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1-
Enfin, le soleil. Soleil
d’hiver mais bon! Lac enfin bien glacé. La neige partout ce
mardi matin. Lumière québécoise unique, familière. On y est
pour des mois ! " Aile " vient de partir aux courses
chez Chèvrefils-Métro. Comme en France, depuis toujours,
nous achetons au jour le jour les victuailles nécessaires. Avec
des enfants à la maison, il en va autrement sans doute. Le congélateur
est de mise. Aile prévoit le repas du soir et, le lendemain,
c’est les mets de l’école-des-chefs. Sauf en week-end, école
fermée !
2-
Hier soir, larmes de mon Aile.
Nous regardions le documentaire biographique sur Vigneault, notre
poète populaire bien aimé. Aile pleure souvent. Aile a un grand
c¦ur. Aile s’émeut facilement et j’aime ça. L’émission-Vigneault
à Musimax (Musicorama ?) passait très vite sur la première
épouse et les quatre premiers enfants ( Pudeur !Cachette ?) du
grand barde de la Vieille Capitale venu du fond de la Côte Nord,
venu aussi, beaucoup, du petit Séminaire de Rimouski où
s’exilent les écoliers des territoires lointains. Terrible ce
passage du papa de Vigneault qui dit à la maman : "
Non, Gilles ne reviendra pas ici, il viendra juste en vacances
". La mère, espérante, souhaitait le retour de l’enfant
instruit. Un seul fils " premier mariage raté " de
G.V. témoignait, bafouillant un peu, semblant " magané, sur
un père " très absent ", tout consacré à sa carrière
débutant en trombe, les tournées et le reste. La gloire quoi !
Ce dernier semblait comme accablé de n’être que " le fils
de! ". Cette
question me tracasse un peu. Cette production " TV-maxplus
" bien ficelé.
3-
Coup de fil ce matin du Guy Lachance, " esclave heureux
" du Arcand ce CKAC. On m’attend le vendredi qui vient pour
un conte de Noël. Brr! Je vais m’y mettre.
Allant aux journaux et
cigarettes, ce matin, une voiture stationnée émet ses oxydes
maudits ! Une dame sort! je lui dis : " pollution, madame.
" Elle me regarde sans trop saisir. J’ai vu encore une fois
le style : "Pis, je m’en sacre ! " J’enrage de l’égocentrisme
du monde.
Hier soir, donc, larmes. Finalement
" Aile " me raconte sa visite à la docteure, le matin.
Découverte de protéine (?) dans ses urines. La toubid :
" Oh 1 Oh ! J’aime pas ça. Faudra revenir, examens
à Notre-Dame, etc. Bien examiner ça, car on peut prévoir
une maladie des reins. " Voilà donc l’angoisse
installée. Ma chère Aile bien énervée. La vraie raison
de tant de larmes face au Vigneault télévisé ? Je tente de la
calmer. De type espagnol (?) Aile redoute la mort sans cesse. Dit
: " Tu ne m’oublieras pas trop vite! quand je n’y serai
plus, tu penseras souvent à moi! ? " Je déteste sa
noirceur. Je proteste. Je la caresse. Je tente le réconfort bien
mâle. " Tu verras, il n’y aura rien, tu es forte, solide.
". Difficile de réconforter l’anxiété naturelle à Aile.
Aile éclate : " Tu sais, même à 150 ans, vu la génétique
raccommodable, rafistolages prévus des " vieux " qui
s’annoncent, je ne voudrai pas mourir. Je refuse la mort. "
Je fis : " fais comme moi, va pas là chez les médecins !
" Elle dit : " Non, non, faut prévoir, prévenir les
failles. " Bon. Que dire ? Le calme revient. Les
actualités du Bureau s’amènent : tant d’horreurs au
Proche-Orient ! Alors, eh oui, tout se! relativise et on la ferme,
bien contents de vivre ici.
4-
VU aussi hier soir, mon
excellent confesseur pour ma " Biographie " du Canal D.
C’est lui qui jase cette fois face au Charron. George-Hébert
Germain, comme le Luc Plamondon, vient d’une famille de 14
enfants ! Cela me confond toujours. Comment faisaient ces mères ?
Mystère ! Vu aussi un petit bout de ce " Warriors, mission
impossible ", sérier qui fait bien voir l’ impuissance
enrageante de ces soldats de l’ONU qui doivent se changer en!
infirmiers, en gardiens stériles quand, autour d’eux, fait
rage, tonne, le combat des Serbes envahisseurs haineux,
racistes, et des Albanais, des Kosovars déterminés à
s’entretuer.
Scènes effroyables de la misère noire et ces jeunes garçons qui
observent les carnages et ont des ordres pour ne pas
s’interposer. Découvertes horribles de nos enfants en uniformes
d’un monde inconnu, constatation qu’ils ne peuvent calmer le
jeu, qu’il s ne servent que d’observateur désarmés. Mon
Dieu, quel choc pour ces jeunes envoyés venus d’un monde,
le nôtre, où la paix règne. Des maladies psychologiques
s’ensuivront.
5-
La Pétrowsky ce matin : elle
serait journaliste à Nice-Matin si ses parents ne s’étaient
pas exilés de Nice pour s’installer au Québec. Nathalie en
remercie le ciel ! Un si joli quotidien. Je me suis souvenu, en
mai 1980, nous arrivions en France, à Nice, premier séjour. Rue
Victor-Hugo, angle Gounod, l’hôtel Napoléon ou Bonaparte, je
me souviens mal. Dès ce premier matin en France, avec les
croissants, le café crémeux, ce Nice-Matin sur le plateau,
la découverte des pages en couleurs ravissantes. La Beauté
! C’était nouveau à cette époque. Pétrowsky voulait surtout
parler des proprios d’un paquet de journaux " Canadians
" dont " The Gazette " la fréquente feuille
francophobe. Le " boss ", Asper, père et fils, de
Winnipeg, décident que leurs gazettes doivent imprimer régulièrement
leurs opinions éditorialistes. Eh ! Scandale chez les reporters.
Or, les patrons des nombreux journaux des années 1800, à Paris
par exemple, fondaient des quotidiens et des mensuels, pour
justement diffuser leurs opinions politiques. Normal, non ? Toutes
les nuances ‹de gauche à droite‹ y étaient illustrées.
Viendra plus tard, cette presse " des faits "
seulement, incolore, aux Etats-Unis surtout. Avec des "
billets " non signés.
6-
C’est le jeu. " Fondez vos
journaux, les mécontents ", dit le riche bonhomme Asper. Eh
! Voilà bien le hic. Pas assez de journaux selon les
tendances. Au Québec, par exemple, à part le trop timide Le
Devoir, aucun grand journal indépendantiste pour refléter 60 %
des nôtres qui votaient " oui ", en 1995, à
l’indépendance du Québec. C’est grave ! Ça n’est pas
normal. En France, la gauche à ses haut-parleurs, comme la droite
a les siens. Ici, rien. On voit (depuis1995, ça crève les yeux)
La Presse publiant presque seulement les " lettres ouvertes
" des fédéralistes. C’est évident. Vigneault tiens
chantait : " Tu penses qu’on s’en aperçoit pas ? "
Je lis que Télé-Québec songerait à des émissions
d’affaires publiques ", la bonne idée. Ainsi contrairement
à Radio-Canada, l’on pourrait attaquer la centralisation d’Ottawa
sans risquer de faire montrer la porte.
7-
Je rencontre René Ferron (un ex-éditeur
à moi), au resto, il a raté un journal -web sur Internet qu’il
animait. " Les gens voulaient pas payer, trichent. " Il
a fermé sa baraque. Il me dit : " Qu’est-ce qu’on
pourrait faire, mon Claude ? . " Je me dis que ce " fils
de famille bien ", trifluvien, a des sous. " Écoute René,
rencontre donc Jacques Keable, on me dit qu’il souhaite
fonder un journal de gauche. " Mon Ferron aussitôt : "
T’es pas fou. De gauche ? Vois-tu ça, comme au défunt "
Le jour " d’Yves Michaux, les syndicats à la barre, les
pagailles, oh non, non ! " Découragement !
8-
Soudain, des images au cerveau. Celles
vues hier au " portrait " de Vigneault , ces larmes de déception
lors du référendum de mai 1980 au centre Paul-Sauvé. Aile et
moi,
avions quitté Nice ‹j’avais été invité à son université
pour parler de note littérature ‹ pour l’Italie. Assis à une
terrasse de la belle Florence, Plaza del popolo, on ouvre un
journal parisien. Bang ! Manchette : " Le Québec se
dit " non " à lui-même ! " Le choc !
J’avais, avant de partir, fait, ici et là, quelques "
sermons " patriotiques aux côtés des Lazure, Jacques-Yvan
Morin et le " père " de la Loi 101. Nous éclatons en
larmes, Aile et moi. Voulant faire venir des cafés, le garçon
fit mine de ne pas nous voir, certain, vu le couple braillard, que
se déroulait une vilaine chicane d’amoureux. Oh la la !
" Il n’y a plus de
cette merveilleuse ferveur ", disait Raymonde hier soir en
revoyant celle des gens du " oui ". en 1980. Eh! oui
!
Parfois, le goût d’acheter
des magazines français. Je lis " L’Express " et
" Le Nouvel observateur ". Des querelles m’échappent,
très hexagonales. Voilà pourquoi je ne lis pas souvent ce revues
bien faites. À part " L'actualité ", qui vogue trop
souvent dans les mondanités d’un certain jet set, on n’a rien
de tel au Québec, hélas.
Oh, souper ! Déjà ?
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