1-
Si ça a du
bon sens, à mon âge, devoir enlever toute cette neige tombée
hier et dans la nuit ! Mes reins ! Le malheur des uns…Daniel,
mon fils expert en « ordination », téléphone :
« Youpi
! Quelle merveilleuse neige-surprise ! Lynn a congé et moi, le
travailleur autonome, je m’en donne un.
On monte à « Avila », à Saint-Sauveur, pour
faire du ski. Je peux faire un arrêt chez toi, si tu veux papa.
As-tu besoin de mes conseils ? Ton ordi ? Tout baigne ? » Je
lui explique que nous descendons en ville après le lunch car je
dois, aux aurores samedi, prendre le minibus pour le Salon du
livre de l’Outaouais, mon nouveau livre estampillé « éditions
Trois-Pistolles »sous le bras !
Occasion de le questionner : « Comme
ça, tu as refusé de venir avec ton père chez Lisa Frulla causer
« père-fils » ?
Il explique : « J’ai pas ton savoir-faire et
aller à la télé m’énerve toujours beaucoup. Quand c’est
utile pour la promotion de mes jeux de société, j’y fonce.
Mais là…En gang, pour trois minutes de micro chacun, j’ai dit
« non ». Et puis, ayant cesser de fumer, c’est dur,
alors j’évite tout source d’énervement, tu peux me
comprendre ? ». Oh oui, je le comprend ! Je l’envie d’avoir
pu (lui et sa Lynn) stopper le bonhomme Nicot !
2-
L’amie Josée
l’autre jour : « Claude, je t’ai entendu à
CKAC, t’étais bon mais ton Riopelle en « petit-gars de la
rue de Lorimier », pouah ! On va-t-y lâcher cette
expression cucul ? Le tit-gars de Baie-Comeau, le tit-gars de
Shawinigan ! Riopelle en tit-gars, Claude, franchement ! »
Elle a raison. D’où nous vient cette manie des p’tits-gars ?
Me corriger. On devrait cesser de « ne pas en revenir »
qu’ un (une) des nôtres se signale dans le monde et nous
sentir obligé de spécifier qu’il vient de che-nous, d’un
quartier modeste, d’un humble village. Y a plein de tites-filles
de Charlemagne qui ne seront jamais des Céline Dion. Pis ? Cette
vedette de la pop-musique
n’a aucun mérite d’être née là. Il n’y a que ses
efforts, son ambition, son travail intense sa farouche volonté…
3-
Terminé ce
journal de Françoise Giroud. J’ai aimé écornifler dans son
existence de 365 jours d’une année, 1995. J’ai mieux connu
une très, très grande bourgeoise, tempérament centre gauche,
socialiste de salon, caviar-vison, comme son cher Mitterrand. Elle
se livre volontiers sur mille et un sujets, petits, anecdotiques,
moyens (les grèves à Paris) et graves (les conflits de cette année-là) :
Bosnie, Rwanda, etc.
Journaliste célèbre, —ayant
toujours sa chronique vans l’Obs pour la télé— elle doit répondre
sans cesse à des demandes d’articles étonnantes, assister à
des premières un peu partout, concerts, opéras, théâtres,
aller dîner avec des sommités, en médecine, en psychologie, en
politique, en littérature. La chanceuse. Elle fait des rencontres
stimulantes souvent. Ici, hélas, pour bibi, c’est plutôt le
calme plat. En tous cas, vive le journal. Vive les diaristes.
J’ai terminé aussi, lecture en
diagonale car des chapitres sont un peu niais, le livre « optimiste
à tout crin » de Christiane Collange : « Merci,
mon siècle », Fayard éditeur.
J’ai pu y glaner du gros bon sens (j’aime tant cela) et
saisir une fois de plus les progrès étonnants et merveilleux du
siècle dernier. On l’oublie. La liste vous surprendrait.
Collange en fait un bilan précis et les gens de mon âge, avec
elle, admettent que malgré les deux guerres atroces, des tas de découvertes
ont radicalement amélioré nos vies. Ça fait du bien de le
constater. Nous revenons, nous tous les 50-70 ans, de très loin,
en France comme ici.
Oh, j’oubliais, dans « Chienne d’année »
(Seuil, éditeur) la Giroud soudain —entrée du 31 octobre
1995— raconte la quasi-victoire des Québécois indépendantistes.
Elle dit « sur 47 millions de voix… », aïe !
C’est 40 millions de trop ! Coquille ? Elle publie :
« Il y a quelque chose de romantique, de sentimental dans ce
désir d’indépendance. Les Québécois ne sont pas opprimés,
colonisés, exploités. Ils sont humiliés. »
Voilà comment nous sommes perçus. Vue de Paris ? Ou de
partout ? Giroud —et combien d’étrangers ailleurs ?— ne
saisit pas que l’on forme une nation et qu’une nation a besoin
d’un pays constitué, peu importe le confort accordé par
l’autre nation. C’est triste de constater si souvent que des
« cousins » culturels ne voient pas la longue et si
difficile lutte de résistance de ce 2% de francophones, isolés
dans un océan anglophone tout puissant.
Tenez-vous bien, Giroud nous sert le
rituel : « …comment ne serait-on pas sensible à
leur attachement au français, qu’ils parlent avec ce drôle
d’accent venu du fond de nos terroirs » Oh la la
!Sentez-vous le paternalisme parisien ? Sentez-vous la superbe
parisianiste ? Ils sont charmants avec ce côté terroir ! De
braves paysans quoi ! Non mais…
Je vais rependre maintenant
le Kessel-voyageur et, au lit, ce « Parfum de cèdre ».
Ensuite, plongeon dans le journal (ah !)
d’Hervé Guibert. Lire c’est voyager. Sans cesse.
Comment font ceux qui ne lisent pas ? Un masochisme, un mystère
profond à mes yeux.
4-
La boxe, cette
horreur ! Mais…il y a ce Éric Lucas , voisin laurentien de
Sainte-Lucie (un « tit-gars »de… !). Combat probable
le 8 juin, à Washington. Dans le cadre du match Tyson-Lewis. Sa
main droite amochée guérit, dit « Interbox ». Le
champion Lucas doit défendre son titre chez les « super-moyens ».
Je n’en démords pas :c’est un sport qui devrait être
interdit. On devrait mettre en prison ses organisateurs pour
« refus de secourir personne en danger ». Le code pénal
s’appliquerait, non ? Et puis, je croise les doigts et marmonne :
« pourvu qu’ Éric Lucas gagne à Washington, le 8 avril
! »
On est idiot avec nos contradictions, non ?
5-
J’avais préparé
un petit dossier explosif pour démolir les thèses « pro-canadians »
du mari de la Vice-de-Reine, John Saul, à propos de son
avant-dernier livre sur les « jumeaux » que nous
serions malgré nous, anglos et francos. Je m’étais équipé
solidement pour le ridiculiser à fond lui et ses oublis pratiques
sur tant d’aspects de l’histoire du Québec, sur nos différences
fondamentales. Jumeaux de mes deux…
Le temps passe, on est pris par
d’autres sujets de controverse et mon Saul l’a échappé
belle. Des menaces ? Un vrai « Popeye » hein ! Il y a
pas longtemps, à « L’institut du Dominion » (ouash
!) l’époux du Vice-de-la-Reine a encore entonné ses antiennes
crypto-fédéralistes encore.
Selon Saul, l’état-nation (lisez
Québec) est une idée des années 1800, pour ne pas dire des années
1300 (sic). Une approche monolithique, insiste-il. Il admire sans
vergogne la « complexité » de son
Canada actuel (!). Rectitude politique oblige : Saul
prétend que les aborigènes, les autochtones quoi, forment la
base solide d’un triangle (incluant francos et anglos). Non
mais…
Saul dit qu’on oublie trop cette
base… « sauvage ». Il a repris, à Vancouver, avec
ses « conférences Lafontaine-Baldwin » son radotage
utopique. À savoir :
ça va mieux, on reconnaît de plus en plus l’apport des Amérindiens,
cela d’un océan à l’autre, incluant le Nunavik.
Cela va enfin nous défaire de l’idée, nuisible à ses
yeux, que le Canada doit tout aux Européens, nos pionniers.
C’est son dada, à bas nos racines en Europe ! C’est « politique ».
Avec ses « jumeaux », ses siamois de force, il
frappait son vieux clou mou : Français de France ou
Britanniques d’Angleterre, ça ne valait pas cher. Les
autochtones, eux, surent nous révéler à nous-mêmes. Vraiment ?
De là sa marotte des aborigènes en fondateurs d’importance du
Canada, socle précieux, indispensables fondateurs à nos côtés.
Ils s’en crissaient-y et pas à peu
près du Canada !
Vive ce triangle vanté ! Un rêveur
? Non, mais non, un arrangeur intéressé. Un petit malin,
—stipendié— mercenaire fédérat subventionné, qui veut nous
berner, surtout nous faire abandonner la lutte pour une patrie québécoise.
Un lutteur hypocrite contre le
nationalisme québécois si
dérangeant pour la paix « canadian ». Saul en
travestisseur de la réalité. Ses moyens : têtage des
Rouges d’une complaisance ébouriffante. Le vrai c’est que, on
le sait bien, hélas, les colons, les pionniers, —anglais après
la Défaite de 1760—, se fichaient complètement de ces nomades
démunis d’ici. Un Amherst organisait ses lots de couvertures
contaminées, génocide. Évidemment,
explorateurs-marchands, navigateurs-commerçants trappeurs,
chasseurs —comme leurs prédécesseurs français— ont appris
quelques trucs des indigènes. C’est partout pareil, en Afrique
comme en Indochine, messieurs les colonisateurs, non ?
Au fond, nos blokes ont tôt fait que cette minorité négligeable
soit installé en ghettos maudits, en réserves racistes, les
transformant en demi-parias. Saul le sait. Il joue un
jeu politique à la solde d’Ottwwa.
Gênante réalité têtue ! C’est cela la vérité. Sa
honteuse « récupération » —« ils furent
essentiels et blabla bla »— est une façade, un leurre à
imbéciles, une astuce de néo-fédéraliste ? John Saul avec sa
grosse « gomme à effacer » la réalité n’y
changera rien. Sa bataille à retardement pour déguiser,
masquer, maquiller stupidement l’histoire est une entreprise
candide.
Il déclame dans sa « patente Lafontaine-Baldwin » :
oubliez donc, anglos comme francos,
vos racines et songez que sans nos « bons »
sauvages, le Canada n’existerait pas ! Fort de tabac indien !
Quelle cloche ce Saul ! Son gros
jupon dépasse, cachant bien mal sa volonté de nous diluer, de
nous noyer —comme les Baldwin, MacDonald et Cie avec la traîtresse
complicité des Lafontaine, Cartier, « Sir » Wilfrid
Laurier et, aujourd’hui, Stef Dion, oui nous diluer. Empêcher
notre patrie française en Amérique anglophone de naître.
Sur son tablier d’artisan en niaiserie, le toutou de la
Vice-de-la-Reine d’Angleterre, est brodé un totem de carnaval.
On y lit : « accrochons-nous à nos autochtones
pour devenir une nation nouvelle ». Ce fou illuminé n’est
un gamin gâté à épouse voyageuse, qui va partout déguisé en
petit indien, plumes à cinq sous, collier de perles. Il répète : Vive les indiens
et son arc du bon sauvage —base-du-triangle canadian ! Du toc de
Dollorama ! Ses fléchettes visent ces maudits Québécois qui, eux, forment une vraie
nation. Pauvre John, de Toronto à Vancouver,
les Canadians, fils de « royalistes », sont
maintenant des amerloques « républicains »
bien assimilés.
Même les millions de Sheila-la-Cop, de Gagliano, du
dauphin Boudria, des copains de « Groupaction-Canian-adverising »,
n’arriveront pas à nous…diluer. Alors Saul ce petit « prince
qu’on sort » et ses conférences « coast to coast »,
on s’en torche.
6-
Ouf ! Tantôt, après le lunch du
midi —que le jambon giroflé d’Aile goûte bon !— coups de
pelle pour libérer de sa neige la terrasse du nord, en
arrière et le long escalier; Aile à la terrasse du sud en
fait autant. Digestion activée ! Pa dedessert ce midi. Ayant revu
Montignac à la télé, et sa furieuse condamnation du sucre
—plus nuisible que les graisses— approuvé par nos médecins,
héroïquement, je n’achète plus les si délicieux gâteaux
frais de l’École edes petits chefs. Je suis diablement en
manque mais…il me reste les barres de chocolat à 75 %
L’autre soir, en arrivant chez
Pierre-Jean « don quichotte » Cuillerier, je dis à
Jean-Guy Sabourin —qui joua si bien le saint Jésuite martyrisé
jadis dans un film de l’ONF : « Je t’en prie,
ne dis pas que tu es mon ami, Jean-Guy. J’aurais si honte. »
Je le taquinais puisqu’il est l’un des grands démocrates
de la magouille avant-fusion à l’Île Dorval. Je lui disais : « Quoi,
bande de sauvageons, relié à la ville, vous auriez enfin des égouts,
un système d’aqueduc, et quoi encore, des réverbères sur
votre chemin de ceinture, un beau petit pont toit neuf sans doute. »
Mon prof Sabourin s’agite : « Quoi ? Avec plein de
visiteurs dans notre île si tranquille ? On veut pas. Vive notre
petit bac à moteur pour traverser avec permission pré-arrangée
». Je dis : « Non mais c’est-y laid l’égocentrisme
! » Mon Aile, la Carole à Pierre-Jean et la Diane à
Jean-Guy, changèrent de sujet et
vite. Maudites femmes ! Toujours pour la paix des
ménages et des amitiés !
Je me suis souvenu d’un « plan
de nègre » que je tentais de défendre à Pointe-Calumet
vers 1975 : étatisation par la municipalité de tous les
rivages du lac. Cinquante pieds ? Construction d’une jolie
promenade riveraine (en bois traité ?) ouverte à tous, jusqu’à
ceux qui logent loin du lac en bordure de la route d’Oka et qui
n’ont aucun accès au grand lac. Vous auriez dû entendre les
protestations. Les proprios des plages (et du mur de Berlin désormais
!) voulaient garder les belles vues pour eux-mêmes. Égotisme
toujours !
Qu’est-ce que j’apprend ?
À côté d’ici, achat des biens publics « pour des
pinottes » par les proprios d’un domaine public nommé,
l’Estérel ! Un policier courageux, Pierre Coley, raconte au
reporter Cédilot (La Presse) qu’il a vu venir cette opération
mains-basses, bien basses ! Il a voulu avertir en temps et lieu.
On a fermé les yeux. Mieux — non pire—
on l’a harcelé, menacé, même suspendu et puis carrément
congédié ! Vinrent même
la menace de poursuite judiciaire !Écœurant !
C’est-y assez fort ! Une honte.
Pierre Coley s’est ramassé
— dépression
nerveuse— sur le B.S. Cela fut fait, bien sûr, avant la fusion
avec Sainte-Marguerite. Là aussi, l’achat —prix d’
aubaines— des biens publics et la formation d’un ghetto privé
!
A-t-on embarqué
Riopelle mourant, qui y avait demeure et atelier, dans cette
combine égoïste ? Violette Gauthier, mairesse de Ste.Marguerite
—succédant à Jean Charest —parent de Champlain Charest, ami
de Riopelle ?— recevait le 6 février la liste des griefs du
caporal Coley.
L’ex-maire Charest était le chef d’un groupe de proprios, baptisé
« Les amis… de l’Estérel ». Ils s’emparèrent
de 57 parcs, du chalet public, d’une plage et des terrains de
tennis —prix d’ « amis » de l’Ésterel,
c’est le cas de le dire. Le tout valait deux millions et demi
(2,500,000 $) mais on a payé 55,000 $
! Parlez-moi d’un arrangement de cette sorte ! Plus fort :
comme à l’Île Dorval, les « ami de… » reçurent
une subvention. Ici, de 50,000$
Pierre Coney, le héros de ce sombre feuilleton —une
autre des belles histoires
des pays d’en haut — informait
tout le monde ce ces magouilles : son chef ce police, les
ministres (Affaires municipales, Sécurité publique) et… rien !
Corruption dites-vous ? Et comment !
La filière politique est toujours
de mèche avec les importants, les « quéqu’uns »
comme on disait jeune, les bons gros bourgeois, les tripoteurs du
bien public ? Édifiant, à quelques kilomètres de chez moi,
vivent des égocentriques d’une espèce rare —ou courante, je
ne sais plus !
Peuple debout, aux armes citoyens, réveillez-vous
humbles travailleurs surtaxés !Tout ce beau monde-là, bien laid,
les Chrétiens-à-auberge ou à golf, les Martin-à-cargos aux
pavillons suspects, les Landry, les Charest, les Marois, les Ménard,
sont des pourris-gâtés du sort. Ils sont, solidaires en
magouilles, tous de la même confrérie. Quand ils vont bouffer
sophistiquement et boire des vins millésimés, ils entendent
parler de ces collusions et ils se rangent, se taisent ,
s’accordent comme larrons en foire —tous, tous, tous— avec
leurs frères de classe sociale. Ils ferment les yeux, congédient
le gêneur, laissent mijoter les plats malodorants des concussions
dégueulasses. Ils se tiennent —c’est bien le mot juste—
comme cochons. Alors le simple agent de police, syndiqué ou non,
se fait mettre à la rue s’il ose l’ouvrir.
Mon ange à une aile, ma fée grise
qui me grise, remplit mon sac de voyage, me questionne : « Tu
veux tes souliers durs ? Ton « pepto bismol », ton
chandail à col tortue ? » Nous partons pour le Chemin
Bates. Demain matin, groupe d’écrivassiers en bus et hop, le
Salon des écritoires…En face, sur la rive droite, entre deux séances
de signatures, aller voir du Riopelle au Musée. Aller aussi faire
une prière re reconnaissance
au mur du coin nord-est du beau Musée de la civilisation,
juste là où Aile est née, proche du pont inter-provincial ? Si
j’ai une minute, oui.
En voiture dit Aile ! « All
aboard » disait mon oncle Cléo, cantinier du « CiPiAr »
quand j’étais son crieur d’eaux gazeuses sur le train Montréal-Québec
à 16 ans. Sérieusement, en voiture !