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Claude
Jasmin, écrivain
Mort noyé ! Deuxième baptême, brutal, dramatique celui-là. Un prêtre
utile de moins au Québec. Il n’en reste pas tellement. Surtout de la
sorte Roland Leclerc. Je suis allé à son confessionnal télévisé
(« En toute amitié » à TVA) à deux reprises. À la
première invitation ( de son ami et recherchiste Claude Lafortune) j’étais
réticent. Je me méfie tant désormais de toute religiosité. Or ce fut une
joie et de l’étonnement. Cet
abbé médiatique n’invitait pas « des gens connus » à du prêchi-prêcha,
ni à des revendications religieuses. Bien au contraire, Roland Leclerc
voulait « juste jaser » sur la spiritualité au sens large.
Aborder le besoin de transcendance. Celle de très divers artistes (du monde
de la chanson, du théâtre, de la télé, de la littérature) qu’il
invitait à son studio. Ce fut toute une heure de propos très libres.
Leclerc écoutait si bien. C’est plus rare qu’on pense. Cet abbé
était bien moins catholicard que…réformiste. Sobre donc, modeste,
ouvert. Ne sursautant pas du tout si on blâmait son Église et tièdes et ennuyeux
sermonneurs. Non, il gardait un sourire paisible car, avant tout, il était
curieux, voulant tout savoir sur nos doutes, nos croyances mêlées, notre
foi perdue d’enfant candide. Si humain, toujours souriant, il ne ripostait
pas même à de graves griefs. Il creusait patiemment nos propos désinvoltes,
parfois agressifs. Il questionnait avec tact, avec la tranquilité de celui
« qui Croit encore », malgré tout. Rien de nos vieux cités de
jadis, fouettards, à
cheval sur la lettre des sévères préceptes du Vatican. Il n avait
qu’une frontière, un but, une vision : les évangiles. Alors, deux
fois, nous nous sommes bien
entendus. À sa mort toute récente on a dit : « tumeur ».
Je vais à mes dictionnaires : « gonflement, enflure,
excroissance, saillie, augmentation, prolifération». C’est bien cela,
Roland Leclerc, mort trop tôt, aimait trop ? Claude
Jasmin 29
novembre à
Sainte-Adèle. |
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