MORT DE SITA
RIDDEZ:
LA LIONNE VENUE DE LYON
lettre ouverte
1-
Oh ce jeudi
tout gris ! Allons écrire. Un journal ne doit pas n’être que
recension des livres lus, à mon avis. Certains diaristes connus
en font trop…mais je lis sans cesse et n’en parle pas trop.
Faisons un peu, ce matin, le critique. Mon pauvre petit Moutier et
sa si aimable note à mon égard au Salon…Oh la la ! quel méchant
livre mal foutu que son « Pour une éthique urbaine ».
À fuir ! Un ramassis d’états d’âme vains. Plusieurs
niveaux de réflexion, galimatias idéologique, charabia infâme
ici et là, un mélange détestable…Ironie peu fine (chapitre
« à lettres ouvertes » sur un MacDonald du Plateau),
gravité intermittente (chapitre nostalgique sur
Godin-Pauline-Julien !), opinions niaises. Ouash ! Que je n’ai
donc pas aimé son petit dernier au jeune homme néanmoins fort
sympa rencontré deux fois « en personne ».
J’ai lu aussi le « cadeau »
de Victor, ce « Jasmin sur barbelés ». Lecture intéressante
d’une gentille petite fille (E.Gibar) juive de la bourgeoisie égyptienne
du Caire avant que n’éclate la guerre avec Israël. Le jasmin
parfume ses souvenirs de petite fille si heureuse, si insouciante,
si candide. Soudain : la guerre éclate chez Nasser ! Chasse
aux juifs. C’est la fuite…à Marseille d’abord , camp de réfugiés.
Les barbelés commencent pour Esther, le jasmin s’évanouit,
puis, sur un rafiot misérable
c’est l’ « exode » dans « la patrie
biblique » où l’on installe les exilés juifs de tous les
coins du monde et en très grande vitesse. Camp et barnelés
encore. Puis le kibboutz et un bonheur rare ! Le « Babel »
stoppé, Esther Gibar va — comme tout le monde sous les
tentes— apprendre
l’hébreu. Le vrai ciment. Le lien essentiel dans l’ONU spécial
de la colonisation toute neuve.
Comme pour l’émouvant film italien
: « Les jardins des Finzi- Contini » on assiste
à ce terrible déracinement à cause de l’antisémitisme et
c’est toujours plus effrayant, plus troublant,
quand on vient de la bonne bourgeoisie inconsciente. On
tombe de très haut. Esther Gibar —installée au Québec
maintenant— est très sentimentale, très délicate, d’un
romantisme total : tout est embelli, si joli, sa —« si
gentille »— famille portée aux nues. C’était rose et
pastel…puis, tout s’écroulait ! Captivant de mieux savoir un
certain monde. Milieu protégé, choyé, monde de confort heureux
dans Le Caire ensoleillé quand les « gentils »
domestiques (Arabes et Noirs) sont si fidèles, si polis, si
dociles. Si bons
serviteurs n’est-ce pas ? Oui, j’ai appris sur une sorte de
colonialisme doucereux, innocent et sur lequel, soudain, va fondre
une foudre…foudroyante !
Cette patrie juive idéalisée
devient vite un terrible champ de guerre perpétuelle. Alors avec
un enfant, le mari, Esther va fuir. Ici. Ce beau paradis promis
(Israël) se transformait en « régime militaire »,
permanent, selon ses propres mots. Les siens
cherchaient le
bonheur, la paix et trouvèrent l’effrayante
déception. Mitrailleuses
sur toutes les épaules, des jeunes étudiantes comme des étudiants
imberbes. Esther déteste ces fusils partout, ces chars autour des
barbelés des colonies. Elle craint la haine des Palestiniens envahis, alors elle part.
« Adieu rêve d’un Israël imaginaire.
On sait, aujourd’hui même, les dégâts
qui s’aggravent !
2-
Je vais
achever de lire le nouveau Vigneault jr. Ouen ! Ce type de récit
—nombriliste— m’assomme un peu. Décidément, sa manière
« bobo » (bohèmien-bourgeois) ne lâche pas ce
Guillaume. Son
« Cherche le vent », —comme son premier roman,
« Carnets de naufrage »— baigne dans ce monde de
fainéants béats où l’on ne vieillit
pas, où une jeunesse —instruite— n’a pas envie du
tout de s’installer, ni matériellement, ni sentimentalement.
Craint farouchement la sédentarité. Son jeune héros est un
photographe trentenaire divorcé. Il
bien coté jusqu’à Manhattan (Pas courant de tels
personnages ). Jack semble traverser une sorte de lente dépression,
avec tentation suicidaire pas nette, en tous cas un spleen
existentiel le hante. Ce « Jack », alias Jacques, a
son avion dans un garage abitibien, souvenir lourd semble-t-il, il
a aussi un camp d’été à La Minerve, dans le Parc de la Vérendrie,
héritage familial et des souvenirs encombrants…bien
peu clairs. L’art du flou ! Faut continuer à lire
sinon… Jack boit
sec. Beaucoup. Il
manque se noyer. Son beau-frère, fils de psychanalyste (eh oui !)
l’entraîne dans son condo montréalais, il n’est pas
moins désemparé que lui. Ils vont déplacer leur mal de place.
Maine, USA. Avec une jolie ex-serveuse du « Vieux »,
qui prépare une maîtrise (eh oui !)
et qui, toute nue dans un petit chalet de Bar Harbor où se
trouve une belle bibliothèque (!), nargue —et attise— les
deux jeunes gens. Championne aux échecs soit dit en passant ! Un deus
ex machina rare. Je m’instruis. Image correcte de sa génération
? Sais pas trop. Reflet vrai d’une classe précise ? Ce sera un road-story
kérouacien pour la fin du livre ? Intrigué mais un peu las de ce
petit monde de « gâtés-pourris », à l’adolescence
attardée, bin, j’ai pas trop hâte de poursuivre.
J’ai débuté « Comme des
invités de marque », livre
du boulanger —artisan « interdit »— de
Rouyn-Noranda, Léandre Bergeron, compagnon de kiosque chez
« Trois-Pistoles » éditeur. L’étrange
ex-manitobain veut nous conter comment ses trois fille, aux prénoms
exotiques, ( Deidre, Cassandre et Phèdre !), furent élevées,
dans des champs hors-Rouyn, sans école aucune !
Oh ! c’est un journal (!) mais
d’un ordre particulier. Ce « farmer » volontaire
joue le rousseauiste avec délectation. Curieux de lire la suite.
Enfin, j’ai lu, après ce dynamique
magazine « L’ » de Germain, le dernier numéro de
« L’Action nationale » (avril). Segment consacré à
l’utile chicane de Louis Cornellier sur :
« Enseigner
d’abord la littérature d’ici aux jeunes des écoles. »
C’est en quatre « papiers » :
un de V.-L. Beaulieu, bon mais bien court, un de Andrée
Bertrand-Ferretti, plutôt cuistre et confus, un de Roy —le
Bruno qui préside l’« Union des écrivains »—
qui y va de prudence, jouant le diplomatique arbitre de la
querelle. Enfin celui d’une prof, Roxanne Bouchard, bien
argumenté. Le débat relève du « racisme inverti »
dont le triste champion est le prof Ricard, pissant sur la qualité
de nos livres avec délectation.
3-
L’autre
soir, Artv, avec le
Lipton questionneur, un Robin Wiiliams débordant d’énergie.
L’acteur s’est livré à de improvisations loufoques. Hilare,
déchaîné —cachant quoi ?— le cabot a montré du talent
vrai. Entre ses facéties étonnantes, « Popeye » se
livrait brièvement. La drogue. Le danger de couler. La thÉrapie.
Les regtets sincères. La salle de l’Actors Studio en lkiesse
face à ces grimaces et ses envolÉes.
Bidonnage intempesyif et le grave Lipton ne se dmonta pas
du toit p;rouvant un flegme peu commun. Chapeau ! Hélas, la pub
envahit Artv peu à peu. Interruptions trop fréquentes et décevantes
dans son contenu comme partout ailleurs. Mais tudieu, quel épuisant
et épatant bouffon que cet acteur surdoué, merveilleux,
comme il l’a montré dans plusieurs de ses meilleurs
films.
À la télé du Canal-5, la série
« Thalassa » m’ennuie tant parfois que je fuis
n’importe où. Même en un documentaire vu et revu dix fois.
Mais, l’autre soir, ce document dans l’arctique, oh ! Une pure
merveille. Vieux album de photos jaunies, films en noir et blanc,
des pionniers audacieux (comme notre vaillant Capitaine Bernier !)
explorant ce pôle nord mythique et puis l’installation précaire
des chercheurs d’aujourd’hui; le sujet fascinait. On y a vu
aussi, venus en avion moderne, des touristes argentés (mode du
tourisme naturaliste et sauvage). Des citadins aux conforts
solides émerveillés de se voir aux confins du monde. Sur la
calotte, comme on dit. Si heureux, excités, de pouvoir marcher
sur la banquise, dans cet immense désert de blancheur et de froid terrifiant. Effrayant
paysage de nudité. Pas un brin de vberdure. Trous des phoques,
pistes des ours. Un bon moment. Un fort moment
4-
Ce matin
Nathalie Pétro, tentant de louanger Sylvain Lelièvre qui vient
de mourir, sort, comme inconsciemment, des mots blessants, tout ce
que l’on pouvait lui reprocher en réalté à ce chanteur disons
« faible ». Un requiem bizarre. Disons, une petite
machination hypocrite où la columnist dit sans le dire ce que
plusieurs pensent. Comme c’est confondant ce gente de prose
polie où une sorte —respect aux morts !— de diplomatie
prudente transfigure les mots, les maquille, les change tant que
l’on arrive à leur faire dire le contraire de ce qu’on pense.
Est-ce que cela m’est déjà arrive
? Sans doute. Qui est sans péché là-dessus ?
« Ali », le film, vu hier
soir : une sauvagerie imbécile, folie niaise que la boxe. Je
reste un ardent opposant à ce sport imbécile. Réussite tout de
même des trois ou quatre combats visuellement. Aile me dit
qu’il y faut une rare et parfaite chorégraphie, minutieuse sans
doute. Un montage difficile. Un sacré combat pour la réalisation.
On y croit. On y est. Hélas, on sait peu sur son enfance, sa
jeunesse et même ses débuts. Tout est raconté comme en vitesse
et avec des ellipses pas toujours intelligentes. Déception grave
donc pour Aile et moi. Plein de pans de ce film comme illogiques.
Il manque des explications. Ce n’est pas du genre « savant
et intellectuel » non, cela Aile aime bien, c’est juste
que c’est mal fait, mal écrit sans doute au départ.
Confusion n’est pas subtilités.
Et, à la fin —fort abrupte— rien sur son
handicap grave. Pas un
mot ! « Ali » se termine avec sa fameuse
victoire en Afrique contre le texan Forman. Une victoire bizarre.
On dirait un combat « arrangé » comme au temps où
les pégriots tricheurs hantaient les arènes de boxe.
Critiques complaisantes donc
pour ce film, « Ali » comme trop souvent. Sans
elles, pas de ce « Ali » en raccourci dans notre
machine. Les commentateurs d’aujourd’hui se transforment
volontiers en courroie de transmission des organisateurs de
« junkets », ces voyages à « premières »,
avion, et tout,
payé par les producteurs, avec interviews à la
gomme…Cette plaie ! Qui transforme un (une) analyste en
publiciste invétéré. Le mode du job « précaire »
actuel engendrerait ces trahisons des lecteurs ?
J’ai peur de cet avenir.
5-
Tabarnak !
‘Scusez… Je rêve pas : il neige. À bons flocons. Un 2
mai ! Par ma fenêtre de bureau, le paysage vite tout blanc ! Le
lac comme plus noir. Un 2 mai ! Aile d’en bas : «
Tu as vu ça, dehors, Cloclo ? » Elle rage. Elle part pour
une boutique de Saint-Sauveur. Dégueulasse, vraiment.
6-
Lu ce matin un
long et futile article de complainte. Bizarrerie. Marie Gagnon —
se disant une auteure— s’adonnait à la drogue et commettait
des vols. Pas bon marché la dope ? On est loin de monseigneur Félix-Antoine
Savard, hein ? Auteur lui aussi jadis ! Ou du brave Robert
Choquette. Rien à voir avec Germaine Guèvremont ou Gabrielle
Roy…ou Anne Hébert… des auteurs sages et qui ont signé de très
bons livres ?
Bon. Prise par la police, on installe
cette Marie Gagnon en prison. À Joliette. Neuf bâtiment.
Confortable. Voilà que la prisonnière— tout en admettant que
c’est ni Tanguay-la-sale, ni Kingston-la-sale—
râle dans ce faux club-med. « Un asile pour folles »,
semble-t-elle crier. Intenable.
Le grand grief
? Tenez-vous bien : on souhaite l’aider, la réformer, la
soigner de son mal-de-vivre, de la drogue, et partant de sa manie
de voler. L’aider ?
Un crime ! Un outrage ! Une entreprise inhumaine !
On croit rêver. « Malgré elle »,
dit-elle, tous ces soins, toute cette horrible discipline et ces
horaires stricts, ces effrayants conseillers. Ces manières de la
faire « bosser » comme…une prisonnière ! On irait
contre sa volonté de « rester ce qu’elle est ». La
mode du « Je m’aime comme que chu ! » « C’est
ma vie pis je l’aime comme ça. »
Ah bin là ! Est pas contente la Marie ! On a envie de lui
parler de la Turquie ou du camp militaro-USA à Cuba-sud !
Elle veut pas guérir, ni changer de vie ? Elle a son âme bien à elle, grogne-t-elle dans « La
Presse » de ce matin qui lui accorde le quatre colonnes en
« Forum ». On a pas le droit d’aider le monde poqué.
Foké !D’offrir des thérapeutes, de vouloir transformer une
voleuse droguée... Bon ! Elle va publier tout un livre de ses récriminations
cet automne chez VLB.
À la fin de sa jérémiade stupide,
Marie Gagnon dit : « Est-ce, peut-être, à cause
de mon extrémisme que je suis écrivaine ? » Sans rire hein
! Des coups de pied au cul se perdent !
Pourvu que les responsables de la
prison de Joliette, face à cette ingratitude, ne décident pas de
donner raison au poujadisme des Gilles Proust et jugent que :
le « Club-Fed » c’est fini ! Qu’ils n’aillent
pas transformer « la tôle » de Joliette en vrai
prison, le trou à rats d’antan, l’enfermement
infernal de jadis.
Là, la Marie aurait vraiment de quoi
brailler, délinquante gâtée de cette génération. Il n’y a
pas si longtemps, c’était, rue Fullum, à Montréal :
« Farme ta yeule maudite voleuse, pis ta moppe ! » Pas
de thérapie à l’horizon. Il n’ y avait rien à faire, rien
à comprendre, face
à une jolie jeune femme (comme Marie Gagnon et tant d’autres)
en mal d’être intégrée dans l’existence
normale. C’était : « Maudite voleuse,
farme ta yeule pis va torcher le corridor des vomissurtes »,
ou « Farme-la, toé, maudite « droyée », marche
dans ton trou pis avale ta soupane infect. » Joliette en
asile pour déficients mentaux légers ? Pis ? C’est mille fois
préférable à ces donjons insalubres de mon jeune temps où
l’on battait, frappait durement souvent, les déviants de nos
comportements sociaux admis. T’aurais pas eu le choix de te
plaindre complaisamment dans « La presse », pauvre
jeune Marie. Il n’y aurait eu que de grosses matrones mal payées
pour te déchirer ton article au visage et le jeter dans une cuve
crasseuse. Chasse d’eau aussitôt. Quand elle fonctionnait !
7-
À la Chambre
de commerce de Montréal, M. Valaskakis, a parlé des 500 mégapoles
de l’univers. En avant du rang : Paris, New-York, Londres.
C’est connu. Lui aussi explique que les talents du monde entier
vont vers ces grandes villes où il y a beaucoup de terrasses, des
théâtres, des cabarets, des bons restaus,
etc. Évidemment. Après d’autres experts, Il a dit que,
désormais, la « gent créatrice » —50 % de la
nouvelle main d’œuvre actuelle— se fiche des centres spécialisés
(silicon valley et cie). Ces
cerveaux modernes cherchent des villes amusantes, culturelles.
Donc, installation —payante pour le lieu— à New-York, Paris,
Londres…peut-être Montréal un jour.
Ainsi, affirme-t-il, ça sert à rien
l’Internet, la téléphonie moderne et
les satellites : c’est pas tout. Ces gens-là
veulent une bonne vie, une belle vie. Il avance : « Ils
aiment les quartiers ethniques nombreux et, du même souffle, ils
craignent es conflits ethniques ! »
Faudrait savoir. Oui aux ghettos si colorés et non aux
ghettos si dangereux ? Je crois deviner : c’est oui aux
ethniques bien installés, venus avec du fric et c’est non aux réfugiés
démunis qui sont forcément (travaux ardus, couples aux
douze-heures au boulot !) empêchés de bien surveiller les
rejetons, qui n’ont pas les moyens de les caser dans des
institutions de bonne réputation. Est-ce bien cela ?
Valaskakis conférencait sur la
mondialisation. Sur l’avenir. Gageons qu’il n’a pas pipé
mot ni sur l’Afghanistan, ni sur l’Afrique, ni sur l’Amérique
du Sud ou l’Inde ! On connaît la chanson douce aux oreilles des
Chambres de commerce. Il ose parler « racines’ » dit
que contre la mondialisation anonyme , il y aura toujours
l’attirance de ces belles grandes villes séduisantes !
Baratineur va ! Adieu nations, adieu états organisés, retour au
Moyen-Âge. Les grandes
villes. Le salut. De qui ? Pour qui ? Les villes de l’occident
riche, Paris (Les champs Élysées), Londres (La City) et surtout
New-York, (Manhattan). Cherchez-bien, il y en aurait 500, pas plus
! Aucune en Afrique…etc.
La neige a cessé : Émile
Nelligan, dans l’éther, vas-tu nous pondre un nouveau poème ?
8-
À « Sixty
minutes », made in USA, il y a pas si longtemps :
« Montréal ? une ville de fascistes ! Le Québec, tous des
nazis ! L’émission montrait (un faux apprenait-on plus tard) un
anglo-martyr face à un « mesureur » fanatique de français…C’était
l’enfer. Le four crématoire pour bientôt… »
De la télé « Sixty minutes » quoi !
Dernièrement, on remettait ça :
« Le Canada, pays de cons avec plein de dangereux
terroristes, faux réfugiés. Ontario, Québec, des « Clubs
Med » pour tueurs politiques ! Une frontière-bidon. Une
passoire et dangereuse pour les USA.
Les rues grouillaient de talibans mal masqués. »
Et voilà qu’à Ottawa des nonos se levaient : «
M’ sieur l’président, avez-vous entendu ça à « Sixty
minutes » ? C’est effrayant, le go’vern’ment actuel fa
rien et nous sommes infestés de kamikazes, ils l’ont dit à
tivi américaine !»
C’est cela l’Alliance-western, et pour emmerder le
pouvoir, des du Bloc joignent le concerto des tarlais qui suivent
« Sixty minutes », made in USA.
Misère politique, oui, et colonialisme coutumier !
9-
La loi Bégin
numéro 86 ? Je suis pour. « Homoparenté » pour ceux
qui ont déjà des rejetons. Et je suis contre. Pourquoi ? Je le
redis, le dis : foin d’égocentrisme (dont l’odieux
illustre exemple des deux lesbiennes sourdes…décidant… l’
horreur !).
Il faut ne penser qu’à ces enfants
qui seront, deux fois marginalisés. Ils souffriront. Les enfants
sont, hélas si on veut, cruels. Le grégarisme est un fait éternel.
Ils seront mis au ban partout, quartier, rue, cour des écoles.
Ces « futurs » enfants ne méritent pas cela.
C’est l’enfer que n’avoir pas d’amis, que d’hériter
injustement des sarcasmes de tous, des petits camarades, des cons
d’adultes divers, des chuchotements cruels, des dos tournés,
des grimaces sarcastiques, des
caricatures immondes, des singeries infantiles, des refus
d’admission à un party, de la gêne de ne pas amener chez soi
un copain, son meilleur ami, une copine aimée, des portes qui
claquent, ou qui se referment doucement (c’est pire ?), des
silences lourds, des moqueries non-méritées.
L’enfant est —assez longtemps— un pervers polymorphe.
Freud. Mes amis, les homos, mes amies, les lesbiennes, si vous
aimez les enfants, refusez l’enfant dans votre couple
homosexuel, je vous en supplie. Vous —j’en suis sûr— qui
aimez vraiment les enfants (sacrifice terrible, je le sais ) ne
faites pas (in vitro, par adoption, ou autrement) ce cadeau
empoisonné à des enfants pas encore nés, pas encore adoptés.
Je vous en prie. Je vous en supplie. Ce sera alors la preuve éclatante
que vous aimez vraiment les enfants, que votre refus volontaire
d’en avoir.
10-
«
Claude Jasmin, mort hier soir, était un écrivain populaire très
aimé. » Qu’est-ce que je lis là ? « La mort
d’un auteur qui aimait les siens, Claude Jasmin ! »
Qu’est qu’on écrira sur moi, une fois mort ? Si je pouvais
voir les petits titres dans les « morgues » des
quotidiens ?
J’y pensais encore ce matin
parcourant mes gazettes : ah, si on avait publié (éloges étonnants
au Dev ou à La P.) tant de belles phrases sur Sylvain Lelièvre
vivant, il en aurait été si stimulé, si encouragé, qu’il
aurait pu pondre quelques chansons inoubliables de plus. Pourquoi
attendre la mort ? J’aime
m’imaginer de jolies phrases bien chaudes au jour de mon
décès. Cela me fait sourire. Vivant, vous êtes…pas
pire. Mort, vous êtes bien…mieux! Méchante leçon. Et je ne
vais mourir pour avoir le plaisir de lire des éloges. Tant pis.
Je continue à vivre.
Ce matin, un étonnant Gilles Archambault à la radio de
CBF-FM, stock en cas de grève) : « Mes enfants ?,
c’est tout ce qui comptait et ce qui compte pour moi. » Étrange
affirmation, tardive, jamais je n’ai pu percevoir chez mon
camarade radiocanadien cet amour si total ! Illusion ? Regrets
d’un père imparfait (comme nous tous) changés en promesse a
posteriori ? Bizarre
assertion à mes oreilles. Pour moi ? B’en…oui, évidemment je
les aimes, ils le savent, ont des preuves, je crois, mais…. Y
voir peut-être une sentimentalité exacerbée ? Un amour relatif,
je crois, que cet amour de ses petits. De là, en tous cas,
à foncer dans cette phrase ...totalitaire, il y a des
limites. Aux mensonges, aux réparations, aux refuges, aux aveux
tardifs…
Je ne sais plus. Juste mon étonnement
d’entendre Gilles affirmer cela sur ses rejetons : « ce
qui compte avant tout ! »