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1-
Je me réjouissais
trop vite ? Le frette noère est revenu. Ce matin, c’est
l’hiver pour vrai. Brrr… Mais cette lumière…ce ciel bleu
poudre…C’est stimulant.
Vive l’Internet
! Mon fils Daniel
communique souvent avec moi.
Le voilà
tout excité :achat d’un « char neu » bientôt
! J’étais inquiet le sachant aux quatre cons du pays pour
installer en magasins divers, surtout librairies, ses jeux de société :
Bagou, Tabou et Polémiques
sa dernière invention, dans un bazou peu fiable. Lui et sa belle
Lynn ont choisi une Chevrolet-Tracker. Connais pas ça ! Daniel
est fou comme un…ballet ! Se juge « bébé » de tant
s’exciter pour une voiture nouvelle.
Je lui ai expliqué que cela est
coutumier sans doute et depuis des lustres. Notre ancêtre, lui
aussi, devait s’exciter le poil des jambes pour un « joual »
neuf, une carriole nouvelle, non ? Dans les gênes mâles ? Comme
tant d’autres, il est pris d’un rhume solide depuis des jours
et des jours. Aile ne l’a point embrassé dernièrement
pourtant. Toussez âmes fragiles !
J’apprend que son benjamin, Thomas,
est furieux des maudits « boutons d’ado » qui lui
garnissent la boulle ! Je lui ai courriellisé que, des boutons,
j’ai connu ça. En masse ! Pour cacher mes damnés « clous »
je portais un foulard de soie blanche, mode du temps ! Il
m’annonce aussi que son « bolé », Simon, rejette
sciences et maths, souhaite s’orienter dans les « sciences
molles », expression du frère d’aile, Pierre,
pour caricaturer ce monde « mou », lui, qui est
prof de physique à Saint-Laurent.
Mon Daniel, lui aussi fort en
sciences « dures » au secondaire, bifurquait un jour.
J’avais souhaité polytechnique et il s’en alla, vers le cinéma,
les communications. Atavisme ? Chromosomes ? Eh ! Quoi faire ?
Rien, je suppose. Tant de jeunes doués (surdoué le Simon, lui ),
dirait-on, découvre en fin du secondaire que c’est « plate »
de tant bosser aux études. Il y a appel du ludisme, du festif, du
quoi ? Brillant, Simon était en ce qui se nomme « douance »
à Sophie-Barat, au début de l’année il a demandé d’aller
en…normal ! C’était le signal !
Devrais-je le rencontrer, le prévenir
que sans le diplôme en sciences et maths, l’avenir n’offre
plus les mêmes bonnes garanties d’avenir ? Ou me taire ? Je ne
sais plus. Daniel décidera comme je le lui ai demandé. Délicat
d’intervenir, je ne suis que le papi… Qui ( hélas ?) s’est
bien débrouillé (dirait Simon). Daniel, un jour, me disait :
« Tu semblais tant d’amuser, tant te divertir et
travailler dans la joie, en ce monde des communications, cela a dû
m’influencer ! » Merde !
Commet nier, en effet, que le boulot
au monde du divertissement est captivant, excitant, toujours
nouveau ? Cependant ils y viennent si nombreux et les ouvertures
sont si maigres. J’ai peur. En vain ?
2-
Un dénommé
Gaboury organise une fête pour les gens de l’Assomption, son
patelin, et m’a
demandé un texte pour célébrer Léo Jacques, ex-maire du lieu
et longtemps camarade décorateur à la SRC. C’est fait. J’ai
parlé de ce « pageant » scénographique monté sur la
rivière un soir d’été en 1967. Jacques m’avait fourni de la
documentation sur l’histoire de sa petite ville et nous avions
présenté un spectacle, sons et lumière modestes. J’avais
publié, chez « Quinze, éditeur », un bref récit de
cette histoire le titrant : « L’outaragassipi »,
nom amérindien de la rivière L’Assomption.
Ça y est, ce soir encore, le camion
à antenne parabolique de TVA viendra bloquer le trottoir une
heure devant chez moi. Topo-débat commandé sur « L’homme
à la maison, est-ce qu’il aide ? » En rapport avec un
sondage-Léger, ce matin, où les femmes (les « feumme »,
dit Clémence) se plaignent du peu d’assistance des mâles dans
le train ménager. Comme vis-à-vis la jolie Miss Bertrand,
ex-copine des « copines » de TQS et qui démissionnait
d’un talk-show de « fesses » à TVA récemment, par
pudeur naturelle. Je suis prêt ! Pas eu le temps d’expliquer ma
crainte du « forcing apparent » au boss Fortin qui
veut tant de ces mini-débats chez Pierre Bruneau.
L’éditeur et ami Jacques Lanctôt,
alerté par l’anxieux, moi, me lance ce midi : « Éditer
ton journal ? Bien, faudrait d’abord que je le lise…et je
verrai si c’est excitant… » Ouen ! J’ai aussitôt
courriellisé : « À Trois-Pistoles, Beaulieu, lui, a
totalement confiance et accepterait
avec enthousiasme d’éditer ce journal. »
Bang ! Voyez comment ça se joue hein entre « vieux potes »
du petit monde de l’édition ! Instruisez-vous, profitez-en ! Échaudé,
je sais pas vraiment, à l’automne de 2002, où
finira par se nicher mon journal. Tout peut arriver.
3-
Zappant un
peu partout comme d’habitude, nos tombons sur un portrait
biographique de la fameuse animatrice de télé, Oprah
Humphrey. Dont je ne savais rien et qui me laissait très
indifférent.
Oh la la ! Effrayant récit de vie ! La fillette, avec sa mère
monoparentale assez indisponible et pas très responsable, se fait
garrocher, couche dans un coin de véranda et
se fera violer à 9 ans ! ! Ensuite c’est l’infernale
vie. La voilà vulgaire « objet sexuel »… que l’on
se garroche ! Délinquance prévue. Menteuse, tricheuse et
voleuse.
Dieu merci, intelligente, vive,
aimant lire et raconter en public, « preacher » à 12
ans !, l’enfant meurtrie et évidemment secrète, heureusement,
peut se consoler, réfugiée
dans ses très bonnes notes à l’école…qu’elle aime
!
Un oncle qui la conduit chez son père
remarié la violera aussi. Bef, une jeunesse pourrie. Elle le dit.
Elle garde le sourire mais a les yeux mouillés. Un caractère
d’acier ? Extravertie : elle fait du théâtre amateur.
Vient un essai de radio à 15 ans. Succès. On découvre une belle
voix. Puis ce sera de la télé…petite ville d’abord puis, vus
ses bons talents, devient reporter aux nouvelles. Vite, elle est
engagée sur un grand réseau, d’un océan à l’autre. Son
triomphe ! Oprah joue des cartes populaires. Elle montre ses émotions,
ne crains pas de faire du sentiment quand elle le sent. On va se
l’arracher. Criant en ondes sa joie pour un roman : « La
couleur pourpre », le célèbre Spielberg la fera jouer dans
le (très bon ) film qu’on en tire. Succès encore. Nommée aux
Oscars !
Très riche elle s’achètera des
maisons, à Chigago bien entrendu, en Floride, en Californie. On
apprend qu’elle vaut (ce terme !) un demi milliard de $ US !
Elle a son studio à elle désormais et, ainsi, se produit en
toute liberté sans aucun intermédiaire. Un théâtre rénové à
Chigago sera son gîte professionnel. Aussi, elle s’ achète une
chaîne spécialisée : « Angels ».
Aile et moi, soudainement,
étonnés, renversés : Oprah, la plus populaire des
animatrices de télé, adore un roman sur l’esclavagisme, «Beloved»,
se cherche de bons scénaristes et un réalisateur solide (dix ans
de préparation et des frais énormes)
et elle en fait un film. Résultat ? Zéro, patate, son
immense public n’y va pas ! Un échec retentissant ! Dépression
terrible. Elle change son tir :fini de vouloir rivaliser avec
le populisme, Oprah Humphrey fonce vers (une mode ?) « la quête
de spiritualité » et ses ersatz…
fera défiler devant « ses » caméras un tas de
gourous, de psys, de guérisseurs de tout acabit.
Fillette
abusée, terrorisée, elle répètera que la lecture —les
livres de la bibliothèque scolaire— la sauvait de ces charognes
environnantes. Aussi, on le sait, elle fait campagne éclatante
pour la lecture avec une foi totale à ses émissions. Éditeurs,
libraires, auteurs la voient comme la Bernard Pivot des USA !
Je découvre qu’elle va inviter bientôt cette auteur
—du Cap Breton, habitant à Toronto désormais— MacDOnald pour
son drôle de roman-saga si bizarre, « Parfum de cèdre ».
Livre qui me fascine, que je lis à petites doses au lit chaque
soir !
4-
En zappant
librement, n’est-ce pas, on capte des bribes d’émissions.
Ainsi, hier soir : on aurait tuer des centaines et des
chiens-esquimaux, un temps, pour imposer la sédentarisation
des Inuits ! Incroyable. Yeux qui s’écarquillent…L’émission
se terminait ! Aile et moi estomaqués ! Est-ce vrai ? Est-ce
possible ? Où, comment mieux savoir ?
Suis-je un peu fou… de vouloir
croire, coûte que coûte, l’oncle
Amédée —père de la cousine célèbre Judith—
qui disait que nous decendions des Jasmin berbères de la
Kabylie, montés en Espagne (des artisans ?) avec le grand chef de
guerre arabe, Aldel Rhaman, puis installés au Poitou du temps de
Charles Martel, mort avec le grand chef Arabe lors de
l’historique « Bataille de Poitiers ». J’aimerais
ça. Romantisme ?
Avant-hier, à Montréal, 60 « cousines
et cousins » (!) manifestaient contre ce Président algérien,
Bouteflika, militariste et centralisateur. Si on pouvait me prévenir,
j’aimerais aller crier « Vive la Kabylie liiii-bre ! »
du balcon de …n’importe qui !
Souvenir : en 1980, maman
hospitalisée, je lui promet de rapporter de France (elle le
voulait) une marque voyante sur les Lefebvre —je suis très
Lefebvre, pas juste Berbère— les nôtres venant tous de la région
Île de France. Visitant le fameux cimetière du Père Lachaise,
bang !, un monument extravagant se dresse devant nous ! Gravé
dans la pierre d’un fronton imposant, nous lisons :
« LEFEBVRE, MARÉCHAL DE France ». Photo. De retour
ici, maman la regarde et me dit : « J’aurais préféré
un portrait, une photo, mon petit Claude ! »
« La fille du Maréchal » est morte en novembre
1987 et…. je m’ennuie souvent d’elle.
5-
Dans une
salle de McGill, un Juif
cherchant la paix à tout prix, , il est né et a vécu venu de
Sibérie. « Lui et sa famille, expliquait-il,
harmonieusement bien intégrés aux Sibériens, ne connurent aucun
racisme que ce soit. » Alors il osa parler d’une seule
Palestine uni aux Israéliens, d’un grand Israël uni aux
Palestiniens avec des élections générales s’appliquant aux
deux nations.
Des Juifs d’ici s’écrièrent : « Mais
nous serions dilués, noyés, ce serait la fin de notre jeune
patrie…Les Arabes sont bien plus nombreux que nous ». Il se fit
donc huer comme bien l’on pense par son auditoire. Des enragés
voulurent s’en prendre, physiquement, à ce « traître ».
Il a fallu vider la salle. Voilà que le leader de la Libye vient
de proposer… la même chose, sous l’égide de l’ONU. Kadhafi
déplore le récent plan du prince saoudien, Abdallah ben Abdel
Aziz. Le colonel dit qu’avec une réunion de tous en cette contrée
—où le sang coule chaque jour depuis la deuxième « intifada »—
le retour de tous les réfugiés, des expatriés palestiniens (7
millions), la destruction des armes partout et des élections générales
libres, ce sera la paix.
Il blâme tous les arafatistes de
tenir à ces enclaves, le Golan, la Bande de Gaza. Jérusalem,
dit-il, serait « une ville de la paix, une ville sainte »,
hors politique quoi !
Rêvons ! Demain, encore un kamikaze
désespéré… |