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Pour le Devoir
à la suite d'une lettre réponse de Francis
Lagacé voir aussi la lettre publiée la veille Un droit accessible pour les gays et les lesbiennes
1-NIER
LA CULTURE COMMUNE ? aussi, plus bas MARIAGE-GAY ET PAUL MARTIN : L’ESPOIR ? Le 14 août, un M. Lagacé rétorquait —avec raideur mais courtoisie— à ma « lettre ouverte » contre l’avant-projet de loi du ministre de la Justice, Martin Cauchon, favorisant le « mariage entre homosexuels ». Débat en vue : il faudra 151 voix « pour » sur 300 aux Communes à la rentrée. Froidement, faisant fi de la culture religieuse historique, M. Lagaçé dit (définition du mariage) que je m’en tiens à l’article 365 du Code civil du Bas-Canada. Il y aurait eu des modifications depuis. Eh ! Mais ses mots « contraint » et « forcé » démontrent que M. Francis Lagacé accepte « la vie-selon-les-tribunaux ». Selon la Cour. Selon les Chartres de droits. Et c’est là que nous nous séparons. Les citoyens, selon moi, ont tous les droits de changer les lois. Il y aura donc débat, ce qui est sain. Les députés à Ottawa, représenteront les opinions de leurs commettants à la rentrée. Le peuple est souverain. Il en va d’une saine démocratie. Hélas, les Chartres de droits, on le sait bien désormais, sont souvent devenues d’odieuses machines à répandre une plaie néfaste : « la victimisation ». Personne n’est plus responsable, de rien. Exemple : tu fumes?, mais « pas ta faute », c’est la faute des pubs des cies de tabac. Infantilisation à la mode. Fuite de la culpabilité. Et puis, soit dit en passant, à quand une « Chartre des Devoirs ». Sa façon de lier la cause homosexuelle aux luttes des féministes, aussi à celle de l’anti-esclavagisme (anti-Noirs) aux USA, me dépeignant comme un réactionnaire demeuré, relève d’un « alliage » —amalgame— carrément puéril. L’égalité (bel idéal ça va de soi), mot passe-partout, est un leurre. Ni les choses, ni les humains sont égaux dans la vie réelle. Cela dit, tout le monde est « pour la vertu », bien entendu. Les invertis sexuels —le mot chien ne mord pas— s’accouplant devraient bénéficier d’un PACS à la canadienne (Pacte civil de solidarité). Comme en France intelligente où l’on a évité, de cette façon, l’actuel débat faisant fi de la culture commune (religieuse et historique à la fois). Ou encore de l’Union civile (loi-Bégin de juin 2002) améliorée. Recourir au « mariage » des homosexuels reste une sorte de vaine provocation. Je le redis, cela risque d’exciter les intolérants homophobes de jadis. Je n’y peux rien, M. Lagacé, si deux personnes de sexe différent, s’épousant reste une cérémonie respectable. Les faits —comme la réalité— sont têtus. On peut s’opposer « aux mariages des gays », niais mimétisme des hétéros, sans être sexiste ou raciste. Mais je suis plus artiste qu’intello, je ne pose pas, comme vous, des numéros à mes proses. À l’École du Meuble l’on nous enseignait qu’en menuiserie élémentaire il y avait des tenons et des mortaises. L’un s’ajuste dans l’autre. Rien à faire contre cette réalité. Deux mortaises —ou deux tenons— ne sont pas praticables dans la construction d’un meuble. Vive un équivalent du PACS français et vive la québécoise Loi-Bégin (améliorable) et à bas ce projet-de-loi Cauchon. Claude Jasmin (écrivain) P.S. : Dans sa diatribe contre moi, M. Lagacé abordait aussi l’homoparentalité, admettant l’état encore critique d’études sur la « famille normale ». Il nous sortait une étude étatsunienne, le site « American Pediatric Ass. », illustrant des enfants épanouis à parents homosexuels. Participant, sur ce sujet, à une émission de Lisa Frulla à Radio-Canada (28 février 2002), une certaine « Annick » aux deux mères lesbiennes, témoignait douloureusement : bafouement de son instinct grégaire, enfance malheureuse, cachette perpétuelle du fait, refus de se faire des amis —« que je ne pouvais amener chez moi »— en cour d’école comme dans son quartier. Je comprends facilement le vif désir de tels couples de vouloir élever un enfant. Vieilli, Arthur Rimbaud, ayant abandonné Verlaine à Bruxelles, s’en lamentait et c’était très émouvant. Mais s’ils aiment profondément, vraiment, les enfants, ils doivent, hélas, abandonner un tel respectable désir. Un fait têtu encore, M. Lagacé ? C.J. 2-MARIAGE-GAY
ET PAUL MARTIN : L’ESPOIR
?
(21 août 2003)
Je souhaitais rétorquer à ce correspondant du Devoir qui me
peignait en anti-tout parce que je m’oppose au « mariage »
des gays. Ceux qui pensent comme moi —dont maints députés libéraux—
sont rassurés désormais. Il y a maintenant la formidable déclaration
du (fort probable) futur chef à Ottawa, Paul Martin.
Ce dernier a dit aux médias qu’il faudra façonner une sorte
de « loi Bégin » (Union civile) améliorée.
Bravo mille fois ! C’est la bonne solution au vilain débat
engagé. La France, évitant cette polémique futile, installait le PACS
(Pacte civil de solidarité) et ce fut la paix partout et l’économie
de querelles niaises.
Je répète, tenant compte de nos racines, qu’il y allait du
respect essentiel pour notre culture religieuse historique. Une fois Jean Chrétien retraité, la
polémique s’essoufflant, le dessein de Paul Martin sera le bienvenu,
c’est l’excellente la solution aux divisions en cours actuellement.
Il faut applaudir à son vœu intelligent d’accorder « tous les
droits » aux couples d’homosexuels, aussi, du même souffle, il
faut souhaiter que « le mariage » garde son image
traditionnelle « d’union d’un homme et d’une femme ».
Cela, selon les valeurs, non pas anciennes, mais incrustées dans
les traditions vénérables. Et, partant, tout à fait respectables
malgré le déboussolage des amateurs d’un progressisme nauséabond.
Reconnaissons que les efforts du sur-actif
« lobby gay » auront servi au moins à cette vision
« civile » d’un Paul Martin. Qui devient
fort crédible maintenant comme nouveau chef Libéral. Le débat
sera clos avec un PACS canadien (cette union civile améliorée). Tout le monde
—athées, religieux, croyants ou agnostiques— sera satisfait. Je
voterai Paul Martin à l’élection fédérale et bouderai le Bloc qui
n’a su que rallier les excités du « mariage banalisé ». Claude Jasmin Sainte-Adèle
(30)
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