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1-
Retour de
notre marche de santé autour du lac. Temps doux par rapport à
hier. Un soleil bataillant ferme avec du brouillard pour garder
son apport de belle lumière. Une lumière spéciale si souvent
l’hiver qui nous fait nous arrêter en chemin, Aile et moi tant
cela est… c’est ça, spécial. Hier, samedi, du froid raide.
Fenêtres givrées, obligation du grattoir et, après le lunch,
on descend Chemin Bates.. Dans l’après-midi s’amène
l’ envoyé « véelbéquiste »
pour me prendre en photo en vue de la confection de la couverture
de « Écrire ». Ludovic (!) est au Québec
depuis cinq ans . Il me dit qu’en arrivant il a voulu au
plus tôt savoir sur la littérature québécoise. Bonhomme
classique, « clic clic » sans arrêt, le petit parasol
de soie et on y va. Je ne comprendrai jamais pourquoi en faite
tant ! La pellicule doit être bon marché. Une certaine gêne,
toujours. Des contempteurs me croient « kid kodak »,
je déteste cette longue séance et comme pour y échapper, en
pensée, narcisse obligé arrose le gaillard à lentilles de
propos décousus sur… tout et sur rien. Il écoute et puis, à
son tour, pas moins bavard, ne
raconte des bribes de son passé.
Il finit par finir, part vers son
bus, rue Rockland, et
nous nous préparons pour le repas d’ anniversaire, à la
Picolla :Marielle a eu 70 ans samedi. Mon cadeau, la carte,
mon petit « speech » (ma manie chérie !)le gâteau,
savoureux cadeau d’Aile. Table de 14 convives. Le demi-sourd que
je suis devenu a bien du
mal à suivre les méandres des jasettes, malgré les voix de
stentors de la plupart des miens. Je suis rentré satisfait, bien content que mon initiative se
soit bien déroulée.
2-
Ce matin,
gros petit-déjeuner au « Petit chaudron » en bas de
la côte Morin, là où je mangeais il y a plus de cinquante ans,
skieur du lieu avec le club du collège Grasset. Revenu au chalet,
c’est parti, j’installe mes vieux pinceaux, des feutres, la
gouache et je commence cette série de tableaux graphiques que
j’avais en tête depuis pas mal de temps. Influence de ces
« journées nettes » ? Sans doute :
je me servirai s des pages de journaux lus, gardant la date
imprimée, m’inspirant
librement des photos et des titres pour griffonner de tout. Un
« journal » visuelle folichon. J’ai concocté deux
« tableaux ». En suis pas trop satisfait. Je devrai
trouver une manière, un style, peu à peu. J’ai mis , à
l’encre de Chine, des
oiseaux, des poissons, des fleurs sur les textes des journalistes.
Casse-têtes insolites. J’espère arriver bientôt à allier
ainsi le quotidien du « quotidien », en sortir des
iconographies fortes. Ça prendra du temps, sans doute. Je
garderai les meilleures pages, les ferai encadrer, les exposerai.
« La maisonnette » un œuvre
caritative utile, dans « La petite patrie » m’a
demandé de mes tableaux pour une sort d’encan. J’en aurai et
des inédits. Mercredi matin dernier, une dame Tremblay au téléphone : «
Bizarre , j’avais acheté une de vos aquarelles en 1980, voilà
que tout le turquoise
de votre tableau s’est tout effacé ! Quoi faire ? »
Diable ! Je n’au
pas su quoi dire ! J’ai fait de piètres
excuses. De quoi j’ai l’air…mes vieilles aquarelles
tombent en… néant !On dirait une séquence surréaliste d’un
film de Cocteau, non ?
3-
Oh le
merveilleux Stephen Spielberg (tome 2) chez l’animateur Lipton
à ARTV, vendredi soir ! Étonnant de constater la timidité, la réserve,
l’humilité aussi, non feinte, de ce cinéaste fort coté dans
le monde entier. Ses propos de coulisses pour « Le soldat
Ryan », ou « La liste de Shindler », « La
couleur pourpre », « E.T., « Jaws »,
nommes-les, étaient fascinants. À cet amphithéâtre —bourré
d’élèves de l’ « Actors studio »— il a répondu
à Lipton le questionnant sur la présence du soleil sans cesse : «
C’est que la la lumière c’est la vie. Le soleil fait tout,
fait croître tout, humains, faunes et flores » Les
sous-titres en français sont très bien faits, ce n’est pas
toujours le cas en cette matière.
Je m’amuse toujours énormément de
voir cette « Catherine » (le vendredi à la SRC) ave
la jeune comédienne Moreau. Sa tête de linotte, son imbécile
enjouée fait florès, fait feu des quatre fers, un feu roulant.
On regarde ce vaudeville télévisé comme on mange des
croustilles. C’est agréable, c’est pas nourissant du tout,
c’est une récréation de bon aloi. Les acteurs y sont solides
et Dominique Michel est courageuse de se mesurer avec tous
ces jeunes talents vifs. Bravo ! Elle fait bien son boulot
de proprio aux
fantasmes insensés. Les scripteurs, efficaces, ne cherchent qu’à
produire des répliques (one-liners) plus tarabiscotées les unes
que les autres comme le veut le genre burlesque. Chapeau !
Fait frappant : aux USA, on
construit une prison neuve chaque mois ! Effarante réalité, non
? Une industrie (!) prospère quand on sait que l’on confie
souvent au « privé » l’administration de ces pénitenciers.
C’est, tenons-nous bien, 30 milliards de dollars y passent
chaque année ! Tout le budget annuel du Québec, ou presque ! Le
reportage (« Zone libre » peut-être ?) spécifait :
« la
délation y est fortement encouragée, sans cesse, les drogués
voient leur sentence fondre de 50% s’ils jouent les mouchards.
Imaginez le climat entre détenus ! En cas ce saisie d’un peu de
« coke » c’est 15 ans de tôle, minimum !
Un certain Paul Larue, surnommé
« Le poudrier » par son étonnant complice. Arrêté
à Burlington, Larue acceptait un rôle
d’indicateur et sa confession, aux USA via la terrible
DEA, a entraîné dans sa chute ce blanchisseur de millions de
piastres sales ! Qui ? Un avocat devenu juge ! Oh la la ! L’enquête
sera longue —cinq ans— et tortueuse, évidemment ! Un
juge ! Ce monsieur « respectable » extérieurement,
ce Flahiff ! Un scandale effroyable, on s’en souvient. La
digne « madame Justice » en perdait sa balance face à
cette « balance Larue » !
Le journaliste Roch Côté a parlé
d’une industrie clandestine de …mille milliards de dollars !
Il faut toujours se souvenir de cet Italien, fonctionnaire haut
installé, qui osait dire : « L’économie mondiale
s’écroulerait si on empêchait soudainement le convoyage
d’argent sale. » Une crise économique sans ces banquiers
—Suisses le plus souvent—
sous-mafia, indispensables pégrieux, dont l’ex-ministre
Garneau fut l’un de représentants. Évidement, ça joue les
innocents : « Quoi, quoi, on et là pour prendre
l’argent offert , on et pas des enquêteurs de police ! »
La salade hypocrite ! Le juge Flahiff obtenait trois ans ! Il
voulut —c’est stupéfiant—
conserver son job
de juge ! On lui dira : « non, merci » !Souriez !
Et tous ces banquiers, complices
si discrets, ils ont eu quoi comme sentence ? Rien !
4-
Le film
« Ali » semble bien fait. Hésitation à y aller voir.
Ce sport (cette sauvagerie innommable )devrait être interdit. Que
l‘on se casse les jambes, les bras , les reins (Alouette !)
soit… mais que l’ on autorise des hommes à se frapper la
tête est une ignominie. La tête c’est sacrée, c’est une
machine prodigieuse, inouïe,
et il faut être con, bête, idiot, aliéné, fou raide
(ou misérablement pauvre et mal pris ?) ) pour avoir l’
inconscience de se faire cogner dessus. Oui, l’on pourrait
inventer des batailles où les gens se feraient estropier, démantibuler,
sortiraient de l’arène
ensanglantée
manchots, unijambistes…mais la tête ! Mais… s’assommer à
coups de poings sur la tête c’est d’une bêtise qui ne doit
plus être tolérer, nulle part, par aucune organisation humaine
(surtout pas aux Olympiques !) en ce vint et unième siècle.
Parlant de « garder sa tête,
samedi matin, Aile cherche la margarine (le beurre a été banni
ici ), ouvre et referme le frigo, se lamente, et puis , elle est là,
sous ses yeux. Enragement ! Et moi…je cherche ceci et cela…qui
se trouve toujours pas loin. Maudite vieillesse, nous écrions-nous
chaque fois. À ces petits signes affligeants, nous prenons
conscience que l’acuité de nos sens diminuent et c’est
d’une terrible tristesse. Que les jeunes gens qui me lisent le
sachent : la vieillesse c’est une sale hypocrite qui nous
cache un couteau, un stylo…Sale bête va !
5-
Ce matin ,
la Cousineau (La Presse) déplore
les attitudes intolérables des juifs (venus de New-York où il
s’appellent des « Lubavitchs »), les « hassidiques »
de son quarter ! Va-t-on la taxer d’antisémite comme on le fit
quand je questionnais de la même façon en 1988 ?
Elle parle d’un documentaire : « Gardiens
de la foi… », demain, au Canal D, donc
lundi soir. Elle dénonce
ce film de Ian McLaren : « On ne sait rien, on
ne nous parle pas du fait que ces orthodoxes ne nous parlent, ne
nous retardent pas, jamais… » Ce serait un film banal,
plein de banalités niaises ! Qui, quoi fait que jamais personne
dans cette communauté d’intégristes « sauvages »
n’arrive à dire la vérité ? D’où vient ce refus total de
la moindre intégration ? Un mépris embarrassant pour tous les
voisins, nous, de ces
« fous de Yaveh ». Tous ces McLaren, à mes yeux, sont
une sorte de scandale et avec l’argent public en plus. Écœurante
langue de bois niaise. Une rectitude politique dangereuse
à long terme. Cette tenue religieuse fera naître un racisme,
c’est déjà en cours et je le déplore. Ces juifs hassidiques sèment
l’antisémitisme comme personne d’autre. Voilà l’horrible vérité
que les juifs ashkénazes et séfarades, les yeux bouchés,
refusent d’admettre. Ils se doivent de secouer ce racisme éhonté
de leurs co-religionnaires d’ Outremont !
Confidence : me voilà stimulé,
tout excité par mes travaux de recherches graphiques. J’aime
« Écrire », mais c’est moins facile…non,
disons…moins libre, non, quoi dire, dessiner, peindre, est plus
sauvage, plus vrai, non, maudit, comment dire, barbouiller est pus
amusant. Ah, puis au
diable, peu importe
ce que c’est, le
pinceau m’est naturel, la plume (le clavier), moins.
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