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1-
Première
vraie neige hier soir, tard. Lumières clignotantes dans la rue.
Par la fenêtre, je vois armada miniature; déneigement déjà ?
Je vois une masse métallique sombre stationné au bord du
trottoir, charrue fixé, ronronnement du moteur, grondement
sourd, grosse bête qui va bondir, des phares, des clignotants
jaunes et rouges, sur les côtés, sur le toit, lumignons dans la
nuit. C'est joli, reflets dans mes cèdres saupoudrés d'ouate. Me
sens comme Truffaut dans "Close encounter..." fasciné,
ébahi. Grand bébé, vieil enfant !
2-
Aile
se lamente hier: "Noël: un commercial à n'en plus
finir". Vrai. On s'adapte en rechignant.
Les cadeaux ? Mon
Dieu, à qui, et quoi offrir ? Je fais des chèques depuis
des années. Ainsi, leurs choix, de l'argent quoi, aux deux
enfants et aux cinq petits enfants. Facile ? Oui, paresse? je
sais bien. L'idéal ? Y réfléchir, questionner subtilement,
observer amoureusement et puis surprendre. Mais c' est plus
compliqué. Oui, paresse. J'ai un peu honte.
Aile
et moi, une vieille entente de jadis, jamais de ces cadeaux
rituels aux Fêtes. Non.
Le cadeau puisque "chaque
jour" est une fête, un Noël, vrai pour des
amoureux: Aile, elle-même, le plus beau des cadeaux. Pareil pour
elle. C'est Aile qui le dit.
Que
d'elles, que d'Ailes hein ?
3-
Lu
en attendant d'entrer au magasin de "l'école des
chefs" ‹poulet farci, canard, tourtière‹ "À
ce soir" de Laure Adler, vue au canal TV 5 au
"Cercle de minuit". Fini de le lire vers 20 h, après
souper. Laure a perdu un petit garçon, Rémi, vraiment tout
jeune, deux ans ?. Une sorte de pneumonie fatale, mystérieuse. À
ce soir raconte le douloureux souvenir de cet été effrayant où
elle et son compagnon de vie vont et viennent sans cesse à
l'hôpital pédiatrique à Paris. Un livre certes émouvant mais
mince. Un faux 250 pages, c'est gonflé. Pages blanches, espaces
larges. Raymonde a pleuré en le lisant avant moi. J'ai été
touché , le sujet est si triste: la mort d'un enfant. Pas
bouleversé. Adler y est sobre, c'est bien, trop
pudique...pas de générosité, dirais-je. Elle file tout droit,
dans ses larmes, sa détresse et nous accorde bien peu
d'informations. Sur son travail, sur elle, sur "lui",
sur l'enfant condamné, la gardienne, etc. C'et écrit avec art
cependant, avec des trouvailles littéraires bien amenées. On y
trouve aussi des infos terribles ‹ses crises de fureur
face à ce désordre hospitalier, oh !‹ sur le monde médical.
Oh mon Dieu, c'est donc partout pareil , les urgences...lentes,
les médecins froids, pressés, distraits...Misère !
4-
Un
père Noël du Complexe Desjardins raconte à "Montréal, ce
soir" les gens pressés, les parents à la course, le
temps qui court, vole...Un vieux bonhomme étonnant. Je
questionne Aile: "Toi, tu y as cru longtemps au bonhomme de
Coca-cola ?" Sa réponse: "Non, un jour, veille de Noël,
je dépose ma poupée au pied du sapin et je dis à ma mère,
"je veux que le Père Noël sache bien que j'en ai déjà
une, que j'en veux pas deux, qu'il doit m'apporter autre
chose". Ma mère dit: " Voyons, inutile, il
le sait bien, il sait tout". Alors j'ai compris que c'était
impossible cette mémoire pour des millions d'enfants dans le
monde, que ma mère mentait. Et j'ai cessé ainsi d'y croire.
J'avais quatre ans ?"
Elle
me questionne et je découvre que chez nous, pas de bonhomme Noël,
il n'existait pas. On n'en parlait même pas. C'est bien, non ?
Mon père ne parlait que du petit Jésus et installait sa crèche
compliqué dans la fenêtre du salon où il n'y avait jamais de
sapin. Que cette crèche élaborée. Comme je le raconterai demain
matin à CKAC, il y avait l'énorme sapin décoré chez mémeille
Jasmin la riche veuve. Une splendeur à nos yeux, son sapin.
5-
On
a viré le gras tribun démagogue, André Arthur, à Québec, pour
le remplacer par l'ex-mairesse de Sainte-Foy. Dans la rue, un très
jeune questionné m'étonne agréablement à la télé hier:
"Le monde des médias me surprendra toujours et je veux pas
trop m'en approcher pour pas troubler ma quiétude". Paf ! De
même, d'une seule "fripe". Soudaine belle espérance en
la jeunesse d'ici s'ils sont nombreux de cette farine.
6-
L'auteure de
"Putain", Nelly Arcand, un pseudo, veut faire machine
arrière subitement ! La Presse de ce matin publie son long
plaidoyer très pro domo : "je ne suis pas ce que l'on
pense".
Quelle connerie. Elle a écrit
sa confession-analyse au "je", elle a minaudé aux
interviews, genre: c'est moi et c'est pas moi." Voilà
qu'elle tente à cette heure de passer pour innocente de son écrit.
Franchement ! " Je suis pas putain", clame-t-elle et une
photo énorme la montre, nombril à l'air, faisant le jeu de
ce qu'elle condamne: " la marchandisation du corps féminin.
Paradoxe, contradiction, trop tard pour sortir d'une
confusion qu'elle a entretenue bien commercialement. Nelly
est-elle sotte ?
7-
Paraît
que "Tourism", prochain film de Lepage illustrera le
monde des "corps" en vacances dans des
"clubs". Ah ! La sauce-Ouellebec ("Plateforme")
s'allongerait donc partout. On verra bien. Vision toute autre ? Je
viens de lire "Hauts lieux de pèlerinage"(Flammarion),
plein d'ilustrations qui vont de ce fameux Saint-Jacques de
Compostelle (à la mode ces temps-ci dans le milieu des artistes)
jusqu'à Fatima, Lourdes, Notre-Dame de la Salette, etc. etc.
Images étonnantes, texte niais et fade (Martineaud et Moreau).
Papa aurait aimé lire et voir ces reliques, vieux os, crânes,
"le nombril de Jésus", oui, oui, le c¦ur du curé
d'Ars et autres facéties d'une religiosité imbuvable. Un monde
carnavalesque stupéfiant. Un commerce à indulgences éc¦urant.
L'exploitation des infirmes, des malades, des désespérés. Laure
Adler raconte dans son "À ce soir", son recours aux dévotionnettes
et même aux médiums, sorciers,
pratiques occultes, etc.
Un très bon passage de son livre . Elle en a honte mais elle dit
bien qu'en état de désespérance, tout devient un secours plausible.
Tristesse. Et je dis à Aile:"tu sais, toi gravement condamnée
, ma foi (!), moi aussi, j'irai à Fatima, à Lourdes. La
confiance, la foi totale, sincère, peut faire changer un métabolisme
et, parfois, guérir, non ?" Elle reste songeuse ! Le livre
raconte aussi Rome aux 365 églises-à-reliques, Jérusalem aux
"lieux" évangéliques sur-exploités, pour touristes
chrétiens ! Curieux: plein de vierges Noires (Éthiopiennes ?)
dans maints lieux de... pérégrination. Marie en négresse !
Bizarre non ? Renan, Taine, d'autres laïcistes affirmaient:
"l'ouvrage du démon ces piéticailleries !" Les réformistes
protestèrent aussi, bien sûr face à tous ces papes complaisants
du "marketing" primaire religieux. "Le nombril de Jésus"
Non mais...! On a parlé jadis de son "saint prépuce" !
8-
Je ne cesse pas de lire,
livres et revues françaises, sur les dangers du racisme., J'y
voyais une sorte d'obsession. Je prends conscience maintenant
(autres livres lus) que l'élite ‹écrivains, intellos,
journalistes, profs‹ française a très mauvaise conscience, une
lourde honte collective, face aux tolérances de l'antisémitisme
ardent de (pères et grands-pères) la France d'"avant"
et de "durant" l'occupation des Allemands nazis. C'est
de cela, de ce poids accablant sur la conscience nationale,
qu'elle parle sans cesse au fond. Idem sans doute, en pire, en
Allemagne.
9-
Mon tit-Paul Buissonneau,
vieux stentor toujours énergique, hier avec Claude Charron à
Canal Historia, que je regarde très souvent Paul raconte La
Roulotte des parcs à ses débuts et dit de moi: "Eh
oui, Claude était mal pris, jeune chômeur...il est venu m'aider
aux costumes, aux décors...". Eupéhmisme: son théâtre
ambulant m'a aidé de mille façons. C'était une "école"
de vie, de générosité, d'initiation au monde réel, ces
enfants-en-ville, l'été, privés de rêves, d'images.
10-
Minou Pétrowsky, mère de
Nathalie, à Cbf-fm, démolissait complètement le film "Le
Seigneur de anneaux". À l'entendre, m"explique Aile,
c'est un navet, que des bagarres, des effets agressifs, des
truquages infographiés , des décors-maquettes trop visibles,
bref un film stupides, des guerroyages sans fin. Eh b'en, cela
avec une fortune colossale. Les ados du type de mon petit-fils,
Simon, amateur de moyennâgeries chevaleresques vont-ils, eux,
mieux apprécier. Je le questionnerai au Jour de l'an.
11-
Christiane Charette à sa
dernière performance...patate, le vide, l'échec !
Embrouilami avec le "cantiqueux" sympa Desjardins...
Platitudes soporifiques avec l'acteur exilé à New-York, Lothaire
Bluteau tot mélamgé, confus à l'extrême, et "song
in english" avec un Comeau sérénadeur venu de Bathurt au
New-Brunswick... Une heure plate. Hélas. Toute la saison,
Charette a su faire voir des mélanges d'invités formidables.
Dommage pour hier soir, un adieu ennuyeux !
Quand
je bloc-note sur télé, comme ici, ça me rappelle tant de topos
livrés à CKAC, à CJMS si longtemps, et à CKVL à la fin,
où je devais forcément regarder tant d'émissions que...
je ne voulais pas voir. S'imposait naturellement cette revue
des "populaires". J'en avais mal au ventre parfois
devant ma télé. En bout de piste, virage et ce fut la série
"La moutarde me monte au nez" avec Marcotte et du
plaisir, des farces et des coups de gueule, très ad lib !
C'était, il me semble , dans
une autre vie tout cela !
12-
Descôteaux ce matin dans Le
Dev qu'il dirige: "Esprit libre et Droite, ça ne va
pas". Bien raison.
John Saul, la queue-de-veau de
la Vice-Reine actuelle, à Ottawa-colonie, publie des propos
contre Bush, contre les USA, peuplé d' impérialistes plutôt
responsables de la haine musulmane...Oh, oh ! L'éditorialiste
recommande à Chrétien, qui défend un peu la liberté d'écrire
de sa queue-de-veau, de se porter aussi à la défense des
journaux de Can West, du gang-Asper de Winnipeg, mais...dit-il, ce
sont des "amis" ¿entendre puschers de fonds électoraux‹du
parti libéral fédéral. Oh !
13-
Foglia et moi ? Comme on dit
"sa moyenne au bâton" est fameuse. Je le lis, comme
tant d'autres. Il ennuie rarement. Je l'envie, je ne suis pas
jaloux. J'ai déjà eu ce bonheur de chroniquer librement au
Journal de Montréal (1971-1976), un fonne vert ! Ce matin:
l'anglais aux écoles mieux appris quand plus éduqué. Vrai. Et
bang ministre Legault ! Mon cher magasin Baggio, en
"petite Italie", j'en cause dans "Enfant de
Villeray", ferme ses portes. Comme Foglia, j'y achetais
mes vélos et ceux de mes enfants. Ce sera une boutique de linge.
Eh !
Il livre ensuite un témoignage
d'un écolier de Vaudreuil à la fidèle mémoire pour un prof
hors du commun. Toujours fascinant cette gratitude (voir m a part
de reconnaissance avec ce "Je vous dis merci", frais
arrivé en librairie ! Oui, plogue ! Des profs oublient
l'influence déterminante qu'ils peuvent avoir sur des
jeunes...quand ils sont capables. Enfin Foglia parle musique rock
de sa jeunesse et l'actuelle, avec un bon punch. Important le
lunch final, comme le "spin" de départ quand tu débutes
un papier publié.. la ligne de départ" d'une chronique.
14-
Lysiane Gagnon signe un billet
impressionnant. J'ai connu le sujet abordé. Le centre d'accueil,
les préposés débordés. Les "vieux" abandonnés.
Quand la Gagnon lâche un peu sa hargne, sa haine même, du
nationalisme d'ici, cet ex-compagne du patriote D'Allemagne, mariée
à un bon "bloke" maintenant, montre du c¦ur et pas
seulement de l'intelligence. Terrible narration ce matin,
effrayante même ! Elle dit qu'ils sont 7 pour 56 vieux dans ce
genre de centre de dés-acceuil ! Les bonnes s¦urs, qui étaient
sans famille, libres donc, géraient sans doute avec autrement
plus de compassion ces "lieux des adieux". Le boss, si
ça va mal, si un visiteur ose se scandaliser (comme à "Notre-Dame
de Lourdes"), b'en, il engage un avocat et vlan: ohé ! le râleur:
plus de droit de visite ! Ça vient de finir, explique Gagnon de
La Presse. Honte !
15-
Pauvre Larose et son rapport
timide par bouts, un peu plus audacieux pas d'autres, il vient de
recvoir "le baiser de la mort". De quelle bouche ? Le sénateur,
rouge bourassiste longtemps et viré au bleu mulronéen, Jean-Claude
Rivest l'embrasse tendrement de ses grosses babines "fédérates",
il avance que son son rapport sur l'état du français, est
une merveille ! Oh la la !
Suffit pour aujourd'hui, départ
pour Monrial, pour être tôt à CKAC et y lire mon conte de Noël.
La neige fine tombe toujours
sur les Laurentides. Le ciel comme le sol est de même blancheur.
Grands draps étendus dans l'espace, lessive savonneuse quand
l'hiver fait: "coucou ! j'y suis, j'y reste. Québécois à
vos tuques et à vos pelles ! À ma brosse à neige, la
Volks semble une meringue immangeable. Salut ! |