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1-
La peur.
Après une nuit de bourrasques terribles, ce matin,
vent fort et au début de cet après-midi, tempête brève
mais énervante. L’électricité menacée ! Ça clignote ! Songe
à éteindre l’ordi mais…ça passe. Hier, lu un courriel
acidulé du fils Daniel qui se questionne quand j’ose refuser
une promenade avec Aile pour continuer mes Journées Nettes, ici.
Reproches forts ! Il a raison. Je regrette mon « assis sur
chaise », ma défection. Promis de ne pas récidiver. Voici
donc le fis qui joue au père du père ! Je me souviens d’avoir
tenu ce rôle parfois auprès du mien. Sa surprise. Son sourire
chaque fois. Je souris ! Mo n fils va jusqu’à me questionner : »pourquoi
au fond ce journal. Une vanité u peu futile, non ? ? » Boum
! J’y réfléchis. J’aime le tenir, c’est certain, pourtant
certains jours comme un… « devoir » (?)
et de l’accablement.
Hier, stimulé par
Buissonneau —vu, je l’ai mentionné, au lancement de
« Debout les comiques »
qui passait hier soir au Canal D, je l’ignorais—
si enthousiaste pour les deux tomes de mon vieux journal
(1987-88), j’ai lu (au lit) plus d’une centaine de pages sur
1988. J’y ai pris
un plaisir fécond, revivant des éphémérides cocasses. Dont ce passage hilarant (fait cocasse oublié) quand mes
petits-fils exigeaient que je passe la nuit chez eux,couchant avec
leur gardienne, Lucille. On explique que c’est impossible, que
nous ne sommes mari et épouse et ils s’écrient : « Qu’est
ce que ça fait ça, c’est pas important ça, le lit de nos
parents est grand ! » Je remémore l’incident à Aile et
nous avons bien ri. Un des rôles du journal :faire rire ?
2-
Vendredi
soir, belle brève visite de ma fille avec son Marco, ils
revenaient du ski à Morin-Eights, pour mon cher Gabriel, le
benjamin de la rue Chambord et son grand ami, Raphaël Drolet. Un
jeune géant fort attachant, déluré, l’esprit en éveil, poli
et curieux. J’amène ces deux ados
à mon atelier-cave. Ils admirent un dessin gouaché du
David À Marc À Bernard, venu séjourner ici à la mi-février. David et moi partions
du même accident coloré, David me battait, faisant une meilleure
réussite graphique. Ainsi le non-initié, libre de toute
enseignement, peut battre un pro, par son audace. Je ferai
encadrer sa ponte. Je veux les amener au four et à la glaise
mais, vu un temps de verglacement (j’aime néologiser) les
parents décident de vite, vite, renter à Ahuntsic. On a remis à
Éliane deux plats préparés par l’École hôtelière. Pour son
papa, qui m’a si bien donner à bien
manger jadis, j’ai offert à Raphaël Drolet
un petit graphique (vert, blanc, rouge) sur « Roma »,
« l’italianisant » compère en radio l’aimera-t-il
?
Achat du « Paris-Match »
l’autre matin et bonne lecture de trois ou quatre articles bien
torchés. Sur l’Amen, film
de Costa-Gravas. Sur Israël et Palestiniens. Avec, comme
toujours, des photos inédites. Après, feuilletant le dernier numéro
de « L’Actualité », ça
m’a paru bien pâle, peu excitant. Notre magazine
« national » manque de…de quoi donc ? de nerfs ?
C’est trop souvent mou, avec des sujets plats. Peu…québécois
? C’est cela. On sent qu’avec le boss de Toronto, la rédaction
évite « l’enquébécoiserie » dynamique et
solide ! Hélas ! Les contenus, trop souvent, offrent une
sauce « pancanadienne » peu ragoûtante !
S’excuseront-ils en disant qu’ils ont des abonnés à Winnipeg
et à Vancouver. Foutaise. Leur lectorat doit être du Québec à
90 %
3-
Martine Bédard
(courriel) se cherche un …chantre pour sa famille, les
Saint-Louis, fondeurs du Carré célèbre du même nom à Montréal.
Elle veut mon aide. Quoi faire ? Pas le temps de rédiger des
monographies de vieille famille ou…paroissiales. Ouvrages qui me
plaisent bien pourtant, telle
celle sur la famille-Jarry —et son parc dans Villeray— lu récemment.
Autre message d’appel à l’aide :
de Jocelyn Bruneau qui installera un site qu’il veut baptiser
non pas « Heart Attak » mais « Artattak ».
Il veut m’installer, weebant (j’aime néologiser, vous
disais-je), comme son tout premier « portrait d’artiste ».
Il a adoré, dans le temps, mon feuilleton télévisé, « La
petite patrie ». Il veut « piquer » (hon!)
des photos de mon site. J’ai dis :oui.
Le jeune Cardin, lui, me remercie de
nouveau pour mon soutien
(pas bien fort pourtant vu mes ouvrages pressants) pour son projet
d’écriture : son Ahuntsic natal en « petite patrie »
bien à lui. J’ai tant souhaité, en 1975, un tas de récits
publiés sur tous les quartiers de Montréal. Ça vient ?
Ma chère Aile toute fière hier soir
quand je lui dis que l’agneau des « élèves en cuisine »
ne peut être comparé au sien, si rose, si tendre, si juteux…
La vérité. Elle en est comme emmiellée !
4-
Lu tantôt
le cahier « Livres » dans « La (grosse) Presse »,
si maigre le jour du Seigneur ! Encore la « une » sans
couverture des livres qui se font ici. Salmigondis, sauce
cosmopolitaine à la mode. Platitudes « convenues ».
Paraître « universaliste», n’est-ce pas ? Martel, vénérable
fidèle des écrivains livres québécois, mis dans un petit coin,
louange Gravel et sa modestie scripturaire
avec raison. Il se faisant aussi l’écho de Suzanne Jacob
dans son « Écrire » à elle, vantant en chorus les
talents de véritable écrivain de Foglia. Comme il a raison.
Martel dit que ce Foglia affirmant « aimer chroniquer sur
rien surtout », chronique alors avec art. Vérité.
Si le jeune nouveau
critique, Stanley Péan, continue de s’insérer « corps et
âme » dans ses articles il deviendra le seul passionnant
chroniqueur de livres. C’est le tort des Martel et
Chartrand (Le Devoir) de rester en dehors d’eux-mêmes,
de rédiger froidement, un « devoir » scolaire
strict, parfois sur un ton professoral, glacial à
l’occasion, en brave pion
attentif, correcteur zélé, liseur comme anonyme. Le public
d’un journal n’est pas celui d’une revue littéraire, il
aime que ses « montreurs de talents » s’impliquent,
se racontent un peu, laisse voir de leur …quoi donc ?, naturel.
Feu Jean-Éthier Blais le faisait fréquemment et nous l’appréciions
fort, peu importe ses louanges
ou ses descentes.
5-
Éliane, ma
fille, dans le portique l’autre soir, ici : « Mon
amie t’a vu chez Lisa à Radio-Canada discutant « homoparentalité ». Elle
m’a dit
que tu étais bouche bée, muet, désarmé quand, soudain, un psy
t’a sorti des études prouvant la non-dangerosité des parents
homosexuels ! » J’en reste…bouche bée. J’avais rétorqué
que peu importe les sondages —où les sondés peuvent mentir par
rectitude attendue— il y avait ce témoignage livré tout frais,
là, à deux pas de notre table ronde, de cette jeune Annick, fait
en studio où elle a parlé courageusement de « sa honte »
d’avoir une mère lesbienne, de ses mensonges obligés, de ses
malaise à l’école, dans le quartier, de ses cachettes, de son
silence. Il me semblait que le psy en question n’avait pas écouté
(et compris) le désarroi terrible de
ce témoin de chair et d’os à nos cotés !
Ce matin, Paul-Maurice Asselin
exprime (mes chères « lettres ouvertes »)
publiquement que « dans notre société si « distincte »
il est essentiel de rester à l’avant-garde du changement pour
le changement… » Ce Asselin jasait sur « mariage
officiel de deux hommes ou de deux femmes ». En effet, tant
de braves citoyens stupéfaits devant les caricatures,
par besoin de
mimétisme, mais bien silencieux de peur de sembler « ancien ».
Crainte farouche de se faire cataloguer « rétro »,
« nostalgique », faut avoir l’air dans le vent,
absolument moderne, en piétinant ses convictions s’il le faut.
Le vent…
Et le vent les emportera, cher Rabelais !
Ainsi j’étais donc décontenancé,
bouche bée ? Chacun peut interpréter subjectivement une
attitude, une portion d’émission, le cours d’un débat. Rien
à faire et je le sais depuis très longtemps. :
« T’as été parfait ! T’as été en dessous de tout !
Au collège, le « tot sensus,
tot capita », illustrait une règle de latin, cela illustre
aussi que, oui, tant il y a de têtes (capita) , tant il y a
d’opinons (sensus). Eh oui !
Je répète : »Un tableau
de génie regardé par un crétin devient un tableau de crétin »,
et je répète pour m’amuser : Un tableau de crétin vu par
un génie… Hum! Aux élèves des écoles où je suis invité
parfois, je vais répétant aux jeunesses : « Tenez-vous
avec plus brillants que vous, plus intelligents, mieux cultivé.
C’est souvent un peu humiliant, fatigant aussi, mais vous en
sortirez améliorés, grandis, stimulés par eux. Pas en vous
collant aux gnochons, aux voyous « populaires » !
Silence dans la salle quand je fais
ce sermon. On sait la « mise à part » du « bolé »,
la discrimination active face aux « brillants » dans
un groupe, une classe, hélas !
6-
Aile, hier
soir, avait loué « Legally blonde » en version française.
Nous avions lu des louanges de cette comédie toute amerloque. Et
nous avons bien rigolé. Récit pétaradant, fable comique. Un
conte de fée « arrangé par le gars des vues ». L’héroïne,
étudiante dans un collège californien pour futurs mannequins,
avec « concentration » sur
cosmétiques et modes, follement amoureuse d’un bel
ambitieux qui la laisse tomber espérant une « blonde »
à famille prestigieuse. Le beau « salaud’ file vers l’Est,
vers Boston, vers l’école prestigieuse de l’université d’Harvard
pour devenir avocat.
« Legally blonde » fonce alors dans une suite
de séquences drolatiques. La belle poupée languissante abandonne
son école de modes, fonce vers Harvard, réussit à y entrer, bûche
comme diable, se retrouvera assistante d’un très célèbre
plaideur…
Je ne vous en dis pas davantage.
C’est comique et facile. Un de ce films à l’intrigue guère
plausible — que d’amusants imbroglios—
dans son intrigue mais un récit cocasse mené. Tambour
battant. Un « happy end » savoureux,
proclamant : « Une poupée Barbie a le droit
d’être brillante, intuitive, humaine. » Et aussi :
« Quand on est mue par l’amour, tout peut arriver. »
La leçon finale :Une blondinette peut en cacher une
autre. » Vraiment
désopilant.
Le penseur grec Aristote aurait dit : « Le
droit c’est la raison pure de passion. » Une prof de
Harvard commente l’assertion millénaire et la
minette de « Legally blonde » saura le
contredire montrant qu’avec intuition, passion même, le
droit…retrouve tous ses droits. J’ai songé un instant au
bonhomme Trudeau pour qui c’était la règle de vie que cette
« raison sans passion » et qui échoua complètement
à vouloir détruire le patriotisme passionné des nôtres !
Samedi soir, un film de divertissement, si comique, me
conduisait par accident à mon ennemi viscéral, le « raisonnable »
pourfendeur du souhait normal d’une patrie normale , feu-Trudeau.
Quel détour !
7-
À Londres,
chez « The observer », Peter Beaumont, chef des
nouvelles internationales en a plein son casque : « Plus
moyen de critiquer Ariel Sharon, le va-t-en-guerre, et son
gouvernement, sans
nous faire accuser d’antisémite. » Il affirme que les
attaques, plus nombreuses, contre
des synagogues ou des cimetières juifs, partout en Europe,
n’ont rien à voir
avec la haine raciale mais sont le fait de jeunes émigrants
arabes, mal intégrés, —et aussi mal acceptés par un racisme
hypocrite en Europe, tient-il à souligner—
qui s’ont une sorte d’écho de solidarité de l’Intifada
palestinien. Heureusement, en Israël, de 80% de popularité, la
cote du Sharon —prometteur de paix à son arrivée— est tombé
à un peu moins de 50% maintenant !
Stéphane Laporte signe, très
souvent, un très bon « portrait de société québécoise
» dans « La presse. Quel don ! Ce matin, sa cabane à
sucre immangeable, ses « oreilles de christ » qui le
scandalise, enfant, et
ses « pets de sœur » dont il ne veut rien savoir,
tout le reste de son « Le bonheur est dans la tire… »
illustre bien ses talents d’humoriste. Fort. Il est bon. Plaisir
de le lire le plus souvent et je le lui ai déjà dit à la
terrasse de « La Moulerie », rue Bernard, sa voisine.
Difficile l’humour réussi —pas le lourd lot farcesque de
pipi-caca-cul— essayez-vous, vous verrez bien.
8-
Si, comme
moi, vous aimez les enfants, combien êtes-vous, depuis quelques
années, à être étonnés, renversés, éberlués, vraiment
choqués, consternés, du gros lot de pédés chez les curés et
autres pasteurs ?
Le loustic : « Vite, le
mariage permis pour eux à l’avenir. »
Comme si cette tare, ce vice, cette effroyable maladie
pouvait se guérir en prenant une épouse ! Cette homosexualité
d’un ordre particulier, pervers, n’a rien à voir avec le
mariage.
Voilà que ce matin —cerise pourrie
de plus sur ce sundae exécrable— nous lisons dans les gazettes
que l’évêque de Palm Beach, en Floride, a fait son ravage écœurant
et, enfin, se fait dégommé.
Trop tard ! Le mal est fait et il se faisait sous les apparence
d’un doux, aimé et révéré bon pasteur des jeunes âmes !
L’exemplaire et pieux « monseigneur » O’Connell
faisait donc partie intégrante du troupeau de brebis bien noires.
Sous couvert de charité, de belles
paroles évangéliques, il est un autre haut gradé, drapé dans
l’incarnat et la pourpre, crosse en l’air, mitre à rubans dorés
au vent, soyeux gants violets aux mains —avec bague cabochonne
luisant à embrasser à genoux— vicaire zélé de Rome qui se
livrait à la corruption des jeunes. Gestes qui engendrent un déséquilibre
pour la vie chez la plupart des jeunes victimes.
J’espère que des malheureux du Québec
—tel, à 40 ans, ce Christopher
Dixon (spolié à 13 ans)— même devenus adultes à cheveux
gris, trouveront toujours le courage (en retard ou non) de dénoncer
ces abuseurs —crapules en soutanes rouges ou en « clergyman »
gris ou bleu poudre, en chandail mauve ou en jeans usagés, avec
le crucifix au cou. Juste avant la nomination du rat O’Connell,
il y eut le cochon Keith Symons, autre évêque pédéraste. Une
lignée ! Vraiment ! Grossier acheteur de silence, complice dégeulasse,
l’archevêché avait payé Dixon, à l’époque, 125,000 $
Le front de cette église
catholique…qui installe ses pédés en satin moiré un après
l’autre. Un autre abbé-à-petits-garçons, —nous en avons eu
des paquets de cette vermine au Québec cléricaliste triomphant
— John Geoghan, œuvrait à ses œuvres, pas bonnes, « basses ».
A Boston, Il vient de prendre 10 ans de prison, lui.
Bagatelle ! Il fera quoi, trois ans ? Moins ?
Il y a aussi d’autres coups de pied
au cul à donner. Aux « rongeurs de balustre » aveuglés,
aux « grenouilles de bénitier » complaisants, bedeaux
candides, marguilliers écervelés,
imaginez cela, ces braves paroissiens supplient l’O’Connell
misérable de rester. Oui, oui ! Ils baissent les yeux :
« Quoi ? Il faut-y pas pardonner les offenses ? C’est dans
nos prières ! » Le « Palmbeachéen », Seamus
Murtagh : « Quoi ? À tout péché miséricorde, non ?
» C’est-y pas beau hein la charité chrétienne ? Aux portes de
l’éternité, un Créateur décidera, lui, s’il y a lieu d’être
miséricordieux, nom de dieux !
9-
Dies
ira… poltergeist…
neige incohérente, le lac soulevé de bourrasques, les murs
vibrent, l’aluminium aussi, les vitres des fenêtres grondent,
les chaises bougent, mon fleurdelisé tremble, le vent
beugle et meugle…Apolcalypse
now ! À la quasi-mi-mars ? Me mettre
dans le ciboulot que l’ hiver n’est pas fini !
Gilles Derome, ex-réalisateur
redevenu excellent potier à Laval, fait publier souvent, en
lettres ouvertes, des…invectives ? Non. Des réflexions quasi
philosophiques. C’est lui qui —jeune compagnon de l’atelier
de céramique du 42 Avenue des Pins—
m’excitait à une sorte de concours de « rapportage
de livres » des bibliothèques publiques, de Montréal ou de
Saint-Sulpice. Derome vu en boulimique liseur, cela m’encouragea
à l’imiter. Bien m’en pris. Début février, mon Gilles y va
d’un « Fanatismes », sorte de billet, à sa façon
habituelle, ambigu. Son tableau dépeint W. Bush comme un nouvel
Hitler. Rien de moins. Il
s’aide dans sa démonstration des écrits de
Béguin, Corti et Claude David. Pas vraiment cuistre mais
volontiers étalagiste de ses lectures, mon Derome estime beaucoup
les citations. Bush, valet servile du FMI, veut exterminer les
vendeurs de pavot de l’Afghanistan avant tout, et, vite, y
installer son pipe-line pour se défaire du joug des Arabes (?).
Ce serait un politique qui va nous coûter cher mais qui nous
rapportera gros à tous « nations chrétiennes ». Un
fanatique selon Derome, que dire des kamikazes intégristes, fous
d’Allah, cher
Gilles ? « Ce Bush ressemble de plus en plus à Staline, le
plus grand criminel de l’histoire », termine-t-il.
Mais Staline, si je me souviens bien,
n’avait pas à rendre de compte à des électeurs. À
personne. Le dictateur, « petit père des peuples soviétisés »,
n’avait pas à aller en élections libres, lui.
Ce Bush démonisé à l’excès me
laisse perplexe un peu, Gilles.
Avant Bush, il y eut jadis Nixon. Élu,
lui aussi. Les archives nationale des USA viennent de publier
500 heures de ses conversations de bureau. Oval, comme on
sait. 1972. Tenez-vous. Nixon attaque des Juifs notoires, fait répandre
des rumeurs sur Ted Kennedy, via sa zélée secrétaire car il
l’attelle à la rédaction de lettre anonymes pour salir ce Ted
encombrant. Ou à un journaliste désobéissant : des
insultes grossières. Sous un faux nom. Devant un Henry Kissinger
—énervé—, Nixon songe à la bombe atomique pour en finir
avec les nationalistes du Vietnam. « Ce serait trop, lui dit
Henry, il y aurait des victimes civiles ». Nixon répondit :
« Je m’en fous. » Sur le fameux « agent
orange » (utilisé e 1973) pour défolier les cachettes
feuillus des « résistants » vietnamiens, Nixon ne
veut rien savoir des « effets secondaires ». 30 ans
plus tard, on vient de le révéler : le taux de dioxine
(TCDD, ou tétrachlorodibenzo, un poison)
est deux cent fois (200 !) supérieur au taux normal.
Qu’est-ce que mon ex-petit
compagnon, Derome, écrira s’il tombe sur ce paquet-là ?
10-
Je juge la
boxe une barbarie et , soudain, je m’intéresse à ce garçon de
Sainte-Lucie, Éric Lucas. Il a battu Vinny Paz. Un gros morceau
!C’est un champion. Me voilà oubliant que la boxe devrait être
un sport banni, interdit complètement. Fou hein ? Chauvinisme
maudit ? Oui. Le voilà donc co-proprio d’une « Cage aux
sports » à Granby. C’est
un début ? Le jeune Éric vient d’empocher 300,000$ juste pour
ce combat contre Paz. Lucas, meilleur des super moyens (chez les
mi-lourds ?), dit qu’il ne battra plus passé 40 ans. Plein de gérants,
autour, l’encourage à continuer.
On veut le confronter à des Mitchell
(association WBA), à Calzaghe (du WBO), à Ottke (du IBF). Il
s’agit de diverses associations de combattants à gants de cuir,
je suppose. Ses
patrons chez « InterBox » ont intérêt à le voir
grimper au pavois des pavois…
Et moi, je regarde aller le bonhomme
de Sainte-Lucie, village laurentien voisin au nord-est de
Sainte-Adèle, où je fus invité un jour pour une jolie et
modeste fête littéraire. Me voilà donc tout fier, avec, comme
à regret, au bout du compte, cette horreur de la boxe, une folie
sadomaso. Je voudrais l’encourager, comme nos autres boxeurs,
s’ils ne risquaient pas, tous,
de se faire écrabouiller, et pour la vie, comme le pauvre
infirme, Cassius Clay, alias Mohamed Ali… Au fait…dont je veux
voir le film que l’on vante partout. Maudit voyeurisme, instinct
de mort excité, qui
nous rameute autour de ces arènes horribles. Spectacle inhumain.
Ah je vous dis les contradictions des hommes, moi comme les
autres. Ouais !
Marie-Claude Malboeuf (La Presse)
fait souvent de bons reportages. La voilà inspectant enfants,
profs et gardiens dans l’est de la ville. Son seul et final
verdict : « les enfants se cherchent de
l’affection…à l’école. Ils s’accrochent littéralement
aux maîtresses. Une pitié. On lit les détails de son séjour et
on comprend rapidement qu’il n’y a, au fond des choses, que
cela :un besoin effarant de tendresse, d’affection. Un
sentiment de petit être délaissé envahit corridors, classes et
salles de récréation comme cantines. C’est terrible, non ?
Maman n’est plus à la maison. Me
taire là-dessus. Les filles admises avec bon sens aux études supérieures,
ne veulent pas rester à la maison pour faire cuire des beignets,
laver des murs et tout le reste…et donner de l’affection au
petit ou aux deux petits. Là, c’est la douleur ! Culpabilisées,
elles ne savent plus comment réparer ce trou béant, ce ma, ce désespoir
muet, qu’elle voient aussi bien que ces maîtresses d’école débordées.
Justice ! Si elles ont un diplôme, même modeste, elles
veulent en profiter. L’État en est bien content de ces « deux
au boulot », tu parles ! Plus de mazoune au fisc.
Alors, on offre des dollars aux garderies et on promet d’en
ouvrir d’autres. Beaucoup.
Mais l’affection bordel ? Maman l’instruite reste bien mal en point, n’en
doutons pas. Elle sait. Elle devine. Elle constate. Et lâchez-moi
« la qualité » du temps de présence, cette farce !
Un enfant a besoin soudainement de tendresse, d’attention, de réconfort
et cela ne se révèle pas « de telle heure à telle heure »
.Elle a mal, cette mère partie de
8 h. à 18 h. Que les maîtresses n’en reviennent pas de
ces abandons est une phrase creuse, elles aussi, souvent, ont des
enfants ailleurs. C’est clair chez Malboeuf qui a tout vu :les
petits sont en
manque. Maman c’est de 18 h. et demi à
21 heures. Après, dodo, l’école demain.
Je voudrais juger sévèrement….
Moi qui a eu la chance, dans mon enfance, comme tant de ma génération
d’avoir, chez moi, sans cesse, la présence… mais… Non ! Ep
! Me taire. Comment dire « rester donc avec vos petits ? »
Si l’État voulait donner des sous, un vrai bon salaire, à ces
filles qui veulent bien élever une famille…Ça changerait les
choses ? Ne sais plus.
En tous cas, il y a dénatalité
grave par dessus le marché, il y
danger de vider le pays. On a les émigrants, sinon, ce
serait une catastrophe nationale disent les démographes patentés.
Alors ? C’est, les
enfants, ben plus important qu’eau, électricité, forêts et
tout le reste. C’est la ressource naturelle prioritaire.
Essentielle. Vitale. Et on fait quoi ? 5$ par jour la place en
garderie ? Oui, un salaire, un vrai, un bon et des femmes qui
diraient : « Bien, c’est un métier à plein
temps, je vais rester à la maison. Mon choix. Pas pour un ou
deux, pour 4 ou 5 enfants, une famille qui compte vraiment, avec 4
ou 5 enfants ! Un salaire décent pour un métier délicat et
vital, harassant et peu gratifiant souvent..
Ma fille, Éliane, diplômée
d’université, capable d’avoir signé une série de télé
pour enfants (« Les antipodes ») numéro deux après
« Bobino » et ses stocks faciles de dessins animés,
faisait ce choix. Ses trois garçons ne se sont jamais accrochés
pathétiquement aux jupes des maîtresses. Elle était là pour
l’affection normale. Je lui ai levé souvent mon chapeau !
Problème insoluble ? Reste une seule
affligeante constatation : aux écoles, les enfants
s’accrochent aux gardiennes, au gardiens, aux institutrices et
quêtent ostensiblement un peu de tendresse. Pas du tout seulement
apprendre le calcul ou la grammaire et cela n’est pas normal.
C’est long, très long 10 heures (parfois un peu plus) dans l’école.
Nous
autres, au temps des mères « trop occupées pour travailler »
selon Deschamps, tous les midis, il y avait sa soupe chaude, le
repas chaud et surtout, surtout, sa présence. Maman écoutait
nos chagrins, nos chicanes de cour, nos ambitions minimes, nos rêves
et nos ambitions, nos projets dérisoires, notre simple papotage
d’enfant. Ma mère était présente tous les midis ! Je lisais
l’enquête de Malboeuf et j’avais mal. Très mal. C’est
sordide. Quoi faire ?
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