|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Jean de Laplante était un
conservateur enragé, de la trempe de son cher émule Bernanos.
Traditionaliste nostalgique, si déçu de la marche du monde d’ici, il était
néanmoins plein d’espérance. Il fulminait, il sacrait (sans blasphémer
jamais ) se transformant souvent en vigoureux vitupérateur qui se savait
impuissant. Notre modernisme l’excitait et l’attristait à la fois. La
fumée lui sortait par les oreilles quand « mon vieux »
de Laplante crachait ses constats navrants; il attendait des messies.
Il guettait sans cesse le moindre signe novateur désespérant de ce « sauveur » que ce Jean-Baptiste attendait et qui ne
venait pas. Il tançait notre bande de jeunes socialistes, agnostiques, séparatistes
qui osaient couper
avec les racines anciennes. Pourtant il acceptait —retenant son souffle
d’imprécateur— de nous écouter mais les poings fermés, railleries au
bec, nous condamnant pour « abandon des continuités ». Qu’il
jugeait essentielles. Avec le temps, lui mort maintenant, je saisis mieux
ses motifs d’enragement. Jean de Laplante voyait venir des décadences
aujourd’hui régnantes. À Dieu vat,
Jean ! Claude
Jasmin Sainte-Adèle 7 janvier 2004
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||