Je réagis. Encore. Parce que je suis déçue que
les bidouilleurs qui visitent votre site ne vous écrivent pas
davantage. Je sais que ce serait bien inutile puisque vous êtes très
occupè par les temps qui courent. Mais j'ai lu votre dernière
chronique sur le peuplement de notre beau pays, sur la nouvelle femme et
j'ai retenu une phrase que je citerai en temps voulu: « La vie de
famille, entre l'avant-souper et le sommeil». Puis vous dites que c'est
la femme à la maison qui se fait désormais pointer du doigt. Voilà
où je veux en arriver. J'ai choisi délibérément de rester à la
maison pour élever mes trois enfants et jamais ne l'ai-je regretté.
Mais maintenant qu'ils ont quitté le nid, toute cette société me rend
coupable de continuer à y demeurer. Oui, je passe pour ume exception.
Le travail d'écrivain ne suffit pas à faire oublier que je puis aussi
me lever tard, regarder les oiseaux dans les mangeoires et faire une
sieste dans l'après-midi. Même mon conjoint m'a lanc!
é l'autre jour que ce serait bien si j'allais travailler. En blague?
Peut-être. Mais l'homme n'est plus le pourvoyeur muet; il désire
partager aussi l'hypothèque de sa vie à deux. Rester à la maison
quand les enfants sont partis est un acte de lâcheté si l'on en croit
les gens. Je voulais vous le dire.
auteur
Francine Allard
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date
message
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sujet
Emissions littéraires
date
28 novembre, 2003
message
Vous avez tout-à-fait raison monsieur Jasmin, mais mon dieu que ça me manque dont une émission littéraire, pourtant je ne suis pas de la classe
intellectuelle.
Il faudrait une nouvelle formule, mais laquelle?
auteur
cgoy@sympatico.ca
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date
30 novembre
message
IL N'Y A PAS DE FORMULE MAGIQUE.
Il faudrait seulement que le livre (son auteur) soit emmêlé aux autres
activités culturelles, aux heures de bonne écoute. Pas le samedi tard, pas
le dimanche à midi après la messe: cela reste du ghetto avec personne à l'antenne !
OUI: L'écrivain entre Ginette, Reno, Patrick Huard, Garou, Roy Dupuis...
sinon, serpent qui se mord la queue et solitude garantie ! Vous voyez ?
C. JASMIN
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sujet
salon du livre de Montréal
date
25/11/03
message
Claude,
Tellement d'accord avec vous que je croirais avoir
écrit ce texte moi-même. Je me serais retenue parce que, pour lancer
de telles vérités et pour être cru, il faut avoir beaucoup de
crédibilité. Je connais tout une gang de chiâleux de qui on aurait
dit qu'ils se plaignent parce qu'ils sont de mauvais auteurs.
Le salon du livre de Montréal annonçait en effet plus de mille
AUTEURS. Vrai. Mais, comme le dit notre association d'écrivains, des
auteurs ne sont pas nécessairement des écrivains. Parmi les 100
écrivains qui fréquentaient le salon de Montréal cette année,
seulement deux ou trois ont été la cible des amateurs. Michel
Chartrand n'est pas un écrivain. Yann Martel l'est. Les Corneau, les
Danielle Sauvageau (hockey), les Général Dallaire, les gars de CKOI,
les douzaines d'écriveux de ce que j'appelle la réparation de soi,
tous ces gens ne sont que des auteurs. Alors, oui, si on accepte le
principe commercial des FOIRES du livre, je suis vachement d'accord
avec vous. Arrêtons de jouer aux vierges offensées et déclarons
tout de go les 9 foires du livre du Québec!
Vous avez vu ce qu'a fait Michel Brûlé des Intouchables le week-end
dernier? Il a installé un immense poster sur le carrelage d'un
marché d'alimentation de la Rive-Sud et a forcé les clients à
fouler du pied, donc à remarquer, un nouveau roman. Puis il a offert
des prix: 25 exemplaires du fameux ouvrage et une journée SPA avec
massage. Ça c'est du marketing, monsieur. Mais les fines bouches du
monde de l'édition littéraire n'accepteraient pas de jouer ce
jeu-là, vous le savez bien. Denise B.? Gilles Archambault? NAIM
KATTAN? Le voyez-vous celui-là en train de caller les boules de
Bingo? Vive la foire des enfoirés! Je vous bise et vous réitère
toute mon admiration.
À propos de ces supposés artistes non-travaillants
consacré par l'ADISQ
date
07/11/03
message
sujet:
message: Vous écriviez dans une de vos récentes "Lettres
ouvertes" :
"À L’ADISC, les serviles jurés offraient un « Félix » aux
« amateurs », chéris du populo. Le bûcheur Noir, Corneille ? Aux
orties. Un scandale ? Oui. Mais ne vous découragez pas ceux qui
étudient, qui travaillent avec ferveur, qui, en ce moment, s’acharnent
à parfaire leurs talents (en chant, danse, théâtre, etc.), qui suent
généreusement, ceux qui se préparent depuis des années en espérant
normalement une juste reconnaissance de leurs efforts (... ) ".
Vous devriez toutefois lire le portrait de Wilfred dans le portrait
de Hugo Dumas de l'édition de La Presse du samedi 8 novembre (Cahier
Arts et spectacles). Notamment à la question qui fut posée à ce jeune
chanteur quant à aux honneurs rapides reçus par les artistes de Star
Academie, (je crois que c'est à la toute fin de l'article) ... Vous
verrez que ce jeune homme n'a pas débuté hier, bien au contraire !
Se méfier donc des clichés de lecture de ce phénomène
télévisuel qui, certes, dans leur grossièreté, stigmatisent tout de
même efficacement là où le bât blesse, mais peuvent aller tout aussi
souvent à rebours de la vérité, du moins factuelle.
auteur
Pierre Caron
Retour
date
07/11/03
message
Cher correspondant Paul:
bon, je vais aller lire cela. Merci.
C.J.
date
09/11/03
message:
sujet: l'ADISQ
M.Jasmin, en lisant ce que m.Caron vient de vous ecrire,je
constate aencore plus +,l'importance de votre profession d'ecrivain car chacun interprete a sa maniere ce qu'il a lu. Que bien ou mal lui en fasse moi ce que j'ai comprise a votre
lecture c'est qu'il arrive que certains sont au bon endroit au bon moment et gagne et
heureusement que l'on sait que certains en ont sues avant d'etre recrute et "scrutes"par
l'auditoite de la television. Vous etes un homme avec les deux pieds sur terre mais avec
vos ecrits vous reussissez a nous faire rire,rever et revoir nos valeurs.Tout comme je
me suis attarde a savoir pourquoi le coquelicot etait le symbole du Jour du
Souvenir,c"est fou ce que l'on apprend .Pardon pour mes accents mais ce
"sapre"clavier de remplacement ne les faits pas. lGinCy
Je suis tout à fait d'accord avec votre papier dans le
journal de ce matin et je me fais personnellement un devoir de ne pas
être un voyeur de ce type de télé. Je dois cependant vous signaler
que je suis très marginal face à ce phénomène dans le milieu de
travail où je me trouve actuellement. Autrefois de la télé publique,
la même que la vôtre, je fais partie maintenant de la production
privée comme on dit etpour les "créateurs" qui m'entourent
ces "loft-story" et "occupation double" ne sont que
la pointe de l'iceberg. Ces pseudo-génies du concept sont prêts à
faire le tour du monde pour acheter des droits et ces chers
diffuseurs(radio-canada y échappera-t-il?) qui nous entourent
n'attendent que des propositions pour remplir leurs "caisses".
Contrairement à ce que vous souhaitez et moi de même, le
"pipi" et le "caca" continueront de salir le petit
écran. Continuer, je vous en prie, à les dénoncer.
auteur
Pierre Caron
Retour
date
07/11/03
message
Cher P. Caron,
mille mercis pour vos bons commentaires sur mon petit pamphlet (Loft
Story: une mode) paru dans ACCÈS-LAURENTIDES , L'EXPRESS d'OUTREMONT,
et LA PRESSE DE MONTRÉAL... Garde espoir Caron, vu la niaiserie de ce
concept (néanmoins à prime abord prometteur et alléchant), vu ses
résultats si décevants, je vous gage que cette mode va s'achever et
vite.
JASMIN
Aller
sujet
Loftstory La Presse 6 novembre 2003
date
6 novembre 2003
message
M.Claude Jasmin un petit mot pour vous dire que je suis
en accord avec cette lettre ouverte d'aujourd'hui dans la Presse.Ou il y
a un "hic" c'est que je ne suis pas convaincue que les efforts
deployes dans la vie nous mene vraiment ou l'on voudrait meme avec le
talent.Je suis aussi persuadee qu'on doit avoir des
"connections" il y a aussi les circonstance de la vie qui font
en sorte que le but que l'on s'etait fixe nous conduit sur une autre
route.Comme moi ayant etudie chez Mme Audet mais suite au deces de ma
mere(35ans)j'ai du tout arreter meme pour les etudes scolaires.Puis
depuis maintenant dix ans que j'aimerais terminer et faire editer mon
livre qui parle de mon fils trisomique a la conquete de la
Vie.Felecitation pour votre belle carriere je vous admire beaucoup .
GinCy
Si vous avez un peu de temps je serais ravie de lire quelques phrases
de votre part
MERCI
auteur
Retour
date
message
Chère anonyme,
Merci pour votre accord sur ma position anti-téléréalité... et il
y a votre bémol: votre manuscrit sans éditeur !
BIen entendu des tas de textes se cherchent un éditeur. Vieille
histoire depuis l'installation de l'imprimerie. Injustice souvent. Pas
toujours. Quoi vous dire ? Envoyez sans cesse votre manuscrit (sur cet
enfant à vous handicapé) ... il y a maintenant tant d'éditeurs. En
1960, à mes débuts: 3 ou 4 seulement ! Ne lâchez...jamais ! IL y a le
talent (le don), il y a le bon travail ensuite... et il y a le hasard,
c'est vrai, les circonstances (dans une existence humaine). La vie (la
naissance ?) est injuste, rien à faire.
J'imagine facilement que des lots de bonnes créations ne trouvent
pas cesheureux hasards, ces favorables circonstances et je ne m'en
console pas, pas pus que vous. Qu'y faire ? Bien surveillez le hasard:
carpe diem ! Plusieurs l'échappent ce hasard bienveillant. C'est une
qualité importante... Bon courage
Claude Jasmin
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sujet
Enfin, un livre
illustré sur la Petite Patrie
date
07/10/03, 04H25
message
J'étais ravie de constater que vous avez illustré votre livre sur Villeray.
Naturellement, je suis de la génération où les marchands, guenillous, aiguiseurs de couteaux et combien d'autres petits métiers défilaient dans nos ruelles.
Il faudrait bien que je mette mon grain de sel de petite fille de l'époque, dont les jeux étaient fort différents de ceux des gars.
L'ironie du sort, ma fille vient de s'installer dans villeray avec sa petite famille, sur la belle rue des Ecores avec ses magnifiques arbres anciens. Mais pas de ruelle dans son coin, la ville préfère les vendre aux riverains.
Comme le père Noël n'a jamais eu mon adresse, je vais m'assurer à mettre dans mon bas de laine l'histoire de la petite patrie, illustrée par l'auteur.
Mosus que les grands éditeurs me font pitié, des fois...
Bon succès pour la Noël qui vient.
Ghislaine Laramée
auteur
glmtl@videotron.ca
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date
dim. 2003-10-12 16:53
message
Oh que C'est chaud de si joyeuses
paroles..
Merci oui.
Et vive Villeray
et sa rue des Écorres
et ses vieux arbres.
Je me souviens !
JASMIN
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sujet
trop comique
date
6 octobre 2003 17:27:22
message
Comment peut-on toujours voir la vie
comme un pied de nez! Comment imaginer que Champlain perdra son prestige
parce que madame avait un amant. Si amant il y avait vraiment?
Alors monsieur Jasmin un brin d'humour dans la vie cela fait du bien.
L'amour remanié fait du bien aussi, alors pourquoi pas sourire et
prendre la vie a bras ouvert. Impossible de changer le passé, pourquoi
être débousselé.
Par contre l'avenir Hola...la faudra y voir. Champlain a bati un
empire d'histoire et Jasmin il bati quoi?
auteur
Retour
date
7 octobre 2003 12:15
message
A QUI DE DROIT:
il s'agit pas d'humour cher correspondant... Rien à voir.
il s'agit de fraude. Cette épouse imaginaire est une imposture.
A quand la femme irréelle de Jacques Cartier ou de Frontenac ?
Ou bien l'homme (époux) imaginaire de Madeleine de V. ???
Ce roman sur une fausse Hélène de Champlain est une fumisterie.
Ai-je droit à mon opinion ? Oui ? Merci.
Pour ce que j'ai pu bâtir: bien, c'est plus de 50 bouquins, des bons et
des moins bons, c'est entendu, et de la télé de bonne qualité
(selon les critiques du temps). Et des contes de radio, et des cours à
l'IAA, et quoi encore... Et vous cher contempteur, vous avez fait quoi pour le
patrimoine artistique commun ?
Saluts !
Claude Jasmin
Aller
sujet
Un petit bonjour
date
30 septembre, 2003 22:43
message
Comment vas-tu vieux grincheux? J'ai
bien aimé notre expérience d'affrontements aux Francs Treurs à propos
du mariage gai. Grosses bises. J'espère que tu vas bien et que tu as
perdu l'habitude de coller ta mâchée de gomme sous les tables.
auteur
Dominique Bertrand
Retour
date
2 octobre 2003
message
Cher Dominiqu B.:
vu hier ce petit et bref débat plutôt mal organisé. Mal structuré.
Improvisé quoi...
Mais bon,,,,ça pétait un peu le feu, ma grande mijaurée !
J'aime bien quand tu te pompes et monte le ton, tu brilles d'enthousiasme alors.
On se retrouvera où ensemble la prochaine fois : ô destinée !
Cloclo,
le mâcheux de gomme (médicament stomachal, oublie pas ) !
Aller
sujet
Vironneau
date
01/09/03, 18H56
message
Bonjour M. Jasmin. Où êtes-vous aller chercher
ce nom? Ceci m'intéresse car il figure dans mon arbre généalogique.
Merci de me répondre pour faire avancer mes recherches.
J'avais changé un peu le nom; c'était Ovila Véronneau
l'ami si pauvre de mon oncle mais un fameux saltimbanque (ils travailluent
comme cantiners au CPR), cet "oncle" (on le nommait ainsi)
Ovila habitait à Greenfield Park, j'avais mis Ville Jacques-Cartier.
Mes saluts
C. J.
Aller
sujet
Pas de neige dans
Viileray.,
date
29/08/03, 18H26
message
Bonjour!!!
Tout en furetant sur internet,je tape par hasard sur patenteux pour savoir ce qui en sortirait. Soufain je vois devant mes yeux"PAS DE NEIGE DANS VILLERAY. je me suis dit ça ressemble à du Claude Jasmin. Justement en poussant plus lui la lecture de ce fichier je découvre que ç'en étaitAlors je ne pouvais m'empêché de le lire. Je dois vous dire que des grands bouts m'ont fait rire et d'autres, réfléchir à ma jeunesse et m'ammenait quelques larmes de nostalgie dans les yeux. Si on prend du recul dans notre vie on peux voir que notre êauvreté était simplement une richesse à comparer à ceux qui en avaient encore moin que nous.
Alors merci pour cette belle histoire qui va m'aider à réfléchir son passé durant cette Journée.
Merci pour vos bons mots. J'espère être de nouveau invité le 20 décembre chez Arcand à CKAC pour un autre conte de Noël, j'aime bien
raconter "live".... ...
C.J.
Aller
sujet
vous me le direz
date
20/08/03, 04H54
message
Bonjour!
Voilà plusieurs fois que Francine Allard me dit de vous écrire.... Je vous ai de fait écrit un message il y a deux ou trois semaines, l'avez-vous reçu? Au moment de cliquer sur envoi, il s'est produit un curieux phénomène : tout a disparu sur l'écran, et aussitôt après une fenêtre m'a dit : "Vous avez été déconnecté." Alors je ne sais pas où est allé mon message : à vous, à la CIA ou à l'éther ? Rassurez-vous, j'ai mentionné la CIA juste pour rire, je n'ai rien d'un terroriste et je vous jure que c'est pas moi qui ai embouti le World Trade Center! Je suis un peintre qui, à 60 ans passés, se chercvhe encore un atelier digne de ce nom... Je veux dire, à plafond haut, une sorte de loft où on peut peindre de grands formats sans faire des acrobaties . Vous allez me dire que des locaux de ce genre, il y en a moult à Montréal et même un peu partout au Québec. Oui, mais en plus du local, je cherche un proprio qui accepterait de me louer ledit local pour un dollar symbolique par année. Et cela est plus difficile à trouver!
Si vous avez une bonne mémoire, vous vous rappellerez peut-être qu'on s'est déjà rencontrés dans les années soixante, à un des "Trente A" (qui n'avaient pas dépassé cinq) montés par le regretté Serge Lemoyne. Vous étiez alors critique d'art à la Presse. Rencontre brève : Laurent Lamy était venu et vous avait accaparé aussitôt. Avoir été un type normal, j'aurais pu placé mon mot moi aussi, mais ... un accident m'avait rendu sourd, et un sourd ne peut parler qu'à une seule personne à la fois, une personne d'ailleurs qui ait la patience de "parler-par-écrit". Dans un lieu mal éclairé, c'est un exercice périlleux.
Le destin a voulu que ce soit des POMPIERS qui m'aient écrasé. Des pompiers qui allaient beaucoup trop vite. S'ils avaient alors filé vers un feu, je me serais fait une raison... Mais non : ils revenaient simplement à leur caserne et n'avaient aucune excuse de circuler aussi vite et de me tamponner la tête en me fonçant dessus par derrière. Il a d'ailleurs été prouvé qu'ils étaient entièrement dans le tort.
Beethoven, Smetana, Goya sont devenus sourds aussi... mais à 40 ans passés, alors qu'ils avaient eu le temps de se faire connaître. À 19 ans, c'est une autre affaire. Je vous fait grâce de tout ce que j'ai dû endurer, les amis qui se disent "désolés" et qui disparaissent... Ne croyez surtout pas que je suis "un handicapé-qui-fait-de-la-peinture", il y avait déjà trois ans que je me consacrais à la peinture – plus ou moins en cachette, vu que la famille voulait à tout prix que je termine mon cours classique.
Pardonnez-moi, j'ai l'air d'étaler mes petites misères... Je suis le premier à détester cela, mais la surdité, dans une société très orale, est un handicap qu'on est obligé d'avouer tout de go, sans cela on passe pour idiot, surtout quand on est en société, qu'on est là et qu'on a l'air complètement off...
Bon, en deux mots, pour que vous puissiez me situer, vous dire que les md m'avaient condamné à crever à 28 ans "au plus tard". J'avais 24 quand je l'ai su. Quatre années à la fois noires et folles. Mais les md s'étaient trompés, puisque je suis encore là. 28 ans, c'est l'âge où je suis devenu père, et je me suis marié l'année suivante. Deux autres mioches ensuite. Ma femme enseigne au Grasset, où moi-même j'ai fait mes études classiques de 1952 à 1961. Comme vous... mais vous c'était quelques années plus tôt. Si j'ai bonne mémoire, le collège vous avait montré la porte, des rumeurs circulaient à cette époque, sans qu'on ait jamais pu savoir ce qu'il s'était passé exactement.
Un de mes frères, qui était en Philo I en 1953, avait été "mis dehors" en même temps qu'une dizaine d'autres, parce que ce petit groupe avait décidé, en pleine retraite fermée, d'aller philosopher dans une taverne du coin. Scandale énorme, les dix aussitôt chassés même si c'était juste avant les examens de fin d'année... Dans les familles visées, dont la nôtre, ce fut l'abomination des désolations : aller à la taverne, lieu de perdition par excellence, en se poussant la nuit du lieu de la retraite fermée... Ce crime fut jugé un cas pendable! Surtout pour des jeunes gens qu'on espérait doués pour la prêtrise... Étiez-vous encore au collège lors de cette affaire? Ça s'est passé au printemps 1953. J'ai souvent eu l'intention d'écrire un roman que j'intitulerais "Cours classique" ou même seulement "Classique". En un sens, je l'ai tout dans la tête... Reste à l'écrire! Mais les jeunes d'aujourd'hui peuvent-ils croire jusqu'à quel point le clergé – et les parents – d'alors pouvait aller la sévérité despotique ? Mes propres enfants, qui savent mon amour de la vérité, ont de la misère à me croire quand je leur raconte qu'à onze ans nous devions nous confesser au moins une fois par semaine, comme si nous étions des récidivistes endurcis! Les fameux "billets de confession"... vous vous rappelez?
Bon, je sens que je jase beaucoup trop pour une première fois! Je vous laisse ex abrupto. À vous de décider si on continue ou pas.
Meilleur salut,
Stephen Grenier Stini
Excusez les fautes et coquilles... Il y en a sûrement, mais mes yeux se fatiguent vite devant l'écran, et... bon, je vous souhaite tout le plaisir de les corriger! (Vous pourrez me retourner le même souhait.)
À M. S. Grenier-Stini:
merci pour vos propos...j'aime tant apprendre des autres...l'accident horrible... ce pompiers aveugles (à leur manière) ...le Grasset...la taverne...
ah oui, c'était "un tremps déraisonnable" Léo (Ferré).
Je vous souhaite bon couyrage
et écrivez-le ce bouquin, vite, "avec le temps" (Ferré encore ) on aboutit si trop tôt au champ de terre des comencements. Profitez de la lumière qui vous reste encore...
JASMIN...