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À CŒUR
OUVERT (J.N.)
1-
Sous ce
ciel laiteux, marche chez le barbier Lessard du bas de la côte.
Jasette rituelle. Depuis toujours ces barbiers jaseurs, non ?
Je me
souviens encore, quand j’ai habité le 551 rue Cherrier de celui
de la rue Roy. Oh, le fameux bavard ! Les frères Lessard sont
plus…réservés. Il faut les mettre sur une piste. Et si un
sujet lancé ne les captive pas, c’est des « hum, hum… »
quasi mutiques. Rue Roy, il y avait aussi Lapointe une petite épicerie
(Lapointe), utile aux brèves rencontres entre « bohémiens »
de ce coin du Plateau. Aussi un merveilleux jeune artisan en
cordonnerie. Affable, aimable, jaseur. Ce coin de la ville me
ramenait au temps de ma paroisse (Sainte-Cécile ), au temps des
nombreux petits marchands et qui causaient. Au Club Price, chez
Costco ou au Réno-Dépôt, il ne doit y avoir rien de bien
chaleureux ! Ici, j’aime bien les taquineries du bonhomme Théoret
à sa quincaillerie (railleries fécondes !). Jadis, ici, deux
boucheries-épiceries à deux coins de rue. S’amena le centre
commercial et le gros Métro et la fermeture de ces magasins…et
la fin des jasettes familières ! Hélas !
Hier matin, mon topo livré à LCN de
TVA sur « mon » Riopelle
où j’ai joué un brin le Jean Yanne irrévérencieux
du film « Tout le monde il est beau… », livré
aussi, à la SRC, mon 45 m. de bavardage avec Pierre Nadeau, Aile accepte la
remontée dans la tempête ! Oh
la la ! Ça tombait. Tas de voitures dans les fossés !
Police et remorqueuses ! Peur ! On a roulé à 60 km. Durée du
retour : deux heures !
Ce matin, tôt, Daniel Séguin, de la
radio de Hull, un ex-camarade du temps de CJMS. « Pis,
Jasmin, ces funérailles ? »
J’étais
avec Nadeau et n’ai pu y assister. Je me livre encore un brin au
portrait d’un génie indiscutable mais qui a écrasé bien du
monde autour ! Séguin : « Comment ça se fait donc ça,
si doué et si moche comme humain ? » Ne sais jamais trop
comment expliquer ce qui m’accable, me hante. Il y a eu le
peintre de génie Renoir. Excellent père, excellent citoyen et
pas moins génial pour cette… bonne conduite. Rien du débauché
ou de l’alcoolique, rien. Un exemple. Rare. Chez Maisonneuve
(bien mauvais questionneur cette fois) une ex-épouse de Rio, Françoise,
disait : « un grand anxieux, un angoissé
terrible, Jean-Paul… » Eh ! En effet, j’en ai connu, les
ivrognes irresponsables du milieu des arts, souvent, sont des âmes
en peine. Taraudées par l’idée de mort. Ces ouvrages
inoubliables, n’empêche, s’installent sur des vies gâchées :
femmes, enfants, compagnes. La belle et jeune « Joan »
séduite, a enduré la misogynie terrifiante du collectionneur de
bagnoles italiennes et s’est fait écraser complètement. C’était
une jeune peintre prometteuse.
Quoi ?
« Rien de bon ne pousse à
l’ombre d’un grand arbre.» Le jeune sculpteur Gonzalès,
gloire espagnole, refusait d’étudier chez « le grand
arbre » Rodin. En disant cela. Avec raison.
2-
Légère déception
de cet entretien-radio (pour l’été qui vient)
avec Nadeau, hier matin. Ma lassitude de voir le dossier préparé
avec, toujours, les mêmes questions. Les mêmes sujets : les
juifs Hassisim, les auteurs homos en ghetto, les émigrants que
l’on transforme (sauce multiculs) en
refuseurs d’intégration. Etc.
J’aurais souhaité un Nadeau plus
candide, qui se questionne sur « qui est au juste » le
romancier assis devant lui, selon sa perception personnelle, ses
interprétations à lui, non pas selon le sommaire convenu des
vieilles querelles de « la grande gueule ». Les
recherchistes compulsent un « dossier de presse » et
cela amène le rituel répétitif des anciennes chicanes publicisées.
Sortant de ce studio 19, —Aile
m’avait envoyé un
mémo : « aller ramasser les « retailles »
de cette « biographie » du Canal D, au Carré
Saint-Louis— je file chez Béliveau Inc. Me voilà, revenu au
chalet, visionnant, ces restes de bobines, ces « chutes »,
ces coupures, ces « censures » ? Regrets de certaines
coupures de la réalisatrice Boudin et je boude ? Aile, réaliste,
intelligente : « Tais toi donc Cloclo, ils
avaient une heure d’écran, pas un jour. » Vrai. Je la
ferme et bouffe ces excellents beignets frais du jour « quéris »
plus tôt au magasin de « l’école hospitalière ».
Ensuite, autre épisode de « La
vie, la vie », toujours cette excellente manière (Séguin-Bourguignon),
comme « sans y toucher » d’illustrer l’existence
de jeunes gens en quête d’une vie pas trop plate. Aile, ravie,
est folle de cette série !Elle nous a trouvé, hier, ce « Mausolée
des amants » du Guibert désaxé. C’est un journal ! AH !
Je m’y jetterai. Elle (Aile) n’a pu trouver dans deux
librairies (le gros « Renaud-Bray » et la petite
« Hermès ») une seule copie de ce « Iguane »
de Thériault que Martel a porté aux nues samedi ! C’est
merveilleux ces libraires et ces distributeurs de nos romans ! Une
honte oui !
3-
Visite chez monsieur le directeur de
Publicor-Livres, Jacques Simard, en face de chez moi.
« Ah! J’allais te téléphone, j’ai ta « Rachèle
(Rach-Aile !) au pied de la Trappe d’Oka ». Claude, j’ai beaucoup
aimé ton « échantillon » pour un livre érotique.
Quel style ! Rien à voir avec notre collection qui est du
« hard » mais je veux le publier. Bouge pas, je te
sors un contrat. » Je n’avais pas encore petit-déjeuner,
je refuse de signer illico. Je lui dis de m’envoyer cela par la
poste. Il note l’adresse de Sainte-Adèle fébrilement.
Pas certain du tout de signer avec
lui. Simard m’avait tenté en me parlant de ses formidables
nouveaux « contacts » en France, d’un réseau
fonctionnel pour ses ouvrages érotiques. Mais… par ses propos,
il m’a fait comprendre, sans le vouloir, que si ça marchait
bien là-bas c’était de la quasi-porno. Oh ! Pas mon rayon du
tout les salaceries infantiles. Il dit admirer mon style ? Bien.
D’autres éditeurs estiment mon style et je choisirai la bonne
maison. Pas envie qu’il me dise : « On va
pilonner ton livre, ça n’était pas dans les goûts de mes
cochons de liseurs ! » Oh non, la rapide mise en charpie de
mes romans, ça suffit comme ça !
4-
À
propos de la France et de journal : je retire mes propos sur
« Chienne d’année. 1995 » de Françoise Giroux.
C’est bon, C’est du vrai journal. Elle délaisse les « actualités
seulement », au bout de quelques entrées. Il y a ses
rencontres, ses dîners, ses appels de téléphone, sa coiffeuse
(jasette de barbier?). Étant donné son statut, on découvre des
tas de propos intéressants, des opinions pas mal gratinées, pas
piquées des vers, avec les sommités du cinéma, des lettres, de
la télé, de l’Académie française, eh oui,
ou de « son » académie (elle est juré-Goncourt).
Je me trompais. Je dévore cela. Vive le journal.
Aile rentre de ses courses pour son
souper car on m’a
prévenu hier : « Demain, que des pâtisseries et des
soupes ». La démone ! Il n’y avait pas qu’un bon petit
rôti à dénicher. Cela la taraudait : son homme doit aller
voir un… « doqueteur »!
Elle me
raconte, déçue, indignée, que la clinique d’ici ne prend plus
personne, que le CLSC… pas davantage. Elle enrage. Ministre
Legault, au secours ! On lui parle d’une clinique —mais
anglophone— à Saint-Sauveur où peut-être prendrait-on pour
« un bilan de santé » son grand héros ! « Je
vais vérifier cela. ». J’ai peur des médecins. J’ai
peur de savoir qu’un mal caché me tue tout lentement ! Je dis :
« Pas de doqueteur bloke, il pourrait me faire une injection
anti-indépendantiste ! Je rigole !
Aile quitte mon gros fauteuil noir,
très soucieuse. Deux minutes et
la revoilà ! Pas moyen de tenir mon journal tranquille.
« Cloclo ? Bingo pour Saint-Sauveur ! Il parle français, il
va te recevoir début avril ». Visage radieux. Ça fait des
années qu’Aile veut me voir jeter du sang et de l’urine chez
un toubib ! Merde !
En zappant hier soir, on tombe
sur…un clip ? « Michael Jackson’ ghosts », musique
enlevante, ambiance d’apocalypse. Étonnant , épatant ! Du Jean
Cocteau… moderniste, très amélioré. Infographie
manipulatrice, effets spéciaux. Des monstres affreux rampent,
silhouettes déformées, visages d’épouvante, grouillement
infernal.
Sans cesse, astuce efficace,
classique, on voit des quidams(hommes, femmes, enfants atterrés)
qui voient comme nous, « l’invoyable »,
« l’irregardable ». Technique utile pour de
l’identification. C’est amusant. On aime avoir peur pour rire
!
5-
Cette
Marie-Claude Lavalée, susurreuse, sorcière délicate, joue
les confesseurs à la télé de RDI. Face au jeune héros
de « La vie, la vie », Patrick Labbé, la volà toute
chavirée, l’acteur est réservé, modeste, pudique, gêné de
parler de lui. Qu’à cela ne tienne, la questionneuse roucoule,
rassure, enfile trois
paires de gants et vous le triture avec des sourires de chirurgien
qui vous arracherait sans douleur le fond de l’âme. Je rigole !
Labbé finira par livrer deux ou trois bribes de sa chair intime et à la fin, voilà
Lavallée tout mielleuse, chatte se pourléchant les babines,
satisfaite, bienheureuse , l’air de dire à son patient;
« Vous voyez, c’est fini, ça n’a pas trop fait mal, pas
vrai. Infirmière ! Par ici, la sortie ! C’est à mourir de rire
!
6-
Deux
attaques « de file » sur la Bombardier. Non
mais…d’où peut venir cette haine ? Péan dans La Presse de
dimanche tirait raide. Ce matin, Desautels (ou Deshôtels ?) du
Devoir. On sembler détester à fond sa série de « propos
et confidences » à la SRC : « Parlons des
hommes, parlons des femmes ». Mais quoi, femme d’opinion, je
devrais donc bien comprendre qu’elle a pu accumuler les
adversaires. Parfois, selon le
calibre de son confessé, c’est moche, parfois c’est fort bien
mené. Jim Corcoran, par exemple, dimanche dernier a livré avec
grande franchise sa relation bizarre avec les femmes. Fort
instructif. Le chanteur si sympathique fut longtemps une sorte de
mystique —il a fait du couvent, songeant sérieusement à la vie
religieuse. Non, bien franchement , l’idée de causer « amours »
n’est pas mauvaise du tout.
7-
J’y
reviens : F. Giroux (« Chienne d’année ») se
dit embarrassée par toutes ses interviews où on lui ramène
toujours les mêmes questions auxquelles, forcément, elle donne
les mêmes réponses et dit qu’elle se sent chaque fois le
perroquet d’elle-même. Si vrai ! Ainsi,. Une fois de plus, avec
Nadeau qui me questionne sur « comment je suis passé de décorateur
à romancier. Il me semble que j’ai raconté cela cent fois. Au
moins. J’avais comme honte de m’entendre répéter : la
grève à Radio-Canada en 1959, premier essai…raconter mon
enfance… « Et puis tout est silence »… Le
prix du Cercle du Livre de Tisseyre…Etc. »
8-
La farce de
l’année ? John Charest se scandalisant du favoritisme politique
actuel. Chemise déchirée, demandant une enquête publique. Non
mais. .. Quel sépulcre blanchi ! Menteur et effronté hypocrite !
Il sait tout là-dessus, tout et depuis très longtemps. Avant même
son séjour à Ottawa avec les Bouchard et Mulroney. C’est
prendre les citoyens pour des imbéciles. Nous avons, nous,
cochons de payeurs d’impôts et de taxes, le droit de
nous scandaliser. Pas lui ! Pas lui !
Il y a longtemps que j’observe son
travail. Le dire publiquement, il y a au journal Le Devoir un génie
de la photographie. Son nom : Jacques Nadeau. Encore ce matin, fascinant
croquis aux funérailles de Riopelle. Arrière-plan, une croix
(poteau de signalisation sans écriteau !) en plan moyen, des
arbres nus, avant-plan, des endeuillés avec ce « dripping »
(riopellien !) fait de neige floconneuse. C’est un talent rare
ce Nadeau.
9-
Vu à
« Sixty minutes », dimanche soir, à la télé américaine
(zapping accidentel), le vrai « Nash », prix Nobel,
personnifié avec un si fort talent (« oscarisé »
bientôt sans doute) par l’acteur Crowe dans « A beautiful
mind », un film (pour une fois bien doublé en français) émouvant
en diable. Internet qui fouille tout révélait : le grand génie
aurait été un sale antisémite, aurait fait un enfant bâtard et
fut homosexuel actif souvent. Ça jase dans les chaumières des
amerloques. Fascinant et, à la fois, insatisfaisant reportage.
L’épouse qui nie tout bien entendu. Insinuations reprises
partout. « L’humanité entière, vivra un jour dans du
verre » prophétisait mystérieusement Teilhard de Chardin,
le savant aux visions paléanthropiennes.
10-
L’édénique
romancier de Paris, Ouellebec, en fit, sans complexe, à froid, et
plutôt chaud sur la situation dégradante, la matière d’un
roman. Il y a un gigantesque bordel sur cette terre : la Thaïlande.
Deux millions de prostitues, mâles et femelles. Marchandise
humaine, bon marché, offerte dans certaines agences de voyages.
Tourisme payant. 300,000
mineurs —avec risque…hum… de prison si on vous pince,
surtout avec des moins de 13 ans — dans ce lot bi-millionnaire
de « à vendre ou à louer ». Les jeunes miséreux qui
suent —« cheap labor » pour notre bénéfice— dans
manufactures et usines vont vite vers ce pactole.
11-
Ce matin,
Lysiane Gagnon fait encore son « devoir » de fédérate
accomplie. La voilà scandalisée par ces funérailles d’État
pour Riopelle. Elle dit :oui, à ces chiards mais seulement
pour les anciens premiers ministres. Seuls méritants de ce
« traitement officiel »
selon elle ! Pauvre
Victor Hugo, la Gagnon sévissant à Paris, aurait conspué ses
grandioses funérailles. Je pense à moi, j’en veux, moi,
Lysiane, des funérailles grandioses. Et malheur à toi, moi mort,
si tu brailles contre mon chiard, saudite jalouse, je te tirerai
les orteils fédéralistes !
Je ris. De moi.
12-
Oh, misère
! J.-P. Gagnon ce matin (mes chères lettres ouvertes) avance
qu’un homme, un père à la maison, c’est vital. Il recommande
de lire : « Mères-filles :relation à trois »,
écrit par une analyste et un sociologue (Eliacheff et Heinich).
1-Faux qu’il n’y a que l’ amour maternel, seul
fondateur. 2- Le père joue un rôle indispensable —constitution
de l’identité pour filles et garçons— oui, un rôle
indispensable à l’équilibre d’un enfant. »
Alors, deux
lesbiennes au foyer ? Homoparentalité mise en doute ici. (Mon débat
récent chez Liza Frulla.) Et la monoparentalité ?
Certes, un homme (pas père mais tuteur, oncle, amant
responsable, parent mâle dévoué.) doit pouvoir jouer ce rôle
de l’homme auprès de (des) la fillette ou du gamin.
13-
Rien de
plus pénible que le sketch en « sœur volante » par
Norman Bratwaith au Gala Métrostar. Obsession du sexe lamentable.
La Cousineau qui n’est pas bigote parle d’un four, avec
raison. Giroux dans son journa exige que la grossièreté soit légère
au moins, et gai.
Elle dit que c’est le plus souvent ni gai ni léger.
À « Campus », à TV-5 le
dimanche soir, des auteurs sur la « question sexuelle »
parlaient à tour de rôle de leur ponte.
Y trépigne un « vieux » gamin, à
casquette, qui borborygme des sentences creuses. Il est pour le
« déxasage » tous azimuts. Il craint maladivement la
censure. Il se plaint que les médias le négligent. Guillaume
Durand, brillant animateur toujours débordé, alors, montre un
tas d’extraits d’émissions de télé où on voit le zigoto
bouffonner tout à soin aise. Il ferme son clapet de geignard un
long moment, notre escogriffe déséquilibré. C’est un
exhibitionniste maladif.
On me dit que, jadis, des bourgeois
respectables pouvaient aller —en groupe organisé— en asile de
la Longue Pointe pour observer les aliénés divers. Un
passe-temps dominical pour après la messe, quoi ! Horreur ! De
nos jours, il n’y a qu’ à surveiller télé, livres,
films…C’est le marché aux fous ! À Campus, un cinéaste
documentariste montrait des couples de bons Bretons âgés se
livrant à… l’échangisme. S’échangeaient des pénis de
platisque (godemichets commerciaux)
devant leurs petits-enfants. On les voyaient rire
nerveuement. On croit rêver !
Un peu partout, c’est le cirque des
fous. Plus besoin de ces groupes organisés voyeurisant St-Jean de
Dieu, le dimanche ! Pratique, non ? La Catherine Millet raconte sa
pitoyable psychose. La bourgeoisie parisienne décadente en est
ravie.
Je crains que mon Guibert avec son
« Mausolée… » ne livre que ce genre
d’exhibitionnisme malsain (je vais savoir) qui a fait saliver de
satisfaction « Voir »,
« Le Devoir » et le Fugère du compère Le Bigot.
L’autre soir, le sadisme
s’installe aux créneaux voyeuristes.
On en vient à penser que la normalité (hon, ce mot gênant
!) est une anormalité
à force… Françoise Giroux dans son journal : un
type connu m’écrit qu’il n’y a plus que des émigrants du
Maroc dans son bled provincial. Qu’il faut stopper ces
envahisseurs. Il raconte qu’il a vu, jeune, de ces Marocains
copulant avec des mulets ! Il a voté pour Le Pen ! Voilà un des
résultats de l’étalage des déviances sexuelles toutes catégories.
De pauvres bougres en deviennent…des fadas ! Panique et racisme
aussitôt.
Je trouve qu’on ne cause pas assez
(théâtre, cinéma, livres) sur la bestialité. Vous trouvez pas
? L’inceste ça devient banal, non ? Et il y a la nécrophilie ?
Important d’étaler la chose. C’est excitant un déterreur de
cadavre encore tiède qui copule sous la lune. C’est très négligé
ça aussi. La pédophilie c’est lassant maintenant. Il y en a
tant.
Bien savoir, en tous cas, que plus
les désaxés — ou les exploitants commerciaux au fond — iront
loin dans leur zêle pour les « anormalités »,
plus les « braves bougres » vont s’alarmer
bientôt, avec appel à l’ordre ultra-droitière, inévitable.
À Montréal, à Toronto, comme à Paris ou à Rome. Les
conservateurs niais redresseront la tête. La laide censure va
s’armer et elle triomphera. La sotte répression, un jour,
frappera et n’importe comment comme toujours. Tant pis pour les
libéraux déboussolés qui se taisent aujourd’hui devant les
lamentables extrémistes du sexe tout croche, leurs zélotes excités.
Alors on ne pourra même
plus raconter ce doux vieillard noble italien profondément troublé
par la beauté irradiante d’un jeune ado : le beau film,
« Mort à Venise ». Et ce serait bien regrettable !
15-
Je me
demandais si à « Dans la mire », à TVA,
on avait détesté ou apprécié ma fougue, mes
emportements sur :« nos
émigrants doivent s’intégrer et le plus tôt possible
pour l’épanouissement de leurs enfants, fuir leurs ghettos clos
et subventionnés, entretenus. » Eh bien, je crois que oui.
On me téléhonait hier, pour revenir chez madame Cazin. Débat à
propos de statistriques. Les gens restent racistes, les garçons
jeunes en particulier. J’ai refusé, je devais aller jaser chez
Pierre Nadeau au même moment. On
me réinvitera je suppose.
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