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Le voilà
de retour, bien revenu, fendant, crispant, cet hiver que je
n’aime pas. Installé ce matin avec JCCC (journaux, cafés,
croissants, cigarettes), je dis à Aile : «On gèle
maudit ! C’est le frette en règle ! » Jusqu’ici c’était
bien. Je songe au sud…à cette plage de la
Costa norte en République dominicaine. Il y a un an,
exactement, nous volions vers
ces plages, ce soleil en plein hiver, non, pas ce soleil
(nous l’avons ici et bien radieux aujourd’hui) , cette
chaleur. Mais… l’avion… Aile craint ce genre de véhicule,
depuis toujours… depuis le 11 septembre, davantage encore.
Avec ce soleil resplendissant partout
dans le ciel laurentien, impossible à midi et demi de ne pas
aller marcher. Sur le lac, ici, la municipalité offre une longue
ronde patinoire et un cercle de neige tapée autour du lac, pour
les promeneurs. Aussi, une piste pour les …fondeurs (!). Le vent
nous giffle. Il faut rabaisser sa capuche (Aile), sa tuque (moi).
C’est cinglant. Des chiens fois, heureux courent devant la
laisse tombée. De enfants ajustent leurs patins, assis sur des
bancs. Atmosphère classique, tableaux de Cornélius Krieghoff.
Hier soir, cinéma-maison. Déjà on
peut louer le récent Woody Allen. C’est fort amusant, rempli de
répliques d’un drôle fantastique. « Le scorpion de jade »
fait voir « l’acteur-Allen »
vraiment, et
non plus cette sorte « d’alter égo » devenu
un peu lassant. Avec ce « Scorpion de jade »
Woody Allen tient une bonne histoire, un scénario bien construit,
et s’y jette avec un plaisir évident. Le voilà donc en enquêteur
(sur les vols) d’une grosse compagnie d’assurances. Il serait
un as, le meilleur. Mais… soudain
—jouet innocent d’un hypnotiseur-bandit— ce sera lui le
voleur…Oh que de rigolades ! Aile et moi très ravis de ce film
se déroulant dans les années 1950 à New-York.
C’est fou, une ombre sur mon
plaisir. Incapable d’oublier que ce talentueux cinéaste est, a
été, un pornocrate quasi-pédophile. On sait cette histoire
sinistre : les photos salaces prises avec sa grande fille
adoptive et le scandale qui en résultait. C’est fou, je
n’arriverai jamais à séparer l’ouvrage (de talent dans ce
cas) d’un créateur d’avec sa vie. Ces faits accablants,
m’empêche désormais d’admirer inconditionnellement
l’auteur de tant de bons films.
Hier soir, après ce désopilant
« Scorpion… », au lit, je veux poursuivre ma lecture
de « Parfum de cèdre » de MacDonald et Aile me dit : « Finis
d’abord ton « Massoud l’Afghan »
et « Soie » aussi. On doit rendre ce deux
livres bientôt à la biblio. Le « Parfum » , lui, est
à nous. » Alors je quitte la campagne du Cap Breton et je
retourne dans ce pays de déserts, de montagnes, de grottes, ce
pays de malheur, décrit par le cinéaste-journaliste Chrisophe de
Ponfilly. Il part, sac au dos, caméscope en bandoulière,
rencontrer ce « chef de guerre » avant qu’il
soit tué.
Ponfilly
fait bien voir la pauvreté partout mais aussi une sorte de
« comique involontaire » avec ces tirailleurs en réseaux
qui luttent maintenant contre certains des leurs, les « fous
de Dieu ».
Le taleb
(talibans au singulier) n’est plus l’allié d’hier qui
collaborait à chasser les intrus communistes. Il est devenu, aux
yeux de Massoud et de ses troupes nordiques l’ennemi. Guerre
civile ? Oui.
Cela se déroule en 1997,
donc quatre ans avant le 11 septembre à Manhattan et cette
« guerre aux terroristes » de W. Bush.
Massoud n’y gagnera rien puisqu’il fut assassiné. Au
moment où j’écris ceci, c’est la rencontre et l’auteur
admire encore davantage ce démocrate afghan menacé, qui se terre
comme va se terrer Ben Laden, l’exilé arabe venu joindre les
fanatiques et devenir la figure emblématique de la pureté
islamique, coranique. Je m’instruit. Un livre va mille fois plus
loin qu’un reportage de télé bien entendu. Je suis là-bas, je
vois tout, les détails d’une existence en une contrée dévastée
où l’on rit encore, où l’ on se débat pour rire un
peu, où l’on vit malgré la misère environnante, avec des
restes avares. L’Afghan, dit Ponfilly, ressemble aux latins. Il
aime bien rigoler, ricaner, se moquer des gens en place à Kaboul,
capitale envahie par
les forces obscurantistes, caricaturer ces fascistes anti-femmes,
il est un individualiste, un amoureux de la vie qui voit grandir
cette obscurité talibane répandue par des extrémistes farouches
qui coupent des mains, qui fouettent, qui pendent qui interdisent
radio, télé, musique…
J’ai fini par m’endormir le livre au fond des
mains…La fatigue seulement… Salut Morphée !
2-
Il faut
bien écouter, lire, les critiques. Faire confiance à qui ? Il y
a tant de spectacles, de films, de livres ! Aile et moi s’il y a
unanimité « pour » ou « contre » on décide
d’y aller …ou non. Parfois, il y a mystère. Exemple : ce
« Blast » au « Quat’Sous ». Paul Toutant à
la SRC: « Une cochonnerie imbuvable, une violence gratuite,
un spectacle assommant et vide. » Cela dans se mots à lui
mas c’est clair, un navet à fuir. Et bang ! Sonia Sarfati, le
lendemain, dans « La presse » juge que c’est un
fameux de bon spectacle.
Eh ! Antipodes d’appréciation. Si
on sait lire, on découvrir par le résumé de Sarfati qu’il
s’agit d’une jeune femme assaillie dans une chambre de motel
par deux « chiens ». Un bandit et puis un militaire.
La femme : une proie, une victime innocente. Les deux hommes :
deux bêtes immondes. Deux enragés, deux fous furieux. Ouen !
L’auteure, une britannique, se suicidera et n’écrira plus
jamais donc. L’impression (preé-papiers, photos, extraits montrés)
qui s’incruste : un autre crachat verbal, une violente dénonciation
de la violence par…la violence !Sauce démago. Exhibitionnisme
profitable. Cuisine aux hémoglobines alléchante. C’est fréquent.
Crainte du sempiternel sensationnalisme. Suffit ! On ira pas.
Le journaliste Yves Boisvert a repris
avec un fort bon talent la barre pour ces reportages sur des procès
connus, au Canal D. Hier
soir, avant « Le scorpion » si rigolo d’Allen, c’était
l’évocation en images du fameux procès fait à Rozon. Le caïd
de l’humour, gérant, manager de Trenet, fondateur d’un Musée de l’humour et d’une école,
accusé d’agression sexuelle. Une toute jeune croupière, à
l’hôtel resto d’Yvon Deschamps lors
d’une fête des humoristes, s’avise d’aller rendre
visite à la chambre de Rozon en fin de partie ! Déjà
cela…Voilà que Rozon, fêtard normal, forcément éméché
—on sort d’une fête arrosée— va peloter sa jeune visiteuse
et l’inviter au lit. Il se débat et s’enfuit et…portera
plainte à la police. L’émission a fait voir un sordide dérapage
dans les médias. Une connivence ave le zèle loufoque de la loi
police. Bon, en appel, Rozon obtiendra l’absolution de
sa…gaillardise mâle. Il
fallait bien illustrer que « connu pas connu » la
police est la même pour tous. C’est faux. En effet, le plus
souvent, une « notoriété » y goûte. C’est idiot,
c’est ainsi. Je me souviens, voulant m’expliquer
—petits-fils en retard pour l’école après un lunch à
l’horaire mal calculé— à propos d’un « virage à
gauche » interdit : « Monsieur Jasmin, je
regrette, connu pas connu, j’ai pas à écouter vos explications
! » Une certaine agressivité. Le flic qui doit se dire : « Ces
cons « connus », y pensent-y qui peuvent tout se
permettre ? » Les enfants arrivèrent en retard à leur école,
le policier prenant tout son temps pour rédiger sa contravention
après être allé, lentement, vérifier sur son ordinateur…voir
si ce « con connu » serait pas recherché par
Interpol.
C’est la vie. J’avoue qu’il
pourrait y avoir aussi des avantages. Un soir, à l’hôtel de
Tadoussac, longue file et une hôtesse qui dit : « Venez
monsieur Jasmin, suivez-moi je vais vous dénicher une table. »
J’avais protesté et refusé l’inégalité, lui
expliquant que je tenais à garder ma place dans la file…comme
tout le monde. C’est juste pour dire… « juste pour rire »…
les menottes passées à Rozon…une imbécillité judiciaire !
3-
Je jette un
regard morne et glacial en
ce samedi matin à un joyeux et bel encart publicitaire pour les
« Jeux » à Salt Lake city. Ceux qui, comme Aile et
moi, ont vu le reportage télévisé jeudi dernier sur les Mormons
(80 % de la population de l’Utah) de « L’Église de Jésus-Christ
des derniers saints des derniers jours » en garde un goût
aigre. Cet appel festif général en une contrée contrôlée par
de tels arriérés au masculinisme éhonté sonne faux en diable !
Comment allons-nous faire pour oublier qu’il y a là des
enfants blessés gravement, endoctrinés lamentablement, des
femmes transformées en « pondeuses effrénées », des
cas de viols, d’abus sexuel, d’inceste, de naissances de
malformés, le tout toléré,
installé béatement au nom d’une religion d’aliénés mentaux
religieux ? Comment ?
Une amie commune, célibataire pas
endurcie, Marie-Josée, part lundi matin comme scripte officiel.
Ce midi, au téléphone, petite cérémonie du « bon voyage à
Salt Lake ». Aile lui dit : « Que je te vois pas
te laisser ensorceler par un de ces loufoques machos ? » On
rit pour pas pleurer des fois !
Ce film « Opération Cobra »
(titre correct, adéquat) que je voulais aller voir ? Hum !
Critiques néfastes maintenant. On joue tout croche : mi-vérité,
mi- fiction. Mensonges déguisés en vérités, saloperie ! Il y
aurait « emberlificotage » du public. Personne ne
saurait plus ce qui est improvisé et ce qui est arrangé en cours
de tournage. Ce genre
me pue au nez. Ainsi pour ce « Blair Project ». L’on
vous dit : « on invente rien, tout est vrai ».
Et, en vérité, tout est arrangé avec les gars des vues
(ils sont trois à la réalisation, subventionné avec
notre argent public encore). C’est tromper les spectateurs.
C’est de la fausse représentation, Démagogique ! Comme c’est
triste et malheureux de si jeunes
cinéastes, déjà, en manipulateurs. J’avais bien entendu à la
radio leurs bafouillages et leurs malaise vendredi en revenant du
canal Vox de Vidéotron. Et quel exemple vicieux pour ces jeunes
garçons entraînés dans cette fourberie !
Eh misère humaine !
4-
« Moulin
rouge » est un film idiot.
Quelques plans séduisent sur le plan scénographique,
danses entraînantes sur musique
pop et rock, chansons légères. Mais c’est une sinistre
caricature du Paris de 1890. Une romance convenue d’un cucul
fini avec Nicole
Kidman et Ewan MacGregor. Voilà
que ce film s’attire des éloges. Qu’aux USA il risque de
devenir un fim-culte. C’est à s’arracher les cheveux…qui me
restent. On se questionne Aile et moi. Sommes-nous des idiots ?
Peut-être pas… C’est qu’à partir de l’imagerie célèbre
de Toulouse-Lautrec, s’amenaient les gros
clichés, les stéréotypes connus Moulin Rouge c’est
un Paris tout faux, imaginaire. Un Moulin rouge bassement
caricaturé. Faux comme de la…marde, je l’ai dis !
Dans « Time », des éloges.
S’en foutre. Certains amerloques le visionnent 15 fois, 26 fois
! » « Fim de l’année » proclame « National
Board Review » ! Mais, Dieu merci, « USA today »
lui fiche : une « tite » étoile et demi ! Enfin,
un peu de jugement !
Son cinéaste
australien, Baz Luhrmann, en est fier et… dérouté. Il dit,
mystère, s’être
« laissé influencé par les comédies musicales de l’Inde ».
Eh b’en ! Il prépare maintenant « sa »
version de « La Bohème » sur Broadway.
Seigneur ! Est-ce qu’il sait ce qu’il a fait
?
Le cabaret « historique »
de Pigalle en est tout dévisagé et à jamais Lautrec se vire
dans son tombeau… face à cette version filmique aux « folies
bergères » américanisées. |