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1-
Un dimanche
midi lumineux. Pas de soleil franc mais « galarneau »
n’est pas loin et doit guetter un trou pour s’y faufiler et
faire mieux qu’illuminer notre terre laurentienne.
J’attendrai…Je guette !
Terminée hier, au lit, « Inceste »
de cette dame Angot au petit visage dur, cheveux à la garçonne,
tel que vu chez Pivot, jadis et sur la couverture de ce bref récit
en « livre de
poche ».
Avant de
sombrer chez Morphée, à Aile : « Voilà le
genre de littérature —du domine du vécu interdit— qui
repousse encore plus loin le monde de l’imaginaire. Une auteure
parle de son père qui la sodomisera durant cinq ans, de 12 à 16
ans. Après ce genre de…confession…quoi écrire pour capter
l’attention des lecteurs ? Eh ! Et quelle hypocrite, quelle
manipulatrice que cette pitoyable névrosée ( entre deux
psychanalystes !) quand elle écrit, page 149 : » »
Ça m’arrache d’en parler ( à savoir de ce papa affreusement
dégueulasse). Vous ne voudrez plus me lire. »
Hen, quoi ? Comment ? Vilaine menteuse cette pitoyable
victime d’un père totalement dénaturé, miss Angot. Elle sait
fort bien qu’avec un tel sujet, si scabreux, le lectorat est
accroché, vissé à son misérable récit de vie. Personne
n’aura envie de décrocher de ses aveux scandaleux, allons !
Elle connaît ses hameçons, allons ! Ah oui, quelle hypocrite !
Cette ténébreuse « affaire très
privée » relève de la police. Il n’y en aura pas
de…police ! Tous se taisent. L’honneur de la famille ! Coup
classique. Or, lisant « Inceste » la police devrait
dresser un acte d’accusation « après les faits ».
Traîner ce misérable père en coir. Ce dernier est un homme
cultivé et instruit, il parle quatre ou cinq langues. Sa vaste
culture ne l’empêchera pas de traîner s petite fille dans le
confessionnal d’une vieille église provinciale (classée
« monument historique » sans doute !) qu’il admire
pour une fellation impromptue avec son jeune enfant, elle,
Christine Angot. Vous
voyez le genre d’écrit ?
Sans aucune fibre morale, vraiment
pervers, sans doute hédoniste et sans aucun doute égotiste fini,
le lecteur d’ « Inceste » voit donc, une fois
de plus, que le monstre pédophile n’est pas toujours un abruti,
un analphabète, un monstre mal dégrossi. On a affaire avec ce père
déboussolé, Pierre Angot, à un gentleman, à un aristocrate qui
sait tout des bonnes et belles manières et les enseigne
volontiers à sa fillette dont il abuse en la sodomisant sans
vergogne. Prendre conscience une fois de plus que
l’intelligence, la culture, n’empêche pas le manque de
jugement flagrant. Quelle leçon !
Angot, au départ de son récit joue
dans l’incohérence verbale, (allô Freud !) les mots en
syncopes, télescopages d’images à soubresauts voulus, (un zest
de Lacan, ma chère )un style illisible volontairement, des
balbutiements, la crise —sans cesse— de nerfs, homosexualité
féminine sans aucune harmonie, griefs voilés envers cette
Marie-Christine, femme médecin, détestée et aimée
chaotiquement . Angot, écrivain notoire, donneuse de « lectures »
sérieuses, se dit-elle, joue donc la folie avec complaisance, la
déséquilibrée avec brève aventure lesbienne à déchirement
continu. Querelles provoquées, menaces, « auto-gifflage »,
beaucoup de masochisme et un peu de sadisme (allô psychosé
marquis de Sade !). Sa petite fille de six ans (Léonore) se fait
trimbale —pauvre petit paquet de linge— entre papa enfui (on
peut le comprendre) et cette mère psychosée.
Enfin, enfin, au milieu du livre, le
coupable de sa misère psychologique s’installe : ce
monstre enculeur, papa !
On comprendra l’énorme succès de
librairie d’un tel témoignage, son passage très attendu à
Pivot.
Et l’autre qui affirmait :
« Les bons sentiments ne font pas la bonne littérature ! »
Et comment pépère Gide ! L’écrivain qui n’a pas dans sa
besace une enfance aussi éprouvante, ravagée, polluée
dramatiquement, racontera ses petits bonheurs —dans Villeray à
Montréal par exemple— et le voyeurisme misérabiliste (nous
tous ?) l’abandonnera, non pas à son triste sort,
mais à son merveilleux sort. Ainsi va la vie des livres en
ce début de siècle. Eh !
2-
J’achève
de dévorer les chocolats valentiniens de Laura S. offerts par ma
chère Aile. (Chère Aile, ouen !) Mes roses s’ouvrent
totalement dans le vase de verre. Je pige sans cesse dans la boîte
de gâteaux de L’école-des-chefs. Je vais grossir cet hiver, oh
oui !
Au
printemps, bientôt !, je m’activerai. Je maigrirai. On dit
toujours ça. Mon David-à-Éliane s’en vient
passer quelques jours ici, un long congé à Concordia
University !). Je voudrais l’initier au tachisme surréel dans
l’atelier de la cave. Lui faire apprécier les accidents
graphiques, parfois inouïs, quand on presse ensemble des papiers
coloriés de gouaches fraîches, et qu’on marque de liens à
l’encre de Chine. Il y a des siècles, l’art surréaliste
n’existait pas, Léonardo da Vinci disait à ses élèves
italiens : « Observez
bien les vieux murs, vous y verrez des paysages étonnants ! »
Paul Arcand de CKAC ne m’a pas invité, le 14, pour un
conte saint-valentinien ! Mon dépit et puis je découvre qu’il
s’est envolé à Paris pour enregistrer cinq émissions d’« Arcand
en direct » pour TVA, là-bas.
Je me console donc.
Tas de photos pris à la pharmacie
d’en bas : photos de fêtes, avec Marielle à « La
piccola », avec Marco et Éliane et les miens chez « Giorgio-du
Vieux », chez l’ami Jean-Guy Sabourin, chez ma fille Éliane
à Noël, chez nous, ici, au Jour de l’an. Gros paquet réjouissant
des visages souriants. Distribuer les copies et
grossir les albums précieux. Dans vingt ans ou trente ans,
on regardera ces « jeunes vieillis ». Et nous…
« Mais nous, nous serons morts mes frères ! »
chantait Lévesque (Raymond).
3-
Citadins
pris, nous avions encore enregistré deux émissions. Aile est
forte là-dedans, « clac, clic », elle vous pitonne
l’engin, oh ! Pas moi ! Un : chez le « prétentieux
sympa » Lipton du « Actors studio » à ARTV,
interview avec Laureen Bacall. Une célèbre actrice aux allures
volontaristes. Voix grave. Intonations basses, une certaine
vulgarité. À la fin, elle réclame qu’on la fasse encore
jouer. Terrible besoin. Deux : « Violette Nozière »,
un vieux film de Chabrol, effrayant. Terrifiant. Isabelle Huppert
toujours efficace dans ses rôles. Ici, en jeune fille perturbée
qui empoisonnera maman et papa. Un fait divers infernal historique
vécu. Violette sera condamnée à la guillotine et puis graciée
par De Gaulle.
Hier soir, vue la biographie de
l’amie Françoise Fauche au Canal D. C’était son tour avec
justice. Et encore, en chorus avec Bacall, ce : « Je
veux continuer. Encore ! Encore! » Les mêmes mots que la « vielle » Laureen d’Hollywood
! Troublante notre crainte à nous, artistes de toutes
disciplines, quand grimpent aux pavois tant de jeunes gens doués…
cette frayeur et nos
appels pathétiques : « Ne
nous oubliez pas ! De grâce, ne nous abandonnez pas ! »
Triste sentiment, en vieillissant qu’on va nous jeter, encore
bien vivants, aux rebuts ! Pour faire de la place.
4-
Parlons
magouilles ! Ce matin, le drôle Stephan Laporte, dans « La
presse » comme tous les dimanches, en jase tout au long de
sa chronique si souvent savoureuse. Je voulais, depuis toutes ces
« affaires » de démarchage-favoritisme, expliquer des
faits, des réalités. Il est évident que des affairistes vont se
fier à des parents, à des amis. À diverses échelles. Ça
n’est pas toujours scandaleux. Le favoritisme existe et dans
tous les milieux, c’est connu. À la bio de F. Faucher, on a
parlé de son mari, mon ami le réalisateur Jean, « qui
engageait trop souvent l’épouse ». C’était tout de même
une fameuse de bonne actrice. Pas une inconnue sans talent que
l’on emploie injustement, qui enlève un rôle à une « meilleure »
comédienne. Alors ? C’est du népotisme ? Eh oui !
J’ai aidé
mon frère à se faire employer au canal 10 au début des années
’60. On cherchait du monde, ça débutait rue Alexandre-de-Sève.
Normal de recommander à mon ami Ladouceur d’ « essayer »
mon jeune frère. Non ? Raynald, aujourd’hui retraité comme
moi, y resta 35 ans et, ses talents démontrés, deviendra chef de
services scéniques.
Laporte, l’ironiste, parle de
« contacts ». Je lis à propos de nos auteurs joués
hors du Québec qu’il s’agit souvent de bons « contacts ».
Eh oui ! C’est donc le « dis-moi qui tu connais et… »
Inévitable ? Je ne sais pas. Si un ami, un parent, est incapable
de remplir la tache qu’il a obtenu par népotisme, il ne restera
pas à son poste bien longtemps. Si on le garde par favoritisme,
on verra éclater les problèmes.
« C’est injuste », dira
telle jeune personne sans aucun contact. Oui. La vie est injuste.
Par contre le « sauvage », enfermé chez lui, qui
refuse tout lien social n’aura qu’à s’en prendre à lui-même,
à son a-sociabilité. Pas vrai ? Bon, cela dit, les magouilles
politiciennes sont et restent vicieuses, c’est certain.
Laporte, pour conclure publie : « Faux, c’est
pas le cul (sic) qui mène le monde, c’est les magouilles ».
Vite dit !
En profiter ici pour maudire ceux qui
comme Laporte (et Foglia et tant d’autres), utiliser le mot
« cul » pour vouloir dire « sexe ». Ce
n’est pas synonyme. Je ne le fais jamais. Jamais ! Le cul
n’est pas le sexe, féminin ou masculin. Pourquoi cette manie.
D’où vient-elle ? Le « cul » c’est pour les
sodomites qui, eux, confondent sexe et anus. Sont-ce les disciples
de « la courte jaquette » qui répandent cette mode
inepte ? Marre !
5-
Victor-Lévy
B. au téléphone tantôt : « Tu vas recevoir les
épreuves de ton « Écrire » par bus. Si tu corriges
encore, fait attention, il y a notre mise en page à préserver.
Sinon les coûts grimpent… » Je connais la question et je
ferais attention. Il n’accepte pas mes notes biographiques en
guise de bibliographie. « Écoute, on a réussi à débroussailler
la foule de tes écrits. Il y aura 82 entrées et ça va former
une dizaine de pages. » Fiouf ! Ouash…J’aime donc pas étaler
ces listes de mes titres. Il me semble que ça décourage le
nouveau lecteur qui aurait envie de lire des jasminades. Bon, tant
pis, va pur les 82 entrées. « Tu vérifieras cela hein, ton
stock ? » Mmm… ! S’il savait le cher Éditeur de
Trois-Pistoles. Faite avec exactitude, cette recherche aurait
amener plus de cent entrées. Je ne dirai rien.
Nous revenons de la promenade
rituelle. Il a fait si doux que le lac fait voir des flaques
d’eau. On a rebroussé chemin, Aile toute nerveuse, craintive à
l’excès, si inquiète et n’ayant pas envie de voir craquer la
glace en l’engloutissant…glou, glou,glou ! J’ai ri.
J’ai
marché, rue Lesage, vers l’église et ce « Manoir
Sainte-Adèle », réduction du vaste « Manoir
Outremont » proche de notre petit condo. Pas de vieux
retraités dehors ! Un gros chat blond traverse la rue, hésite,
s’asseoit au milieu de la chaussée, me regarde passer comme un
pacha royal. Un couple m’apparaît. Ils marchent, très
emmitouflés, prudent, en un lent petitpatapon sur le trottoir les
yeux plein de soleil. On fait ça en ,mar d’jqabitude pas avant :
installation de deux chaises à coussins sur la galerie. Une heure
et demi à sentir l’air doux et la chaleur (relative) du
bonhomme « galarneau ». Formidable pour une mi-février.
6-
Ai tenté
de reprendre « La part de l’autre » de Schmidt.
Refermé le roman. Impossible avec ce Adolf Hitler en rupin, bohémien,
rendu à New-York et à Paris, à Montmarte, peintre angoissé…Non,
je déteste vraiment, je le redis, cette sorte de concoction littéraire
(plutôt putain) où on se sert comme appât d’un nom
archi-connu (Hitler) pour broder de la fantaisie incongrue. Trop
facile.
De temps à autre Aile veut
absolument voir ce qui se passe à Salt Lake machin.
Conneries que ces tunnels de plastique avec des luges qui
filent…Ou est le sport là-dedans ?
Et ce Salo suédois, excellent gardien de buts au hockey, a
bien servi à mettre K.O. le club des canadiens ! On en jase
partout dans nos gazettes : « pas de solidarité,
pas de cohésion, nos joueurs évoluant sans « esprit d’équipe »,
blablabla… Le baratin habituel des chroniqueurs « sportifs »,
bien assis, ces « gérants d’estrade ». Lassitude
chez moi.
Ce matin deux nouvelles terribles :
le Vatican recule. On laissera pas fouiller les papiers du pape
Pie numéro 12. On imagine la passe. Des curés tripotent les
archives, éloignent les archives papales de l’ex-ambassadeur
allemand, ce Pie No. 12. Histoires par trop compromettantes.
Quelle saloperie !
Deux : ça y est, on s grouille,
la police d’ici va enquêter sur le complot « filmé »
à Westmount, dans un bureau de démarcheurs-
relationnistes (ces gouapes parfois !) pour faire
assassiner Mugabe le président zimbabwéen. Les « Affaires
étrangères » d’Ottawa fonceraient vers ce Morgan
Tsvangirai, le commanditaire du meurtre. On se souvient : une
demi-million de belles piastres !
Le con
ignorait que la firme de Montréal, avait le « vieux »
Mugabe comme client. De là la caméra cachée. Coucou, souriez
Morgan, vous êtres aux insolences !
Qui a dit : « Le christianisme,
lui, envoie son fils se faire tuer pour nous. L’islamiste, lui,
envoie son fils se faire tuer pour lui. » Inch Allah ! Choc
terrible chez les araboïdes des Etats-Unis car ces propos
viennent de nul autre que le sérieux Procureur général de
Washington, John Aschcroft. Va-t-il ravaler sa diatribe ce
ministre de la justice ? À suivre !
Pétrole :
L’Iran et le Vénézuela en ont en masse. Ils sont associés.
Demain, réunion au sommet à Caracas. L’Iran en « grande
belle visite » au sud des USA, l’Iran qui est dans
« l’axe du mal », selon W. Celui qui ne répond par
à l’Arabie « saudite » qui veut ravoir ses 100
citoyens détenus au sud de Cuba comme méchants Taliban. (Pas de
« s », comme on sait maintenant.)Lui, W. il partait
pour la « Corée-du-bien », celle du sud. L’autre,
au nord, c’est
celle du « mal », un des trois « états-voyous »
dans la mire du belliqueux W.
(le no. 3 c’est l’Irak). En tous cas, la CIA va se démener
à Caracas, c’est entendu !
Ratoureur le père Renaud de « notre »
vaste chaîne de librairies ( organisée et payée avec notre
argent public). Le chroniqueur Stanley Péan publiait sa liste des
meilleurs livres de l’année passée. Le « boss »
l’invite plus tard à examiner
ses livres de chiffres. Péan humilié, pas une de ses
recommandations (à la radio comme dans son journal) ne gagne des
points. En somme, le bonhomme Renaud semble lui dire :
« Péan, pauvre cloche, tu écris, tu valorises, pour rien;
personne, le lectorat québécois tout entier, ne t’écoute.
Perds pas ton temps. » Pas trop démonté le Péan en arrive
à conclure : « la viabilité commerciale de nos
livres…pas fort ! » Péan rapporte, ce matin, les propos
de ses correspondants : « Assez du nationalisme
littéraire ! Trop de
navets québécois ! Nos « polars » valent pas ceux
des USA ! Il y a trop de subventions gouvernementales ici. »
Édifiant, non !
Colonisés, oui ?
Péan dit que nos liseurs veulent des
« stars » étrangères. Anciennes ou actuelles et il
achève son papier —repentant, battu, soumis— par d’énormes
éloges pour un auteur chilien, Jorge Edwards (« L’origine
du monde ») qui publie…au Québec ! Pas loin, à ses côtés,
David Homel, auteur et « ex-draft dodger » réfugié
ici, fuyant la guerre au Vietnam, est chargé d’illustrer les
livres de nos
« voisins ».Il publicise ce matin sur Jean-Yves Loude,
un auteur de France —qui cite Homel dans sa ponte !— venu
« en résidence », un
échangisme a-sexuel—
venu séjourner tout un automne à l’hôtel Rigaud, en
face du Carré Saint-Louis. Il aime bien le quartier chinois, le
quartier italien, etc.
Autres colonnes : Ève Dumas publie que «
l’exportation de nos ouvrage dramatiques est une question de
survie pour nos jeunes dramaturges ! » Ça va bien hein ? En
somme, voilà où nous conduit le colonialisme que je nomme
le « racisme inverti », ou, si vous préférez,
« le racisme à l’envers », ou si vous aimez mieux,
« le racisme retourné ».
Comme vous voudrez, servez-vous.
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