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1-
Lumière pâle,
toujours, dans ce ciel mat. Grisaille pour cette fin de janvier.
Demain…déjà février, le mois racorni, raccourci ! On verra
mars s’amener et puis ce sera « le portique » du si
beau printemps québécois, revigorant, si stimulant quand la lumière
baissait depuis si longtemps, depuis novembre. Ma hâte !
Ce matin, appel de la radio de CKAC.
C’est un certain François Reinhardt à l’appareil. Il est le
fils de Roger, avocat de la Grande-Allée d’Ahuntsic (oui, nous
avons comme à Québec, une « Grande Allée »). Maître
Roger (revu en rencontres « almamater »-iennes) fut un
collègue de classe au collège Grasset. Il était si brillant, en
tout, un bolé, un Premier-de-classe, raflant les premiers rôles
de notre théâtre-amateur. Je fis rire le fiston lui révélant
notre jalousie de ce
beau brummel frisé, aux allures d’Adonis bien grec et surdoué.
Mais, il était petit de taille, ah ! tout de même :justice
immanente.
Dans mon feuilleton « La petite
patrie » Roger était incarné par l’acteur Jean-Pierre
Chartrand, pas bien haut sur pattes, lui aussi. Un soir dans un
restau du Vieux, rencontre inopinée, face à face cocasse, mon
Roger et Chartrand que j’accompagnais . Amusante rencontre, on
peut l’imaginer. Donc le Reinhardt-fils me prévient :
« Benoit Dutrisac et Geneviève Saint-Germain vous veulent
au micro pour discuter sur « les vieux qu’on jette tôt ».
Actualité : de « vieux » ministres du P.Q.
viennent de démissionner étant donné qu’ils perdent
leur…portefeuille (et c’est bien le cas de le dire !).
Je m’amuse une fois en ondes,
rappelant qu’à leur heure de radiodiffusion c’était moi, le
vieux, et le vieux Pierre Marcotte qui régnions en ondes
avec l’amusante tribune : « La moutarde me monte
au nez ». On nous avait…jetés le jour du mariage
CJMS-CKAC ! Les ingrats ! ! Je cause sur les « jetés »
de Radio-Canada en 1985-1990. Ce vice actuel de « l’âgisme »,
renie l’expérience, la sagesse aussi.
Mais Dutrisac et moi tombons vite
d’accord : ces « sans portefeuille » devaient
rester, devenir une sorte sénat utile, rester au fort comme
conseillers précieux. Mais non, Chevrette, Brassard et
Cie…claquent les portes, humiliés ! Il s’en va
l’ex-ministre, il claque la porte, il n’a plus de chauffeur,
plus de limousine, fini le sérail du paquet de fonctionnaires
l’adulant…C’est navrant.
Surtout en un parti dont l’idéal est haut placé :
l’indépendance nationale.
Télévision surprenante parfois.
Lundi soir, en ville, sans l’horaire, nous zappons au hasard,
cherchant quoi dévorer et soudain,
paf !, sur PBS,
USA, un vieux barde enfoui dans un affreux fauteuil et ce pépère
de la série « Masterpiece Theater » annonce un truc
fort audacieux : un
« Othello » de Skakespeare en une version moderne. Ça
se déroule —anticipation— dans un Londres en émeutes, et ce
Noir fabuleux, fort et sage à la fois, John (nom de famille :
Othello) s’y montre le seul grand capable de rassurer les
populations. On imagine la suite.
Oui, il n’y a bien entendu la belle
Desdémone, le fidèle traître, Iago. Une dramatique télé hors
du commun. Décors actuels pour ce vieux drame du grand Bill !
L’épopée de William se fait bardasser, se fait secouer le
cadran, c’est prévu, c’est entendu mais il n’en reste pas
moins un spectacle singulier de deux heures, mené tambour battant
avec une imagerie surprenante, un découpage haletant.
Ah oui, la télé parfois…magnifique. Notre anglais étant
ce qu’il est, de grands pans du dialogue nous échappent un peu,
les mots en sont vagues, mais la trame de l’intrigue (connue
pour « Othello ») est clairement symbolisé. Je refuse
que l’on de condamne la télé en bloc.
Il y a des oasis, rares, mais féconds en diable !
2-
L’ex-patron
qui fit florès aux « alcools et vins du Québec » (SAQ)
va débuter le 18 février chez « Loto Québec ». La
peur ! On doit attendre de ce M. Frigon, PDG retors, habile,
brillant, le même
envahissant succès. Peur car, déjà, on trouve 150,000 « joueurs
compulsifs dans cet « État-Maffia », le Québec !
Beaucoup de ces « accrochés » sont en attente de
traitement car il y a manque d’argent public pour soigner ces
malades du jeu ! C’est Claude Bilodeau,
responsable pour ces soins, qui l’affirme et qui
s’indigne, se lamente. Depuis 1960, le pays a su évoluer dans
maints domaines…mais dans ce domaine du vice, il se surpasse. Hélas
! Une réussite louche installant tant de citoyens qui grèvent
leur budget, souvent pas bien gros car l’on connaît de
terrifiantes statistiques. Plein de gagne-petits, parfois des
assistés sociaux, qui
rêvent de « s’en sortir » en privant la famille du
nécessaire, misant sur ces machins et machines qui ne font que
des dépités névrosés qui, sans cesse, retournent aux odieuses
manettes du mauvais sort. Un pays tapissé de « one-arm-bandit »
!Une infamie funeste, non ?
Un jeune homme sympathique, rencontré
hier à la « taverne Magnan », m’invite à co-animer
avec lui, un samedi, son émission à CKAC. J’ai spontanément
dit « oui, avec plaisir ». En avril seulement lui
ais-je spécifié. J’ai décidé de refuser toute invitation
durant l’hiver. Je me suis déjà retrouvé sur la route de
Rimouski dans une longue plaine, en pleine tempête de neige. Ne
plus voir que du blanc dans le vent, partout. Il n’y avait plus
ni ciel, ni sol, que du blanc dessus, dessous, sur tous les côtés.
Affreux ! Ne pas savoir où est la route…Risquer sa vie alors !
Non, plus jamais. Le jeune de CKAC me dit soudain : «
Je vous écoutais parler de ce Ovila dans votre conte de Noël,
c’était mon enfance, ce Ville-Jacques-Cartier, encore plutôt
bidonville de squatters en 1960.
Nouveau témoignage
donc et qui s’ajoute à cette photo-internet expédiée pour me
montrer la pauvre bicoque familiale d’un « misérable »
hugolien. Je lui donné mon adresse-courriel : claudejasmin@citenet.net
et je vais guetter un signal…en avril.
3-
Est-ce que
devrais poursuivre, avec avocat, Ginete Herry pour « offense
au droit moral » de mon collègue Carlo Goldoni ? Ou bien le
petit-fils de son petit-fils de son petit-fils à Goldoni
le fera à ma place. Car il est inextinguible le droit
d’auteur sur le plan moral. Quand on tripote un texte, qu’on
le coupe sans vergogne comme elle fait, qu’on le triture comme
elle l’a fait pour « L’honnête fille », spectacle présenté chez Denise-Pelletier. En ce moment, il fait florès,
dit-on, le grand bonheur des élèves des écoles. Comme Desgagnés
le fait au TNM ces temps-ci avec Shakespeare (Les Folles de
Windsor !) ça y va et pas par quatre chemins. Un cirque. Des
cabrioles, des gesticulations, du mouvement… l’air du temps.
Des images virevoltantes, costumes à « velcro »,
changeables en un éclair, du décor transformable et le reste ?
Claques et fouets, giffles et coups de pied au cul, le diable est
aux vaches et le rythme à la belle épouvante. Le texte du mort ?
Ah b’en le texte…L’auteur est bel et bien enterré
et…muet, non ? On peut y aller rondement ! Je ne sais trop quoi
penser : présenter sans succès le texte intégral avec honnêteté
intellectuelle… ou bien le trancher comme saucisson, lui enlever
le trop plein de phrases, et en avant pour les folies bouffonnes.
Écoutez les rire des écoliers !Au moins, les jeunesses vont
savoir le nom de l’auteur décédé ! « La gang ? Goldoni
c’est mieux que Goldorak, eille !, on était pliés en deux, les
gars, allez-y ! »
Ouen !
Ouaille ! Sujet de réflexion :
poursuivre ou non, pour atteinte morale à l’œuvre…mmm !
4-
Entendu
Henri-Bernard Lévy affirmer face à Durant de « Campus » : « Les
fascistes verts ! » Oh ! Écologie et nazisme, même
combat ? Je sais
qu’il y a tant d’exagérations chez les « verts »
fanatisés qu’ils atteignent une sorte de totalitarisme dans les
revendications en Europe, une intolérance « annoncée »
qui fait frémir…si jamais…ce mouvement grandissait vraiment.
. Mais…fascime ? A-t-on vraiment raison : l’intolérance
de certains écolos peut faire peur, c’est vrai. On en voit
s’associant à l’extrême droite d’un Le Pen en campagnes électorales
françaises. Ici ? Pas encore à la mode. Autre sujet de réflexion…
J’enrage encore en lisant ce matin
(plume de Nathalie Collard) l’expression désuète et si
mensongère : « les deux sollitudes » . Hughe
McLennand (!), —l’excité écrivain anglo qui avait sorti sa
carabine sur sa galerie des « Cantons de l’est »,
tout apeuré par la « Crise d’octobre »— était
dans les patates en créant cette connerie. Il n’y a pas, mais
pas du tout, « deux solitudes » ici. Il y a deux
nations, deux langues. Collard vantait les mérites de Peter
Gzowski qui vient de passer l’arme à gauche (çâ me rire cette
expression) et répétait qu’on n’enbrevenait pas de découvrir
que les Québécois ignoraient ce reporter-vedette de la CiBiCi.
La belle affaire ! C’est tout à fait normal. Qui, chez
les Canadians, connaît nos grands reporters ? Personne. C’est
cela deux « nations », pas deux solitudes… de mes
deux fesses !
Dans notre pays, plein des nôtres
qui lisent The Gazette, Globe and Mail, écoutent la CiBici….ce
sont des colonisés. Des cocus contents. Ils souffrent de racisme.
D’un racisme inverti. Écoutez-les parler. Cela veut dire que
les autres, à ses yeux, sont tous parfaits et les nôtres, tous
des crétins et des incapables, le raciste inverti méprise qui il
est et qui nous sommes. C’ est un raciste. Inverti.
L’intolérance, la xénophobie, haïssables sentiments,
le concernent. Son racisme, son intolérance est toute
tournée contre les siens. C’et un malade. Gravement.
Ce matin, bang ! Surprise à la radio
!!! Un bonhomme d’ici, en anglais, en voyage en Angleterre, déclare
que pour aider mieux le réseau français de Radio-Canada (on
n’est que 2% en Amérique du nord, donc menacés davantage ), il
n’y aurait —tenez-vous bien— qu’ à fermer la CiBiCi.
En effet, les Canadians ignorent
Radio-Canada alias Canadian
Broadcasting. C’est un fait patent. Ils regardent la télé, écoutent
la radsio des amerloques (les cousins riches).
Les Canadians lisent les magazines
USA, n’estiment vraiment que
les produits made in USA. C’est une sorte de colonie
niaise. Seuls quelques intellectuels et écrivains « canadians » subventionnés,
estiment le Canada anglais. Ils se méfient, mais trop
tard, de l’assimilation —galopante déjà— étatsunienne.
Le gros des populations —avec les
émigrants rêveurs d’USA— s’en sacre. Ils sont déjà étatsunien
et jusqu’ à l’os. C’est une vérité tue. C’est une réalité
incontournable qui choque, qui enrage les profs d’université à
Toronto, à Vancouver comme à Halifax. C’est un fait très têtu
qu’on le veuille ou
non.,
Or CiBici suce les deux tiers de
l’argent public (normal quota) pour radio et télé
publiques…. Avec, au contraire des Québécois,
presque personne à son écoute. En effet, fermons la
ruineuse CiBiCi déserte. Ils sont 250 millions au sud ! Fatale
attraction ? Oui. Si La France (55 millions) avec ses fabuleuses
ressources, si Paris se
situait là où est New-York… verrait-on le même phénomène ?
Sans doute que oui. On dirait : faut fermer Rdio-Canada
personne ou presque regarde !
Si je n’avais pas mon journal J.N.,
ici, j’enverrais une lettre ouverte là-dessus (« Fermons
vite la CiBicI ! »). Au Journal de Montréal, au Devoir, à
La Presse —comme on le faisait depuis septembre dernier— on
jetterait ma lettre au panier ! J’ai un lectorat, ici, de 200
personnes, me dit l’organisateur de ce site. Je compte sur ces
lecteurs rares pour répandre l’idée : « Faut fermer
la CiBiCi, ruineuse, inutile, vaine, verser ces fonds gaspillés
au vaillant réseau français ! »
5-
Dimanche soir dernier, étonné
d’abord d’entendre la fameuse Jeanne Moreau —qui incarne las
Duras dans un film récent— affirmant : « Il
faut être fou pour écrire. Marguerite Duras l’était. »
Faut être fou ? Hum…Ensuite, elle dit : « L’écrivain
n’est qu’un dévoreur de tout ce qui l’environne. Duras dévorait
tout autour d’elle. » ». Eh b’en ! Elle ajoutera :
« C’est un métier de solitude totale, écrire. Nous, les
acteurs, on a toujours du monde autour, d’autres acteurs, notre
réalisateur, ses assistants, des techniciens qui nous regardent
travailler. L’écrivain, lui, est tout seul, Duras était seule. »
Fou et dévoreur et solitaire ? Mais non, Jeanne Moreau,
non, il y a une sorte de formidable solidarité —l’ouvrage
publié— entre liseurs et auteurs
! Allons, ce n’est pas fou de vouloir écrire, c’est
sain, très sain. Dévoreur ?…là, oui, inévitablement puisque
rien ne naît de rien. Pourquoi pas observateur au leu de dévoreur
?
Je suis e n train —ayant mis pas
loin ce « Parfum de cèdre » de Mac Donald— de lire
« Le liseur » qu’Aile a acheté hier chez
Renaud-Bray, Avenue du Parc. Que « 9 tomates » chez
Folio. Un collégien
happé par l’amour très génital (à cet âge),séduit par
une belle et vieille (30 ans !) conductrice de « transport
en commun » …qui se retrouvera dans un procès
—post-guerre de 1945— de gardiennes de camp de
concentration…eh oui ! Oh ! Bien mené. Fameux. Je l’achève
avec déplaisir, je voudrais que cela dure. J’en reparlerai donc
sous peu. J’ai terminé, avant-hier,
la biographie de Bernard Landry par Vastel. Ce dernier a
une manière abrupte de narrer. Ses liens sont mal tissés. Il
n’est pas un littéraire et cela fait que sa rédaction
reste…disons, comme en a-plat. En revanche, s’il m’énerve,
il me comble par sa recherche solide. Il a bien fait son job de
biographe, avec rencontres diverses, —parents, amis,
voisins, ex-collégiens, anciens chefs politiques,
adversaires même. Terminé, on a une bonne idée du personnage
public. Que de luttes souterraines, que de temps passé en caucus,
en bagarres, en réunions niaises,
—avec la cohorte des malheurs domestiques, familiaux,
fils drogué en danger, etc.
qui s’ensuit forcément— que de vie gaspillée en
manigances politiciennes imbéciles.
Oh les calculs qu’il faut faire pour monter, pour
combattre. Pour tenir. Pour réunir. Il y faut une âme de
militant paroissial et aussi d’idéaliste entêté.
certes…bien souvent, sordides batailles coulissières,
perpétuelles, pour émerger sans cesse, se reprendre,
s’excuser, réparer les bourdes, consoler les blessés, chasser
les comploteurs… que de trivialités stupides. Un métier
ingrat, impossible.
On sort de cette lecture de Vastel
—qui sait la musique par cœur, y rôdant depuis si longtemps et
on est en confiance — partagé : est-ce qu’il faut être
un saint ou un imbécile pour accepter ce fatras infâme, ces
combines obligatoires, ces longues veillées avec, parfois, de
fieffés imbéciles qui ne cherchent qu’ à se donner du lustre.
Je ne sais pas. Je ne sais plus. C’est fascinant et triste à la
fois.
Le pouvoir est une corruption totale
et il faut arriver à l’obtenir par les plus vils moyens à
l’occasion mais s’en sortir comme lavé. Un art difficile, on
l’admettra. Comment donc y parvenir ? Par des gestes uniques.
Une vue forte. Un but grave .De Gaulle comme Mitterrand, Churchill
comme Kennedy, tous, ils firent de sombres magouilles un jour ou
l’autre et ils réussirent à émerger en…grands personnages.
Quoi ? Ce misérable tas de petits secrets (éventés souvent dans
la bio de Vastel) dont parlait Malraux. Sais pas.
Et le livre de Michel
Vastel sur la vie de Landry m’a servi d’aide-mémoire
des temps récents, cela du RIN de 1960 ou putsch —de Gérald
Godin, poète et député— anti-P.-M. Johnson… C’est
excitant, on oublie si vite l’histoire qui est en train
de se faire. Hier, aujourd’hui, demain.
Allons voir si l’école des jeunes
chefs a bien fait se devoirs du jour…J’ai faim.
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