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1-
Tant pis pour mon Daniel, je
redeviens bavard.
Ce matin, étrange spectacle
dehors, ici. Rare. Soleil éclatant, invisible à notre table du
p’tit déj. (allô Paris !) Tout brille en ce lendemain de
Noël, blanc éclatant partout au sol mais et
un ciel presque noir ! Nuit là-haut en plein jour !Effet
magnifique ! Ce ciel de vendredi Saint (dire d’enfance !) à
trois heures et la terre (le lac) lumineuse pourtant !
Hier
soir, à Saint-François au bord de la Mille-Îles, bonne bouffe
traditionnelle de F. Avec canneberges véritables, mon délice,
pas de cette gelée industrielle ! Le Jacques, frère cadet d’Aile
me montre, de collection, un bloc d’ambre. Résine pétrifiée
que j’aime tant. J’en cache ma pauvre petite bague achetée à
Porto-Plata l’hiver dernier. On y voit des moustique dans sa
plaque, morts il y a un million d’années ? Il a reçu un album
de photos, affiches, archives, manuscrits de chansons,
magnifique album, sur son adoré Georges Brassens. Il compte les jours avant sa retraite de prof (chimie, physique) au
secondaire à Terrebonne. Il s’exclame : " je ferai
mentir tous ceux qui s’inquiètent avec des " que feras-tu
? ". L’épouse semble se sortir d’un cancer, bénin mais
qui fut inquiétant.
2-
Chez " frère Jacques
", chaude vieille (125 ans !) maison de campagne où habitait
le Jolicoeur des buanderies de jadis. Pierre, l’autre frère
d’Aile, reprend sa litanie contre les bureaucrates du ministre
Legault, son grand boss; Pierre est maintenant directeur des
études au Cégep Saint-Laurent ! Il se plaint : "
Formulaires boulimiques, paperasses de surveillance tatillonnes,
ordres contradictoires. ",
Son
fils, Claude, nous parle de son expérience au Kosovo, il y a un
an ou deux. Visite effrayante. Quand je lui parle de la terrible série
télévisée " Warriors ",
il dit : " C’est fini maintenant l’impuissance de nos
soldats. Ils ont changé la règle. S’il y a barrage, un coup de
fusil dans un jambe comme avertissement , si résistance, une
deuxième balle et
c’est la mort ! " Il dit cela calmement !
La
jolie Sophie, étudiante-raccrocheuse, fille de nos hôtes dira très
calmement : " Nous avons rompu récemment mon chum pis moi.
" Deux jeunes personnes, Claude et elle, en célibataires !
Les autres enfants ne sont pas de la fête. Appel téléphonique
soudain, c’est le Pierre-Luc de Colette et Pierre. Pour deux
mille " tomates ", il se fait dorer la couenne au bord
de la Caraïbe ! Il tonne heureux : " Oh, la beauté du
site, soleil luisant, plage de sable blanc, eau turquoise, bouffe
extraordinaire "
Le petit salaud ! Raymonde et moi ‹" famille je vous aime
"‹ refusons volontairement ce genre d’exil. Un "
Sept-Jours, magazine " people ", traîne : Serge Turgeon
y déclare qu’il veut amener au théâtre d’avant-garde son
" Rideau Vert " et annonce du même souffle " Au
c’ur de la rose " de Pierre Perrault (notre Lorca) bientôt
à son affiche. Eh ! L’ex-directeur de l’Union des artistes,
" commentateur de presse " longtemps à TVA le matin (il
se levait aux aurores !) se sort tant bien que mal de 2000,
d’une " guigne " horrible. Diabétique, le c’ur a
flanché, opération, puis les jambes opération, puis les yeux
(presque aveugle !), opération, puis un anévrisme, il a failli
demeurer " légume ". Oui, la guigne !
3-
Article " post 11
septembre " dans " l’Actualité ", opinons de
" penseurs ", spécifie la revue. Ce mot me fait
toujours sourire. Qui n’est pas un penseur ? Ubald Proulx, mon
" habitant " de Saint-Joseph du Lac, emblématique et
utilisé souvent dans mes proses, était un penseur autodidacte
redoutable.
4-
Le magazine " L’Actualité
" parle des Cris ( neuf tribus à faire s’accorder !) au
bord d’une entente finale avec Québec. J’ai visité, avec
l’équipe de CJMS, Chisasibi en 1993. Vision dantesque ! Des
maisons modernes, préfabriquées, pour les Cris " déménagés
de force " en vue des grands barrages. Magasin général en
foutoir. Des tentes dans chaque cour en souvenir des temps
anciens. Pour trois milliards cinq cent millions de notre argent
public : la paix, la fin des diffamations des Cris, le partage
promis de profits (mines, forêts, hydroélectricité), le
signataire cri, Ted Moses, aura à combattre l;es nostalgiques en
faveur de cette entente globale. Bonne chance ! Le sociologue
Simard dit qu’ il peut être tragique de perdre ses vieux
ennemis, parfois et devenir autonomes peut être terrifiant "
Oh, cette vérité affreuse !
5-
Lundi soir, avons observé le
vieux pape polonais à sa messe de " ménuit " à Rome.
Va-t-il mourir bientôt rêvent les adversaires de son
conservatisme sur tant de points ? Il n’en a plus pour
longtemps, il est clair que les cathos devront guetter las "
tite " fumée vaticane sous peu et espérer voir notre
ClaudeTurcotte devenir le premier pape canadien français. Quoi,
quoi, le Québec n’était-il pas, il y a peu, "
L’Himalaya du catholicisme ", paroles du célèbre Paul
Claudel ?
La
famille de ma fille Éliane, devenue des " protestants "
vers 1980, ‹au grand " dam " de mon père
ultramontain‹ est allé avec la famille de mon fils Daniel , des
non-pratiquants, à la messe de " ménuit " boulevard
Gouin, pas loin de leurs demeures, à la vénérable église de la
Visitation, classée " monument national ".
Aile
dit : " C’ est ça, notre religion maintenant, l’église
au baptême, à Noël chaque année et
à la mort ! ". Eh oui ! Rituels nostalgiques. Les enfants,
au réveillon, très heureux des cadeaux reçus paraît-il. Avec
jeux électroniques du dernier cri. Fini le beau petit traîneau
rouge, les patins C’est
un fauteuil et un écran désormais ! Promesse de dos courbés et
souffrants pour plus tard ? Je le crains.
6-
Toujours étonné de cet amour
du cosmopolitisme : une vieille juive de Provence, enfant
internée en Allemagne nazie durant la guerre, parle à la télé
: " Sortie de cet enfer, je m’installai à Paris.
J’adore l’anonymat des grandes villes. " (!) Pourquoi
donc cet amour de l’anonymat chez tant de monde. A-sociabilité
? Elle ajoutera : " J’aime tellement rencontrer, dans les
rues de Paris, des Chinois, des Arabes, des Juifs, des Arméniens,
des Japonais Etc. " Non mais...Curieux ! Des rencontres
anonymes, artificielles ? Tant des nôtres, ici, parlent ainsi.
Moi aussi, je l’ avoue, j’aime bien croiser des gens
d’ailleurs, émigrés qui, souvent, vivotent, en arrachent,
" en bavent " littéralement souvent.
D’où
nous vient cet amour niais, imbécile, stérile, infructueux, si
superficiel ? Peur cde quoi au fond ? De nous retrouver ensemble,
entre nous ? Mépris de nous-mêmes ? Méfiance des nôtres ?
Sentiment
de voyager, d’être des " touristes chez soi " sans
avoir à partir, à aller reconnaître " les autres ",
nos frères humains, chez eux, avec périls, menaces, une fragilité
inavouable face aux us et coutumes, cultures des autres "
les découvrant chez eux " ?
Faut
voir les voyageurs, serrant leur chère sacoche à " chèques
de voyageur " sur leur poitrine, guettant leurs appareils
photos de prix, quand ils y vont voir les " autres "
dans tant de pays.
Cette
philo-cosmopolitisme, une sécurité parmi " nos pauvres
" ? Sommes-nous tous de sales "dames patronnesses "
confortables ? Je cherche une réponse.
Oh la déception
en visionnant " MOULIN ROUGE ", la veille de Noël !
Certes on s’attendait à un " musical " sauce USA. Un
Montmartre de carton-pâte. Mais non, on a eu droit à une
sirupeuse histoire d’un romantisme " cucul la praline
". Un Toulouse-Lautrec inexistant, hélas. Plein d’emprunts
divers dont à " La Traviata " : tousse, tousse, sang
aux lèvres et
meurt en chantant la belle courtisane, Satine son nom, et
pleure en chantant l’amoureux transi qui décide, oh !, d’écrire
un roman de sa mésaventure au " Moulin Rouge ". Fin.
Ouengne ! Je le recommanderai à personne.
7-
Bizarre,
avant Noël, envie de relire la vie étrange de cette fameuse
stigmatisée, voyante et mystique, " Marthe Robin "
(c’est le titre du livre ) par le philosophe et psychanalyste
catholique, Guiton. Influence persistante de mon père, grand
amateur de faits paranormaux chez nos saints, les seuls qui le
captivaient à fond. Cette re-lecture diffère de la précédente.
J’ai noté partout mes réticences. Je suis un terrible
barbouilleur de livres. Évidemment je reste tout médusé par
cette Marthe Robin qui ne mangeait pas, jamais, rien, à part une
hostie tous les jeudis, et cela durant des décennies. Elle est
morte, vieille, dans sa chambre noire ‹elle supportait pas
la moindre lumière, en 1980. Marthe Robin années ne
dormait pas, elle était paralysée dans son lit et recevait des
gens du peuple et des " importants ", cardinaux, évèques,
philosophes, athées et savant farouches, des chercheurs de
secrets métaphysiques, etc. Guiton fait son apologie, c’est
certain mais se pose des questions très scientifiques et
n’arrive pas à se consoler que des savants aient négligé d’étudier
sa chère Marthe, point sur lequel je tombe d’accord.
J’ai
toujours aimé lire de ces cas extravagants, religieux ou pas.
Oui, influence du père quand ce dernier, tout excité par les phénomènes
irrationnels, raconte à un enfant, moi, les mystères du Curé
d’Ars, des Catherine Emmerich et Neumann, deux stigmatisées
allemandes des années 1800, de ce Padre Pio, capable de
bilocation, et quoi encore au domaine des mystiques ?
8-
Il
y aurait EDWIG maintenant ? Pas l’héroïne du film dont j’ai
parlé, non, c’est cette " chouette des neiges " dans
les Harry Potter. Une nouvelle vogue, publie-t-on. Ce hibou (?)
blanc si mignon est le symbole, côté " blason
ornithologique ", pour le Québec, l’Harfang des neiges, si
impressionnant. Edwig ? Des enfants maintenant veulent un Edwig
dans les pet-shops comme on veut un serin, un perroquet. Embarras
chez les animaliers de Londres et d’ailleurs !
9-
Avis
important !
Pour
ceux qui m’apprécient.
À la cinémathèque de la rue
Maisonneuve, angle Henri-Julien, deux dates à retenir : le jeudi
soir qui vient, 7 janvier à 19h.
À l’affiche de la cinémathèque
: Mon " Blues pour un homme averti ". Paul Blouin en a
fait une dramatique étonnante avec un Jacques Godin jeune (1964)
dans une forme rare.
Un " bomme ", tueur
pédophile, mythomane, s’imagine un père " manquant
".
Et, un mois plus tard, soit le
mardi soir le 12 février, à 19 h. Mon " Tuez le veau gras
" avec Benoît Girard, jeune (1965), dirigé par Louis-Georges
Carrier.
Un " retour de Paris,
diplômé " en sociologue syndicaliste, trahira les siens et
se vendra aux crapules de sa petite ville.
Dans ces deux téléthéâtres
‹ouvrages collectifs dont je suis très fier‹ on verra,
tiens, deux avatars de mon cher Ubald Proulx. L’un (dans "
Blues " ) incarné
par Paul Hébert, " robineux sage, l’autre (dans "
Tuez ") par Georges Groulx, conseiller déchu et renié.
J’y serai évidemment. On
pourra me questionner après le visionnement si on veut.
À
part la précieuse cinémathèque (dont je suis membre) on habite pas tous la région métropolitaine j’ai hâte
qu’un jour le canal ARTTV programme ces deux dramatiques de télé
Mais quand ?
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