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1-
Invité, en
deux jours, pour trois topos du polémiste à TVA-Tm.
Parler
« magouilleurs » politiques chez Bruneau, mercredi
soir.
En duplex.
Avec l’ex-ministre déchu, M. Picotte, libéral. À la fin de
notre petit huit minutes, quand je lui rétorque que le peuple,
pas fou, lisant sur ces Gagliano. Bréard, Baril et Cie,
va saisir : « Les politiciens, tous pourris
! » Le Picotte éclate en disant : « Oh ça,
tous, des avocats de taverne ! »
Voilà son verdict de l’opinion populaire ! Je lui lance :
« Mépris du peule pour un ex-home public ! Mépris ! »
Bruneau passe à son prochain sujet. Le lendemain, hier, jeudi, à
midi chez la Cazin. Débat sur la tolérance. Je fesse sur la
mollesse des dirigeants (au fédéral surtout) qui font de nous,
les Québécois, nous formons 83 % de la population, des « suspects »
de l’intolérance. Que l’on subventionne les ghettos au lieu
d’inviter nos nouveaux venus à s’intégrer aux Québécois et
le plus vite possible pour l’épanouisement de leurs enfants.
La chicane pogne. Miss Cazin semble
inquiète. Quoi, veut-elle du débat viril ou de la jasette douceâtre
?
Rapidement, c’est la
bonne foire d’empoigne. Je jouis. Il y a un musulman en
djellaba (!) et coiffe dorée, un Juif du Congrès Juif, section
Québec, une
complaisante apôtre du muticul (!) qui souhaite, ici,
une société remplie de mille communautés. Une mosaïque
quoi ! Va pour le centre-ville des mégapoles. Mais un pays reste
un pays avec sa majorité qui a droit de défendre son histoire,
ses us, coutumes, ses valeurs etc. Belle cohésion que de vouloir
un pays émietté.. Le monde, lui,
est varié et c’est merveilleux. Mais tous les autres
pays luttent pour une cohésion normale. C’est fameux. Je ne
veux pas, un jour, ne plus retrouver l’Italie en Italie, ni ne
plus sentir l’Allemagne en Allemagne. La variété, oui, pour
l’univers. Mais foin de cette folie de tuer les nationalités !
(Le « nationisme » dit Todd est sain et normal.) À
bas l’américanisation du globe , non ?
Car on sait où conduirait cette « chasse aux
nationalismes » : à une sorte d’univers à une seule
teinte ! Jamais ça !
Même jour, hier, petite engueulade
amicale, chez Bruneau encore, à 17h et demi, avec Isabelle Maréchal
qui déteste les fêtes dont la Saint-Valentin. « Du
commerce affreux », dira-t-elle. Vérité ? Sans doute. Les
marchands n’inventent pas ces fêtes mais, bien entendu, en
profitent. C’était ainsi en Phynicie bien avant le Christ !
Mais aussi, toutes ces fêtes du calendrier, (Fête des mères,
Halloween) font des occasions de marquer festivement les jours qui
filent. J’aime. Bruneau soudain : « M. Jasmin
avez-vous offert… » Oh ! Franchise : »
Non ! Pas encore, mais ma compagne m’a offert des chocolats ce
midi et je vais lui acheter des fleurs… »
En sortant du studio de Tva, achat de roses. Elles
s’ouvrent en ce moment, roses très roses grasses. C’est joli
sur la table du petit déjeuner ce matin ! La fête (obligée,
commercialisée) a fait ça.
Avant l’empoignade chez Cazin,
invitation au bureau de Serge Fortin, le « boss » aux
nouvelles. Il a tant aimé mes brefs topos (pour la fessée nécessaire,
contre le téléphone cellu en auto) qu’il m’offre une visite
régulière, hebdomadaire, ici, au village. Il y aura bon petit
cachet. J’ai accepté.
Il y a eu du froid de canard mais
hier et ce matin, douceur dehors. C’est bon. Mon fils me
courriellise : il a signé pour un achat, en avril, d’une
Chevrolet-Tracker (!) et lui et Lynn en sont tout heureux. Il écrit :
« On est comme des bébés. Ce petit bonheur d’un « char
neu », nous aide à supporter le deuil de la maudite
cigarette. » Le chanceux ! Comment lâcher, Aile et moi, le
bonhomme Nicot ! Dur !
Allant, hier matin, rue Laurier, en
couple, pour l’achat de lunettes neuves ( 20 ans avec mes
vieilles barnicles !), je dis à l’examinatrice, qui me décèle
un début de cataracte, « la fumée n’aide pas, je suppose
? » Elle m’a donné l’ adresse d’un guérisseuse
(diplômée) qui fait des merveilles. J’ai dit : « Bien.
J’irai la voir au tout début du printemps. » Je le veux.
J’ai la volonté…mais pas pour le reste de l’hiver. Avec les
beaux jours, j’irai dehors plus souvent et je vaincrai.
L’oculiste m’a recommandé aussi d’avaler beaucoup de
vitamine C. Moi qui n’avale aucune médicament, rien, sauf du
Pepto-bismol quand je mange trop riche et que ça ne passe pas.
J’ai dit « oui » à cela aussi. « De
500 à mille mg. Par jour », spécifia-t-elle. Bon.
2-
Le Beaulieu
de Trois-Pistoles au téléphone, dans son deuxième rôle, éditeur : «
Mon Claude, j’ai relu ton manuscrit. Je l’aime toujours.
C’est très bon. J’ai mis toutes tes envolées poétiques en
italique. J’ ai enlevé les chiffres de tes chapitres. Inutile.
J’ai gardé tes sous-titres, ça suffit. Maintenant, tu dois
m’envoyer ta bibliographie… Et vite ! » J’ai essayé.
Impossible ! Oh ! Il y a trop de titres. Je m’y perds. Il y a
tant de textes divers dans tant de bouquins divers. J’en
oublierais. 40 ans de …scriptomanie ! Je lui ai faxé (chez mon
dépanneur équipée pour cela) une sorte de « carte
chronologique du polygraphe »… en guise de bibliograhie.
L’imprimera-t-il ? J’ai très hâte de voir ce « Écrire :
pour l’argent et la gloire ». Ça va grigner dans le
Landerneau littéraire. Un vrai manifeste ! Une sorte de pamphlet.
Petits-ils : certains souhaitent
un lunch avec papi. Hélas, le vieux est toujours à Sainte-Adèle.
Le passages en ville sont bourrés de rencontres obligées
.Nostalgie de nos repas d’antan ? Le Thomas et le Simon à Lynn
et Daniel se promènent. L’un, Simon Jasmin, revient de skier à
Saint-Anne, l’autre, Thomas Jasmin , part pour Tremblant. Eh
b’en, les écoles changent ! Excursions lointaines ! Dans mon
temps, pour deux
piastres, c’était Saint-Sauveur (lunch fait par môman) avec
les gars du « Ski-Grasset ». Pas plus loin !
Mardi soir, merci d’être venus en
foules, pour voir mon « Tuez le veau gras », téléthéâtre
de 1964, présenté à la cinémathèque. Votre fidélité m’a
fait chaud au cœur ! Blague à part, nous étions une dizaine.
Dont un, sympathique M. Garneau, qui me dit être un lecteur amusé
des J.N. ici. On a jasé à la sortie avec Routhier, ex-réalisateur
à la SRC comme Aile. J’étais fier de mon texte, et très
heureux du traitement-Carrier, des solides décors de Hugo
Wuetrich. Le son ? Bien mieux que pour mon « BLues.. »,
images pas toujours bien claires hélas !
Réjean Tremblay aux J.O. :
« C’est pire qu’aux J.O. de Moscou.
Les fouilles sans cesse. Une plaie ! Une paranoïa
terrible. Gardiens, polices et soldats partout, partout. »
Ce matin, Foglia se moque de notre surprise : « Quoi,
il y a des magouilleurs aux J.o. ? Hon ! »
Mais oui, dit le père-lucide. Comme ailleurs. Comme
partout. Nous serions, les braillards, un gang de candides. Les
Jeux comme la politique comme la finance, comme toute activité
humaine sont menés par des humains. Donc, oui, magouilles !
Foglia —blasé, nihiliste, desperado ?—
nous recommande de nous calmer le pompon. D’accepter
« le sort » (son mot)
face au « vol » de médaille d’or pour nos
patineurs bafoués. Pour lui le « sort », donc le
« hasard », ses erreurs,
est la vraie donne. Il craint le chauvinisme. Je lui donne
raison.
Coup de fil, c’est Perrette Souplex,
—la fille d’un fameux comédien du cinéma français des années
’50 et ‘60— elle a beaucoup estimé ma sortie furibonde
contre la niaise tolérance de tous les ghettos d’émigrants
subventionnés du Québec. Je lui dis : « Aile
m’a reproché d’y être allé un peu raide ! » P.S. répond : «
Ah non, pas assez raide plutôt, continuez de frapper ce clou,
c’est important ! »
Aile me dit toujours : « Claude, mon amour, tu avais
raison, sur tout, en tout, tes arguments sont solides,
mais il y a la manière.
Tu obtiendrais davantage d’appuis si tu ne t’emportais
pas tant. » Françoise
Faucher disait cela aussi lors de ma « biographie » du
Canal D en touche à tout : « Souvent Claude va trop
loin, il frappe trop fort, mais…bon, s’il faisait autrement ça
ne serait pas Claude ! » Ce matin, une lectrice de
J.N. me courriellise aussi son encouragement, avance qu’il
faudrait un « mouvement organisé » pour faire cesser
ces ghettoïsations malsaines.
3-
Chemin
Bates, ayant oublié mon « Coffre de cèdre », j’ai
relu plusieurs entrées de mon premier tome de journal, juillet
’87-février ‘88 : « Pour tout vous dire »,
publié chez Guérin. Grand plaisir. Sans cesse, je rappelle à ma
chère Ale des éphémérides oubliés. Elle en est chaque fois
comme étonnée. Cela sert donc aussi le scripteur que du journal
? Absolument. J’ai revu tant de projets…abandonnés. Tant de
notations importantes à mes yeux.
Cela vous
fait du bien. Il y a les regrets, aussi les stimulations.
La
confirmation de ce que je suis : un touche à tout, oh oui,
un inventeur de synopsis compulsif, un observateur étonné des
gens et des choses. Je m’aime bien en journalier. Quoi ? J’ai
le droit de m’aimer de temps à autre. Je déteste tant
d’aspects de ma personne écrivante .
Nat Pétro est à Berlin. Festival de
films. « Ode à Cologne », film signé Wim Wenders
(exilé en Californie) qui a fait renaître de vieux musiciens
cubains abandonnés, raconte dans « Ode.. » un groupe
musical de pop allemand aussi populaire là-bas que « Beau
Dommage » ici, jadis. Ce « Bap », explique la
chroniqueuse, reste empreint d’une sorte de tristesse. Il y
plane l’hitlérisme embarrassant. Ici, vrai que Duplessis ne fut
qu’un roitelet de pacotille, rien à voir avec la fureur naziste.
Je songe que ‘ »Beau dommage », dès leur apparition
autour d’Expo,67, aurait pu avec le soutien de notre État québécois,
devenir une ambassade extraordinaire. J’ai tant aimé ce groupe
animé par Michel Rivard. Hâte de voir le « Ode à Cologne ».
De voir aussi « Point aveugle
». L’héroïne de ce documentaire allemand vient tout juste de
mourir ! Avant hier ! Cette Traude Junge fut la dévouée secrétaire
d’Adolph-le-fou. Elle a tout raconté. La fin du monstre. Le
chien, adoré de lui, qu’il empoisonne avant de se tuer. Sa
« frau » Eva, qui préfère le poison au revolver, névrosée,
désirant ne pas faire une morte… abimée ! Le bunker de Berlin
comme une bulle hors-monde ! Traude Junge déclarait : « Certes,
j’étais si jeune et si candide. » Mais quand elle a
découvert l’horreur commise et cette une jeune résistante de
22 ans, assassinée…elle aurait compris que la jeunesse n’est
pas une excuse. Peut-on dire : Paix à ses cendres ?
J’ai repensé à
ce merveilleux roman : « Le liseur » de
Shlink avec cette gardienne de camp nazi qui finit par admettre
qu’elle fut une coupable et qui accepte sa condamnation, qui se
pendra au moment de a libération…Une pauvre analphabète qui,
mieux que tant de planqués nazis en Amérique-du Sud, découvre
sa culpabilité. À propos de livre, hier soir, au lit, j’ai
commencé à lire « Inceste » de Christine Angot (en
poche). J’avais vu cette fille agressive et fermée chez Pivot.
C’est d’abord plus de cent vingt pages de mots enlignés
et alignés en une diarrhée verbale sans grand intérêt. Faut le
faire, un culot vain. Aile qui l’a lu avant moi et me dit :
« Va à la page 140, ça s’éclaircit. » J’étais
las, assommé de ce stupide empilement verbiageux. Je
m’endormais trop. À demain Miss « Inceste ».
4-
Dans le
film de Denis Chouinard « L’ange de goudron » il y
aurait démonstration de notre méchant racisme. Au festival
berlinois, des journalistes inquiets par son « Ange de
goudron, lui pose des questions : « Votre Québec ? Un
pays fasciste ? Peuplé d’intolérants , de xénophobes ? »
Le Chouinard embarrassé répond : « Oui, il y a
du racisme mais non, rien à voir avec le fascisme ! » Voilà
ce qui arrive quand pour faire une bonne histoire » on tord
un peu le cou aux réalités.
Sortie à Paris de « Amen »
du célèbre cinéaste de « Z », Costa-Gravas ( qui aidait,
soi dit en passant notre jeune Chouinard à scénariser).
L’affiche fait choc. Signé par l’audacieux
photographe-designer congédié par la compagnie Benetton, Toscani.
Un crucifix emmêlé avec la croix gammée ! Vives protestations
du clergé catholique de France. « Amen »
raconterait un affreux SS inquiet, repenti,
qui, via un prêtre, tente d’alerter le Vatican sur le
massacre des millions de juifs. Silence du Vatican averti ! Mgr.
Ricard, cheuf des évêques cathos se lamente. Il proteste. Veut
faite interdire le « sacrilège » « poster »
en question. Mgr. Lalanne, grand secrétaire avance :
« Oui,
à Rome, il y a eu des erreurs (tu parles !) et des silences (et
comment !) mais cette affiche… »
J’ai lu sur la question « complicité »
implicite du
Vatican avec Berlin
nazifié. Pas beau à révéler. Par exemple, Rome qui ordonne de
démanteler un parti politique, très fort, très solide, en
Allemagne…Les nazis craignaient ces critiques lucides. Rome pour
acheter la paix, fit démanteler ce parti « confessionnel »
vigoureux. Il donnait une meilleure chance aux nazis de poursuivre
l’ordre…brun ! Hâte de voir ce « Amen ». Amen. Et
pas amène avec un pape frileux, vraiment peureux et surtout
germanophile aveuglé, y ayant été « ambassadeur »
vaticanesque. Nonce !
5-
Chez
« Arcand en direct » (TVA), effrayante démonstration
par les reporters Houde et Duffaux sur les écoeuranteries passées
chez ces gens des J.O. Un tableau noir terrible ! Révélateur.
Dont une séquence où l’on voyait clairement une gestuelle (par
les pieds) de signes complices entre deux jurés. Honte ! Honte !
Tantôt, attendant aux portes de l’École
hôtelière, lecture de : « L’ART DU ROMAN »
par Milan Kundera. Un vrai intello. Il soupèse chaque mot,
examine le moindre terme employé par son questionneur. Il admire
énormément Kafka. Ah ! Un de Prague comme lui ! Chauvinisme ?
Cet « art du roman » me semble un de ces textes
ambitieux où l’auteur navigue de sommet en sommet :
Proust, Joyce, Flaubert…Kundera y utilise un jargon plutôt pénible.
Il a été, et longtemps, la coqueluche du milieu intello d’ici.
Je me souviens mal de « L’étrange légèreté de l’être »
(un titre du genre). Pas un modèle de roman, il me
semble. Dogmes, théories, sont à éviter en littérature, non ?
6-
Eh maudit
verrat qu’il s’en passe des affaires louches et dans notre
cour. Imaginez : à Westmount, chez « Dickens and
Madson », une agence de démarcheurs
—(ouash,
le lobbying n’est pas un métier et on le définit sans cesse,
on veut réglementer une mafia à bons petits copains, à bons
contacts, d’ex-ministres, sous-ministres etc. Ça pue ! !) —
où
travaillent des grosses têtes en relationnisme. Voilà qu’un
mec s’y amène et veut (tenez-vous bien) verser une demi-million
de piastres pour l’assassinat (oui, oui !) de Mugabe, celui qui
règne au Zimbabwe depuis deux décennies ! À Westmunt, on avait
caché des caméras. Oh oh !
L’affaire fait de remous partout !
Les comploteurs tombaient mal : l’agence avait comme ami et
client le bonhomme Mugabe ! Aïe ! On révèle tout au bon client
et ami Mugabe. Le feu est pris !
On accuse
Tsvangirai (chef de l’opposition là-bas). Ça barde ! Parmi les
gens de l’agence d’ici, un certain Alexander Legault, venu de
la Louisiane (il y a longtemps) et réfugié au Canada qui guette
sa nationalisation par Ottawa. Décision le 18 mars, dit La
Presse. Car Washington le veut et vite. Legault aurait fraudé
pour 13 millions de $, plus de
300 « aînés » (senior citizens)
floridiens ! Il a peur le Legault. Il se défend, il dit :
« Des mensonges, c’est la vengeance de la CIA, si on me déporte
ils vont me tourmenter. » Pourquoi donc ? Ah ! Ce Legault
dit qu’il fut le tout premier à alerter Ottawa sur la CIA qui
payait notre « bon docteur Cameron » pour jouer avec
les cerveaux des patients à « Royal Victoria Hospital »,
Avenue des Pins. Eh b’en !
C’est à suivre, non ? Je vous dis,
tout un monde de fripouilles vit dans notre territoire. J’ai
souvenir d’une voisine du Vieux-Bordeaux, Madame H., qui fut une
des victimes de ce Cameron-de-la-Cia. Une histoire effroyable. On
a fini —ce fut très long— par payer…un peu, les victimes
des expérimentations CIA-USA. Chez nous, tout ça ! Colonialisme
puant ! Un monde !
Ainsi, vient de mourir Lucien Rivard.
Un mafieux important de cette
« French Connexion », proprio de « La plage idéale ».
Chalet à Pointe-Calumet. Il était « travailleur »
d’élections pour
les Libéraux d’Ottawa. Le père Pearson en fut secoué quand éclatèrent
des scandales avec ce Rivard au beau milieu. Le grand choc.
C’est ce pégrieux qui s’évadait de la prison voisine de chez
moi, à Bordeaux. Une aventure incroyable. Un voisin, à quatre
portes de chez moi, un comptable, avait ses bureaux, Pace Crémazie,
juste à côté de ceux du bandit Rivard. Et c’est lui, ce
comptable, qui lui offrait un « pouce », oh hasard
hein ?, quand Rivard
s’échappait. Le voisin bordelais du comptable était le
ministre Claude Wagner, à trois portes de chez moi, Libéral à
Québec ! Eh oui ! Vous voyez ma surprise ?
Journaliste chez Bernard Turcot,
j’avais alerté la rédaction. On passa par Daniel Jonhson tant
on trouvait l’affaire juteuse mais
délicate. La peur des poursuites judiciaires rend prudents
les médias. En « assemblée nationale » on peut tout
dire. Mais….
Le Daniel Jonhson tente de raconter
ce que je vous dis ici. Jean Lesage se drapait
dans sa dignité. Et, secoué de ces « Wagner-voisin-comptable-voisin-Lucien
Rivard-orgnisaeur-travailleur rouge- …
Tit-Jean-le-Noble commanda l’ « heure du lunch ».
Pause !
Ça se jase durant les repas au
« Café des pourris »! Après…plus rien ! La
question dérangeante était comme oubliée ! Johnson devait
avoir, lui aussi, d’encombrants squelettes dans son placard.
C’est « tu fermes ta gueule et je ferme ma gueule ! »
C’est cela aussi la politique.
Penchez-vous un moment sur cette
collision pègre-politique…pas par respect, par envie de vomir !
L’OTAN finissait par se secouer et
bombarda durant deux mois, entre autres cibles, la Serbie,
Belgrade. Avec des bavures, des erreurs de tir, et des morts ici
et là ! On s’en souvient.
À la grande cour internationale, voilà le monstre démago-populiste,
S. Milosevic qui se dresse et s’indigne. L’OTAN c’est
Hitler, c’est les Nazis ! L’OTAN c’est le mal. C’est la
cible nouvelle ! Stupeur à La Haye !Effet de judo. Tirer son
adversaire vers soi. Revirer l’accusation violente. Tactique. À
suivre mais ça va durer un an, peut-être deux…Ouais !
Hâte de voir ce documentaire sur le
RIN. Lancement samedi mais…j’aime trop ma petite campagne.
J’irai pas. Un jeune homme me veut comme témoin parlant pour
son projet de film sur le peintre Serge Lemoyne, connu quand j’étais
critique d’art dans les années ’60. J’ai accepté de
l’aider. Lemoyne avait des idées, du front, inaugurait ici des
« happenings » amusants. Il est mort il y a peu.
Gilles Groulx, j’y reviens,
« braillait sans cesse contre l’ONF mais il a jamais pu
quitter l’institution ». Je lis cela et je sais que
c’est vrai. Pierre Perrault, Arcand (Denis), Godbout, d’autres
aussi, gueulaient sans cesse contre l’ONF, sa censure, ses
patrons « chieux ». Ainsi au réseau français, moi
comme tant d’autres, on en bavait…. lourds de griefs divers,
on critiquait mais on restait là. Où aller ?
Dans ma « biographie », du Canal D, on me fait
dire : « 30 ans décorateur et 30 ans de bonheur comme
il le dit lui-même. » Et c’est vrai, mais il faut
entendre « 30 ans de bonheur avec les camarades »…pas
avec les patrons « chieux », à genoux devant les
nerveux fédéralistes d’Ottawa où la SRC a son siège. Comme
si on payait pas nos impôts à Ottawa les Québécois.
Quoi ? Des diamants à la Baie-James
? Eh b’en ! Sait-on jamais ! Une richesse de plus ? Au fond des
blocs erratiques de ce plaines arctiques ? Je me souviendrai
toujours de ce territoire tout blanc, visité du temps de la radio
pop, CJMS. L’avion survolant le blanmc, le vide. Immenses
paysages de petits sapins, d’épinettes noires si maigres, neige
et glace à perte de vue. Le barrage gigantesque. Du béton sur
des rochers ! Ce village installé pour faire taire les déplacés,
Chisassibi. Visages d’enfants inquiets. D’hommes perdus face
aux grues géantes pas loin. Monde perdu. Terre ingrate. Poignées
de Cris. Subventions à gogo pour faire taire. Une nuit passée
dans un camion-motel. La cafétéria des ouvriers montés de Montréal.
Impression de solitude terrible. Chanson de Georges Dor réactualisée
depuis la Manic. Bar bruyant. Si peu de femmes ! Un pays hors du
pays. Ah oui, un souvenir impérissable. Des routes sans horizons
francs dans ces savanes glacées. Si peu de monde hors le barrage.
Le canot automobile sur La Grande. Les truites en masse. Délicieuses.
Les cris des travailleurs dans les chantiers. Un rire soudain.
Soliloque imposant. Un grand rire de fou. Des clameurs. Sifflets.
Dynamite. Bizarre contrée hors civilisation. Qui m’a laissé un
souvenir étrange. Celui d’avoir séjourné au fond de la Sibérie.
Goulag confortable.
Voilà, il y aurait du diamant. Déjà
des compagnies se forment. On y va bien voir. Allons voir. Ah
seigneur, pauvres Cris sauvages qui chassaient, qui pêchaient…Ils
auront des bagues à offrir à leurs squaws ? Doutons-en. |