d’accord. » Elle grogne de plus belle : «
Non jamais je ferais cela, moi. J’assume courageusement mes
choix, moi».
Changement de ton :« Tu as raison, c’est pas
correcte. C’est lâche. C’est trop facile. Je suis une
lavette. Pardonne-moi. Ça ne se reproduira plus. » Je me
colle mais elle me repousse. Elle boude, se lève, va se laver,
pas contente du tout. Refuse mes bonnes résolutions.
Eh maudit que la vie réelle est pas
facile ! Maudite neige de mai ! On cherche un coupable à
l’altercation conjugale, pauvre petit Cloclo ? Pas fier de moi.
Je me fais la promesse de ne plus me servir d’elle, jamais plus
. L’orage passera. J’avais dit aussi à cette rabatteuse de
grandes gueules : « Écoutez, j’ai déjà semoncé
durement l’isolement de nos juifs hassidim d’Outremont, si ce
conseiller n’était pas un juif…je refuse de me faire
cataloguer zélé antisémite. J’ai donné. Ça suffit. »
Plus tard, lisant mes gazettes, je songe que je n’ai
jamais aimé ce symbole du christianisme, la potence de bois, un
homme crucifié, sanguinolent, plaies à la tête, au côté, aux
mains et aux pieds …Ouash! Le grand fait religieux (évangélique)
est la résurrection, non ? C’est ce symbole qui aurait dû être
mis de l’avant. Sans ce
« est ressuscité des morts…est monté au ciel », Jésus
n’est qu’un prophète — démiuge, thaumaturge— et un sage.
Je déteste cette sinistre potence. À l’époque du Christ des
milliers d’innocents (rebelles à Rome par exemple) mouyraient
sur une croix.
Or comment illustrer la grande et merveilleuse nouvelle
d’un fils de Dieu revenu à la vie ? Pas facile. Une silhouette
humaine en lévitation ? Un revenu des enfers —voir le « est
descendu aux enfers » du Crédo— flottant entre deux
nuages ? On dirait que —comme pour les Juifs et les Musulmans—
il aurait fallu interdire, (dès les prêches du grand zélote
Paul) les images, les « représentations » du
Chrit-Dieu. Vaste débat non ?
2-
Je suis allé
voir ce « Dans la mire », encore un débat mal foutu hélas
et bien bref, bien mal articulé avec quelques témoignages du
populo sans images. Un bon propos, un seul brillant, sortait de la
bouche de Tessier, historien vulgarisateur : « Devrait-on
dévisser la grande croix sur le mont Royal ? » Oh ! Tout
est dit.
Content, au fond, de n’avoir pas
participé à cette émission.
D’autre part, malgré ma désolation du symbole choisi il
y a si longtemps…dire tout de même ceci —sur cette question
du déboulonnage de symboles antiques : quand, bientôt, nos
églises seront sans aucun doute transformées en centres
culturels ou sociaux (ou les deux), devra-t-on dévisser toutes
les croix aux clochers de ces belles vieilles bâtisses ? Retirer
les beaux vitraux des fenêtres ?
Une réalité : tout débutait
avec la venue de grands Croyants, catholiques en ce pays tout
neuf. Cette colonie
commençait (comme avec les célèbres « Pilgrims » du
Massachusett d’ailleurs) par cette foi chrétienne très active.
On baptisa la cité naissante de « Ville-Marie », des
prêtre (les Messieurs de Saint-Sulpice) veillaient sur elle. Il y
eut des héros d’une piété étonnante, généreux à l’excès :le
fondateur Sieur de Maisonneuve,
les Jeanne Mance, Marguerite Bourgeois et tant d’autres.
C’est cela, indéniable, un héritage.
Qu’il faut accepter. C’est aux nouvrau venus d’étudier
notre histoire, de tout faire pour s’intégrer (émigrants ou
jeunes athées) hein ?
À nous de tout faire certes pour les
aider à s’intégrer ( leur évitant les ghettos nocifs
qu’encouragent les suiveurs de Trudeau et les fervents de
« chartes à droits individuels » qui « séparent »
les citoyens. À eux de tout faire aussi pour cette intégration
essentielle. Installé, moi,
en pays étranger (musulman ou bouddhiste) je ferais tout
pour m’intégrer (et
vite, pour mes enfants avant tout). Je commencerais par étudier
très sérieusement leur histoire, leurs racines — leurs
commencements.
Et je respecterais ces sources.
Le grand « idéal des débuts »
—on peut bien s’en moquer en 2002— en rire carrément, reste
une réalité soci-politico-religieuse. On n’y peut rien.
Cela se nomme « notre »
histoire. L’hymne national en témoigne, faudrait-il changer les
mots des hymnes nationaux de tous les pays à mesure des progrès,
des idéologies courantes ? Folie ! Ce catholicisme, c’est notre
histoire, notre culture. Et foin des déracinements. Croyant ou
non, pratiquant ou non, c’est l’héritage à assumer, nos
sources, nos pieuses origines, pas vrai ?
Qui ça dérange au fond ? Des laïcistes zélés, des énervés
anti-spiritualité ?
Oh, nouveau coup de fil de TVA, à l‘instant ? C’est la vaillante Annabelle du 17h de Pierre Bruneau :
« Tantôt, je vais contacter Isabelle Maréchal, dites-moi
‘abord votre sentiment à propos des crucifix qu’un échevin
veut sortir des hôtels de ville ? »
Ah bin là ! La belle enceinte-Isabelle serait-elle pour
les crucifiés aux murs publics ? Je verrai bien.
3-
Très ému
l’autre jour ma belle Aile. Je rentrais de ce
topo-hockey à TVA : « Oh Clo ! Tu m’as
bouleversé. Je t’ai vu à l’écran, tantôt, agitant ton
petit doigt pour ces deux enfants de Québec, en fin d’émission
? Tu n’as pas
craint de passer pour un fou.
C’était insolite et c’est magnifique, bravo ! J’ai été très
ému, tu es un homme merveilleux ! »
C’est que je lui avais raconté : au Salon,
dimanche, deux enfants, gentils et éveillés et leur papa me
causaient de mes brèves prestations de polémiste chez Bruneau et
je déclarai : « Les enfants, la prochaine fois, je
vous ferai un signe, juste entre nous cela. J’agiterai mon petit
doigt, ainsi vous saurez que je pense à vous deux. »
J’ai donc tenu parole en effet. Et Aile
m’aime encore un peu plus pour cela. J’aurais dû lui rappeler
cela au lit ce matin ! Fier, très fier…qu’elle m’aime et
que je puisse l’émouvoir encore.
Tantôt, au lunch., la voilà qui me
revient du bas-du-village avec un objet déniché :un joli
beurrier en acier brillant. Ale toute contente de sa trouvaille.
Je n’ai rien dit tout en constatant que ma manie de brocanteur déteint
sur elle. Enfin !
C’est quoi « sin »
village, « son » lieu familier ? Pas une mégapole nécessairement
hein ? C’est d’avoir son barbier (les frères Lessard) à mi-côte.
L’utile tabagiste aux magazines étrangers presque en face.
Avoir son encadreur, pour me essai d’aquarelliste (quand c’est
un peu réussi) un peu plus haut
dans la rue Morin. Dans la commerciale petite rue
Valiquette ? Ma « Caisse », une modeste boutique d’électronique,
le précieux cordonnier, mon cher brocanteur, l’atelier de
couture. C’est cela
un village, de tout et pas
trop loin. Les cinémas du pied de la côte. Des restaus à mon goût,
la « pita » au poulet chez Denise, en haut, ou mon
cher « Délices.. » rue du Chantecler. Le joli petit
parc en face, au bord du lac, ses arbres variés. J’en passe et
j’en oublie. Le coeur d’un lieu choisi, adopté, c’est cela.
C’est chaud.
C’était un peu cela, en plus mince, quand nous vivions
au 551 de la rue Cherrier à partir de 1978. En 1985, arrivant au
« village » d’Outremont, vite je dénichais tous ces
marchands de quartier et il y en avait, rue Van Horne, rue
Bernard, rue Laurier, Avenue du Parc. Tout était là. Je n’aime
pas beaucoup les gros centres commerciaux où on va avec sa
voiture. Anonymat inhumain. Sans aucune convivialité. Pas de
salut, jamais de bonjour, on ne vous connaît pas, vous ne les
connaissez pas. Au fond, est-ce que je veux retrouver toujours la
chaude paroisse, ce Villeray chaleureux de mon enfance, où,
accompagnant ma mère, on nous saluait dans toutes les échoppes,
rue Jean-Talon, rue Bélanger, au Marché Jean-Talon ? Peut-être
bien.
Oh, Annabelle me revient ! Ça y
est mais Isabelle-la-maréchale n’y sera pas, ce sera mini-débat
avec la belle Saint-Germain, une féministe qui s’engueule tous
les matins avec le Dutrizac, à CKAC. Le camion « micro-ondes » est en route.
J’aurais pu m’y rendre ? Paresse maudite… deux heures de
route… alors, j’ai dis : « Je l’attends. »
Et ferai-je signe
encore, du petit doigt, à mes deux gamins de Québec ? Oui.
4-
Chez Bernard
Rapp, à Artv, hier soir —un peu perdue— visite de la comédienne
Miou-Miou. Autodidacte, donc —comme c’est fréquent, me dit
Aile— elle semblait
affublée du « complexe de l’imposteur ». La célèbre
comédienne ne fut pas trop habile à décortiquer les
questions posées. Silences, hésitations, rires insolites, etc.
Cependant c’était très franc, gravement réaliste. Elle a les
deux pieds sur terre l’ex-ouvrière-tapissière —mal payée—
de Paris qui fut sauvée de sa vie routinière par le
gang-de-Coluche et leur fameux « Café de la gare »,
en 1967. Miou-Miou fut bien en dessous du merveilleux bavard
Philippe Noiret —qui la précédait à cette nouvelle émission.
Copie « singeant » habilement celle du Lipton de
« L’Actors Studio », à Artv le… vendredi. Ce
soir, justement, grande hâte de voir la suite de l’entretien
avec ce clown étonnant, brillant, Robin Williams.
Souvenir : cette gentille
Miou-Miou (venue ici pour le Festival du film) généreuse,
modeste et enjouée à mon talk-show de TQS en 1986. Le contraire
d’une pédante comme feu Marie Cardinal ou du prétentieux et
froid Philippe Djian à cette même émission. Un vrai bon
souvenir la Miou-Miou.
5-
J’ai terminé,
au lit hier soir, le deuxième roman —« Chercher le vent »—
de Vigneault jr. J’ai bien aimé. Ce Guillaume, fils du poète
de Natasquan, a décidément un bon talent. S’il trouve, pour
son prochain roman, un sujet bien fort, une intrigue bien solide,
je pense bien qu’il sera un romancier québécois des plus
importants. Il a le sens des images fortes, cela parfois dans une
asthmosphère ténue, fragile,légère et il sait brosser énergiquement
une situation loufoque et tragique à la fois.
Sa courte fresque —en fin de bouquin, en Louisiane— du
pauvre Noir, Derek,
un marchand de hot-dog et crevettes —en banlieue de la Nouvelle
Orléans— qui
l’emploie, est extrêmement bien ficelée, vivante, imagée.
J’y crois et j’aime qu’il y ait une relève prometteuse.
6-
J’écoutais
Marcel Dubé ce matin à Cbf-fm. Une « reprise » je
pense bien. Grève maudite ! Soudain, terrible, le fameux
dramaturge déclare, presque solennel, qu’il a toujours été déçu
par une seule et même chose, et il détache ses mots face à
Michaële Jean :
« L’inconscience et l’égoïsme des
gens. »
Étrange cette catégorisation. J’ai toujours essayé de
ne pas généraliser. Je sais bien qu’il y a des inconscients égoïstes
mais « les gens » —qui ?, la nation, tout le peuple,
l’univers ?— ce
n’est pas un lot d’inconscient. J’ai toujours senti chez
Marcel une sorte de lumière noire. La sombre lueur, dans son
regard, du misanthrope. À nos rares rencontres, je devinais un
homme comme accablé. Ne souriant pas souvent. Tempérament hérité
bien entendu, inné, acquis, peu importe. En 12973, Dubé,
appauvri tragiquement par des années de maladie, dut vendre tous
ses droits d’auteur à son éditeur, feu Gérard Leméac.
Une catastrophe à cette époque. Plus tard, l’on
organisa (les racheteurs du Leméac en faillite ) une rupture de
ce contrat effrayant, Dieu merci.
Dubé, lui, alla à l’université
(en lettres). Il en dira : « J’ai vite vu que je
n’apprenais rien de neuf par rapport au collège classique d’où
je sortais et, pauvre, j’ai écrit une poésie-dramatique pour
la radio et aussi ma première pièce de théâtre. » C’était
sa courte « De l’autre côté du mur », sorte
de « pratique » pour son célèbre « Zone ».
Acclamé, il va continuer jusqu’à ce qu’un certain Michel
Tremblay (1968) semble le détrôner dans la même veine du réalisme
poétique.
Ce matin (mais enregistré quand ?),
Marcel Dubé semblait comme à bot de souffle. S’exprimait
lentement. Mauvais état de santé encore ? J’ai prié pour lui
brièvement, à ma manière. Il fut d’une importance capitale
pour nous illustrer et si longtemps.
7-
Mon jeune
camarade Raymond Plante y va encore une fois d’une ode au
hockey. Le virus du bleu-blanc-rouge le tient fermement et depuis
son enfance dans Villeray. Nostalgique à souhait mon Raymond dans
« La presse » ! Il écrit sur son jeune temps et il
revoit des gamins en hockey bottines sur les trottoirs ces
temps-ci vu les bons succès récents des Canadiens. Rêve-t-il ?
Comment savoir ? Ma peur de savoir ces gamins bien assis devant
des cassettes de jeux électroniques. Hélas ? La photo choisie
par le quotidien montre Maurice Richard caressant la Stanley Cup.
Hum, hum! Nostalgia, Raymond ?
Même page, Luc Picard, brillant comédien,
ayant campé un De Lorimier —patriote pendu—
renversant dans un film de Falardeau, fustige Lysiane
Gagnon pour un récent article où elle ménageait l’Israël du
Sharon militariste agressif, où elle déplorait surtout ces ados
palestiniens fanatisés qui se transformaient en bombes, enfin où
elle jetait des blâmes sur les « colonisés » plutôt
que sur les « colonisateurs. » Habitude de fédérate
?
Bedang ! Le Picard cogne et frappe, sur quatre colonnes le
Picard ne mâche pas ses mots. Pas piqué des vers son brulôt.
Trop rares les artistes qui osent faire publier de tels propos
engagés, hélas. La Gagnon semble un peu sonnée…rétorque
timidement qu’elle a été mal lue, que Luc Picard déforme sa
pensée. Et bla bla bla... Elle termine, méprisante envers,
n’est-ce pas, un simple artiste : « …une réalité
complexe que vous avez manifestement du mal à analyser. »
Salope ! Picard a très bien compris :oui, il y a de trop
jeunes kamikazes, oui, ils sont dangereux et… oui, les Israëliens,
armés jusqu’aux dents, munis de machines de guerre sophistiquées,
« occupent » leurs terres et leurs villes, et ils mènent
au désespoir ces jeunes forcément désespérés. C’est très
clair, non ? Pas complexe du tout pauvre conne !
8-
Encore une
fois, pile de coupures de mes gazettes sous mon canard de bois
dans la fenêtre. Je refuse, le plus souvent possible, d’y piger
mes sujets du journal. Mais…hier, Daniel Lemay (cahier sports de
La P.) a parlé de commentateurs choisis, engagés, payés par le
club Canadien. Oh oh !Pierre Rinfret à CKAC, par exemple.
Bergeron de Radio-Canada aussi. Eh b’en ! Je le savais mais je
veux ramener la question, on ne le fait pas assez souvent. Quelle
complaisance alors. Des mercenaires stipendiés par les proprios
intéressé à posséder des commentateurs dociles. Quelle Horreur
! Grand H. Michel Blanchard fait le candide et exige que le CRTC
(si mou !) exige que cela se sache en début d’émission. que
l’on dise franchement : « Amateurs de
sports-spectacle, ce que disent les Rinfret, Bergeron et Cie,
c’est du « publi-reportage ». Quoi ? Comme font les
jornaux quand ils impriment des articles-bidon. L’éthique à la
« seurieuse » et publique société radio-can…c’est
de la schnoutte ?