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1-
Comme hier,
jeudi, un vendredi ensoleillé. Sur le chemin des
journaux-cigarettes, un froid de…canard ce matin ! Donc,
hier, belle marche au soleil de Val Morin vers Saint-Adèle, arrêt
aux cascades de la Rivière du Nord. Oh, les souffles courts !
Et rapidement ! On est plus de jeunes gens ! Un Jean-Yves
Laforce toujours bavard, toujours égocentrique comme tant de
verbo-moteurs insatiables ! Ça me change…de me taire un
peu. On l’écoute jaser ad lib… Tout en marchant, c’est le
bon vieux jeu des réminiscences de ce temps radio-canadien quand,
lui, Laforce et Raymonde se débattaient pour réaliser des émissions
dans la jungle paperassière de la SRC.
Jean-Yves, fils d’ouvrier de
Rosemont, fut initié au théâtre en servant docilement, tout
jeune, les « dames divas » du Rideau-Vert, Yvette
Brind’amour et « Mecha », dans les années ’60.
Plus tard, travailleur à Expo’67, il prépare —contacts
nombreux— son entrée comme régisseur (5 ans) à La SRC.
Je l’ai connu davantage en lui faisant tous ses décors
pour son « ROSE ET HENRI », un bon « quatuor télévisé »
bien populiste de
l’auteur (passager) André Caron, cvomme Laforce, un « rosemontais »
travaillant à Radio-Québec.
Un fort succès avec Juliette Pétrie et Paul Guèvremont.
Derniers rôles de ces très « aînés ».
Au retour de la promenade, visite de
son condo loué pour les vacances de ses jeunes ados, aux monts
No. 4, du Chantecler. Depuis une vingtaine d’années que de défilés
bruyants et empoussiéreux de camions dans nos alentours.
L’on construisait tous ces condos ! Maintenant, on les
voit un peu partout entre les collines. Même style vague. C’est
commode, pratique, pas bien vaste !
Revenu chercher sa voiture, Laforce,
à qui j’avais envoyé mon projet de télé (« Un père… »)
m’en fait une critique justifiée. « Trop de monde, trop
d’anecdotes, trop de filons, trop d’histoires… » Oui.
Un texte à couper en deux ou en trois ! J’y
verrai…quand ? Je suis ailleurs maintenant. Et je reste sans écho
aucun de Fabienne Larouche, producteure, qui a, elle aussi, ce
projet de télésérie « trop touffu ».
Sur la cheminée au condo de Laforce,
les deux jeux de société inventés par mon fils : « Bagou »
et « Visou ». Ma fierté quand Laforce les vante !
2-
En passant :
dans ce « Aliss » du jeune Senécal, que de sacres québécois
! Litanie qui se poursuit donc …quand nous avions cru, les
aînés, que ces sacres disparaîtraient avec l’éducation répandue
partout. Eh b’en « non » ! Ce défouloir
verbal, typiquement d’ »icitte », sert encore en cas
de rage ! J’y reviens à cet enfer à traverser, ce Styx,
cet Achéron, réduit, chez Senécal,
à « sexe fantasmatique et drogue dure ». Il
aurait pu devenir un roman fort dans la tradition éternelle
des « romans d’initiation ».
Senécal ne voulait pas refaire le grand poète Dante,
c’est entendu, mais comme il n’a pas su inventer un enfer
original pour sa jeune candide étourdie Alice, hélas !
3-
Revu
l’humoriste Pierre Légaré à la télé. Qu’il est triste ce
bouffon aux observations si drôles, si cocasses. Il aurait
abandonné le métier, dit-on. Je l’ai connu à ses débuts,
vers 1988-89, il était déjà ce comique à la triste figure. Il
ne changeait donc pas. Il se dégageait déjà de lui, débutant
à cette époque, une sorte de détresse. Terrifiante. Un mal à
l’âme, un je ne sais quoi, qui faisait de ce gaillard, vieilli
comme précocement, une « âme en peine » , comme on
dit. Hier soir, jeudi, encore lui, en reprise toujours, au même
canal spécialisé. Et…mêmes propos désespérés, un désabusement
qui rend juste l’apostrophe, l’adage : « L’humour
est la politesse —ou le masque ?— du désespoir ».
4-
Oh, le bon
petit film, « made in USA, mais modeste : « À
table » !
On a regardé cela, mercredi soir,
lendemain du Jour de l’an : Primo et Secundo, deux émigrants,
des frères, venus de Bologna, tentent d’installer un restau
italien au New-Jersey, au bord de la mer. L’un des deux, le
timide, le réservé, est surdoué en cuisine raffinée.
L’autre, matamore, extraverti, joue donc le gérant réaliste.
Conflits en vue. Toute
une faune de ce petit bourg rôde autour du restau.
« À table », un film
sans conclusion satisfaisante, sans
histoire véritable, fait que d’anecdotes,
d’observations des difficultés d’un idéaliste qui fera
tomber le projet du « ristorante ». Faillite ! Que ce
genre de cinéma repose des machins tonitruants du jour !
De nouveau, mercredi, le tour du lac,
« cum pédibus ». Cette fois, lendemain du Jour
Un, foule très nombreuse aux bas des cotes de ski. Je me souviens
de mon horreur grandissante de ces longues attentes au bas des
pentes du temps que je faisais encore du ski alpin. Tu glisses un
petit cinq minutes, tu attends le télésiège vingt minutes…Non
mais, j’en eus « plein mon casque » et j’optais,
avec Aile aux chevilles fragiles (qu’elle dit ! )
pour le ski de fond. C’est moins excitant certes mais il
n’y a aucune attente à se les geler en files indiennes.
5-
Coup de fil
de l’amie, Josée : il nous faut aller voir un film
qui l’a emballée, « le meilleur vu depuis dix ans!
dit-elle. Avec l’acteur Crow, le titre : « A
beautiful mind. » Il est à Saint-Jérôme doublé en français,
nous ne sommes pas assez férus d’ »english » Aile
et moi pour, hélas, voir les films en version originale. On ira.
Suite sur « Les croisades »
avec, toujours, cet animateur farfelu qui raconte en rigolant ces
entreprises de pillage éhontées. Richard Cœur de Lion, débarquement
à Jaffa, Jérusalem imprenable. Face au fameux Saladin héroïque
des Turcs, le cuirassé Richard coule ! Traité de paix
bidon en 1192. L’empire durable des Ottomans peut s’installer !
Avant ces illustrations folichonnes
des Croisés Voleurs, de « l’horreur chrétienne »,
ai visionné un épisode d’une série sur Napoléon Bonaparte,
canal spécialisé toujours. Le « petIt caÏd des banquiers »,
selon Henri Guillemin, menait à la mort presque un demi million
de jeunes Français dans sa campagne de Russie qu’il voulait
rejeter hors d’Europe, dans l’Asie centrale plus rustre, la
jugeant indigne de « sa » civilisation pseudo républicaine
alors qu’il installe sa famille en monarques dans les pays
conquis. Oh le monstre !
Marotte, bêtise, folie ? J’aime
lire de vieux manuels scolaires parfois. Géographie, histoire,
physique, etc. C’est
bref, concis, un peu « roffe » en raccourcis élémentaires,
facile à suivre. Et cela rafraîchit la mémoire. Je lis donc un
« prix » gagné par ma fille Éliane au cégep Bois de
Boulogne : « Histoire des civilisations »
chez Casterman. Ça revole ! Illustrations cucul !
Chapitres très brefs pour un tour « historique » du
monde… à l’accéléré. Ça m’amuse.
Aile, à ses courses, ramenait
« at home » une cassette du vidéoclub hier soir.
Malheur ! Les critiques d’ici sont parfois d’une
complaisance totale. Nous avions en mémoire les bons articles sur
un produit québécois « Nuit de noces », une comédie.
Quel navet. Notre chauvinisme a des limites ! Notre
patriotisme ne nous aveugle jamais. De bons acteurs , Gérard
Poirier, Yves Jacques, Cyr, etc. n’ont pas de rôle substantiel
dans cette « Nuit… » Du vent ! Un scénario
fragile où l’on chasse les « clichés » avec des
canons lourds ! Que de redondances, que d’insignifiances !
« À table », film
plus que modeste, génial en regard de ces grossièretés faciles
et insupportables où l’on voit un couple en hésitations devant
un mariage à conclure aux chutes du Niagara.
Ce soleil d’un vendredi premier de
l’an 2002 nous fait signe. Allons à pied ou en ski de fond…
mais allons prendre l’air et faire fonctionner nos corps !
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