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1- Ouf !
L’avare de Molière, paniqué, crie : « ma cassette,
ma cassette ! », je criais « mon journal, mon journal
! » Ça y est, le
texte final a été envoyé, hier,
à Trois-Pistoles où une Katleen dévouée, efficace,
veille à la bonne marche des éditions victolévybeaulienne ! Ô
corrections maudites, ô ordinateur maudit qui autorise sans cesse
le peaufinage…!
Bon :
matin à ciel opale pour le grand net…nettoyage des jours
enfuis. Hier à l’heure où Aile part examiner les mets du jour
à l’école des petits chefs, deux camions de télé
s’installent, les roues sur le trottoir, devant la maison. TVA
veut, par satellite, savoir pourquoi le romancier autorise la fessée
aux enfants.
Réflecteur
dans le salon, parasol réfléchissant, gros kodak, on tourne !
Pierre Bruneau vous m’ entendez ? Tantôt, à j. et c., les
deux sœurs de la rue Morin : « Hier soir, on
vous a vu aux nouvelles du canal 10, bravo ! On est d’accord, il
y a es enfants qui doivent être fessés ! » Bon, offrez-moi
un livre et je ferai mille et une nuances. À la télé c’est
toujours, faites ça vite, vous avez trois minutes. Résumons :
l’enfant-roi ? Nous suivions les préceptes des Neil, Montessori
et le célèbre docteur Spock.
À la veille de mourir, Spock, notre guide, déclare;
« J’ai fait erreur. Les enfants sous le laxisme total, ne
s’épanouissent guère, deviennent des déboussolés. Il faut
davantage de discipline. » Eh b’ en ! Ma
génération écœuré de son virage.
Aussi , désormais, ma méfiance
des psys. J’écoute davantage les sociologues car ils
travaillent sur le terrain des faits, des compilations, des
observations ponctuelles. Les enfants fessés et aimés s’épanouiraient
mieux que les non-fessés mais pas vraiment aimés. La grande loi
bénéfique : aimer ses enfants et quelques bonnes tapes sur
les fesses si ces chers petits deviennent hystériques pour un
jouet ou un cornet de glace refusé.
2-
Accrochez-vous,
revue des derniers jours :
pas de
place et temps pour raconter ma séduction d’une fillette dans
le couloir de l’école des petits chefs. On n’ ouvre le portes
qu’à 17 h, pas une minute avant. Attente en ligne. La jolie
fillette s’ennuie. Va et viens, examine les grands patients.
Elle compte les « atttendeurs ». Je l’aide. Elle
rit. Elle a six ans. Se trompe, s’excuse en pouffant.
Recommence. Je la questionne. Oui, elle sait ses chiffres. Elle
compte très vite, jusqu’à vingt cinq, toute essoufflée mais
si fière. Ses yeux brillent. . Les grand parents rigolent. Les
lettres ? Oui, défilé à toute vitesse de l’alphabet. Nous
parlons dessin, couleurs, ses images préférées…les portes du
magasin s’ouvrent, et
là voilà qui me suivra comme un bon toutou entre les vitrines.
Elle me questionne sur mes choix. Je joue l’ignare en cuisine.
Elle ri, se moque, me conseille. Six ans ! Quand je dois partir,
triste pour rire, elle me tend la main. J’avais une nouvelle
petite amie. Les merveilleux enfants, quand on s’intéresse un
petit peu à eux, deviennent chaleureux, drôles,
émouvants
dans leur naturelle propension à se monter fins pis intelligents.
De toutes
ces années passées à amuser mes cinq petits-fils, je ne retiens
que deux phrases : « Regarde-moi, regarde-moi ! »
et « On est capables ! » Besoin vital, absolu, de
grandir et de prouver que l’on devient quelqu’un d’intéressant.
3-
Samedi dernier, halte du
« véellbiste » manuscrit à peaufiner, j’ai lu le
premier roman d’Amélie Nothomb, petite bourgeoise belge, fille
de diplomate, exilée au Japon longtemps, se délectant en studio
de télé de fruits pourris, yeux sombres clignotants en face
d’un Marc Labrèche, amusante par ses propos insolites. « L’hygiène
de l’assassin », raconte les ultimes interviews de
reporters déroutés face à un très obèse « Prix Nobel de
littérature » qui est atteint d’un cancer rare et en
phase terminale. Il avouera avoir assassiné, adolescent, sa
cousine adorée. Sujet noir mais prose guillerette, un contraste
fascinant. On tourne les pages et vite, la fin, hélas,
s’enlise. Pas trop grave, on a eu du plaisir « pendant »…
4-
Gazette de
vendredi : Petite bombe : faire comme on fait, à Paris,
où les éditeurs québécois n’ont qu’un petit coin tout
modeste. Notre « Salon du livre » en novembre 2002,
devrait installer les gros éditeurs de Paris… dans un
petit coin. Qui ose dire cela ? Un éditeur culotté, Aimé
Guérin. Une idée farfelu ? Non, en finir avec le colonialisme
d’ici. Ce « Salon… », très subventionné par
notre argent public, a-t-il tant besoin du fric des géants
parisiens. Le fameux trio de crésus-du-livre :« Galligrasseuil ».
Place Bonaventure, chaque année, ils occupent, à prix fort
n’en doutons pas, les meilleurs
emplacements, tapis, lumières réglées, kiosques
d’acajou ! Une fatalité ? Silence compacte, une gêne ?, à
l’appel public de Guérin !
5-
Ce bandit,
admirable (!) Stéphane Labrie, s’échappant de son fourgon
—prouesse rare—se fait coffrer :
il était chez sa petite amie dans Hochelaga ! Suivez la
femme ! Ma déception. Mon tiraillement… moral. Eh oui, face à
ces lascars désespérés réussissant de tels évasions
spectaculaires. Romantisme douteux. Certes, certes ! « Quelle
âme est sans défaut », mon vieux Rimbaud ?
Le
dramaturge surdoué, Berthold Brecht : « Quoi est pus
grave, le hold up d’une banque ou la fondation d’une banque ? »
Oh le vilain marxiste !
Âme sans défaut
? TVA, hier soir, mercredi, face à face, l’ami Arcand le
populaire « psy-radio », l’unijambiste
barbu Mailloux, déclare :
« Non, moi je serais incapable d’obéir, de supporter une
femme comme patron ! »
Oh la la !
Aile a bondi de son fauteuil. Misogynie crasse chez un docteur en
médecine psychiatrique ? En 2002 ? Décorateur de télé, j’ai
eu à obéir souvent aux diktats de réalisatrices. Douées, tout
va bien. Connes, non. Il y a des femmes connes et des
intelligentes, bonhomme Mailloux, pépère ancien va !
6-
Avant-hier,
mon fils, Daniel, ex-prof devenu inventeur de jeux de société,
publie (Le Devoir et La Presse) une lettre ouverte
condamnant toutes les gloses religieuses, sources de conflits armés
si souvent. Ma fierté. C’est bien envoyé, bien rédigé. Aile
est questionnée : « T’as lu Daniel ? C’est bien
fait, hein ? » Réponse « ailée »,
née en mai comme mon fils : « Que veux-tu,
c’est ça, les taureaux ! » Je rugis : « Et nous,
scorpions ? On est quoi, des « pas bons » ? » On
rit.
7-
Épouse du
Yves Michaud au bord de la dépression, dit-il, en entendant
les accusations de racisme antisémite d’un prof de Mc
Gill, Marc Angenot. Procès à ce Angenot, pour diffamation, en
marche !Depuis « l’infernal geste » des nazis,
l’holocauste effroyable en Allemagne catholique et protestante,
le moindre mot de travers sur les juifs et c’est la mort de
votre réputation. Payons —pour des siècles et des siècles—
chrétiens de toutes les sauces ! Payons les conséquences de ce
meurtre collectif, le plus écœurant de toute l’histoire
universelle. À Outremont, en septembre 1988, dans
l’hebdo local, j’avertissais —amicalement— que les
juifs intégristes, secte hassidim, devraient s’intégrer un
petit peu à la majorité qui les entourait, nous,
les « goys » ou aller s’installer en ghetto,
comme les Hammisch de la Pennsylvanie ! Oh merde ! Ce ne fut pas
long —la Ouimet de La Presse, le Cauchon du Devoir— que l’on
me collait l’étiquette infamante : Jasmin Antisémite !
Encore aujourd’hui, on me taquine ou, carrément, on me soupçonne.
Parfois pour blaguer, parfois avec… ce doute derrière la tête…
Je n’en suis pas
mort mais il n’existe pas de décapant pour cette sorte de
tache. Dieu merci, ceux qui me connaissent bien savent que
j’aime et que j’admire les juifs et… que je ne me prive pas
de les blâmer —des juifs le font aussi— pour trop de colonies
envahissantes en Palestine; un esprit libre, c’est comme ça.
8-
Le vendredi
11, à TVA, m’amusent ces « gérants d’estrade »
farfelus, le pédant-Larocque,
le « je suis partout » Michel Vastel et Léger-le-sondeur :
ils disent, doctes et sagaces clairvoyants,
ce que devraient faire les chefs péquistes. Ils savent,
eux ! Se cherchent-ils des jobs de conseillers stipendiés
? On dirait.
À propos
d’itinérance, des sans abri ? Ce même vendredi, Rioux,
(correspondant à Paris) cite feu Foucault : « Foin
de la république du bien, et son souci bourgeois de mettre en bon
ordre le monde de la misère ». Vérité embarrassante ? Il
y a plus embarrassant : feu Guibert, ami du grand homme, révélait
la scatologie —les bains d’excréments en Californie
!— dudit Foucault !
Un esprit si brillant aux prises, dans sa vie privée, avec un
vice répugnant. Dans le temps, une lecture ravageuse du grand
penseur !
9-
Quoi :
stock de pseudodéphrine… ça mange quoi en hiver. Scandale, en
réseau pharmacologique, c’est, les médicaments, une industrie
gigantesque, un lobby tout puissant, ici comme aux USA, comme
partout. Favoritisme, « patronage » éhonté !
Alphonso G. s’en va au Danemark pour nous représenter ! En bon
macaroni —ce que Chrétien n’est pas— l’Alphonso doit
payer pour ses vantardises, son manque de discrétion, ses allures
de « parrain » goguenard. Les Chrétiens et Cie, plus
« white-anglo-protestant » d’allure, vont continuer
les tripotages politicien. Leçon pour tous à Ottawa comme à Québec :
« favorisez vos bons copains mais arrangez-vous donc pour
qu’on n’en parle pas publiquement.
10-
Déception
vive de ce trois heures de télé, sur ARTV, :un Picasso réduit.
Une bande sonore infect. Du dumping ? Une vie bien mal racontée.
L’épisode du Picasso viré en dévoué stalinien, devenant une
simple anecdote. Oh non ! Le terrible naufrage au large de
Rimouski : notre Titanic à nous. Récit mal narré encore
une fois, canal Historia. Quand on en sait plus long que les
documentaristes, ces documents visuels sont menteurs, ou
rapetisseurs, sont « poudre aux
yeux » mais pour celui qui ne sait rien sur Picasso
ou sur ce paquebot noyé, c’est « la » vérité. Je
veux dire ici que les livres informent tellement mieux que cette télé
toujours pressée. Coq à l’âne, un bon film fait cela :
je pense souvent à l’acteur Crowe incarnant le Nobel Nash,
malade mental de génie. J’entendais, enfant , le génie et la
folie, mon petit gars, ça se touche ! Je pensais qu’on disait
une… ânerie. Aussi tant de contes, tant de films, montraient de
ces savants fous, des Frankenstein, des docteurs Mabuse, Cagliari,
Jeckill, je remerciais le ciel, candide, de n’être pas un génie.
Un fou. Ce film ave Crowe se mérite deux étoiles, celui ave Brad
Pitt dans le fabuleux vol de trois casinos de Las Vegas, que
j’ai vu comme un simple divertissement, trois étoiles
! Injustice !
L’heure
du lunch, ciel tamisé par une neige légère. C’est beau. Pause
pour du jambon frais cloué d’épices.
J.N.
SUITE-biss :le
jeudi 17 janvier 2002
1-
Je continue
à…nettoyer mes journées de cette mi-janvier.
Quatorze
heure de l’après-midi, même jeudi et, oh ! la belle beauté
par la fenêtre ! Une neige qui compte ! Descente des flocons
comme au ralenti : « Regardez-moi bien tomber les
humains ! » Pas vu cela depuis si longtemps avec cet hiver
exceptionnel, que l’on nous dit « un phénomène depuis le
début du siècle dernier ». Dehors, grande douceur, agréable
de sortir. Les directeurs de centres de ski doivent se frotter les
mains de contentement.
2-
Dimanche dernier, cahiers littéraires des quotidiens
favoris sur la table. On comprendra que, pour un auteur, c’est
le régal anticipé. Souvent, la déception. Le café fume peu. Le
réchaud, c’est pas vargeux ! La cigarette, elle, fume. Maudit
poison bien aimé, dont on arrive pas, ni Aile ni moi, à nous débarrasser.
Lutte vaine depuis des mois. Essais dérisoires : on tient
une semaine puis…rechute dans le vice du tabagisme. « Quand est-ce que ça débutait cette sale manie, Aile
? Réponse :« J’ai seize ans, j’entre comme sténodactylo
au Service commercial » de Radio-Canada, ex-hôtel Ford,
boulevard Dorchester. Je m’achète une cigarette à la fois,
payée à des « grandes »… qui semblent
tellement heureuses de fumer ! L’exemple, tu vois ! « Je
serai une grande moi aussi, il n’y a qu’ à fumer. S’intégrer
à un groupe complètement
quoi. Bête. Et toi ? »
Je répond : « Moi, oublie-le pas, il y a
plein de paquets dans la cave chez nous, où se trouve la
gargote de papa. De toutes les marques. Je me sers. Petit voleur,
va. Offrir des cigarettes aux petits copains, un geste pour avoir
encore plus d’amis. Et rien à payer. J’ai treize ans, je
crois. Fumer en cachette un peu partout. Comme tu disais :
imiter les grands. Fumer comme les acteurs au cinéma. Devenir
vite un homme urgent ! » Connerie de cette époque. On
savait pas trop rien sur tabac et santé, faut dire. C’était
valorisant, publicités partout. On changeait de marque de temps
en temps. Mystère. Des Buckingham, Turrets, Winchester,
Philip
Morris, longtemps. Des Gauloises, des Gitanes, pour faire
l’européen ? Des Exports, Matinée, Benson and Hedge, Players
Maintenant des More, longues, elles durent plus longtemps, il me
semble. Hon !
3-
Ces cahiers donc. Comme j’aimerais lire sur la jeune
auteur du « Ravissement » que j’ai tant aimé. Ou
sur ce jeune Senécal qui m’intrigue. Mais non,
cahier « Lectures », comme si souvent, pleine
page, illustrée d’une photo énorme, sur un parisien,
Benoit Duteurtre.
À Paris, n’est-ce pas, ce
dimanche, on consacre à un écrivain du Québec le même espace !
Hum ! Satané colonialisme des médias snobs d’ici ! Ce
Duteurtre, questionné, dit qu’il est allé plusieurs fois à
New-York avant de se décider à venir nous voir. Bien aimable.
Oh, cette fascination totale pour les USA en France.
Chacun son
colonialisme quoi. Un groupe d’ici (Les jardiniers…?) aurait
mis en musique son texte :« Sometimes I’m happy ».
Autre mode du colonisé, l’english, pardon
l’american way of thinking and writting ! Coups de pied
au cul, oui, qui se perdent.
4-
Nous
perdons, créateurs, tous nos droits 50 ans après la mort. Ou 70
ans, dans certains domaines. Je lis que reste à jamais :le
droit moral. Interdiction de déformer, de « dévisager »
l’ouvrage d’un mort. Procès possibles. On voit ça :pour
Hergé et « Tintin », pour Jules Verne, fdes
descendants lointains font des crises. Luc Plamondon a-t-il trahi
le « Notre-Dame » de Hugo ? Il est mieux de se guetter
? Pas de danger avec Charles Perrault ? L.P. prépare une « Cendrillon »,
alias « Cindy »,
à a mode américaine ? La fille bafouée se fait « lifter »,
modernisée, mais ce Perrault pigeait chez Grimm… qui pigeait où,
lui ? Molière pigeait souvent en Espagne : Don Juan.
Corneille et « Le Cid ». Reste un fait : des
metteurs en scène tripotent, raccourcissent, déplacent des scènes,
changent des pièces. Le Pierre Perrault au Rideau Vert ? J’ai
lu que Marleau y a fait des coupes. Silence partout ! Le « droit
moral » qui s’en soucie au fond ?
La
soupe est servie, ça sent les poireaux, je vais descendre en
vitesse.
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