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1-
Visionnons hier soir, "
Le suiveur " (Following), un film de Nolan. Nous avions vu
son homme " tatoué " avec " Momentum ", c’était
un récit bizarre, celui d’un malade ( perte de sa mémoire
d’antan), qui se tatouait sur le corps des fragments de ses
souvenirs Cette fois avec " Le suiveur ", tourné en
noir et blanc,
Un aspirant romancier, Bill,
suit dans la rue de gens qui lui semblent " particuliers
" mais, un jour, il suit un type curieux, Cobb. Ce dernier,
sa sachant suivi (par le héros du film), le retient, le fascine.
Il l’amènera dans un chic restau et lui révèlera qu’il est
un brigand professionnel.
Alors tout
va basculer. Bill, notre écrivain virtuel, le suivra partout, découvrira
un voleur hors du commun. Ce Cobb lui enseignera ses trucs pour
s’introduire chez les gens et dérober certains effets précis.
Ce " fantomas ", cet Arsène Lupin, va l’entraîner
‹c’est le coeur du film‹ dans une impasse totale. Le jeune
romancier en friche " en aura pour son argent " (volé),
comme on dit. Nolan a monté
son film minutieusement en nous révélant, souvent par "
flash back ", et " flash forward " un machiavélique
plan qui enfermera " le " romancier dans un cul de sac
effarant, une impasse à faire frémir tout auteur en devenir..
Ma chère
Aile, " une horrible première de classe ", apprécie
les films complexes ‹du genre " The conversation " ou
" Trois jours du Condor "‹, elle fut servie hier soir
avec " Le suiveur ".
2-
Ce matin, du soleil mais tamisé
par un ciel bigarré, gris, bleuté par zones distribuées
anarchiquement. Avant d’aller aux journaux et cigarettes,
nettoyant les tapis de coco, je remarque des pistes dans la neige
un peu partout. Je me demande toujours quels sont ces bestioles
qui, nuitamment, fouinent ici et là autour de la maison. Traces
autour des cèdres, sous les deux grandes épinettes, sur la boîte
aux rebuts. Lièvres, mulots, siffleux (?), chats sauvages. Ours ?
On dit qu’il y en a un, rôdeur, vu souvent au Sommet Bleu
voisin!
Ou simples chiens et chats errants ?
3-
Ce duo funeste, les Bill et
Cobb du " suiveur ", attendait dans sa boîte du Vidéoclub
puisqu’on reluque d’abord ce qu’offre la télé. Jean
Lapointe, Brigitte Bardot, " Cats ", le pape Jean-Paul
2. Merveilleuse zapette frénétique, on pitonne! Lapointe et la
Brigitte vite éliminés car le show broadwaiien, " Cats
", est grouillant, pelisses remuantes frénétiquement,
branle-bas des pattes et des queues, des oreilles et des
moustaches. Mais trop c’est trop : décors excessifs, costumes
aussi, ça écoeure les yeux! C’est le pape polonais qui gagne!
À RDI donc, excellent documentaire sur le parcours de ce
Pontife itinérant, 91 voyages autour du monde. Il servait de détonateur,
en sa chère Pologne, la victoire de " Solidarnosc "
faisant s’écrouler bientôt (décembre 1989 et janvier1990) débouler
le château soviétique. Je songe à l’ami et voisin J.,-P. J.
qui, jamais, jamais, ne regarde la télé, qu’il méprise
profondément. Je respecte son chois tout en le grondant fréquemment.
Il y a un horaire. Il y a du bon. Rare il est vrai. Mais se priver
de cet outil est, il me semble, d’une grande bêtise. À preuve
ce récit d’un pape-voyageur étonnant, demandant souvent "
pardon " ‹à Jérusalem comme à Berlin‹ pour les
erreurs, et certaines horreurs, commises par les catholiques de
jadis. Un exemple à suivre pour notre haut-clergé récalcitrant,
lâche, face aux enfants orphelins " internés " en
asiles de déments pour ramasser davantage du fric d’Ottawa.
On nous montrait
les richesses historiques du Vatican et voir ces célèbres
fresques ‹de la chapelle Sixtine‹ fraîchement rénovées
surprennent, comme peintes " hier " désormais, si
claires, si colorées! Nous nous souvenions, Aile et moi, en 1980,
avoir vu les " très " enfumées, " très "
noircies murales. C’était alors un " trésor " bien
peu stimulant visuellement.
4-
Après " Le suiveur
", film bref, visionnement à la SRC d’une sorte de
biographie de Félix Leclerc. Fûmes encore saisi d’admiration
pour cet enfant de Grand-Mère devenu une vedette de la chanson en
Europe d’abord et puis ici quand le mépris des urbains pour les
" habitants " cessa, se fractura. Colonialisme : Paris
disait " Vous avez un génie de la chanson chez vous. "
Alors, là, les nôtres vont
l’applaudir. Ils avaient le permis de Paris! Ensuite, leçon
apprise, ça va changer.
Félix, en
1968, farouche anti-nationaliste, avait déclaré : " Si
jamais il y a indépendance du Québec, je lutterai pour faire déclarer
mon Île d’Orléans, " territoire international ". À
partir de 1970, il deviendra pourtant militant actif de la cause
sacrée! L’on chuchotait que sa conversion était le résultat
des arguments sermons du brillant beau-frère ‹" l’espion
de la GRC "‹ Claude Morin, un ministre d’importance chez
René Lévesque.
J’écoute en ce moment des chansons de Michel Rivard
‹aussi de Piché‹ et je me souviens du grand succès de "
Beau dommage ", sans que, cette fois, Paris autorise les éloges.
Bizarre, Félix est mort à 8 h, le 8 août de 1988! Que de 8! Sa
fille ‹d’une deuxième union‹, très présente dans ce bon
portait télévisé, dit que " le chiffre 8 c’est
l’infini", un chiffre sans fin, courbure en un seul motif
de deux disques.
Anecdote,
jeune écolier, époque de tirages fréquents, j’avais décidé
de dire toujours " 8 "! Je me disais : ce sera mon
chiffre chanceux. Et je ne gagnais jamais rien!
5-
" Journées nettes "
comme dans " faire le ménage " des jours. " Mettre
au propre ? " Nettoyer le bureau encombré. Repartir chaque
jour à zéro ? Journées : ou " journey ", voyage
quotidien. Nettes : un " net ", de tennis, courir les
balles, ou le " net " du pêcheur et capturer les prises
au jour le jour. J’achève de corriger, d’améliorer, le petit
livre " Écrire " pour V.-L. Beaulieu. Je devrais lui
expédier le tout autour du Jour de l’an. Qu’en dira-t-il ?
Aile, elle, énervée, son problème du jour ‹Oh Clémence,
" la femme " éternelle, hein ?‹ devoir trouver un
chaudron de fonte émaillée, introuvable dans le voisinage, pour
la cuisson de son " six-pâtes " promis quand viendront,
ici, tous les miens le premier jour de 2002.
Tiens : " le soleil est parti , il m’a dit de le
dire ", comme chantait Donald Lautrec; en effet, je vous le
dis :il est parti maintenant ? Où ? " Il a rendez-vous avec
la lune ", je gagerais, monsieur Trenet.
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