1-
Soleil intermittent et nuages
bien gras partout en ce Jeudi saint.
Marie-Josée séjourne avec
nous. Aile toujours heureuse de revoir son ex-scripte devenue une
grande amie à trous deux. Bavardages abondants sur la …SRC. Grève,
inquiétude de M.-J. Horizon funeste, certains parlent d’une
fermeture jusqu’à l’automne. « Devrais-je vendre mon
corps » rigole-t-elle ? Frousse totale ! Hier soir,
interview de préparation par la rédactrice chez « Bibliotheca »
de TV-5, Miss Blais, intelligente questionneuse. « Robert-Guy
Scully, notre animateur-producteur, me dit-elle, ne va pas
s’ennuyer avec un tel bavard, vendredi prochain. » C’est ça.
Crainte qu’il lise maintenant mon « Écrire » et
qu’il y trouve mes piques sur lui et qu’il fasse annuler
aussitôt notre rencontre. Je m’amuse. Le cachet est alléchant…brrr.
Il faut vivre dangereusement ? Pas trop souvent.
Lisant que TVA doit couper encore
dans son « gras », j’imagine que je ne reverrai pas
de sitôt le « micro-ondes ambulant » de TVA ici. Bof
!Hier, confirmation par Lachance de cKAC : « Oui, mon
Claude, notre immense public, « Radio-Can » en grève,
veut t’entendre réciter
ton conte du Vendredi saint avec bonheur . » C’est fait.
J’y ai travaillé hier en recousant un des chapitres d’ « Enfant
de Villeray », une mouture arrangée en événement de la
Semaine sainte. Sept pages. J’ai sept minutes ! Ouen ! Je lirai
un peu vite. Le titre ? « Chemin de croix dans Villeray ».
J’avais titré une dramatique sur film « Chemin de croix
dans le métro », en 14 stations de métro avec la caméra
étonnante de Uve Koneman. Prix « Anik-Wilderness »
cette année-là, 1971, avec la mention : Meilleure émission
sur film… d’un océan l’autre ! Ma grande fierté.
J’ai corrigé mon conte ce matin et
j’en suis tout content. Ça devrait faire des remous. Je vos
dis, il y a des jours où je dis à Aile (hier soir) :
« J’ai du génie, sais-tu bien ça ? » Elle a fait,
en riant avec Marie-Josée : « Bien sûr, mon
Cloclo, bien sûr ! » Je
verrai bien demain.
La semaine prochaine,
Salon du livre encore. Trois-Rivières. Je le préfère à ceux de
Montréal et Québec, moins « gros chiard ». Public
plus sympa. Mais…Le kiosque encore. L’homme-sandwich encore !
Ouash ! j’ ai terminé hier soir le très bref récit d’Annie
Ernault (ou Arnault ?), « L’occupation »,
Gallimard éditeur. Son écriture sobre, minimaliste, classique,
sans affèteries aucune, me plait.
Son propos : « la jalousie morbide ».
Fin qui m’a déçue un peu.
2-
Incroyable de voir de nouveau
toute cette neige. Aile va engager un jeune déneigeur pour la
toiture. C’est si lord une neige mouillée. Je m’amusais
l’autre jour : un camion TVA s’amenait pour « Dans
la mire »…et voilà que, peu après, dix minutes !,
chez P.Bruneau, pour le même sujet ( prof payé « at
home »,, pour un élève gardé chez lui en raison de son
« sirpan » sikh. On voulait donc m’expédier un
autre camion. J’ai cru bon les prévenir. « Dois-je garder
le premier camion…? » Oh ! Surprise de la recherchiste !
Cela aurait été cocasse. Semblable
à cette histoire vraie de jadis :au cœur de l’Afrique, même
sujet « hot » se rencontrent deux lourdes
équipes de Radio-Canada. Face à face inouï. L’un des
groupes appartenant au « Service des nouvelles » et
l’autre caravane CBC appartenant au « Service des affaires
publiques ». Gaspillage rare ! Sujet de moqueries durant des
années. Exemple de mauvaise coordination entre les services
touffus du temps ! Seigneur ! parlez-vous les uns les autres !
Lecture dans mon « Courrier
international » sur Wal-Mart. Captivant. L’idée d’un
magasin, initié par un businessman très frugal. Vendre de tout
à meilleure marché possible. Vieille ambition certes. Mais M.
Walton, lui, en fait une réussite totale et ses magasins se
multiplient. Bas salaires. Pas de syndicats. Exploitation bien
organisée. Il vidait les petites rues commerciales des petites
villes avec ses vastes magasins de rabais. Un mouvement tente de
stopper l’effet Wal-Mart. On veut faire revivre les magasins des
centres-villes de ces provinces américaines. Sinon, disent les
organisateurs du boycott, ce sera l’uniformité désolante. Plus
de centre-ville vivant et en banlieue,
avec parking géant, partout, des Wal-Mart et ses jumeaux,
isolés des citadins.
Vu à la télé, chez
Ardisson-le-pitre brillant, cet auteur français qui publie : « il
y a eu fumisterie, mensonge, complot grave le 11 du 9 à New-York
et à Washington. » Il avance ses arguments. On ne sait plus
trop quoi en penser. On voudrait des interlocuteurs. Il n’y a
que lui et ses affirmations déroutantes.
À suivre ? Oh oui !
Éblouissant numéro aux OSCARS, ave
notre « Cirque du soleil ». Hélas, les images de cinéma,
derrière les acrobates, nuisaient à la bonne visibilité de
leurs numéros époustouflants.
Ce cirque qui utilise les
meilleurs numéros des pays du monde entier est devenu une machine
infernale. Battante ! On voit, ici et là, des imitateurs…ce
qu’engendrent toujours
un succès fameux.
Aussi, ici et là, au pays, vaste
papotage sur le gérant célèbre de Céline Dion accusé par une
jeune Coréenne de la Californie d’assaut sexuel grave. Un juge
examine la plainte de la présumée victime. Silence aux accusés,
forcément. Céline Dion, vue chez Larry King, en bretelles
ridicules, semblait agressive, un rien « commune », un
rien vulgaire quoi, montrant sa terrible détermination métissée
de cet amour grandissant pour son jeune enfant. Cette « fille
du peuple » m’épate, moi, et je trouve les Foglia et Cie, qui la moquent, bien cons.
Certes, il s’agit désormais d’une entreprise commerciale
resplendissante mais, à la base, au départ,
il a fallu cela :cette volonté fantastique de réussir
dans ce champ —miné— de la « pop music ». Pour ce
qui est du scandale sexuel apparent …attendre la suite
patiemment.
3-
Rencontre d’un tas de gens
si souvent : « Vous paraissez plus jeune en
personne qu’à la télé. » Ne sachant jamais trop quoi répondre.
L’écran der télé qui nous grossirait, qui nous vieillirait :
sentence à payer pour oser se montrer la binette dans la gueule
du monstre cathodique. « Bien bon pour toé, baquais ! »
Vennat sur mon répondeur : « Je peux plus
granb’chose à « La presse »… Ai donné votre SOS
à ma patronne, Madame Lepage… » Etc. Quoi lui répondre ?
Il veut que je le contacte. Bof, attendre à dimanche voir si on
daignera dire un petit mot —un bon mot ?—sur mon livre,
« Je vous dis merci », publié il y a maintenant trois
mois. Je verrai bien. L’habitude désormais d’un certain
silence sur « le vieux qui publie trop » !
Mon gendre, Marc Barrière,
installateur vaillant de mon site web (y inclus ce journal),
passait au canal 12 il y a deux ou trois jours. Il devait sans
doute parler au nom de son nouveau ministère… « de la
famille ». Marco était
aux « Tansports » jadis comme relationniste et
apparaissait régulièrement à la télé, surtout les jours de
tempêtes ou de graves accidents de la route. Ça brasse moins à
« la famille » ? L’ai raté, mais, tantôt l’amie
M.-J. qui l’a vu, dit : « Il parle anglais avec un accent
amusant. Mais il a vieilli, non? Il me semble ! »
Eh ! Tout le monde vieillit, « dura lex sed lex »
!
Mon Lepage (Guy-A) toujours comme obsédé
par la sexualité, montrait « ses » lesbiennes la
semaine dernière, draguant à « tire larigo » dans un
bar lesbien, et cela à une heure d’écoute familiale.
Irresponsabilité totale des télédiffuseurs désormais, même à
la télé publique ? Aile : « Allons, Cloclo, les
enfants ne comprennent pas ! Ça leur passe au-dessus de la tête.
S’ils regardent la télé hein, ça m’étonnerait !» Son
argument chaque fois que moi, ex-père, je m’énerve. Qui a
raison ? Une chose est certaine : avec des abus, des
niaiseries, des comités
de pudibonds s’organiseront et, un jour, censure solide en masse
qui s’installera. Je déteste ceux qui —par leur laxisme de
con— attirent les extrémistes en intolérances. Ces écervelés,
avec leurs excès pour provoquer, nous amèneront des bigots énervés
voulant tout couper, à n’importe quelle heure.
Je repense à Dutrizac, àT.Q.,
tourmentant le cabot bronzé Guy Bertrand dans un vidéo signé
« Zone 3 » d’un amateurisme technique confondant. Ce
fut, une fois de plus, la manière
mosaïste, saucissonnée. Pas la moindre chronologie logique. Un
impressionnisme, un pointillisme facile, paresseux. Cela donne
l’apparence du rythme, au fond, c’est un collage de fainéant.
La télé encore : chez « Fortier », des
tounes sauce anglo- américaine. Colonialisme stupide madame
Larouche ! Pourquoi ne pas utiliser nos jeunes rockers, nos
rappeurs ? Pour se donner les allures d’émissions amerloques ?
Une honte. Une faiblesse. Un mépris. Toujours ce damné racisme
inverti. « On est pas assez bons ! »
4-
Au fond l’État moderne
c’est quoi ? Trois « f ». Flic, fric, fisc.
D’abord installer du pouvoir policier. Armée et gendarmes. Cela
chez Louis 14 ou au cœur de l’Afrique, chez Mugabe par exemple
ou au Chili. Puis, voir au commerce. Chez Colbert ou chez notre
« Martin », via tous les moyens dont les protections
aux chevaliers en entreprises, si souvent subventionnées par l’État.
Voilà du fric. Reste le troisième « f » :le
fisc. La machine va ramasser les taxes des travailleurs.
Mille variétés, façons, moyens de sucer les populations.
Oui, l’État moderne, plus que jamais c’est « flic »,
« fric » et « fisc ». On ne peut retirer
un seul élément de cette funeste trilogie. Tout s’écroulerait.
Surtout ne pas toucher à « flic » ! C’est la base
du triangle. C’est le soutien du système en place.
« Tu pense qu’on s’en aperçoit
pas » , chantait Vigneault.
« Rien qu’à oir, on voé bin ».
Téléfilm-Canada accomplit en douceur sa mission politique
fédéralisante. Vous regardez « Tabou » et hop !,
on s’envole à Vancouver. Visitons notre beau pays !
Comme pour la série « L’or », hop !, on
s’envolait vers, encore, Vancouver ! Autre série subventionnée
par Ottawa : on regarde les motards criminalisés du « Premier
chapitre », hop ! hop ! voici l’Ontario, « speaking
english », avec sous-titres pour les indigènes. Toronto
« here I come ! » avec mentions aux dossards et
insignes des provinces de l’ouest …et des maritimes. Halifax
here I come ! L’union fait la force chez les poucheurs et chez
les téléspectateurs ! Mettez, chers auteurs québécois, dans
votre projet de série-télé de cet exotisme « very
canadian coast to coast » et ce sera le financement assuré.
Tu penses qu’on s’en aperçoit
pas Téléfilm-Canada ?
5-
Aile soudain, une inspiration
subite quand on écoute et regarde « des proprios de chiens
méchants (doberman) responsables des dégâts : «
Eh, si on rendait responsables les parents de jeunes enragés ? »
Ouen ! Ados qui tuent ? Oh les cis dans les chaumières où l’on
se soucie comme d’une guigne des allées et venue des enfants
grandis. Quoi, qui,
si on surveille pas son chien, amendes, prison et si on surveille
pas son délinquant…pas d’amendes, pas de prison ? Rien ? Ah
oui, faire nommer mon Aile à un poste de ministre…De la famille
? Je dis « bonne idée » et elle : « Mais
non, je plaisantais…c’est que… » Ouengne ! C’est
que, oui, des parents sont des irresponsables, des égotistes.
Point final.
Songe bizarre hier : suis sur
une plage. C’est sombre, Crépuscule irréel. Bien louche. Des
gens rentrent, traînent des serviettes de plage salies ! La
mer…est noire ! Une jeune femme m’aborde sur un banc. Elle me
drague. M’embrasse…veut me frencher, me touche sous mon slip
de bain. Début d’érection. Malaise. Elle est trop jeune pour
moi. Je me débat mollement, puis j’y consens, je la touche
aussi, au pubis. Une inconnue ! Qui me dira : « j’ai
un fils de six ans ». Moi : « ah ! » Je
vais la reconduire, en auto,
à son chalet. Il y a ses parents, là, en vacances avec
elle. Rue sombre, louche. Plein
de maisons cossues. Elle me dit : « À demain. Je
t’aime » Je me réveillerai.
La semaine dernière, autre songe
curieux. Dans le métro je rencontre Marc Labrèche. Il est comme
exalté, fou fou. Il me parle de… John Diefenbaker ! On regarde
ses photos sur les murs de la station. Frisé, gros yeux mauvais.
Des gréviste défilent au bout d’un couloir. Pancartes de
Radio-Canada ! Passe la gouverneur monarchiste , la Claxton ! Elle
nous sourit. Marc me dit qu’il va tout
quitter. Qu’il en a par-dessus la tête. Je tente de le
calmer, de le raisonner, bien paternaliste. (Marc jouait mon alter
égo dans « Boogie woogie ») Il me dira :
« C’est Boston mon but ! » Mystère ! Me voilà
lui recommandant de ne pas tant se donner à son talk-show
! Et je me réveillerai.
Ces rêves ! Je me souviens mal
d’un songe (encore un ) où j’ai revu (film de Spielberg) ce dépotoir
de membre de robots. Où on voyait (I.A.) des humanoïdes cybernétiques
dénicher qui un bras, qui une mâchoire…
Décidément ce film pour grand
public populaire m’a laissé de fortes impressions. Quand je
raconte cela à Aile : « Écoute, moi, ce film, il
m’a mis très mal à l’aise. Ce joli garçonnet —un
Pinnochio 2002— qui se cherche une humanité, oui, c’a m’a
troublé, dérangé, vraiment. J’ai pas trop aimé » Je
lui dis :
« C’était comme nous faire caricaturer
collectivement, au fond ! »
Une autre fois, une vaste salle, cent tableaux aux murs.
Tassés. Je dois les examiner. Les étudier. Les relier.
Y trouver des liens. Du sens. Qui m’a commandé ce
travail ? Mystère. J’y arrive mal. Sorte d’immense rébus !
Folie ! J’étudie les symboles des peintures. C’est un
fouillis. Je sens que j’ai le devoir, la charge quoi, de dégager
une signification globale. Sinon…je sais pas. Un devoir d’État
? Drôle de cauchemar.
6-
Assez de ce Aile. Besoin de
lui changer de nom. Choisir quoi ? Ange.
Oui, j’ai pensé à Ange, mais.,.à la réflexion, non,
Aile n’a rien d’un ange. Oh non ! Parfois…hum…Bon. La
nommer désormais Oiseau. Ah non. Alors comment ? Air, comme
l’initiale de son prénom. Mais « air » ça fait …éthérique.
Alors quoi ? Je cherche. Je trouve pas.
Dans certains de mes récits
j’avais mis Rolande et Rachel et Rachèle. Air…non, pas
« r » , je songe à Brune mais elle ne l’est plus.
Est devenue ma jolie grise. Ma grise grisante. Gris-gris ? mais
non, c’est con. La consulter ? Aïe ! Elle se rebifferais
raidement. Déjà
qu’elle déteste se savoir dans mon journal. Je trouverai. Je
trouverai.