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1-
Merci ARTV. Une sacrée bonne série
à la télé, chaque vendredi soir, pour ceux surtout qui comme moi,
admirent les meilleurs talents dramatique des " Etats-Unis, est
constituée par les entrevues faites à " l’Actors studio " de
New-York où vont s’installer tous les aspirants comédiens bûcheurs.
Le questionneur fut invité autrefois chez Bouillon de culture de
Pivot casr , à la fin de chaque entretien, il pose les fameuses "
questions de Pivot " à ses invités. Flatté le rond raminagrobis,
gras Bernard l’avait donc invité à Paris. Cet interviewer a une
bouille antipathique de " magister " pédant, il est d’ un
calme olympien, froid, calculé, qui rebute. Mais bon Ses questions
cependant sont intelligentes. Il s’agit de dépasser cette impression
encombrante du prof je-sais-tout. La dernière fois il
avait invité chez ses élèves Kevin Spacey que nous estimons très fort,
ma compagne et moi. Cet acteur, Spacey, fut éblouissant dans " Usual
suspect ", aussi dans " L.A. Confidential ", et dans tant
d’autres films épatants. De la télé vivifiante. On y a vu De Niro, récemment,
même attraction formidable. Souvent ex-élèves d’une école jadis
flamboyante, ils se sentent chez eux !Cela est donc diffusé par ARTV et
sans longues pauses publicitaires, Dieu merci !
2-
À propos de ce nouveau canal,
ARTV, j’aime donc revoir les vieux célèbres " téléthéâtres
" de la SRC, mon alma mater de 1956 à 1985. Tous les jeudis soir, à
" Passion théâtre ", ARTV re-montre une des productions
solides du temps où le valeureux et riche ‹d’argent et d’esprit‹réseau
français faisait l’éducation populaire des masses ! Ces dramatiques
sont à l’occasion des spectacles plutôt parfaits. J’espère toujours
qu’un bon jeudi soir, je pourrai revoir une des dix histoires produites
à cette enseigne notoire.
3-
" United we stand divided we fall
", est-ce un slogan du temps de 1775, lutte indépendantiste des Étasuniens,
ou du temps de la guerre civile dite de Sécession ? Hier soir, samedi,
avons visionné la cassette vidéo d’un récit captivant, film tourné
en Tchéquie dans la langue de ce pays ‹c’est toujours mieux‹ avec
sous titres en anglais. Ce " Divided we fall " raconte un
pan de la vie là-bas durant la guerre hitlérienne. Excellent film.
Instructif. Intrigues exploitées souvent certes mais, ici, sous un angle
neuf. Une autre histoire d’un Juif que l’on cache, ‹grand risque
quand la botte des nazis se fait entendre sous vos fenêtres‹, dans un
placard. Émouvant mais aussi rempli d’humour, d’un humour délicat
quand le risque est la fusillade. Ah, comme c’est parfait le cinéma qui
nous change des bang bang, des tow tow hollywoodiens !
4-
Je suis plongé dans la lecture du célèbre
Michel Ouellebec, Plateforme. Le " talk of Paris ", cet automne.
J’avais lu ses " Particules élémentaires " C’était un
roman sur les us et coutumes d’un paumé, d’un type, parisien banal,
qui se cherche une vie sexuelle excitante, via les camps nudistes puis
‹son effondrement‹ via l’échangisme, sauvage, brutal.
Cette fois, le Ouellebec nage encore
dans sa sauce, celle de l’obsédé sexuel. À tous les vingt pages il se
croit obligé de plaquer une scène érotico-malade, copulation sans
amour. Fornication bestiale avec une fausse représentation : l’amour
des chiens. On se renifle un bref moment et hop, au lit ! Pourtant on
tourne les pages. Pourquoi ? L’auteur a le talent de nous garder
en éveil. J’y trouve lev portrait des mâles dans la quarantaines quand
ils n’ont pas encore pu constituer un amour important, un couple
aimant. C’est d’une tristesse envoûtante. C’est beaucoup. Ce
bureaucrate en culture, célibataire parisien qui s’ennuie au fond, dérive
lentement vers le néant. On finit par s’attacher, comme malgré soi, à
ce lamentable petit bourgeois qui philosophe sur l’État du monde
actuellement, monde vu par sa lorgnette de désespéré qui refuse
d’admettre qu’il l’est..
5-
C’est un roman dans le vrai
sens du mot. Linéaire, sans effet moderne, avec les effets classiques
d’une " histoire ". Son héros (!) voyage, vacances épisodiques,
en ces organisations à forfaits. Nous avons fait en janvier dernier, un
de ces voyages touristique en République dominicaine, via la "
patente " confortable : tout est payé d’avance ! On arrive, par
avion où on se tasse trois heures ou quatre, au soleil, au
bord de la mer. À l’hôtel ‹un de la célèbre chaîne "
Iberostar "‹ vous mettez votre portefeuille dans un coffre-fort et
vous voilà logé, nourri, débarrassé de tous ces inconvénients
lors d’un séjour sans encadrement comme on en fit en Floride si
souvent.
Le récit de ce " Plate-forme " de Ouellebec m’a bien fait me souvenir de cette ambiance
paradisiaque et fausse aussi par rapport à l’existence ordinaire.
Soleil, mer et able Des bars ouverts un peu partout, jardins luxuriants,
plantes exotiques, allées à pierres plates, deux paons ici , des
oiseaux rares là, fleurs en vases géants, corridor de tuiles décorées,
arches à l’ espagnole, un luxe bien contenu, le bon goût du palace à
touristes, des piscines aux eaux limpides, la plage et ses transats
confortables, des buffets ici et là.
En maillot du matin jusqu’au
soir. Restos riches d’aliments variés chaque soir. Spectacles
enjoués tous les soirs sous un vaste théâtre-bar en plein air, bref, un
Éden. Pour Ouellebec, à Cuba comme en Thaïlande, c’est les quatre
" S " de ce commerce moderne, voir les catalogues "
full colors " de n’ importe quelle agence de voyages : "
Sea, sand, sun " et sex
surtout. Pour l’auteur, il n’y a qu’un avenir : organiser sur une
plus vaste échelle un échangisme fatal : les petits richards blasés de
tout l’Occident, nous, emmêlés aux jeunes sauvageonnes délurées
du Tiers-Monde., Il y croit. Je n’ai pas fini ma lecture.
Ce cynisme se veut moraliste, la morale
laxiste du " plaisir avant tout ". Michel, le héros, affirme
que ce serait alors la paix partout. Que tous nos maux découlent de privations
installées par notre morale judéo-chrétienne, puritaine.
Le sida ? Il y a le latex.
Par sa lorgnette, il n’y a
qu’un seul problème mondial, pouvoir baiser librement, une seule réalité
dit ce sociologue du dimanche, non-patenté : d’une part, les foules
(hommes et femmes) de frustrés sexuels, ‹allemandes, italiennes, françaises,
américaines etc, et d’autre part, les foules pauvres, les démunis. Qui
ne demandent qu’un peu plus de revenus et qui l’obtiendraient si
l’hypocrisie puritaine tombait, si l’on permettait des paquets de
clubs de vacances où l’on pourrait assouvir ce vieux besoin de "
copuler sans cesse ". Il n’y a que ça.
Sa projection ‹oui M. Freud‹
fait voir son obsession. C’est écrit vivement et, ici et là,
Ouellebec lâche de lourdes sentences ‹profondes !‹
pseudo-philosophiques, parfois très amusantes, parfois décapantes, aussi
des jugements globaux d’un racisme primaire. Sur les Arabes, sur les
Africains ‹" les seuls mâles capables de rire "‹, sur les
Cubains en particulier ‹" tous abusés et paresseux et voleurs
". Sur les Asiatiques d’âge tendre : " les seules femelles
soumises, capables de bien servir le mâle ! " Ici on rigole, là, on
fronce le sourcil.
Les vieux, les vieilles, sont une réalité
inexistante pour notre héros en manque de vulves perpétuellement.
Bref, son succès (au livre), très
fêté, vient justement que ce fonctionnaire souvent en vacances a des
opinions d’une liberté totale qui se confine volontiers à sa
subjectivité : il veut copuler sans s’attacher jamais. Sus aux
sentiments humains. Foin de l’amour stable. Copuler, copuler sans
cesse. Partout. Librement. Dans un monde " globalisé ", il est
le type de " baiseur sans frontière " quoi !
Je reprendrai ce " Plateforme " et
vous en reparlerai.
6-
Un courriel, hier : un type, inconnu de moi,
M. Desjardins, responsable d’une trentaine de jeunes journalistes (!),
dit admirer mon style, dit qu’il est heureux de JOURNÉES NETTES, "
moins banal que tant de sites " persos ", qu’il s’abonne
volontiers à mon journal mais que je suis pas un bon exemple "
que de fautes " monsieur l’écrivain ! " Aïe ! Touché. Chez
l’éditeur il y a un correcteur, réviseur professionnel. Ici, je suis
seul, je suis à découvert et on doit voir mes faiblesses en orthographe.
Hélas ! Humilié pas mal, je lui ai répondu que j’allais mieux me
surveiller. J’utiliserai davantage mon correcteur " ordinatisé
". Pourvu qu’il me reste fidèle !
Je présente des excuses aux instruits
qui détectent, bien agacés, mes erreurs.
7-
Je m’ennuie de ce Yves Desgagnés, acteur,
devenu, en émission culturelle, d’un enthousiasme communicatif,
offrant une sorte de bonne humeur intempestive qui me réjouissait, et
vous ?
Je regarde toujours ce CAMPUS, à TV 5. Pivot n’est pas rem placé. Son
successeur, on succède à quelqu’un comme Pivot, on ne le remplace
pas, a du bagou, il va et vient dans son studio bien décoré (l'ex-scénographe
de télé juge ici) et c’est d’un dynamisme parois excitant,
parfois encombrant. On n’y trouve plus les longs moments captivants
d’antan. Forcément, CAMPUS se veut plus une revue des actualités littéraires
françaises qu’une rencontre d’auteurs sur un thème donné. Adieu
solides conversations à la sauce pivotienne !
8-
Je lisais ce matin, dimanche, un
article (in La presse) sur un déraciné bien confus, venu du Nigéria,
fuyant à Londres, et enfin établi à Totonto. Il ne cesse pas de
parler de son père, tué en Afrique, de son exil hésitant, de sa
recherche de racines perdues, etc. Je sais pas trop pourquoi, j’ai
songé à deux vieux projets de livres. M’y remettre un jour
?.
a-Questionner ‹sorte d’entretien de fond‹ un camarade franc sur la
question homosexuelle. Avec Michel Temblay ? Échange de lettres Key West,
Sainte Adèle. Un livre. Ou avec un Daniel Pinard ? J’ai hésité. J’y
re-songe parfois.
b-Y aller aussi d’une longue et publiable conversation sur " le
" traître ", " l’abandonneur des siens ", la
culpabilité avec un Danny Laferrière, mon camarade si lucide. Deux
projets de livres que je n’abandonne pas. Pinard qui déclarait à la télé
: " S’il y avait eu un comprimé pour changer de sexualité, je l,
"aurais pris et rapidement "
Il démontrait qu’être gay n’est pas gai. Oui, je m’y
remettrai un jour.
Bon, appel d’en bas. Il est 14 h.,
Devoir, pour Raymonde, aller voir une docteure demain matin, tôt.
Faut descendre à Monrial avant le gros trafic de fin du dimanche.
Allons-y! " En ville-ill-ill-e " ,
chantait la ouaitresse de " Demain matin Montréal m’attend "
. !
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