|
1-
Installé devant le vieux modèle d'ordinateur, Chemin Bates, je
veux continuer en "Journées nettes" craignant
tout de même...des ratés. On verra. Suis allé d'abord à j.et
c. au sous-sol du Manoir. Il y a là quelques boutiques de
commodités pour les "pensionnaires" de l'énorme
complexe. Un salon de coiffure où je vois toujours de très
vieilles dames installées pour se faire, se refaire, une
beauté...capillaire. Au de-là de "l'âge des
frivolités"', constater chaque fois que j'y passe l'éternel
souci du "bien paraître" qui accable la gent féminine.
La pharmacienne vietnamienne est là, enfermée, sans lumière du
jour, attendant sans cesse toute cette clientèle du vaste Manoir,
où les petits et grands maux corporels doivent se multiplier.
Coin infirmerie, désert le plus souvent. La garde... lit. Coin
banquier...pour dépôts et calculs finaux des rentes (ces FEERS)
et quoi encore ? Mon dépanneur, venu d'Afrique du nord
visiblement ‹ô minorités visibles, on vous voit !‹ toujours
affable semble étudier, amusé, le comportement vacillant de ses
vieilles et vieux qui ramassent, très lentement, les denrées
nécessaires pour...survivre.
Aile et moi, à l'occasion,
faisons de vagues plans pour ce...quatrième âge... qui viendra
un jour. Où aller s'installer ? Dans quelle immense
cages-à-vieux ? On tente d'oublier le fait le plus souvent
possible. Aile a toujour en mémoire, odieuse, la fin des jours de
sa maman, à "Marie-Rollet", à Rosemont. Les tracas
inévitables quand on perd son souffle, sa vitalité, ses
souvenirs eux-mêmes...La déchéance...Brr... Aile, sombre,
agacée, énervée par cette échéance-santé qu'elle maudit
d'avance. Moi, toujours "tête heurteuse", je m'imagine
volontiers encore bien vigoureux à cent ans.
Le soleil, ce mardi, se
débat avec un ciel blanchi à la chasux vive, translucide par
rares endroits, voulant régner dans l'air froid de la saison.
Hier soir, bouffe chez mon cher Piccola, rue Saint-Laurent.
Toujours nos calmars grillés avec pâtes aux tomates. Les petits
pains huilés et à l'ail dans le panier, une tradition chez
"Piccola". En sortant, en face, une bannière géante
tire les regards sur l'église Saint-Jean de la Croix, on y lit,
bien iconoclaste : "L'ÉGLISE EN CONDOS", venez voir
! Ô mores, ô tempores ! L"église en condios,
formule païenne en diable ! Qui l'eût cru ? Près du marché
Jean-Talon, petit parc joli juste en face de cette
église-en-condos, la métamorphose "appartementale"
aura lieu rapidement, n'en pas douter.
Trouvé à la Piccola le
"ICI" de la semaine. Toujours brillant ce Robert
Lévesque qui y tient chronique. C'est un fou intéressant. Il
étale sans cesse sa culture, qui est solide, et ça fait étrange
dans ce petit "canard", donné comme "Voir".
Denise Bombardier qui l'a croisé rue Bernard, dit-il, lui aurait
crié: "Ordure !" Allusion à cette critique
anti-Tremblay, celle d'un roman que le Lévesque avouait
‹incroyable !‹ n'avoir pas lu. Un fou ? Un drôle de zigue,
captivant à lire, se chassant lui-même, il y a un ou deux ans,
du prestigueux "Le Devoir" en tripotant
méchamment, de nuit, ses ordinateurs. Lévesque écrit dans
"Ici": "Quand la mort nous débarassera-t-elle de
cette détestable Bombardier ?" Puis Il cite ‹il cite
beaucoup‹ Cioran: " Je tue le temps et le temps me tue,
alors on est à l'aise entre assassins." Vous voyez le genre
de pensées qu'entretient ce gaillard, un sosie de Quasimodo.
Tremblay rétorquait ainsi à la vacherie lévesquienne à CBF-FM,
chez Homier-Roy:"C'est un suicidaire, ce R.L., il n'y a qu'à
attendre." Ma foi...
2-
J'ai lu hier soir un bonne partie de "Mystérieux
Mozart" de Sollers. (Plon, éditeur.) Que de citations !
Sollers a devant lui les sept volumes de la correspondance du
génie allemand. Aussi ses biographies. De plus, il a fait une
sorte de pèlerinage en Autriche, dans les pas de Mozart. C'est un
bouquin vivant, allègre mais il faut s'y connaître en musique
pour bien suivre les méandres de sa pensée, les connections
ébouriffantes qu'il fait en érudit inspiré. entre la vie et les
oeuvres d'Amadéus. Solers fait des allusions estimables au
célèbre film de Corman:"Amadéus", que j'aimerais bien
revoir. Livre parfois confus par tant d'éclairs d'érudition
musicale, car Sollers s'y connaît en musique. Il en reste pas
moins que je tournais les pages. Cela, c'est la marque
indiscutable, finale, d'un livre de talent. Je le terminerai et
avec plaisir. J'apprends sur ce petit garçon trimbalé d'abord
par papa Léopold, musicien lui-même et tout fier de son
enfant-prodige, qui deviendra un fabuleux compositeur
avant...1791, de crever dans la misère, sa cote baissant à
mesure qu'il ose complexifier, louanger des forces occultes (il
était franc-maçon), vanter les mérites de l'amour libre sur
"argent et pouvoir", ses ouvrages critiqués par
l'établissement viennois, sont devenus, aujourd'hui, bien
consacrés dans l'univers entier, vraiment sur tous les
continents.
Ce matin, à la radio de Bazzo,
soudain, cette chanson si légère qui me fascine tant, avec ses
notes de piano fraîches comme gouttes de pluie, notes claires qui
dansent, qui volètent..."la mer du nord en hiver"...
"la mer du nord en hiver"... Le cher Souchon ! Vite,
zapette et je hausse le son: "La mer du nord en
hiver"...ta tara, ta, tatata... c'est si joli, de nouveau,
mon coeur en joie. C'est peu, c'est tout. Une "tite"
toune, bien éloignée d'un opéra de Mozart. N'empêche Sollers
me donne l'envie d'acheter des cassettes -Mozart:
"L'enlèvement au sérail", "Les noces de
Figaro", "Cosi fan tutte", "Don
Giovanni", "La flûte enchantée". Je le ferai ?
J'en ai assez, et depuis longtemps, de rester un quasi ignare en
ce domaine de la "Grande musique". Chez moi, enfant,
rien en musique "sérieuse", comme pour la littérature.
Aucun livre à lire... que des annales pieuses, abonnements de
papa-le-pieux.
Coup de fil de la productrice,
Ghislaine Amyot, de Vendôme (où se trame mon projet sur
l'histoire de l'art d'ici ). Oh, on va me dire: "Oui, venez,
on fait votre cher Marc-Aurèle Fortin, le Canal Historia marche !
Venez vite. !" Mais non, c'est plutôt : "
Méfiez-vous d'un "virus", Claude. N'ouvrez pas tous les
courriels, ces jours-ci, jetez à la "poubelle" tous les
"envois" concernant "Vendôme". Virus méchant
! " Courriel, poubelle, envoi, virus: vocabulaire
d'aujourd'hui.
3-
Ma grande soeur, Marcelle, au téléphone, très énervée à
préparer l'anniversaire, le 19 qui vient, de Marielle. Réunion
du clan pas facile à faire. Niaises disputes sur amies, nièces,
neveux à joindre à la tribu....Voyant son désarroi... je
décide de prendre l'affaire en main. Aile fronce les sourcils.
Bon. Pas la fin du monde. Gros paquet de coups de fil, en somme.
Quoi chère Aile, confiance, j'y arriverai. Trouver du temps donc
pour organiser cette rencontre festive. Louer à la "Piccola"
tiens ? Je verrai. Et les cadeaux... l'argent à ramasser... ? Oh
la la ! Molière: qu'allais-je faire dans cette galère ?
Lysiane Gagnon, ce matin ("La presse")
fustige le "couple royal", à Ottawa, Clarkson et Saul,
pour leur audace, leur franc-parler ‹"déplacé"
selon la Gagnon‹ sur W. Busch, sur les Croisades catholiques,
bien plus meurtrières que celle de ces odieux intégristes
musulmans, et, re-bang: sur les vendeurs d'armes en Occident
‹Canada compris ?‹qui collaborent aux chamailles sanglantes du
Tiers-monde dont, évidemment, l'Afghanistan...Etc.
La Lysiane commande: fermez
donc vos clapets, ne dévoilez pas vos opinions, vous êtes en
"représentation officielle !" Belle mentalité.
C'était au chef rouge, Chrétien, de ne pas nommer des intellos
à des postes niais. Il devait savoir que certaines personnes
restent des "esprits libres", qu'importe le costume de
parade, les rubans et les médailes.
Je me sens bien: et Mario Roy et
Pierre Folglia ce matin, opinent dans mon sens (voir une J.N.
récente) à propos des sans-abri, itinérants montréalais. Qu'on
leur fiche la paix, ce sont des anarchos qui refuseront toujours
tout de notre société organisée, par exemple, même les
règlements légers des centres d'accueil.
Folie donc, maitre cucul
et coco, Tremblay, de vouloir stabiliser des instables...pour un
bref ou un long temps. Comme de vouloir traquer des terroristes
(souvent suicidaires). Nous lisons, ce matin, un premier bilan de
cette guerre à des "ombres". Une dépense colossale
pour le budget des USA ! Lisez bien: Neuf cent quatre vingt dix
neuf millions de dollars. Us. Un milliard tantôt ! Bombes sur les
intégristes de tout poil pour dénicher quelques leaders,
"fous de Dieu" qui, c'est probable, ne savaient pas
grand chose de précis de l'équipage sordide entraîné en grand
secret pour attaquer les deux tours de World Trade Center dans
Manhattan, le 11 septembre.
Ma riposte à moi. Ma guerre
aux kamikazes ! Simple. "Ah si j'étais le roi !",
dit une comptine. Au lendemain de l'horrible tuerie, aurait
débutée, vaste et discrète à la fois, une gigantesque
opération d'infiltration des milieux musulmans louches
‹connus déjà et à découvrir‹ ceux du fanatisme
islamique, intégriste. Une opération forcément secrète.
Avec, partout, des agents secrets. Stipendiés
généreusement. Ce qui ne coûte tout de même pas "un
milliard de dollars". L'argent ? Payer des arabes-espions et
des "balances" ? Mais oui. Le fric n'est pas
seulement le "nerf de la guerre", il est celui de
l'espionnage, de l'information productive, efficace. Des agents
secrets donc, en bien plus grand nombre, et leurs "stools",
indicateurs, collabos indispensables en ces sinistres matières.
Attention: engagement
massif d'agents d'origine arabe, parlant la langue des
"fous" du "Allah ou akbar", oui, en quantité,
la plus grande possible. Il ne manque pas d'araboïdes sur cette
planète, musulmans non-pratiquants comme nous ne pratiquons plus,
majoritairement, le catholiscisme. Des Arabes de toutes les
teintes qui n'ont ni foi vive en Mahomet ‹monté à cheval au
paradis des vierges‹, ni aucun intéret dans cette dérive
religieuse fanatique.
Facile d'engager
et d'entraîner de tels gens, on en trouve par centaines de
milliers dans toutes les mégapoles du monde. Et il n'en faudrait
pas, pas du tout, des centaines de milliers. On n'apprend
rien sur des planqués machiavéliques, en déployant les
fantastiques et ruineuses forces armées d'avant-garde sur un pays
misérable aux tribus en chicanes. Allons donc ! Le forcené, le
(ou les) terroriste illuminé, à l'esprit tordu, peut se terrer
en Indonésie comme aux Phillipines, à Los Angeles comme
à...Montréal. Ce serait mon plan si je m'installais au
Pentagone, une CIA momentanément très agrandie.
J'ai dit et, ô Seigneur, s'il
fallait qu'à Washington, un sbire important lise tout ceci ? Et
tombe d'acord ! Voyez-vous cela ? Appel d'urgence: je dois
prendre immédiatement l'avion pour Washington ! Moi, pris à
organiser l'affaire. Et ces Journées nettes, hein? Faudrait
suspendre mes écritures quasi-quotidiennes. De grâce, n'envoyez
pas une copie de mon (sobre et) intelligent plan au "bureau
oval" de la Maison blanche. Laisez les industriels
américains en armement continuer à se frotter les mains, à
s'enrichir comme jamais. Eux, sans les guerres, ils se lamentent.
W. Bush a fait
beaucoup pour ranimer cette sale industrie et on le lui rendra aux
prochaines élections. En attendant, à Washington, coupons les
protections sociales, le partage des richesses avec les démunis,
les malchanceux, les mal-instruits ! Mon plan ne ferait rien pour
les usines de mort. Il ferait dépenser moins de centaines de
millions des taxes des travaileurs américains. N'empêche si un
Secrétaire à la défense, ou un "sous-queuquechose"
important, m'approuvait subitement, par miracle. Une colombe ?
Coup de fil: " Misteur Jazzmine ? Here "Double You"
! Génious, your plan. Come here, fast..." Plus de journal ni
demain, ni pour longtemps ! Tremblez mortels lecteurs.
Bien compris ? Silence partout
donc. Ça vaut mieux si vous tenez à lire mon journal.
suivant
|