« J’ÉTAIS
PERMANENT
À RADIO-CANADA»
lettre ouverte
1-
Ce matin,
temps hésitant, le soleil bataille pour avoir un peu de place, il
fait frais et je vois une chaloupe (première vue !)
et une silhouette sur le lac. Pêcheur. Hier, au lit, je
lisais le début du deuxième roman de Vigneault-fils, Guillaume.
Il parle de pêche de fin d’hiver, avance que dorés et truites
sont affamés alors, qu’il n’est pas besoin de (fines)
mouches, juste la bonne grosse cuillère ! Le goût d’y aller
voir…Mais…paresse ou pas vraiment pêcheur ! Ce roman ?
Encore, comme pour son premier, une jeunesse si éloignée de la
mienne. Encore des bourgeois bohémiens : voilier, canot, lac
à la Minerve, alcools, belle-maman de l’ex-(enceinte)…en
psychanalyste (c’est aussi donc la maman du meilleur copain, son
beau’frère), avion privée (joli cessna tout bleu ), planches
de surf à polir, mercédes à l’horizon, fille ramassée ans le
Vieux, une serveuse
congédiée (deus ex-machina
!) mais aussi
faisant une maîtrise en bio !,
on part avec elle en voyages libres, la Buick vers le
Maine, camping à Arcadia Park, la tente et une bouffe maritime
(crabes, oursins !) .
Bagarre dans un pub à Bar Harbour…
au moment de l’abandonner pour…. Morphée! Zzzzzz !
J’avais publié, pour son premier
roman, un (presque) vilain « papier ». Je parlais
d’un certain « jet-set jeunesse », de bobo, bohémien-bourgeois,
et d’égotisme. Cet article-critique pourrait re-servir tel quel
pour ce deuxième bouquin de Vigneault jr ? Non. Attendre. Car je
vais continuer ma lecture. Ce n’est pas plat. Le mythe Kérouac
veille. « Road-story » comme pour nombre de mes vieux
romans. Je devine la randonnée à travers les States ? Un vieux
modèle depuis Poulin et sa coccinelle allemande. Blues classiques
!
Comme je le lui disais au Salon du livre de Gatineau (il
souhaitait cette explication): il y a surtout la surprise de voir
« l’univers » qui nous sépare, les romanciers des
années ’60 et lui (eux !) d’aujourd’hui. Avec « L’iguane »,
intrigant roman actuel, de Denis Thériaut —qui vient de gagnaer un prix Odyssée,
contre le « Putain » de Nelly Arcand— c’était autre
chose : le monde du fantastique, le petit pauvre, enfant
battu, père déchu, gamin magané, poqué, qui se réfugiait sous
ce totem d’un iguane empaillé dans une grotte sur la Côte-Nord.
J’aime examiner les contenus de romanciers du jour. C’est
excitant.
2-
Je
m’installais dans un studio de Cjms, avec Arcand, tous les
matins. J’avais ma liste (d’épicerie). Sujets de discussion
pour nos micros de nos « Face
à face ». On ne change guère ? J’ai devant moi encore ce
matin ma douzaine de sujets, actualités titillantes. Pour rire,
je dresse cette liste de thèmes qui me font réagir (mais je
n’ai plus de micro que mon cher journal).
a-
la grève à Radio-Canada. Un lecteur du Dev recommande
d’alerter la Sheila Cops. Les politiciens d’Ottawa. Vrai !En
1959, notre conflit se réglait enfin quand le député (un
rouquin dont j’oublie le nom), au pouvoir avec Diefenbaker, se
leva en chambre pour secouer les patrons de la CBC-SRC. Et tout se
résolvait comme par magie ! Oui, seul bon moyen: la
politique. Ce que déteste les planqués-gérants de Montréal.
Leur grand’peur, ce recours au pouvoir politique, de là leurs
exigences loufoques de garder le silence.
Comme en 1959, indifférence, silence à Ottawa. C’était
une bataille lointaine, celle des « frenchies » de
Montréal. Le gréviste René Lévesque, c’est connu, constatant
le désintérêt complet en devenait nationaliste, écœuré à
fond par l’inertie totale à Ottawa quand une grève se déroule
en françâis. Vrai qu’à Toronto, la bataille serait terminée
et depuis longtemps. La gente politique adore fouiller et « bosser »
les gérants des compagnies fédérales, et les gras et gros gérants
craignent comme peste les fureurs des politiciens, alors les grévistes
doivent le savoir et foncer par là !
b-
Aznavour chantait à Ottawa et pas pour de pinottes. Public
franco à 85 % L’aimable vieillard y va de présentations toutes
in english ! Ignorance, mépris ? Inconscience ? Un spectateur a
protesté et Aznavour, patriote de son Arménie natale, l’a
envoyé paître cavalièrement. Le vétéran du « Faisan Doré »se
fait sonner raidement les cloches par un liseur absolument
scandalisé. Avec raison.
c-
Un article fouillé fait bien voir, ce matin, une Égypte
(et Le Caire) sous très haute surveillance par les USA. Des
subventionneurs solidaires avec seulement Israël. Liberté ? Non.
La solidarité naturelle avec les Palestiniens s’en trouve comme
abolie. Tristesse. Dis-moi qui te subventionne et… C’est pour
cela que je dis souvent aux écrivains : dites-moi qui vous
subventionne et….
d-
On utilise le mot « sinistre » à propos de ce
désir de porter à l’écran les horreurs du manipulateur-Thériaut,
dit Moïse. Est-ce vrai ? Peut-être mais…Le plus grave c’est
que le film serait un récit plat et réaliste, sans la qualité
filmique que nous sommes toujours en droit d’exiger; même pour
ces docu-dramas. Jadis « L’étrangleur de Boston »,
un cas célèbre, ne fut accusé de rien. « Le silence des
agneaux » n’est pas sinistre seulement, c’est un récit
filmique bien ficelé, bien joué, surtout génialement tourné.
Avec art, j’entends. Il n’y a pas de mauvais sujets, ni de
sujets trop sinistres, il y a de mauvais films. Arcand auraut-il
été d’accord ?
e-
Montréal va permettre des vendeurs ambulants de bouffe à
bon marché, cela en zones à touristes. Un quidam s’en inquiète
et affirme : non, stop, à la « malbouffe »
offerte à tous. L’obésité, dit-il,
sera à vendre avec ces carosses à hot-dogs etc autres
junk-foods ! Eh, le visiteur (jeune) pas
trop argenté ira-t-il, sans ces chariots, aux Jardins du
Ritz ? Ou dans un des chics restaus de la rue Crescent, ou dans
ceux —« fancy »—
du Vieux ? Doutons-en, hein ? Mon tit-Paul m’aurait-il
contredit ?
f-
Dans La Presse, un ex-gitane, paumée en France, exilée à
Montréal, heureuse —devenue commerçante et donnant de la job
à des émigrants, spéciifie-t-elle deux fois (cheap labor ?)— se
porte à la défense de son cher
« monsieur » Le Pen ce matin ! La bohémienne
transformée ici en affairiste déteste le rapprochement
Hitler-LePen. La droite extrémiste est donc partout !
g-
Pierre Gravel, éditorialiste mesuré, fesse sur le Vatican
ce matin ! Et raidement ! Il nous rappelle l’odieuse « note
interne vaticaneste » du pape disant : « Silence
la curaille ! Rapportez les cas « criminalisables »,
au Siège social, ici, seulement. Foin des polices de ces pays ! »
Il frappe fort et juste. La radio, au même moment nous apprend
que le cardinal bostonnasis (cachotier et protecteur de ces
bandits en soutanes) obtiendrait une promotion. Où ? Au Vatican,
tiens !
h-
Charest menacé (!) du pouvoir à Québec aux prochaines,
une firme de démarcheurs fait circuler ses offres de « bons
offices ». Oh ! Le jeune Mario Dumont monte aux barricades.
Mais lui, au pouvoir, un jour, baisserait la garde. Et vite. Ses
cochons-de-copains se « coltineraient » solidement. La
loi du « milieu », car, oui, c’est un « milieu »,
une « maffe » que ce parlement des bons amis
fidèles. Et cracheurs de « foin » politique bien trébuchant
et sonnant. De tous
bords, de tous côtés, hélas !
i-
Incroyable !, nous avons un nouveau maire, Tremblay,
plein de titres spéculatifs, rempli d’intérêts et
cela, dans maintes compagnies qui ont toujours besoin
d’informations privilégiées. Pointé du doigt, l’innocent
(l’est-il ?) joue la candeur ! Magouilles à l’horizon, le
Tremblay n’as pas du toit l’intention de se retirer de
« ses » portefeuilles ! Mon Arcand bondirait là-dessus,
je le connais.
j-
Le projet de loi pour la « parenté homosexuelle »
va passer. Je dis bravo pour les enfants déjà adoptés qui
n,Omnt rien fait pour perdre quoi que ce soitr. Mais je dis aussi
danger de marginalisation nocive pour les « ceux à adopter »
qui viendront. Déjà ces enfants sont marqués et le seront donc
doublement. Je peux fort bien comprendre ce besoin humain
des lesbiennes accouplées —et des homos mâles— pourtant ce
serait égoïsme grave que de plonger des enfants dans cette
farine insupportable de la marginalité. Si, vraiment, ils aiment
les enfants, ils ne leurs feront pas ce cadeau empoisonné. Un
lourd sacrifice, je le sais bien.
k-
Je lis Girard ce matin, chronique économique. Je
questionnerais mon gros nonours, Arcand : « est-il un
bon et habile spéculateur ? »
Aile et moi ? non. On a de l’argent « placé »
comme on dit, on ne sait pas ce que notre fiducie (Desjardins)
fait avec. Eh ! Oui : des ignares en affaires. On fait
confiance. Comme tant de gens sans doute. Les Reers, ¿moi, le
vieux, des Feers— vont en actions et en obligations (surtout) et
on ne sait pas du tout comment ça fonctionne. Est-ce normal ?
Non, sans doute que non. Héritage de nos anciens ? Eh oui. Et
puis il y a que l’argent ne nous intéresse pas. Mais pas du
tout. On lit des rapports qu’on ne comprend pas trop. Une
confiance aveugle (!) dans ces « représentants » de
chez Desjardins. Une folie ? On ne sait pas. On ne sait rien. On
sait une seule chose : notre seuil de tolérance (aux
risques) est bas, bien bas. Alors « qui risque rien n’a
rien », c’est toujours vrai ? Aussi on se la ferme.
3-
Hockey hier
soir. Zapette chauffante. Ouverture ridicule avec hymnes chantés.
Que vient faire ce patriotisme à la noix aux temps des échanges
divers ? Une farce. Démagogique en diable ! Les États, par
respect, devraient exiger que l’on sorte ces chants sacrés du
commerce (très industriel) du sport-spectacle moderne, non ?
À Las Vegas, ouvre-t-on les tables de jeux la main sur le cœur et à
l’attention ? Il y a des limites au grotesque, à la mascarade
nationaliste, au burlesque du travestissement patriotard, non ?
Donc, hier soir, les « méchants » Bruins en gagneurs.
Désolation dans l’aréna. Des huées ! Moi, très mécontent.
Reste du gamin de Villeray qui n’applaudissait que les gars de
Montréal.
Salut les maudites plorines et en
avant la kultour ! Filons sur Artv. Noiret pour une autre heure.
Miam ! Ayant commis des tas de navets parmi quelques succès
formidables —avec de grands réalisateurs— l’acteur célèbre
est extrêmement modeste. Réaliste. Il ne renie rien. Les deux
pieds en terre, solidement. C’est rafraîchissant en diable. Ça
nous change des divas, des prétentieux qui se hérissent quand on
parle de certains faux pas. ll répètera : « tout ce
cinéma, c’est bon pour le confort. »
J’aime bien cette façon d’accepter ce que l’on est.
De ne pas se prendre au sérieux. C’est un métier… « d’artisan »,
spécifie-t-il. Quel merveilleux régal ! Un bonhomme franc qui
dit la vérité tout en la sachant relative, fluide,
insaisissable. Ah oui, un vieux gaillard unique. Bon, tant pis
pour les absents, je ne raconterai pas les trésors —anecdotes
d’une saveur fameuse— déballés par le vieux Noiret. De la
sacrée bonne télé…d’entretien. Son questionneur, Bernard
Rap, bien documenté, bien préparé, muni d’extraits solides de
ses « grands » films, fait très bien son travail
d’investigateur. Important pour un bon résultat, ce vis à vis,
on peut voir parfois d’excellents créateurs qui bafouillent ou
ennuient à cause d’un questionneur imbécile. À ce sujet,
Philippe Noiret répétait qu’il faut s’efforcer, pour évoluer,
pour s’épanouir, d’être entouré par des gens intelligents,
cultivés, (même plus brillants que soi) et que les crétins, les
cons, qui pullulent (en coulisses de cinéma) rendent cons.
À cause du format préalablement « internétisé »
(oh !), qui me ramène, veut veut pas, au journal,
envie comme diariste d’interpeller directement les
lecteurs. Ce que je ne faisais pas jadis. Fou non ? Sorte de
familiarité puisque je sais que l’on va me lire une heure (ou même
moins) après envoi des pages d’un jour sur le web. C’est
amusant. Ainsi envie d’écrire : « Pensez à moi,
demain matin, quand je roulerai sur la 40 vers le Salon de Québec. »
Ce journal mis en livre souffrira-t-il d’une telle cavalière
manière ? Pourquoi oui ?
4-
Piteux —sincèrement
affligé j’espère— le pape parle de « prières pour
toutes ces victimes » des curés pédos. C’est bien mais,
chrétiens, ne doit-on pas songer à prier aussi, oui, oui, à
prier pour ces grands
malades !
Quoi ? Le « Priez pour nous
pauvres pécheurs », c’était un mensonge ? Une façade ?
Bin oui, ces malades graves, ce sont des âmes égarées,
des désaxés sexuellement
—et tout ce qu’on voudra— mais qui va nier que ces
pasteurs cathos ne sont pas effarés, perdus, déboussolés par ce
terrible vice ? Qui est certain qu’ils ne vivent pas, au moment
de l’horrible tentation, des affres redoutables ? Un accablement
terrifiant. Une peur effroyable.
On dirait à lire les proses actuelles sur la pédophilie,
que ces « monstres » en soutanes n’existent pas en
toute réalité. Qu’ils sont, aux yeux du vieux pape romain,
comme des fantômes. Des quoi ?, des inconnus, ma foi.
On en a honte certes mais pire, on ne
les reconnaît pas comme êtres humains vivants parmi nous tous.
Mais non, ils existent, ils mangent et ils dorment (même mal, très
mal, j’en jurerais ) ils vivent, ils tombent dans leur affreuse
manie des jeunes garçons, ils
se couchent l’âme en lambeaux.
Que croyons-nous ? Ces mauvais prêtres
se savent traîtres, trompeurs indignes, salisseurs, dominateurs
faciles, écœurants manipulateurs. N’en doutons jamais, ils se
haïssent profondément, ils ont honte du déni de leur vocation
sacerdotale, ils suent et ils saignent d’indignité, se savent
des dégradés.
Ils doivent vouloir se suicider
souvent. Non ?
Je ne dis pas vrai ? Et
sous la vaste coupole michaëllangélienne de Saint-Pierre,
c’est le rejet, une sorte d’oubli du réel, un désaveu froid,
total, toute la hiérarchies correct tourne le dos à ces
effrayants mais misérables déchus ? Non, ce n’est pas une
attitude chrétienne. Le « va et ne pèche plus » du
fondateur Jésus est lettres vides, face à bien pite que
l’adultère.
Il n’y aura donc plus que les psychologues pour mieux les
expliquer —sans les excuser et sans les accabler. Des savants
(de demain, bientôt ?) pourront-ils régler cette inconduite
inqualifiable à partir de manipulation, ou bien de médicamentation
? À prendre matin, midi et soir ! Non je n’ai pas envie de
rire, c’est trop déroutant, trop inhumain d’être affligé de
cette effrayante mamie —on parlait hier (La Presse) de « puérilité
narcissique, de blocage infantile avec la mère ». On
verrait bien, et au plus tôt, le progrès de la science
puisqu’il n’y aura aucune pitié christianiste. Ni à Rome, ni
ailleurs. L’écrivain, c’est son métier aussi, veut
comprendre. Accuser c’est facile.
5-
Dans nos
gazettes, hier et aujoud’hui,
voici un portrait
du chef du MAJ (mouvement action justice), Manseau. Il nous
apprend qu’il voulait devenir prêtre, qu’on lui a bousiller
sa vocation, qu’il a été une victime d’abuseur sexuel en
soutane…diable et c’est
le mot. À la fin de l’interview on lit qu’il fait
toujours vœu personnel de pauvreté et aussi…. de chasteté ! Là…on
peut se poser des questions, non ?
Il faut de tout pour faire un monde.
J’en ai connu des prêtres intéressés par le zizi des petits
garçons. Au collège, il y en avait. Puni, envoyé « en
haut lieu », je
pleurai « plusse » d’inquiétude que de remords,
installé de force entre les genoux d’un directeur fringant,
excité et bien caressant. Il y avait aussi le révérend père
Cha., un « moine » très, très « taponneur »
pour les cuisses des jeunes ados à ce même collège, un externat
classique. Je suppose qu’il y en a eu partout. Surtout dans les
internats.
Il faut chaque fois parler aussi des
autres prêtres. De ces fantastiques prêtres dévoués complètement
à notre éducation. Le plus grand nombre, Dieu merci !
Oublier l’ivraie ? Tout est là.
Les victimes n’oublient pas et c’est indispensable. Ce chef du
MAJ semble déterminé. Il fait appel aux délateurs. Il a raison
? Il y aura danger de quoi ? D’invention. Oui, d’exagérations
? Oui. Ainsi d’anciens jeunes garçons, se sachant homosexuels,
il y en a —et consentants précoces, ça arrive — à l’époque,
qui voudront maintenant poser en victimes innocentes. Des
alléchés par le fric promis. C’est prévisible. Comment trier
? Impossible.
J’ai déjà connu une type,
musicien, évidemment homosexuel, qui affirmait carrément l’être
devenu à cause d’un « grand » initiateur, un chef
de jeunesse musicale. Il faut savoir
qu’assumée
ou non, cette tendance (involontaire, comme l’a dit si souvent
un Daniel Pinard), a besoin, parfois, d’un agent révélateur.
Un Michel Tremblay a été clair sur ce sujet, avec courage. Que
de jeunes homos sont
tombés sur, justement, de moins jeunes homos, ainsi, ces aînés
ne furent pas du tout des « pollueurs d’âmes ».
C’est une question délicate et le
chemin pris par tous les Manseau du monde est encombré
de…mensonges. Mettons dans cette croisade —valable certes
—aux dénonciateurs des barrières avec l’écriteau connu :
« Attention : danger. »
6-
Thierry
Meyssan publie « L’effroyable imposture » à Paris,
il tente de démontrer que la CIA et le Mossad juif sont les
meneurs des horreurs de deux tours bombardés à Manhattan le 11
septembre dernier. Et le reste ! Ça marche. Le Thierry Ardisson,
se masque en sérieux, l’invite à déballer (le 16 mars) ses légendes
urbaines à sa télé de music-hall. Le livre se vend. L’homme
est friand de complots. Deux Thierry se tapent la bedaine.
Des journaux le moquent, d’autres, doutent un brin. Il y
a quelques faits curieux. Comme dans tous les grands événements
historiques. Or, on vient de parler de « suicide ».
C’est un fait. À jamais, la crédibilité de ce Meyssan
sera détruite si, avec le temps, sa thèse du complot s’avère
une fumisterie. Il gardera le fric de ses tirages. Se fera G.O.
dans un genre de « club med » bien à lui,
loin de l’Occident. Ceux qui détestent —ou en sont
trop fragiligés— ce genre de plaisanterie planétaire peuvent
« pitonner » sur (clic !) Oaxbuster.com pour se faire
servir antidotes en tous genres.
Cette guerre en Palestine ! Je lis
sans cesse, partout : « des intellectuels, juifs
et arabes, doivent se lever et parler. Oui, oui. Mais qui écoutent
les instruits. Où peuvent-ils parler ? Le monde d’ici comme
d’ailleurs se fiche bien des penseurs, des sages, des cultivés,
des réfléchisseurs, des pacifistes, des intellos et…des écrivains.
Est-ce que l’Arabe cultivé, instruit, clairvoyant peut
critiquer, blâmer, condamner un Arafat-va-t-en-guerre ? Est-ce
qu’un intello juif peut parler librement, juste un peu,
contre le chef-de-guerre-Sharon ? Non. Hélas non ! Place
donc aux images de télé, brutales, et insignifiantes par cette
brutalité même, quand c’est possible entre deux chars, entre deux murs délabrés,
aux portes des villes attaquées. « Ici Joyce Napier qui
vous parlait de Ramallah ! » Ouen ! À la roche et puissante
CNN des amerloques ? Même brutalité des faits. Où le trouver ce
sage savant qui aurait envie de tenir un langage neuf ? Sais pas.
Il se tait. Prudence indispensable, des deux bords du conflit
durable, s’il veut
survivre. Ici, on lit, hier, ce Omar Aktouf : les Arabes de
la Palestine ont
raison, le lendemain, ce matin quoi, on lit Élie B., dans le Dev :
les Israëliens ont raison. Dis à dos.
On lit aussi ceci :les cinq (5)
« k » d’une religion lointaine. Un rituel : k
pour kesh, les cheveux et la barbe, longs. B) K pour kara, brcelet
obligatoiure, c) k pour kacch, culottes de
type boxer, nécesssaire ! d) k pour kangha, le peigne
rituel, enfin, k pour kirpan (connu maintenant par ici) la dague
en guise de relique plutôt belliqueuse, non
!
Le juif a sa kippa.
L’islamiste, la burqa…
…et le boy-scout ?,
son canif et sa petite roulette, son tit foulard deux tons,
son chapeau pointu…Etc. Et toi ? T’as rien, rien du tout.
T’as l’air de quoi ? Et moi ? Rien aussi. Eh oui, rien. Pas de
symboles, pas de rituel. On a l’air de rien aussi, des simplets.
Puis la bataille s’installe, ah, oh, on insulte une victime de
coco de papa sikh, pour un canif, un béret, un bout de
guenille… C’est « La vie, la vie »,
hein !
7-
Nathalie Pétro,
ce matin, chavirée. Pas de film d’icitte à Cannes. Elle saute
à sa conclusion, la faute à Ottawa, ce Canada mis par dessus Québec.
Quoi, c’est rempli dans des voûtes secrètes d’excellents
films d’ici et Cannes les boude ! C’est ça ? Non, c’est du
délire. C’est rare chez cette lucide :voir son excellent
article sur le « Cirque du soleil » en quéteux de
subvention, récemment).
Ça y a pris à matin. Une berlue !
À Cannes, aucun long métrage d’ici, il doit y avoir un complot
! Ah , les complots ! Il y a quelques grands pays importants.
Leurs mégapoles. Il y a 145
pays qui comptent pas, ni à l’ONU, ni à l’UNESCo, ni à
Hollywood ni à Cannes. Sauf, de temps à autre, surprise, un film
de Finlande, s’impose, de Bosnie s’éclate, ou de Norvège, de
l’Iran…Oh, c’est arrivé, du Québec. Ça arrivera encore.
La culture se fait, se donne, se montre, se communique, se vante,
se grandit dans 5 ou 6 grandes capitales. New-York, Paris,
Londres, Rome, Berlin…c’est à peu près tout. Les créateurs
des autres « places », silence !
Nathalie fait mine de pas le savoir
ce matin.
Québec, la jolie ville, on se voit
demain midi !
« Fais-toi belle, ô ville, car
ton prince arrive…»
Non, ça c’est du Cardinal Léger
rentrant de Rome en pourpre cardinalice, à son zénith. Avant sa
conversion et son exil en Afrique.